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Canari, capitale du chant lyrique du 1er au 4 septembre en Haute-Corse

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Pour sa 23e édition, le concours de chant lyrique de Canari dans le Cap Corse va accueillir 30 candidats et candidates venant de 17 pays. 

Sélectionnés parmi 82 dossiers de candidatures, les candidats et candidates doivent avoir moins de 34 ans et peuvent se présenter dans 3 catégories : Opéra, Opéra-comique, Opérette à voix. Ils auront à interpréter 6 airs dont 2 en français : 2 proposés par le candidat, les 4 autres choisis par le jury. Les airs seront chantés sans partitions, les éliminatoires, la demi-finale et la finale ont lieu en public. Le jury de six membres sous la présidence de Renée Auphan décernera 18000€ de prix dont un prix du public, le prix du mécène Imiza et le prix Jacques Scaglia.

Un concours créé en 2003 sous l’impulsion du passionné et visionnaire Jacques Scaglia

Jacques Scaglia, né à Casablanca en 1934 puis Corse d’adoption, était promis à une grande carrière internationale de soliste baryton : à 17 ans il apprend les bases de la technique vocale fondée sur le souffle, la respiration, le phrasé avec Henri Teissere, chef de chant de l’Opéra de Marseille, puis c’est la Scala de Milan où il reçoit pendant près de quatre ans l’enseignement du Maestro Aureliano Pertile et de Maestro Riboldi, héritiers de la grande tradition du bel canto. De retour en France, installé à Canari avec sa femme et ses 5 enfants, il renonce pourtant à sa carrière pour assurer la vie matérielle de sa famille. Cependant, quelques années plus tard, des rencontres décisives comme Élisabeth Méric, pianiste aujourd’hui au Capitole de Toulouse ou Claudie Martinet, chef de chant à l’époque à l’Opéra de Paris, le persuadent de se consacrer à l’enseignement et à la transmission lui à qui l’on reconnaît d’avoir la précision de l’oreille, le souffle juste mais surtout une bienveillance, et une manière unique d’enseigner. Pour lui, chanter « c’est respirer avec l’âme. » Le village avait son clocher célèbre, il aura également son phare car Jacques Scaglia est une repère et un modèle pour beaucoup de jeunes chanteurs lyriques ou issus du chant traditionnel qui viennent à lui, dans ce petit village du Cap Corse. En 2003, il crée le Festival International de Chant lyrique de Canari, un juste retour aux sources s’il en est car la Corse fut longtemps une terre passionnée d’opéra, pour ne citer que les trois grands ténors Vezzani, Micheletti ou Luccioni, sans oublier Tino Rossi ou Bruno Clair qui ont popularisé la voix corse. 

Un concours qui perdure après le décès de son créateur

Décédé le 25 septembre 2025, quelques jours après la clôture de la 22e édition, Jacques Scaglia est toujours présent et nous donne rendez-vous pour une 23e édition qui s’annonce foisonnante. La relève est assurée par sa fille Rita mais aussi par des dizaines de bénévoles du village qui oeuvrent pendant plusieurs semaines pour accueillir dans les meilleures conditions artistes, musiciens, jury et bien sûr public. Gîtes et hébergements solidaires, repas mais aussi transferts à l’aéroport (Canari est à plus d’une heure de l’aéroport de Bastia), accueil des participants, du jury, tout ceci nécessite une organisation en amont, un défi que relève avec bonheur les habitants de Canari.

Un festival qui se mérite

Passé Nonza, puis l’ancienne usine d’amiante, la route continue à serpenter, offrant pendant une dizaine de kilomètres un paysage à « couper le souffle. » On arrive au village de Canari le bien nommé.Trilles harmonieuses et gazouillis n’ont qu’à bien se tenir ! On y vient pour son clocher du XVIIe siècle, cœur battant du village, dominant à 360 mètres d’altitude le Golfe de Saint Florent soit ! Mais le couvent Saint François du XVIe, où a lieu le Concours lyrique n’a rien à lui envier.

Un événement populaire qui redonne sa juste place au lyrique

Au delà des 4 jours d’épreuves pour les candidats et candidates, c’est aussi un moment particulier pour le village, pour le public. C’est un concours certes, mais tous ces talents prometteurs se côtoient avec bienveillance, se connaissent pour la plupart car la vie d’un artiste lyrique passe par la participation obligée aux différents concours nationaux et internationaux pour se faire connaître, décrocher des contrats… En cette fin estivale, le village s’anime encore. Il n’est pas rare d’entendre les voix s’élever dans les ruelles des hameaux, répétitions et vocalises obligent. On peut rencontrer tous ces jeunes aussi au café le temps d’une pause, rarement à la plage car comme me l’a confié une soprano, il ne faut pas prendre le risque de s’enrhumer.Nulle par ailleurs on ne peut vivre cette expérience de fusion avec la musique, la nature, le patrimoine et l’humain. Ceux qui sont éliminés dès la demi finale restent pour participer au prix du public qui a lieu le dernier jour et il n’est pas rare qu’ils prennent ainsi une revanche populaire. Car ils sont tous talentueux, la sélection a été quelquefois difficile mais aucun n’a démérité. Nous retrouverons quelquefois les plus jeunes participer sur le continent au Concours des jeunes Espoirs de Raymond Duffaut à l’Opéra du Grand Avignon. En 2025 par exemple la jeune soprano Amandine Sanchez a eu le prix spécial du Jury de Canari et a remporté quelques semaines plus tard à Avignon le prix du public.

Du côté du public, on se détend ou au contraire on se prend très au sérieux : comparer, commenter s’interroger même si on ne connaît pas les bases du lyrique font parti de l’exercice. Pourquoi un artiste nous touche ? Pourquoi lui ou elle plutôt qu’un autre, pourquoi a-t-il été éliminé ? Quels sont nos critères : le phrasé, la performance dans les aigus, l’émotion provoquée, le répertoire choisi, le timbre, la présence ? On se prend au jeu, on écoute, on soutient, on pronostique, on se forme au fil des éditions et c’est toujours le plaisir qui prime.

À la sortie de l été, Canari devient ainsi terre de partage et témoin d’une expérience humaine et artistique.

Le concert hommage à Jacques Scaglia

En choisissant d’ouvrir la soirée du premier jour du concours par un concert en soirée en hommage à son fondateur, les organisateurs ont voulu permettre une vraie rencontre autour d’un programme exceptionnel. En effet, Jacques Scaglia est décédé quelques jours après la 22e édition, en septembre 2025 sans avoir pu y être présent d’ailleurs, déjà très affaibli. 

Ce mardi 1er septembre, le ténor Jean-François Borras, Maurel Endong, Cristina Giannelli, la soprano colorature Julia Knecht, la soprano ukrainienne Inna Kalugina, Katleho Mokhoabane seront réunis pour ce concert exceptionnel. Ce sont des artistes qui ont compté pour lui ou d’anciens lauréats du concours lyrique. Ils interpréteront du Mozart, Bizet, Verdi, Puccini, Dvořák, Massenet, Rossin… Ils seront accompagnés au piano par Olivier Cangelosi, avec la participation du groupe A Ricuccata. Au cours de la soirée, des surprises, des témoignages pour que cette soirée souvenir soit aussi une belle soirée tournée vers le partage et l’avenir.

Le programme complet

Mardi 1 septembre
15h : session éliminatoire, premier air . Entrée libre.
21h : Concert hommage à Jacques Scaglia
Mercredi 2 septembre
15h : session éliminatoire . Entrée libre.
Résultats des éliminatoires .
Jeudi 3 septembre
15h : demi-finale.entrée 10€. Exécution de deux morceaux, dont un choisi par le jury
Vendredi 4 septembre
15h : Finale entrée.  30€. Les finalistes interprètent deux airs choisis par le jury
Délibération du Jury : durant les délibérations du jury, les candidats non finalistes qui le souhaitent se produiront en interprétant un air de leur choix afin que soit décerné le Prix du Public.
Remise des Prix
Proclamation des Résultats et remise des prix.
Suivi d’un buffet dans le cloître.

Du 1er au 4 septembre. Couvent Saint François. Canari. Haute-Corse. Billeterie : concours-canari.com / concourscanari@gmail.com

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