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Emmanuelle Favre, l’Avignonnaise au Molière

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L’Avignonnaise Emmanuelle Favre a reçu le Molière de la création visuelle et sonore 2023 pour Starmania de Michel berger et Luc Plamondon, sur une mise en scène de Thomas Jolly.

«Elle est cette silhouette du Lycée Mistral, toujours habillée en pantalon, une jeune-fille discrète, franche et spontanée avec son tout petit groupe d’amis, dotée d’une voix à la Mathilde Seigner, même si elle déteste qu’on dise çà. Il émanait d’elle une formidable énergie et un charme fou,» se rappelle un de ses amis avignonnais.

Au Lycée Mistral
«Je me rappelle, et je crois que c’est toujours vrai, qu’elle aime apprendre en permanence, comprendre, n’hésitant pas, en salopette, à se mêler aux peintres, à l’atelier de construction de décors Artefact, à Courthézon, pour expérimenter une patine, en regardant comment l’on procède autour d’elle et en répétant autant de gestes. Lorsqu’elle est sur un plateau, elle est happée par toutes les technologies, le son, la lumière. Elle a besoin de savoir comment tout fonctionne pour s’y adapter en permanence. Elle est attentive au déplacement des acteurs sur scène. Tout doit parfaitement et harmonieusement s’imbriquer.»

Sa chance ?
«Avoir appris à naviguer dans un univers difficile où n’émergent que peu d’élus, au milieu de ces millions d’artistes. Elle n’est pas de celles qui attaquent mais plutôt de celles qui ont appris à ne pas être attaquées et respectées dans leur travail.»

Grandir au gré des rencontres
«Elle a aussi eu l’intelligence d’aimer les rencontres, de les provoquer, parfois, et, surtout, de les nourrir. Il faut dire que le terreau avignonnais exsude la culture et c’est sans doute ce prolixe apprentissage, sa force de travail et son talent qui lui auront permis de s’envoler pour Paris et d’enfiler ses semelles de vents pour parcourir le monde : Etats-Unis, Corée, Israël, Italie, Japon…»

Le chaudron magique
La marmite ? Elle est tombée dedans toute petite, car l’histoire familiale fait déjà état d’un arrière-grand-père clown professionnel, d’un frère qui joue admirablement du saxophone, d’une cousine pianiste, d’un papa vénéré, formidable violoniste –qui a joué dans la Cour d’honneur, en 1958, lors d’un spectacle de Gérard Philipe- et qui excellait en musique Russe-tzigane lors des soirées du nouvel an, au restaurant de la Vieille fontaine à l’hôtel d’Europe à Avignon. Il était aussi le camarade de classe du grand Raymond Duffaut qui fut, il y a peu encore, le directeur de l’Opéra du Grand Avignon et des Chorégies d’Orange, ce qui aura ouvert les portes des premiers stages à Emma, à l’Opéra d’Avignon, aux Chorégies, chez Artefact à Courthézon. Tout est parti de là.»

D’indéfectibles amitiés
«Emma a très peu d’amis et ce sont ceux de sont enfance, ici à Avignon, parce qu’elle n’a pas le temps, parce qu’elle est débordée. Sauf qu’en elle rentre enfin ici. Elle est d’une incroyable timidité et d’une humilité non feinte. Elle n’a pas d’égo. Elle est entrée dans l’univers artistique sans doute parce qu’elle avait un immense respect et une grande admiration pour son père, se souvient une amie proche. Cependant celui-ci n’avait pas de réseaux, il n’était pas musicien professionnel, même s’il jouait remarquablement bien. Il ne pouvait donc pas lui ouvrir les portes de ce milieu..»

Le plateau de Starmania

Une capacité de travail exceptionnel
«C’est une bosseuse invétérée, une perfectionniste dans l’âme avec une force de travail exceptionnelle. Elle bouge beaucoup. Elle est capable, dans la même journée d’enchaîner 40 coups de téléphone tout en finissant une maquette. Son talent ? Elle sait écouter les metteurs-en-scène, en se mettant à leur service. Elle est très présente de la conception à la réalisation des décors, pendant les montages, lors des répétitions… Il faut dire que dans ce métier, on vous appelle un dimanche à 23h comme s’il était 14h un lundi. C’est un univers qui demande une disponibilité de tous les instants. Finalement ça n’est pas un métier mais toute sa vie. Emmanuelle Favre est une femme très intelligente, drôle, passionnée, une vraie artiste,» conclut son amie d’enfance et sœur de cœur.

Elle travaille avec les plus grands
Passionnée d’opéra, son univers préféré, elle sera tout aussi enthousiaste dans un monde plus pop ou rock’n’roll comme autrefois, pour la scénographie d’un spectacle de Johny Halliday, aujourd’hui avec Mylène Farmer pour ‘Nevermore’, Booba, Gad Elmaleh, M’Pokora, bientôt Jacques Weber pour Ruy Blas de Victor Hugo.

Au tout début ?
Emmanuelle Favre se forme à l’ESAT, école supérieure des arts et techniques, en architecture d’intérieur, puis en scénographie, commence à être assistante d’une architecte d’intérieur avant d’entamer une belle carrière de scénographe pour les scènes d’opéras, de théâtres, des shows de variétés, des scènes de concert et parcourir les plus grandes salles et stades du monde, où elle créé, à la demande, autant de nouvelles cosmogonies.                                     

Le Molière de la création visuelle et sonore
Le Molière de la création visuelle et sonore a été remis à l’avignonnaise Emmanuelle Fabre pour Starmania de Michel berger et Luc Plamondon, sur une mise en scène de Thomas Jolly, une chorégraphie de Sidi Larbi Cherkaoui, une direction musicale de Victor Le Masne, les décors et la scénographie d’Emmanuelle Fabre, les costumes de Nicolas Ghesquière, la lumière de Thomas Dechandon, la vidéo de Guillaume Cottet, la musique de Michel Berger, et le son de Madje Malki à la Seine musicale.

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