26 janvier 2026 | Comment Marine Jeangeorges voyage autrement

Ecrit par Echo du Mardi le 26 janvier 2026

Comment Marine Jeangeorges voyage autrement

Alors que le tourisme de masse et le transport aérien sont de plus en plus questionnés pour leur impact environnemental, une habitante du Vaucluse interroge nos façons de voyager. Marine Jeangeorges a fait du voyage lent et bas carbone un terrain d’expérimentation sur plusieurs années, transformant le déplacement en objet de réflexion sur le temps, la mobilité et à la responsabilité climatique.

Le tourisme représente près de 8,8% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, selon l’Organisation mondiale du tourisme. En France, le transport concentre l’essentiel de ces émissions, avec une place déterminante occupée par l’aérien. Dès lors, la question ne se limite plus à voyager autrement, mais à repenser un modèle devenu difficilement compatible avec les objectifs climatiques. C’est dans ce cadre que s’inscrit le parcours de Marine Jeangeorges. Depuis quatre ans, elle traverse l’Europe et l’Asie principalement par voie terrestre, cumulant plus de 25 000 kilomètres à travers seize pays. Train, bus et bateau remplacent l’avion dans une démarche volontairement sobre, où la lenteur devient une contrainte assumée autant qu’un outil de réflexion.

Le déplacement devient un terrain d’engagement
Au fil du trajet, le voyage cesse d’être une parenthèse personnelle pour devenir un espace d’observation et d’action. En Asie du Sud, où elle a vécu plus de deux ans, Marine Jeangeorges s’est impliquée dans plusieurs projets écologiques, allant de la reforestation à la permaculture, en passant par des éco-villages, tout en animant une douzaine d’ateliers de sensibilisation au climat. Ces expériences nourrissent une réflexion plus large sur la place du voyageur. Loin de la figure du consommateur de destinations, il peut devenir un acteur ponctuel mais utile, à condition de s’inscrire dans des dynamiques locales existantes et de limiter son empreinte. Une posture qui suppose de renoncer à la logique de rapidité et d’optimisation permanente des déplacements.

Une réflexion qui résonne dans le Vaucluse
Dans un territoire comme le Vaucluse, la question des mobilités prend une résonance particulière, car le département ne dispose que d’un aéroport de taille modeste, l’aéroport d’Avignon-Provence, dont l’offre reste limitée mais où l’aviation d’affaires aime à se développer, tandis que le rail et la route constituent les principaux modes d’accès. Cette configuration fait du Vaucluse un terrain d’observation pertinent des alternatives au transport aérien, tant pour les déplacements du quotidien que pour les pratiques touristiques. Ce contexte renforce l’intérêt d’une réflexion sur des formes de mobilité plus sobres, fondées sur la réduction du recours à l’avion lorsque des solutions terrestres existent, sur l’allongement des temps de séjour et sur un rapport plus attentif aux territoires traversés.

Repenser notre rapport au temps et aux territoires
Voyager moins vite, ce n’est pas renoncer au déplacement, mais interroger la manière dont il s’inscrit dans nos modes de vie. Il s’agit plutôt d’ouvrir un débat sur nos choix de mobilité, à l’heure où l’urgence climatique impose de revoir nos pratiques. Au fil de cette itinérance, une question s’impose. Comment continuer à voyager sans nier l’impact de nos déplacements, et faire du tourisme un levier d’engagement ?
Calista Contat-Dathey

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