« Si vous n’êtes pas à la table, c’est que vous êtes au menu », cette expression résume plutôt bien la nature des relations qui aujourd’hui régissent les rapports humains. Qu’il s’agisse des relations internationales, du climat social dans les entreprises, ou encore des rapports entre les corps sociaux, on est trop systématiquement dans le conflit. La loi du plus fort devient l’unique règle. Ainsi, si on veut avoir quelques chances d’être entendu des États-Unis il faut montrer les muscles. De ce point de vue le boycott de la future coupe du monde de foot pourrait être une arme redoutable. Tant pis pour le sport.
« On peut obtenir beaucoup plus avec un mot gentil et un revolver qu’avec un mot gentil tout seul » cette phrase qu’on attribue à Al Capone nous apparaît d’une actualité brulante. On l’a vu encore récemment, la suspension de la ratification des accords commerciaux entre l’Europe et les États-Unis a fait reculer (pour l’instant) Donald Trump sur ses intentions d’annexer le Groenland ou de taxer à 200 % les vins français. Dans cette escalade aux menaces le boycott de la manifestation sportive la plus regardée au monde après les JO pourrait être déterminante.
« Si vous n’êtes pas à la table, c’est que vous êtes au menu »
Mark Carney , Premier ministre du Canada
Une pétition pour le boycott de la coupe du monde a été lancée par le journaliste et producteur TV néerlandais Teun Van Keuken. En 5 jours elle a recueilli 120 000 signatures. « Laissons notre pays et nos footballeurs se ranger du bon côté de l’histoire » a précisé ce journaliste producteur. Certains commentateurs ont même convoqué l’histoire en rappelant que l’équipe de football néerlandaise a boycotté les JO de Berlin en 1936 et qu’ils avaient été bien inspiré de le faire. (Les JO de Berlin en 1936 ont été un puissant outil de propagande de l’installation au pouvoir d’Adolf Hitler). Certes on pourra toujours répondre que la situation, le contexte ne sont en rien comparables. Quoique…
« Laissons notre pays et nos footballeurs se ranger du bon côté de l’histoire »
Teun van de Keuken, auteur de la pétition pour le boycott de la Coupe du monde
En tout cas comme le suggère l’animateur britannique Piers Morgan si les 8 équipes favorites à savoir l’Angleterre, la France, le Portugal, l’Allemagne, l’Italie, la Norvège, les Pays-Bas et l’Espagne décidaient de ne pas participer on a le revolver pour faire plier la politique conduite par Donald Trump. Ca peut faire réfléchir comme aurait pu dire Al Capone.
Côté autorités politiques ou instances footballistiques c’est le mutisme et l’attentisme. Seules les ONG sont mobilisées et ont pris parti. Wait and see.
Si la coupe du monde de foot aura bien lieu (ce qui est plus que probable) qu’en sera-t-il du durcissement des conditions d’accès des visiteurs étrangers aux USA ? (vérifications des comptes sociaux et des messageries personnelles). Que se passera-t-il si des supporters brandissent dans les tribunes des drapeaux du Groenland ou des slogans contre les commandos anti-immigration de Donald Trump ?
Même si aujourd’hui le boycott est brandi comme une arme de dissuasion, il n’en demeure pas moins la question centrale : comment l’avidité, la vanité et l’orgueil de quelques hommes peuvent empêcher à la planète de tourner rond ?
