Le couple d’automates a passé plus de trois mois entre les mains expertes des frères Edoli, Michel et Marc, deux menuisiers-ébénistes installés à Sarrians, où leur père Achille avait créé l’atelier en 1948. Depuis, cette maison familiale est labellisée par les Monuments Historiques, ce qui lui a permis de remettre en état nombre de site qui font la renommée du Vaucluse. Comme le Palais des Papes, la Chapelle de l’Oratoire dans la Rue Joseph Vernet, le Château de Fargues au Pontet et les 500 fenêtres de la Bibliothèque-Musée Inguimbertine de Carpentras.
« Les amoureux de bois qui pèsent autour de 200 kg ont été descendus du clocher début octobre grâce à une grue, explique Michel Edoli. Une fois transportés chez nous, avec l’équipe, nous avons démonté chaque pièce, bras, pieds, têtes, mains. Nous avons décapé le bois qui était en lamellé-collé et qui au fil du temps, depuis la dernière rénovation, quand Avignon était la Capitale Européenne de la Beauté en 2000, a subi les outrages du temps et les caprices de la météo, entre mistral, soleil brûlant et pluie. Avec un décapeur thermique, nous avons ôté toutes les couches de mastic, de colle, de résine, de peinture desséchées qui se sont fissurées, décollées et ont été rongées par le temps. Nous avons utilisé du sapin de qualité et pour qu’il tienne longtemps nous lui avons fait boire une bonne quantité d’huile et de peinture pour le protéger. »



Pour le mécanisme, c’est Christophe Nebout qui a géré les poids, contre-poids et câbles qui permettent le mouvement des mains et du torse de Jacquemart et de Jacotte qui pivotent toutes les demi-heures en même temps que sonnent les cloches. « Il y a un nouveau programmateur électronique pour harmoniser les gestes, je dois ajuster le mouvement pour qu’il soit un petit peu plus ample, j’ai aussi mis un système moins gourmand en énergie », précise-t-il, lui qui a longtemps géré toutes les horloges d’Avignon, aussi bien sur les églises, que dans les cours d’écoles, collèges et lycées qui peuvent servir de tocsin en cas d’inondation ou d’incendie.
« C’est reparti pour un bon moment », prophétise Michel Edoli. Ce lifting a coûté 57 000€, financés entièrement par la Mairie d’Avignon, et qui attire chaque jours, quand résonne le clocher, des milliers de regards, ceux des touristes qui passent par la Place de l’Horloge… comme son nom d’indique.



