Comment les jeunes construisent-ils aujourd’hui leurs choix d’orientation ? À qui font-ils confiance pour décider de leur avenir scolaire et professionnel ? Et quelle place l’intelligence artificielle est-elle en train de prendre dans ce parcours souvent complexe ? Pour y répondre, Diplomeo publie les résultats de son enquête réalisée auprès de 1 001 jeunes Français âgés de 16 à 25 ans.
L’IA largement testée dans son orientation, mais…
L’intelligence artificielle s’installe progressivement dans les usages d’orientation des jeunes : 61 % des lycéens et étudiants déclarent avoir utilisé au moins une fois l’IA pour les aider à s’orienter. Une adoption massive, qui traduit à la fois l’attrait pour ces nouveaux outils et la complexité croissante des choix d’orientation.
Les jeunes qui se sont tournés vers l’IA l’ont d’abord fait pour avoir des réponses rapidement (35 %) ou pour faciliter la rédaction de lettres de motivation (28 %). L’outil est aussi apprécié pour sa capacité à centraliser l’information (27 %) et à fournir un avis perçu comme neutre (26 %). Dans certains cas, l’IA a été utilisée par défaut, faute d’interlocuteur humain disponible (19 %) ou simplement par curiosité. Si l’IA est devenue un réflexe, elle reste surtout utilisée comme un outil d’éclairage ponctuel plutôt qu’un guide principal de l’orientation.

Parmi les 16-18 ans, son usage est déjà bien ancré : 31 % utilisent l’IA pour se renseigner sur les métiers, 30 % pour rédiger leur lettre de motivation et 27 % pour s’informer sur les formations et les établissements. Des usages très concrets, directement liés aux étapes clés de l’orientation et de Parcoursup. L’attrait pour l’IA repose avant tout sur le gain de temps.

Une orientation qui commence dès le collège
L’étude confirme que l’orientation débute bien avant le lycée. 34 % des jeunes commencent à s’interroger sur leur avenir dès le collège, avec un moment charnière en fin de troisième, lorsque se pose le choix entre voie générale, technologique ou professionnelle. Une étape structurante, souvent perçue comme insuffisamment accompagnée. En effet, si l’accompagnement existe bel et bien, il laisse une impression mitigée 8% le jugent franchement insuffisant et, plus préoccupant encore, 20 % déclarent n’avoir bénéficié d’aucun accompagnement à l’école, ni par l’institution ni par leur entourage familial.
Des critères multiples, rarement tous réunis
Les choix d’orientation reposent sur une combinaison de critères. La localisation influence fortement les décisions (35%), tout comme l’intérêt pour le secteur (31%), le salaire à la sortie (30%), la spécialisation de la formation (30%) ou encore la réputation de l’établissement (27%). Si les frais d’inscription entrent également en ligne de compte, seuls 17 % des jeunes déclarent avoir renoncé à une formation pour des raisons budgétaires.

Malgré cette pluralité de critères, seuls 27 % des répondants estiment avoir trouvé une formation qui cochait toutes les cases. Les compromis portent le plus souvent sur la recherche d’un choix jugé sûr (19 %), l’intégration d’une formation à leur niveau même si elle était moins attractive (18 %) ou la volonté de ne pas perdre une année d’études (18 %).

Parents et proches des soutiens privilégiés, mais parfois questionnés
Malgré la montée en puissance de l’IA, les jeunes continuent de s’appuyer d’abord sur leurs proches et les sources institutionnelles. Les passions et centres d’intérêt restent le premier facteur d’influence (57%), devant la famille (50%), Parcoursup (39%), les médias et sites d’information (37%), les amis (37%) et les réseaux sociaux (36%). Une hiérarchie qui montre que l’IA ne remplace pas l’entourage, mais vient s’y ajouter.

D’ailleurs, l’accompagnement parental demeure central dans les choix d’orientation. 68 % des jeunes déclarent être aidés par leurs parents, et 13 % par un frère ou une sœur.

La proximité géographique avec la famille joue également un rôle important dans les décisions : 44% préfèrent rester proches de leur famille contre 26% qui cherchent au contraire à s’en éloigner.

Toutefois, cette influence est parfois remise en question, notamment lors des réorientations. Parmi les jeunes concernés, 25 % estiment qu’ils auraient dû davantage suivre leurs propres envies que l’avis de leurs parents, une proportion qui atteint 41 % chez les 16-18 ans, illustrant une volonté croissante d’émancipation.
La réorientation, un ajustement plus qu’un échec
Enfin, l’étude montre que la réorientation est rarement vécue comme une erreur. Elle est avant tout motivée par un changement de centres d’intérêt ou de projet (45 %) ou par un manque d’intérêt pour le cursus suivi (35 %), loin devant les mauvais conseils reçus l’année précédente (19 %) ou les informations erronées sur une formation (17 %). Des parcours de plus en plus évolutifs, dans un contexte où 13 % des jeunes jugent toujours difficile, voire très difficile, de trouver des informations pertinentes sur l’orientation.

« L’orientation n’a jamais été aussi déterminante, ni aussi complexe avec Parcoursup. Ce que montre cette étude, c’est que les jeunes ne cherchent pas une réponse toute faite, mais des repères pour décider. L’IA devient un nouvel outil d’éclairage, au même titre que les proches ou les sources officielles, mais elle ne remplace pas l’accompagnement humain. Avec Diplomeo, notre ambition est précisément d’aider chaque jeune à mieux se connaître, à mieux comprendre les formations et à faire des choix éclairés, dans un moment clé de leur parcours », déclare Jérémy Plasseraud, directeur exécutif de Hellowork.
Étude réalisée par Diplomeo


