1 juin 2026 | Le Festival d’Avignon se posera en 80 questions du 4 au 25 juillet 2026

Ecrit par Michèle Périn le 1 juin 2026

Le Festival d’Avignon se posera en 80 questions du 4 au 25 juillet 2026

« Nous avons souhaité partager des questions avec le public pour transformer ce 80e Festival d’Avignon en une grande fête des questions. »

Tiago Rodrigues a créé ainsi la surprise lors de la conférence de presse présentant la programmation du 80e Festival d’Avignon. Le public étant au centre du festival , c’est celui-ci qui était invité sur scène pour présenter cette 80e édition en 80 questions. Un groupe de 80 volontaires, hommes et femmes, fidèles du festival ou pas, jeunes ou seniors qui se sont interrogés face aux propositions artistiques. Le premier questionnement est venu de l’affiche qui représente un point d’interrogation noir qui tape du poing sur une table. Elle résume à elle seule ce que sera le 80e festival d’Avignon : une grande fête de questions posées par les artistes, des questionnements où des réponses ne seront pas forcément attendues. Le deuil, la transmission, les fantômes, l’amour, la mémoire, la place de la poésie, le devenir des corps….autant de thèmes qui nous laisseront cheminer dans un dédale de questions aux réponses diverses. Monstratif ? démonstratif ? En 2026 le spectacle vivant  sera aussi interrogatif !

Les chiffres en questions

Si ce 80e Festival d’Avignon se veut une Foire aux questions sans réponses unanimes, les chiffres cependant témoignent d’une certitude : pendant 22 jours, Avignon accueillera l’une des plus importantes manifestations internationales du spectacle vivant contemporain.

Plus de 750 salariés mobilisés, 47 spectacles dont 30 créations qui représentent 64% de la programmation, près de 300 rendez-vous incluant spectacles, rencontres, lectures, débats et projections associant une dizaine d’acteurs culturels, 2 expositions, un spectacle itinérant dans 14 communes, 40 lieux investis… Pour 2026, les productions du Festival continueront de rayonner avec près de 165 représentations dans 12 pays et 40 lieux.

Quelques certitudes au-delà des chiffres

Si on se pose la question de la parité, elle est largement respectée, les femmes représentant 55% des artistes. Après l’anglais, l’espagnol et l’arabe, le coréen est la langue invitée. Le théâtre est toujours la première discipline. Le programme ‘Première fois’, permettant la découverte aussi bien logistique qu’artistique du festival est reconduit et la fidélisation de ce nouveau public est également envisagée pour 2027. Les territoires cinématographiques accueilleront au cinéma Utopia des réalisateurs et réalisatrices coréens. La chorégraphe brésilienne Lia Rodrigues succède à Mathilde Monnier pour mettre en œuvre le programme ‘Transmission impossible’ qui permet à de jeunes artistes, étudiantes et étudiants en arts vivants post-diplômés, une immersion totale dans le Festival. Le Café des idées est reconduit chaque jour du Festival au Cloître Saint-Louis afin de « donner la parole aux questions » et d’engager des débats et conversations avec artistes ou personnalités telles que Han Kang, Prix Nobel de littérature 2024 ou Edwy Plenel ou d’accueillir des rencontres comme Foi et Culture avec le diocèse d’Avignon, Et bien sûr, le Festival poursuit et améliore ses engagements envers l’accessibilité pour tous, la mobilité durable et la réduction des déchets.

Deux spectacles investiront La Carrière de Boulbon

Une fois n’est pas coutume, la Carrière de Boulbon accueillera 2 spectacles. ‘Silence’, un concert chorégraphié de Lucie Antunes et  Mathilde Monnier et ‘1, 2, 3 Poquelin’ du collectif flamand Tg Stan qui nous apprendra tout sur Molière avec humour.

Dans la Cour d’honneur

Julien Gosselin ouvrira la foire aux questions avec ‘Maldoror’, un étrange mix de  Lautréamont et de l’écriture de Roberto Bolaño ou comment peut on être fasciné par le Mal. Avec ‘Oiseau’, Julie Deliquet , Isabelle Huppert et Hyeyoung Lee proposent une lecture-adaptation franco-coréenne d’un extrait du dernier roman de Han Kangva, Impossibles adieux. Pour ceux qui n’ont pas découvert Benjamin Clémentine dans le métro parisien, il sera en concert unique le 19 juillet. Le cirque sera – enfin- présent dans la Cour d’honneur grâce au Collectif XY qui interroge notre rapport au vivant et la solidarité dans ‘Le Pas du monde’.

Le Coréen, langue invitée

Après l’anglais, l’espagnol et l’arabe, le coréen une langue « faite de résistance et de résilience » se conjuguera à travers le théâtre, la gastronomie, le cinéma, la danse et la littérature. Si on connaît la culture coréenne par les séries k-drama, la K- pop ou la gastronomie coréenne, le festival va être l’occasion de découvrir le pansori, récit chanté, dans ‘Neige, neige, neige’ avec la chanteuse Lee Jaram. ‘Island Story’ de Kyung-Sung Lee rappellera la lutte des Coréens contre les Japonais en 1948. Jaha Koo présentera trois  de ses spectacles : ‘Cuckoo’, ‘The History of Korean Western Theatre’ et ‘Haribo Kimchi’. On parlera écologie avec la chorégraphe Sung Im Her avec 1 Degree Celsius et on s’immergera en apnée avec les plongeusese de Muljil.

Il sera aussi question de…

En danse, Boris Charmatz , Mathilde Monnier  Madeleine Fournier, Trajal Harrell et Katerina Andreou offriront leurs dernières créations. Tiphaine Raffier, programmée pour la première fois au Festival présentera le premier spectacle de la FabricA, ‘Hors présence’, un huis clos sur la mort et la fin de vie. On se réjouit plus de vingt ans après du retour du circassien Johann Le Guillerm avec ‘Terces’ qui aura l’écrin de la Plaine de l’Abbaye de Villeneuve-lès-Avignon pour nous étonner de son inventivité. On retrouvera Rebecca Chaillon (Carte Noire en 2023) dans ‘La parabole du Seum’ qui interroge la peur, un Hamlet itinérant de Thibaud Perrenoud. Valérie Dréville se produira dans une seule en scène ‘Thésée, sa vie nouvelle’. Le spectacle long qu’affectionnent les fidèles du festival sera celui de Carolina Bianchi et Cara de Cavalo pour une performance marathon forcément bouleversante et dérangeante de 10h à l’Opéra Grand Avignon.

La soirée de clôture devient un matin lumineux

Le Festival se clôturera par L’Aube des questions, lors de laquelle 80 questions seront formulées par des dizaines de personnalités artistiques, culturelles, politiques, associatives, de la société civile… dans la Cour d’honneur du palais des Papes. Habituellement le Festival se clôture à minuit. En 2026, de 5h à 7h du matin, la lumière naissante préfigurera l’édition anniversaire de 2027. 

Billetterie ouverte à toutes et tous sur festival-avignon.com et fnacspectacles.com
À partir du 20 juin, par téléphone et au guichet. Du mardi au samedi de 9h30 à 14h puis de 16h à 18h30.
Tous les jours aux mêmes horaires, dès le 1er juillet. 20 rue du Portail Boquier. Avignon. 04 90 14 14 14

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