28 août 2026 | Canicule, la chaleur commencerait-elle à faire déménager ?

Ecrit par Mireille Hurlin le 27 août 2026

Canicule, la chaleur commencerait-elle à faire déménager ?

Copyright Mireille Hurlin

Selon une étude duboncoin, 18 % des habitants de Provence-Alpes-Côte d’Azur envisagent sérieusement de quitter leur région si les canicules s’intensifient, soit la proportion la plus élevée de France. En Vaucluse, les chiffres météorologiques donnent déjà une idée de ce qui pourrait peser demain sur le marché immobilier. Alors que les étés se font plus longs, plus secs et plus éprouvants, l’accès à la fraicheur semble s’inviter dans les choix résidentiels.

À Avignon comme dans le reste du département, la chaleur n’a plus rien d’exceptionnel. Lors de la vague de chaleur de juillet 2026, Météo-France a recensé jusqu’à 14 jours avec des températures dépassant 35 °C à Avignon. En juin, Carpentras avait connu 13 journées de forte chaleur. Un an plus tôt, Avignon avait déjà enregistré 11 jours au-dessus de 35 °C en juin 2025. Clairement, la saison 2026 a elle été hors norme. Juin a été le mois le plus chaud jamais mesuré en France, avec une température moyenne supérieure de 3,8 °C aux normales. Juillet a ensuite battu un nouveau record : 24,9 °C de moyenne nationale, soit 3,8 °C au-dessus des normales, ce qui en fait le mois le plus chaud depuis 1900. Pour les habitants, la question de la température et surtout du confort du logement est devenue essentielle.

Le climat entre dans les critères immobiliers
L’étude ‘Canicule & Immobilier 2026’, réalisée par leboncoin auprès de 1 752 personnes en juin, révèle que 81 % des Français ressentent un inconfort lié aux fortes chaleurs dans leur logement. Au total, 34 % envisagent déjà ou pourraient envisager de déménager si les canicules devenaient plus intenses. En Provence-Alpes-Côte d’Azur, la proportion atteint 18 % pour ceux qui envisagent sérieusement de partir, devant l’Occitanie et l’Auvergne-Rhône-Alpes, à 8 %. Ainsi, le confort d’été devient un argument résidentiel, au même titre que le prix, les transports ou la proximité des services. Et les destinations imaginées sont révélatrices : parmi ceux qui rêvent d’un environnement plus frais, 42 % choisissent le littoral tempéré et 27 % la montagne. La Bretagne, la Normandie et la façade Atlantique apparaissent ainsi comme les territoires les plus attractifs dans cette nouvelle géographie climatique.

Un climat qui va encore durcir
Selon les projections de Météo-France, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur devrait connaître +2,2 °C de température moyenne annuelle à l’horizon 2050, par rapport à la période 1976-2005. Pour le Vaucluse, la hausse estivale atteindrait +2,6 °C. Le département pourrait également compter en moyenne davantage de nuits chaudes et de journées dépassant 35 °C.

A l’horizon 2 100
À l’horizon 2100, le scénario est plus radical encore : +4,2 °C en été dans le Vaucluse, selon la trajectoire de référence retenue par Météo-France. À l’échelle régionale, les étés pourraient se réchauffer de près de 4 à 5 °C selon les départements. La  France connaît déjà une accélération des vagues de chaleur. Sur les 54 épisodes recensés depuis 1947, les deux tiers se sont produits depuis le début du 21e siècle. La troisième vague de chaleur de 2026, du 28 juillet au 19 août, a duré 23 jours, égalant le record de juillet 1983.

La fraîcheur a-t-elle un prix ?
Orientation du logement, végétalisation, volets, isolation, ventilation, présence d’un extérieur ombragé ou capacité à conserver la fraîcheur pourraient progressivement peser davantage dans les arbitrages des acheteurs et des locataires. Le gouvernement souligne désormais la nécessité d’adapter les logements au ‘confort d’été’, alors que les vagues de chaleur sont appelées à devenir plus fréquentes, plus longues et plus intenses. En Vaucluse, où les épisodes à plus de 35 °C se multiplient déjà, cette évolution pourrait être particulièrement visible. La chaleur ne fera probablement pas disparaître l’attrait de la Provence. Mais elle pourrait modifier, à petits pas, la manière dont on choisit d’y vivre, d’y acheter… et peut-être d’y rester.
Source : Leboncoin ici.
Mireille Hurlin

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