26 mai 2026 | Agnès Jaoui à Avignon après une standing ovation à Cannes pour ‘L’objet du délit’

Ecrit par Andrée Brunetti le 26 mai 2026

Agnès Jaoui à Avignon après une standing ovation à Cannes pour ‘L’objet du délit’

Rayonnante, avec de grandes lunettes de soleil, en fin d’après-midi Agnès Jaoui était l’invitée d’honneur du Vox, chez Léonie et Jean-Marc, avec Emmanuel et Shéhérazade, une salle familiale qui trône sur la Place de l’Horloge depuis 103 ans grâce aux Bizot. Ici sont venus notamment Marguerite Duras et Quentin Tarentino, c’est dire si ce temple du 7e art compte dans le monde du cinéma !

Et samedi 23 mai, en avant-première de la sortie ce mercredi 27 mai, était projeté son film avec en filigrane #MeToo. « Dommage que les droits des femmes soient si compliqués et si lents à acquérir », résume la réalisatrice, comédienne, scénariste, chanteuse lyrique et metteuse-en-scène de théâtre et d’opéra. La plus oscarisée des actrices françaises avec sept récompenses à Cannes et aux Césars, elle qui a commencé à travailler  avant même d’être majeure avec les plus grands, Patrice Chéreau (Penthésilée de Kleist) Pierre Roman, Alain Resnais.

Tournée en Vaucluse, au printemps 2025, chez Pierre Cardin à Lacoste dans les carrières et sur l’espace dédié pendant plus de 25 ans au Festival qu’avait créé le couturier en 2000, la comédie L’objet du délit se déroule dans les coulisses de l’opéra et évoque les relations homme-femme, « la domination du metteur en scène ou du ténor vedette sur la maquilleuse ou la cantatrice débutante, du patron sur sa secrétaire, de l’entraîneur sur la sportive en apprentissage. Comment se positionner, que faire, qui dit vrai, qui ment? Souvent l’extrémisme règne, regrette la réalisatrice. Je préfèrerais qu’on se parle tranquillement même si on n’est pas d’accord, qu’on s’écoute, qu’on se respecte, heureusement, avec Mozart, c’est l’amour qui triomphe. » Avec notamment dans la distribution l’Avignonnais Daniel Auteuil et Eye Haïdara qui a été une magnifique maîtresse de cérémonie du 79e Festival International du Film à Cannes.

L’objet du délit. ©Anne-Françoise Brillot

Un film soutenu par les institutions locales

Soutenu par la Commission du Film Luberon Vaucluse, le Conseil Départemental et la Région Sud, ce film fait allusion à la façon dont le féminisme a évolué au fil du temps, comment ce qu’acceptaient une génération plus ancienne de femmes n’est plus admissible aujourd’hui et comment les hommes se questionnent pour les aborder et surtout ne pas passer outre leur consentement. « Quand on est amoureux, on est forcément sous emprise », dit-elle.

10 projets (longs-métrages de fiction et d’animation, documentaires, séries d’animation, etc) ont été soutenu par le Département via le fonds de soutien depuis sa création en 2024. Cette année, ce sont sept projets qui vont pouvoir en bénéficier, pour un budget total de 250 000€. Le Département de Vaucluse fait partie des 12 départements français ayant mis en place un fonds d’aide à la production.

Une attache au Vaucluse

Agnès Jaoui, dont le frère Laurent habite dans le Luberon et a été l’un des quatre co-scénaristes, vient souvent et depuis longtemps en Vaucluse. Elle y longtemps passé des vacances avec son compagnon Jean-Pierre Bacri. Elle a même fait ses premiers pas au théâtre au Festival d’Avignon quand elle avait 20 ans. « Ce festival est joyeux, festif, c’est un vrai bonheur cette ambiance, même si c’est impressionnant, avoue-t-elle. J’aimerais bien habiter ici, avec tous ces festivals, ces théâtres, mais aussi pour jardiner par exemple ! ».

Charlotte de Turckheim, venue en copine de sa propriété des Alpilles assister à la projection. ©Andrée Brunetti / L’Echo du Mardi

Dans les semaines qui viennent, après avoir présenté L’objet du délit à Cannes, Avignon et Marseille, elle reviendra en Vaucluse avec les chanteurs et musiciens du film le 31 juillet à Viens pour les Estivales du Haut Calavon. Au domaine viticole des Davids où pendant 5 jours à partir du 27, entre nature et culture, sont attendus les journalistes Pierre Haski et Thomas Snégaroff, l’éditeur et écrivain Charles Dantzig, sont prévus des ateliers d’écriture, des expositions, des rencontres, ainsi qu’un hommage posthume à Leïla Shahid rendu par Françoise Nyssen, patronne d’Actes Sud à Arles et ancienne ministre de la Culture et Laure Adler, essayiste, écrivaine et productrice.

Contact : info@estivaleshautcalavon.fr – 04 90 04 97 48

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