Pas une place de libre sur les gradins de pierre. Ils étaient arrivés en masse et en grappes dès 19h ce dimanche 26 juillet en longues files dans les rues, avec signe reconnaissable entre tous : leur coussin à la main. Un pèlerinage qui convergeait vers le Mur d’Auguste. Tous avaient espéré ce moment après une nième annulation au début de sa tournée d’été à Saint-Brieuc fin-mai à cause d’une infection respiratoire aigüe. Ils avaient tous tremblé après cette nième hospitalisation, après son cancer de la gorge, ses problèmes articulaires qui la font souffrir quand marche et surtout quand elle joue au piano.
Mais, au-delà de sa mince silhouette et de sa fragile apparence, Véronique Sanson est une force, une combattante, elle avance, elle se bat, elle ne s’avoue jamais vaincue, entourée de huit excellents musiciens (clavier, batterie, percussions, guitares, saxo, trombone et trompette).

Et surtout elle a chanté en pays conquis. Une ferveur du public intacte depuis ses débuts, quand on avait découvert cette blondinette juvénile dans l’iconique émission de Denise Glaser, Discorama en 1972, il y a plus d’un demi-siècle. Depuis, Amoureuse, Vancouver, Chanson sur ma drôle de vie, Rien que de l’eau, Doux dehors, fou dedans, Le temps est assassin, Mariavah, On m’attend là-bas, Une nuit sur son épaule, Quelques mots d’amour ont accompagné notre vie avec ses hauts et ses bas, ses bonheurs et douleurs. Une communion, une passion partagée qu’ils ont clamée à gorge déployée, les spectateurs attendris qui connaissaient par coeur toutes les paroles de ses tubes et les ont chantées à tue-tête tout en tapant des mains en mesure. Ovation après ovation, elle s’est dite subjuguée par ce site, cet imposant mur de pierre et surtout cette interaction avec le public. « J’avais envie de vous revoir ! » était le titre de cette tournée d’été qui s’est terminée ce dimanche soir à Orange.
« Je suis triste, mais c’est tellement beau, ce moment de partage entre nous », a-t-elle confié, avant de rester seule sur scène, pour un tête-a-tête avec le public, avant de tirer sa Révérence face à son piano et d’entonner Bahia où les accords parfois plaqués avec vigueur par sa main gauche ont laissé la place à des notes perlées pianossimo de la main droite, presque a capella avec un auditoire de chœur XXL en totale communion avec son idole. À la voix rauque a succédé une voix fluette, presque de petite fille pour cette facétieuse septuagénaire qui n’a pas dit son dernier mot. Alors ‘Hasta Luego‘ ! À Bientôt, Véro.



