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L’arbre qui cache la forêt

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Une chronique de Didier Bailleux

Le bilan laissé par Emmanuel Macron, au terme de 10 ans de présidence, sera accablant. Il suffit de se reporter aux discours des actuels prétendants au poste pour en faire l’inventaire complet, y compris du côté de ses anciens partenaires et amis. Cependant, l’histoire retiendra que, dans la dernière ligne droite, la colère de la jeunesse a été débordée par une montée incontrôlée de la violence.

Dans le triste bilan que laissera le locataire de l’Élysée en mai prochain, la santé mentale des français est celui dont on ne parle le moins. Si elle est aujourd’hui encore difficilement mesurable, nombre d’indicateurs sont passés au rouge vif. Si on s’intéresse plus particulièrement aux adolescents et aux jeunes adultes le bilan est, d’après tous les spécialistes, encore plus préoccupant. Dans le flot de leurs inquiétudes, les incertitudes liées à leur avenir occupent une place importante. Ce mouvement est l’expression d’une anxiété et d’une colère profonde. Il n’est pas le fruit de quelques manipulations politiques. C’est un mouvement spontané que personne n’a vu venir, en tout cas de ce côté de la société.

Ces adultes de demain ne veulent pas être les comptables des choix de leurs aînés et surtout pas en être les futures victimes

Cette colère fait écho à celles de nombreuses catégories de français qui soutiennent leurs actions mais pas la violence qui les a accompagnée. Ces adultes de demain ne veulent pas être les comptables des choix de leurs aînés et surtout pas en être les futures victimes. Ils refusent d’être une génération sacrifiée. N’avoir comme seule réponse l’envoi de CRS contre sa propre jeunesse, c’est sans doute le pire scénario, avant l’affrontement général…

Ces jeunes ont pris conscience que la promesse de notre société où « demain devait être toujours meilleur » n’est plus tenue

Un pays qui n’a plus confiance en sa jeunesse, c’est au fond l’échec d’une société, de tout un modèle. Bâillonner ceux qui expriment leurs désaccords c’est reconnaître son propre échec. La jeunesse est éclairante, il faut savoir l’écouter. Leurs colères sont salutaires. Ne nous arrêtons pas aux casseurs qui n’ont rien à voir avec la colère de la jeunesse, ils ne font que discréditer leur révolte.

Ces jeunes ont pris conscience que la promesse de notre société où « demain sera toujours meilleur » n’était plus tenue. Demain sera pire. L’immobilisme de l’exécutif est sidérant. Depuis la crise des gilets jaunes rien n’a bougé. En attendant les violences ne doivent pas faire oublier les inquiétudes et les revendications des français. Il ne faut pas que ce soit l’arbre qui cache la forêt !

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