Alors que la maison France brûle un peu de toute part : quasi faillite de l’État, forte augmentation du nombre d’entreprises en difficulté, recul du pouvoir d’achat, précarisation d’un grand nombre de Français, dégradation et déficits de nos services publics, inquiétudes liées au réchauffement climatique ou à la situation géopolitique internationale… Pendant ce temps, notre Président de la République s’expose à la une de Paris Match faisant du jet-ski. Un décalage choquant.
Mais qu’est ce qui a pris à Emmanuel Macron de faire cette photo ? Plusieurs hypothèses. Il pourrait s’agir de montrer que tout est sous contrôle et que tout va bien. « Je suis aux commandes (certes pour plus très longtemps), mais je suis encore là, je pilote et je passe entre les vagues. » Dans la symbolique ça pourrait le faire, mais pas sûr que les Français soient aujourd’hui très sensibles aux métaphores. On est plutôt dans le concret. Pourrait-il s’agir d’un pied-de-nez de fin de mandat ? « Voyez comment dans cette tempête je surfe sur les remous et que tout cela m’est bien indifférent. » Après tout Jupiter sait prendre de la hauteur… « Et après moi le déluge… » A moins qu’il ne s’agisse de l’expression d’un narcissisme exacerbé à l’instar d’un Vladimir Poutine torse nu sur son cheval…
Mais au fond le plus choquant, c’est que cette photo ne choque pas celui qui est dessus et qu’il ait laissé faire. On écartera d’emblée le postulat qu’il ne fût pas au courant. Paris Match est la propriété de Bernard Arnaud, un ami… Si notre Président ne voulait pas que cela se sache il aurait été faire du jet-ski dans un endroit plus discret. Cette connivence de classe fait démonstration qu’il existe bel et bien deux mondes et qu’une fracture entre le peuple et ceux qui sont sensés les représenter et les servir est définitivement inconciliable. « Nos élites ont failli », disait le Général de Gaulle après la capitulation de la France en juin 1940. L’histoire a encore aujourd’hui de bien tristes constantes. Une pathétique fin de mandat pour Emmanuel Macron, et les Français en sont vraiment fatigués.
Une chronique de Didier Bailleux
