Cette création théâtrale explore le lien entre le jeu d’actrice et l’art plastique en direct, pour interroger la mémoire, la transmission et la puissance de l’obstination comme acte de vie et de résistance.
Le projet est né en suivant les traces de Lucia Pisapia Apicella, une femme qui, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, s’est dressée face à l’oubli. Bravant les interdits, elle s’est mise à la recherche des corps de soldats disparus, sans distinction de nationalité, révélant plus de sept cents dépouilles pour leur rendre un nom, un visage et une dignité. Son geste obstiné a inspiré la recherche menée par la compagnie, qui s’est élargie à d’autres figures féminines dans le monde : les Mères de la Place de Mai en Argentine, Cristina Cattaneo, médecin légiste engagée dans l’identification des morts en Méditerranée, les chercheuses du désert d’Atacama au Chili, ou encore Maria Reiche, mathématicienne allemande qui consacra sa vie aux lignes de Nazca. Toutes incarnent une obstination sans compromis, un mouvement vital qui transforme la douleur en création et le silence en mémoire vivante.
Jeu d’actrice, danse et arts plastiques projetés en direct
Rosa est la gardienne du cimetière. Elle connaît par cœur toutes les âmes qui se cachent derrière les croix, les plaques en marbre ou en béton. Elle sait chaque nom, chaque vie, qu’elle célèbre avec ses mots, ses coups d’éponge ou de balai et avec chacune de ses fleurs. Alors que ce lieu de mémoire est voué à disparaître, Rosa résiste et se bat, soutenue par la complicité de Teresa, femme hors du temps qui surgit à travers les images, les souvenirs et un humour caustique qui remplit de légèreté même les moments les plus durs. Le binôme accompagne le public, visiteur du cimetière, à la découverte et à la rencontre des « obstinées », ces femmes gardiennes de mémoire qui ont fait de l’obstination leur force de résistance pour célébrer la vie. Dans le quotidien comme dans des situations extrêmes — lorsque la guerre, la dictature ont cherché à semer l’oubli et la souffrance — elles ont continué à préserver ce qui demeure vivant. Se relever, continuer, créer, préserver.
Vendredi 9 octobre. 15h30. Entrée libre sur réservation. Artéphile. 7 Rue du Bourg Neuf. Avignon. 04 90 03 01 90.
