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(Vidéo) Carrières de lumières, Matisse et Frida Kahlo en immersion

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Les Carrières des Lumières invitent le public à plonger dans deux univers artistiques. Couleurs éclatantes, œuvres monumentales et musique donnent vie à Henri Matisse, tandis qu’un programme consacré à Frida Kahlo explore la puissance d’une œuvre nourrie par la douleur et l’identité.

Aux Baux-de-Provence, les Carrières des Lumières font vibrer la pierre au rythme de Matisse, la symphonie des couleurs, une création immersive de 45 minutes. Des premières audaces fauves aux célèbres papiers découpés de ses dernières années, le spectacle retrace l’évolution d’un artiste qui a fait de la couleur un véritable langage. Le visiteur traverse ses œuvres emblématiques, de ‘La Danse’ à ‘L’Atelier rouge’, porté par des projections monumentales et une bande-son mêlant musiques classiques et contemporaines. Le parcours révèle aussi l’influence des voyages, la lumière méditerranéenne et la quête d’épure qui ont façonné son art, jusqu’aux vitraux de la chapelle du Rosaire, à Vence, où la couleur semble se fondre dans la lumière.

Frida Kahlo, l’art de transformer la douleur
En contrepoint, Frida Kahlo, en plein cœur propose un programme court de 14 minutes consacré à l’artiste mexicaine. Ses autoportraits, ses symboles et ses motifs organiques racontent une vie marquée par la souffrance physique, mais aussi par une volonté farouche d’affirmer son identité. Des ‘Deux Fridas’ à ‘La Colonne brisée’, les images monumentales se déploient évoquant un intime devenu universel. Là où Matisse recherche l’harmonie et la joie par la couleur, Kahlo fait de la peinture un espace de confrontation avec soi-même.

L’art à vivre autrement
Dans ces anciennes carrières de calcaire, ouvertes à l’immersion numérique depuis 2012, les œuvres quittent leurs cadres pour envelopper entièrement le lieu et les visiteurs. Cette approche ne remplace pas la rencontre avec les tableaux originaux, mais elle en propose une lecture sensible, accessible à tous les publics, y compris aux familles. Les deux créations sont à découvrir dès maintenant, route de Maillane, aux Baux-de-Provence. Le site est accessible aux poussettes aux personnes à mobilité réduite.

En savoir plus sur Henri Matisse, où la couleur jaillit comme une promesse de bonheur
Maître de la couleur et figure majeure de l’art moderne, Henri Matisse a révolutionné la peinture en libérant les formes et les teintes des conventions académiques. De ses audaces fauves à ses célèbres gouaches découpées, son œuvre célèbre la lumière, le mouvement et la joie de vivre. Né en 1869 au Cateau-Cambrésis, Henri Matisse découvre la peinture presque par hasard, avant d’en faire sa vocation. Au début du XXe siècle, ses couleurs franches et ses contrastes audacieux bousculent les habitudes. Avec les fauves, il privilégie l’émotion à la représentation fidèle du réel, faisant de la couleur un langage à part entière.

L’art de l’épure
Tout au long de sa carrière, Matisse explore de nouvelles voies, simplifiant progressivement les lignes et les compositions. Affaibli par la maladie dans ses dernières années, il invente une technique qui renouvelle son art : les gouaches découpées. À l’aide de papiers peints puis découpés, il compose des formes libres, éclatantes de vitalité. La célèbre série Jazz (1947) illustre cette créativité sans cesse renouvelée. Jusqu’à sa mort, en 1954, Matisse poursuit sa quête d’essentiel. De ses toiles lumineuses aux vitraux de la chapelle du Rosaire, à Vence, il laisse une œuvre où la simplicité apparente dissimule une maîtrise exceptionnelle. Son ambition : faire de l’art non une imitation du monde, mais une source d’équilibre, de lumière et de bonheur.

Frida Kahlo, l’art de transcender la douleur
Artiste inclassable, Frida Kahlo a fait de ses blessures intimes une œuvre puissante, où la souffrance se mêle à l’éclat des couleurs et à l’amour du Mexique. Autoportraits saisissants, passions tumultueuses et convictions politiques composent l’univers singulier d’une femme qui n’a jamais cessé d’affirmer sa liberté. Un accident de bus, en 1925, bouleverse la vie de Frida Kahlo. Immobilisée par de graves blessures, elle commence à peindre et fait de son propre visage un territoire d’exploration. «Je me peins car je suis souvent seule et parce que c’est le sujet que je connais le mieux», explique-t-elle. Dès lors, son corps meurtri, ses tourments amoureux et ses impossibles maternités nourrissent une peinture d’une sincérité bouleversante.

Une liberté farouche
Épouse du peintre Diego Rivera, militante communiste et profondément attachée à ses racines mexicaines, Kahlo développe un langage artistique inclassable, entre traditions populaires, symbolisme et couleurs éclatantes. Refusant d’être assimilée au surréalisme, elle peint sa réalité, non de ses rêves. Malgré lde nombreuses opérations et la dégradation de sa santé, elle poursuit son œuvre jusqu’à sa mort, en 1954, à 47 ans. De ‘Le Lit volant’ à ‘Le Cerf blessé’, ses tableaux transforment l’épreuve en expression artistique. Plus qu’une peintre de la souffrance, Frida Kahlo demeure une figure de liberté et de résistance, dont l’œuvre continue de fasciner par sa force intime et son intensité visuelle.

Les infos pratiques
Les Carrières de lumières. Route de Maillane aux Baux de Provence. Billet à partir de 16,50 € au tarif plein, avec des tarifs réduits selon les publics. Matisse/ Frida Kahlo. Durée 1h. Jusqu’au 12 décembre 2026. Réservation ici.
Mireille Hurlin

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