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1er REG : le génie de la guerre

Crédit : Michel Grisey

Le 1er Régiment étranger de génie (1er REG) de Laudun-l’Ardoise vient d’organiser l’exercice ‘Terra Nostra 26’. Durant 10 jours, du 16 au 25 mars, les képis blancs gardois ont fait face à différent scénarii mobilisant plus de 300 militaires et une soixantaine de véhicules.

L’exercice ‘Terra Nostra 26’ qui vient de s’achever avait pour objectif d’entraîner les légionnaires du 1er Régiment étranger de génie (1er REG) à défendre un territoire face aux attaques ennemies. Se déroulant en terrain libre cette simulation conduite dans plusieurs communes du Gard Rhodanien proches de Laudun l’Ardoise visait « à entraîner l’ensemble des unités au combat de haute intensité en conditions proches du réel, tout en perfectionnant les savoir-faire individuels et collectifs dans le domaine du génie », explique le 1er REG.

Protection de la caserne puis des alentours
Dans ce cadre Terra Nostra s’est tenu en plusieurs phases. Dans un premier temps, du 16 au 18 mars, dans le cadre de l’exercice, les unités du régiment se sont entraînées à la protection des infrastructures militaires. Face à une montée progressive de menaces simulées, les unités ont été engagées dans la défense du quartier régimentaire : gestion d’incidents multiples, mise en alerte graduée, combat terrestre et déploiement d’une cellule de crise. Cette phase avait pour objectif de tester et renforcer le plan de défense face à un ennemi menant des actions de harcèlement.
Après la défense de la caserne et de ses abords, l’exercice s’est ensuite étendu à la protection et à la sauvegarde des populations vivant aux alentours.

De gauche à droite :  Colonel Dorigny chef de corps 1er REG, lieutenant-colonel Romain directeur de l’exercice Terra Nostra et le capitaine Charles Commandant la compagnie engagée. Crédit : Michel Grisey

« Nous avons bien réagi face à l’ennemi. »

Colonel Dorigny, chef de corps du 1er REG

Sauvegarder les civils et se prémunir des infiltrations parmi eux
Par la suite, Terra Nostra verra le déploiement de plusieurs véhicules de combat d’infanterie Griffon engagés pour extraire une vingtaine de civils visés par des tirs d’obus ennemis. Mis en sécurité au sein de la garnison, les blessés ont été pris en charge tandis que les autres civils ont fait l’objet de fouilles et d’interrogatoires. Leurs réponses renseignent le poste de commandement (PC) sur l’ennemi.


Pour renforcer le réalisme de la manœuvre, les élèves d’une classe de défense parrainée par le régiment ont joué le rôle de la population civile. Au cours de l’exercice, un réserviste de la force adverse (FORAD), dissimulé parmi les civils, a créé une diversion. Son complice, lui aussi caché parmi les civils, a cherché à recueillir des informations sur la garnison. Grâce à leur vigilance, les légionnaires détectent la menace, maîtrisent l’individu armé d’un couteau puis interpellent son complice.

Sous l’œil de délégations étrangères
Des délégations espagnoles et grecques étaient aussi présentes afin d’observer les modes opératoires des Explosive ordnance disposal (EOD) français, ces unités spécialisées dans la neutralisation d’engins explosifs. En échange, quatre EOD du 1er REG ont été envoyés en Grèce pour échanger sur les méthodes de déminage utilisées par le pays allié.

Le lendemain, une nouvelle exfiltration de population est conduite avec une Embarcation fluviale du génie (EFG). L’intégration de civils dans la manœuvre a notamment permis aux légionnaires de s’entraîner au plus près des conditions réelles d’engagement, en maintenant une vigilance permanente.
« Nous avons bien réagi face à l’ennemi. C’est rassurant, constate le Colonel Dorigny, chef de corps du 1er REG. Terra Nostra 26 nous a aussi permis d’être très satisfait de nos savoir-faire du génie. »

Le véhicule blindé Griffon e décline en différentes versions  : Santé, réparation matériel, transport de troupes… Crédit : Michel Grisey

Construction inédite d’un tunnel sous le feu de l’ennemi
Par ailleurs, lors de Terra Nostra, la section travaux du 1er REG a expérimenté la construction d’un tunnel. En pleine forêt, une tranchée de six mètres de profondeur a ainsi été creusée pour construire un tunnel. Une pelleteuse hydraulique est intervenue pendant que la section travaux a découpé de larges poutres pour soutenir l’ouvrage. Deux mois plus tôt, le bureau opérations-instruction (BOI) avait chargé le lieutenant Kilian, commandant la section travaux, d’étudier les techniques de construction adaptées à cette infrastructure souterraine. Le tunnel mesure 15 mètres de long et 2 mètres de large et peut supporter le poids d’un char Leclerc de 54 tonnes.

Afin d’être le plus réaliste possible des conditions réelles d’un conflit moderne, ce chantier inédit a été attaqué par un drone lançant une grenade. Malgré la riposte, trois militaires sont blessés. Cette situation a permis aux képis blancs de s’entraîner au sauvetage au combat de niveau 1.

Au PC commandement, la ‘caisse à sable’ est une maquette tactique permettant de visualiser le terrain d’opération. Crédit : Michel Grisey

La logistique : le nerf de la guerre
Dans le même temps, côté pratique le ‘train de combat n°2’ (TC2) a posé son bivouac en retrait de la ligne de front. Son rôle était de soutenir logistiquement tout le régiment en assurant le ravitaillement des compagnies du régiment en vivres, en munitions et en carburant.

Réseaux sociaux : la guerre 2.0
Pour entraîner les soldats à la haute intensité, le 1er REG a poussé le scénario à son maximum tout au long de ces manœuvres. Ainsi, les soldats, déjà sensibilisés à l’utilisation des téléphones en mission, ont été mis à l’épreuve durant l’exercice. Des spécialistes des réseaux sociaux ont échangé avec ces derniers à l’aide de faux comptes, afin de soutirer des informations sur les manœuvres.


« Ce ravitaillement se fait de plusieurs manières : soit le TC2 ravitaille les compagnies sur leurs positions, lorsque le conflit le permet, soit les compagnies viennent se ravitailler au TC2, explique le ministère des armées. Le train de combat n°2 assure également la maintenance des engins. Cela implique non seulement de réparer les véhicules mais aussi d’assurer l’approvisionnement en pièces détachées et en matériel complémentaire comme par exemple les protections Nucléaire, radiologique, biologique et chimique (NRBC). Pour accomplir sa mission le TC2 est équipé d’engin lourds de dépannage. Enfin, il assure le soutien sanitaire du régiment. Pour cela, une équipe sanitaire est intégrée au TC2. Equipé d’un Griffon en version sanitaire et d’une ambulance, il soigne aussi bien les blessés militaires que civils, et peut aussi être amené à prodiguer des soins à des personnels ennemis capturés. Sa mission s’étend aussi à la prévention d’épidémie ou d’accidents physiques au sein des compagnies. »

Michel Grisey et Laurent Garcia

A propos du 1er REG
Le 1er Régiment étranger du génie compte plus de 800 hommes répartis dans 6 compagnies. C’est le régiment de génie d’assaut de la 6e brigade légère blindée (6e BLB). Il remplit des missions d’appui à la mobilité, à la contre mobilité et d’aide au déploiement d’urgence. Spécialiste amphibie, le régiment est notamment l’acteur principal dans les opérations d’aménagement des plages, de vérification de non pollution, l’organisation de l’embarquement et du débarquement de véhicules des unités de la brigade.

Une solide expérience opérationnelle
Le 1er REG a vu le jour en 1984 sous l’appellation de 6e régiment étranger de génie avant de prendre son nom actuel en 1999 lorsqu’est créé un deuxième régiment de génie légion. Historiquement basé à Laudun peut se prévaloir d’une solide expérience opérationnelle : le régiment s’est illustré pendant la guerre du Golfe au sein de la division Daguet, puis au Koweït, en déminant les plages aux abords de la ville.

De nombreuses interventions humanitaires dans le monde mais aussi dans le Gard
Capable de construire un pont comme de mettre en œuvre une unité mobile de traitement des eaux, le 1er REG ne compte plus également les interventions à caractère humanitaire : Somalie, Rwanda, République Centrafricaine, Érythrée, Indonésie en 2005 après le tsunami, ou encore au Liban lors de l’opération Baliste. Les sapeurs-légionnaires peuvent également être à l’œuvre sur le territoire national comme lors des inondations de la Somme, en 2001, dans le Gard, en 2002, 2003, 2005 puis en 2010 après la tempête Xynthia en Vendée et suite aux inondations dans le Var.
Crédit photo : Michel Grisey

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