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‘Une époque passionnante (mais redoutable)’, dernier livre du sociologue vauclusien Jean Viard

©Éditions de l'Aube

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Il s’interroge dans le soutitre : « Serons-nous à la hauteur? ». C’est toute la question en ces temps de manifestations, grèves, crise, insécurité, pillages, protestations tous azimuts au crépuscule de deux quinquennats Macron.

Depuis plus d’un demi-sècle, Jean Viard, cet inlassable observateur de l’évolution, transformation et mutation de notre société, des interactions et comportements collectifs, déchiffre, décode, décrypte ce qui constitue notre « vivre ensemble. » Depuis La campagne inventée (1977), La société d’archipel (1994, bien avant Jérôme Fourquet), Le sacre du temps libre, la société des 35h (2002), Quand la Méditerranée nous submerge (2017) ou Chronique française de Mitterrand à Macron (2018), ce directeur de recherche au CNRS s’est même présenté aux législatives en 2017 sur une liste macroniste et a été battu de 459 voix par le député LR de la 5e circonscription, Julien Aubert.

Dans ce livre, Jean Viard évoque ce que nous vivons en ce moment : à la croisée d’un basculement de civilisation, d’un tournant historique, d’un changement climatique, d’un effondrement du patriarcat et pour couronner le tout, de l’arrivée de l’IA. Pour faire face, il préconise le refus du catastrophisme, le rejet des discours déclinistes et populiste. « Certes, ce sont de réels bouleversements de nos vies, mais nous devons résister au fatalisme. Nos certitudes s’effacent, nos idéologies s’essoufflent, tout reste à inventer. »

« De l’Empire Romain à aujourd’hui, en passant par la Renaissance, au fil des siècles, nos habitudes ont été bouleversées, un nouveau monde s’est redessiné. Mais la jeunesse de 2026 se demande si elle a un avenir. En 1968, les lycéens et étudiants demandaient des gommes et des crayons, grâce à la pilule, leur liberté sexuelle était totale. » De Gaulle allait quitter le pouvoir un an plus tard, un vent d’insouciance soufflait sur la France des Trente Glorieuses avec des lendemains qui chantaient, « sous les pavés la plage. » Tour à tour des slogans ont dénoncé la guerre d’Algérie, celle du Vietnam en montrant du doigt la France colonialiste et les USA impérialistes.

Jean Viard poursuit : « Les jeunes voient leur avenir bouché, compliqué, ils ont peur du futur. Beaucoup sont boursiers, ils n’arrivent pas à se payer un studio, à s’alimenter correctement, Parcoursup les stresse. » Dans les années 70, seulement 10% des élèves de terminale décrochaient leur bac, aujourd’hui, ils sont plus de 90%. Personne ne leur parle d’orientation, de métiers, de filières, il n’y a pas de sélection pour entrer en 1re année à la fac, du coup seulement 40% réussissent à passer en 2e année. »

Le sociologue évoque alors les Années Macron, lui qui a conseillé le président pendant la crise des Gilets jaunes. « Il n’a pas compris ce qui se passait, il ne s’est pas appuyé sur des relais comme Laurent Berger, le leader modéré de la CFDT qui lui tendait la main. L’ego de Jupiter a pris toute sa place. Son second mandat n’a eu ni queue ni tête. Il a juste retardé l’arrivée possible du RN de 10 ans en prévenant les électeurs : « C’est moi ou le chaos. »

Toutefois, Jean Viard reste optimiste. « Entre le repli sur soi d’un côté et la révolution de la nouvelle France de l’autre, les démocrates doivent réfléchir à une 3e voie, une autre offre, un nouveau pacte intergénérationnel. »

Contact : Une époque passionnante (mais redoutable!) – L’Aube Edition

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