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Une rallonge pour Cheval Passion en 2027

©Michel Grisey

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En 2027, Cheval Passion va se recentrer sur son ADN à Avignon, capitale des arts équestres et de toute la filière cheval. Au lieu des deux jours annoncés il y a quelques semaines, l’événement s’étalera finalement sur trois jours.

Après le trouble voire le tollé généré par l’annonce d’une édition 2027 squelettique, réduite au seul spectacle des crinières d’or et à un seul week-end. Après la mobilisation de toute la filière, les éleveurs de Camargue et d’ailleurs, les centres équestres, les professionnels (soigneurs, vétérinaires, entraîneurs, selliers, maréchaux-ferrants), les centaines d’exposants qui se font une joie de revenir à Avignon chaque hiver, nombre d’élus de collectivités locales partenaires de Cheval Passion comme le Département de Vaucluse, la Région Sud, sidérés par une telle information. Tout comme la Fédération d’Equitation, du Cheval, de Tourisme Equestre ou l’Institut Français du Cheval qui ont participé à nombre de rencontres à Avignon et s’en sont émus.

Après une lettre ouverte de soutien à cette manifestation signée par 900 pétitionnaires en moins de 24h, on a appris que Cheval Passion se déroulera en fait sur 3 jours (du 22 au 24 janvier) dans un format complet mais sur une surface réduite  avec en plus, une représentation générale des Crinières d’Or le jeudi soir du 21 janvier.

Une édition recentrée sur son ADN

Sans œillères, la municipalité a donc pris en compte cette colère qui grondait pour proposer une solution recentrée sur l’ADN de Cheval Passion : les Crinières, les exposants, les éleveurs, le cabaret équestre, les animations permanentes et le MISEC (Marché International du Spectacle Equestre de Création). Vivier de la création équestre réservé aux professionnels qui viennent de toute l’Europe à Avignon pour rencontrer les artistes équestres, comme les Vauclusiens Pignon et Delgado dont les spectacles à cheval ont fait vibrer le public pendant des années.

Les professionnels viennent ici sélectionner leurs futurs spectacles en Espagne, Italie, Portugal Allemagne, Belgique, Suisse et ailleurs. Le pendant du Festival d’Avignon en juillet qui attire aussi des centaines de directeurs de théâtre du monde entier qui viennent faire leurs choix pour leur programmation ultérieure.

Un événement né il y a plus de 40 ans

Et c’est justement l’idée de génie qu’avait eue au départ une bande de copains qui en 1985 se réunissait au bistro-tabac La Civette, quand Jean-Pierre Roux était maire d’Avignon. Il souhaitait « animer » la ville, quand les touristes étaient aussi rares que les feuilles sur les branches des platanes de la Place de l’Horloge. Ils s’appelaient Jean-Claude Jourdan, directeur du Provençal en Vaucluse, Alain Graugnard avocat, Charles Ansidei en charge du tourisme. Plus tard, ils ont été rejoints par les directeurs successifs de RMG (ex-Avignon Tourisme) Didier Auzet et Michel Paqueu, mais aussi Gérard Chaminand, Michel Maridet ou Maurice Galle, le spécialiste du spectacle équestre qui est toujours là, quatre décennies après. Marie-Josée Roig, pendant 19 ans de mandat, a appuyé cette manifestation qui a attiré jusqu’à 100 000 spectateurs, rempli hôtels et restaurants dans un rayon de 20km et a fait encore plus rayonner la Cité des Papes grâce à la presse et aux retransmissions TV de spectacles inédits.

Le Covid, le confinement, la limitation de la jauge mais aussi la crise et l’inflation ont fait péricliter la fréquentation jusqu’à atteindre 70 000 entrées. Ce qui forcément a posé problème à la municipalité qui, selon Matthias Papet, le nouveau patron d’Avignon Tourisme, « ne peut pas se permettre de perdre de l’argent pendant 10 ans. » Effectivement.

Un nouveau comité d’organisation

C’est alors qu’il s’est tourné vers un homme qui a fait partie des pionniers, il y a 40 ans en 1986, quand a eu lieu la 1re édition de Cheval Passion : Michel Maridet. Il était déjà dans le comité d’organisation en 1986 et en plus dès 1995, il avait été chargé de « gérer l’exploitation du Parc des Expositions et des grands évènements à l’initiative de la ville », c’est dire s’il en connait un rayon et si c’est l’homme de la situation.

Ancien directeur général de la CCI de Vaucluse, Michel Maridet précise : « Le maire d’Avignon, Olivier Galzi, a entendu le message du monde de l’économie, du tourisme, de la culture, du patrimoine, de la filière cheval, il a aussi entendu la détresse des spectateurs. » Ces fans de voltige, de dressage, qui ne rateraient pour rien au monde les Crinières, sans parler des bénévoles passionnés qui se décarcassent pour qu’Avignon brille de tous ses feux. « Pour la prochaine édition, il n’est pas question de gagner de l’argent, mais surtout il ne faut pas en perdre. » C’est la mission de toute l’équipe du nouveau comité d’organisation, soulagée de voir Cheval Passion se dérouler sur plus de 2 jours.

C’est aussi une obligation quand on sait qu’en 3 ans, le déficit s’est creusé à 1M€. « Nous devons relever ce défi, nos fournisseurs vont faire un effort financier pour que tout se passe bien, pour réduire les coûts, maximiser les recettes avec des tarifs attractifs », dit-il. Que ce soit ceux qui livrent le sable et le foin AOP de Crau, qui tracent les pistes et manèges, installent les tribunes, le matériel son et lumières si important dans le Hall A pour mettre en valeur le travail des cavaliers et des chevaux, organisent le salon pour les centaines d’exposants de matériel équestre et aménagent les box pour le bien-être des chevaux malgré le froid de janvier.

On a frôlé l’annulation en 2026, cela a provoqué un électrochoc. Il faut tout faire pour pérenniser 2027, offrir un nouveau départ à Cheval Passion, une renaissance et surtout assurer une existence durable de cet événement magique et majeur d’Avignon.

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