12 juin 2026 | Anaïs Hausmann sera bien candidate aux sénatoriales en Vaucluse

Ecrit par Laurent Garcia le 12 juin 2026

Anaïs Hausmann sera bien candidate aux sénatoriales en Vaucluse

Jusqu’à présent on avait beaucoup parlé d’elle, mais elle s’était peu exprimée dans les médias. Nouvelle adjointe déléguée à l’innovation et à la création de valeur territoriale de la ville d’Avignon, Anaïs Hausmann est désormais en plein lumière. En effet, la compagne d’Olivier Galzi, nouveau maire d’Avignon, briguera l’un des trois sièges de sénateur lors des élections qui se dérouleront le dimanche 27 septembre prochain. Elle le fera sous l’étiquette ‘Le bon sens des territoires’, le mouvement que vient de lancer Olivier Galzi afin d’essaimer au niveau national. Entretien avec la candidate désormais déclarée.

Pour quelle raison êtes-vous candidate aux prochaines élections sénatoriales en Vaucluse ?
« Depuis plusieurs mois, au contact des élus locaux, des habitants, des acteurs associatifs et économiques, j’ai constaté une même attente : être davantage écoutés, considérés et surtout retrouver du bon sens dans la manière de faire de la politique. Aujourd’hui, beaucoup de Français ont le sentiment d’une politique déconnectée et ils ont raison. Je crois au contraire à une politique de proximité, enracinée dans son territoire, capable d’écouter le terrain avant de décider – c’est à dire une politique qui part du territoire plutôt que des partis ou de l’idéologie. Le Sénat, comme plus largement notre appareil politique, a besoin de profils différents, des entrepreneurs je le crois. Mon engagement s’inscrit pleinement dans cette volonté de faire de la politique autrement : moins dans les logiques d’appareils, plus ancré dans le territoire et avec plus de lien humain. J’ai financé mes études seule, j’ai construit mon parcours sans filet. Je sais ce que c’est quand le système ne vous aide pas. Et quand le système ne vous aide pas, il faut trouvez une autre porte. C’est exactement ce que je viens faire au Sénat, trouver d’autres portes pour les élus vauclusiens qui sont bloqués par un système complexe. »

Crédit : DR

« Se présenter aux sénatoriales, c’est proposer une vision – pas déclarer une guerre. »

Comment voyez-vous votre rôle de sénatrice et comment l’inscrivez-vous dans la continuité de la dynamique de l’élection d’Olivier Galzi à la mairie d’Avignon ?
« Le rôle d’un sénateur, c’est d’être le trait d’union entre le terrain et la loi. Et un sénateur efficace pour un territoire comprend à la fois les réalités locales et les mécanismes du Sénat. Il doit défendre les équilibres locaux, faire remonter les besoins réels du terrain dans la fabrication de la loi et faire avancer les dossiers qui bloquent au niveau national. Je vois ce rôle avec une approche très simple : être proche et à l’écoute des élus et porter leurs combats. Je veux être une sénatrice sur le terrain ainsi qu’une sénatrice à temps plein (voir encadré : ‘Cumul des mandats’). Je veux me battre pour nos élus fidèlement et sincèrement. Tout ceci s’inscrit naturellement dans la dynamique que nous portons ensemble avec Olivier Galzi et toute l’équipe qui l’a emporté lors des dernières municipales à Avignon (voir encadré : ‘Du bon sens près de chez vous au bon sens loin de chez vous ?’). La logique est la même : partir du quotidien, des réalités locales et du bon sens. En redonnant davantage de poids au terrain et aux élus qui agissent concrètement au quotidien pour faire avancer le Vaucluse. »

Parcours
Anaïs Hausmann, 44 ans, est conseil en stratégie de marque. Elle intervient ainsi notamment avec sa société de conseil Les Trois Grâces auprès de clients prestigieux comme LVMH, Boucheron, BNP Paribas, Porsche, Arte ou bien encore M6… Diplômée d’un master 1 en Commerce et Affaires internationales à l’Idrac Business School Paris-Courbevoie, ainsi que d’un master 2 en Marketing et Communication de Luxe à l’Institut Supérieur d’Études du Management de Marne-la-Vallée, elle est aussi responsable stratégie, développement et innovation de la société Justplay. Enfin, elle intervient également dans la production de projets musicaux en tant qu’indépendante.

Les sénatoriales, c’est vraiment l’élection des élus du territoire, tout particulièrement les élus ruraux qui sont une majorité en Vaucluse. Comment entendez-vous porter leurs aspirations ?
« Comme je l’ai déjà dit ces derniers mois, j’ai rencontré de nombreux maires et élus locaux. Et ce qu’ils disent revient souvent : on leur donne toujours plus de responsabilités, mais avec toujours moins de moyens, moins de liberté et des contraintes administratives de plus en plus lourdes. Beaucoup d’élus ruraux ont aujourd’hui le sentiment de devoir se battre en permanence pour maintenir des services essentiels, faire avancer un projet, préserver une école, gérer l’eau, les infrastructures ou simplement garder leur commune vivante. Je crois profondément que ces élus méritent toute notre considération. Ce sont eux qui tiennent le territoire au quotidien, souvent avec très peu de moyens mais avec un engagement immense. Ma réponse, c’est un mandat construit autour des besoins réels des communes : simplification administrative, défense de la liberté des maires, meilleure gestion locale de l’eau, accompagnement du désenclavement, accès aux services publics, soutien aux projets locaux et défense des capacités d’investissement des collectivités. Les élus ruraux n’ont pas besoin d’un sénateur qui parle d’eux depuis Paris. Ils ont besoin de quelqu’un qui connaît leurs réalités, qui les écoute et qui se bat concrètement pour eux au Sénat. C’est ce que je veux faire. »

« Les élus locaux ont toujours plus de responsabilités mais moins de moyens. »

Cumul des mandats : « je me consacrerai entièrement au mandat sénatorial. »
Concernant le cumul des mandats, Anaïs Hausmann est catégorique : « Si je suis élue, je me consacrerai entièrement au mandat sénatorial. Je quitterai mon activité de conseil dans le privé mais aussi mes fonctions d’adjointe, de conseillère municipale et également de conseillère communautaire du Grand Avignon. Pas parce qu’on me le demande, mais parce qu’il faut un sénateur à temps plein, pas un sénateur entre deux agendas. »

Dans cette logique quels sont les projets et les thèmes locaux que vous souhaiteriez porter auprès de la chambre haute du parlement ?
« Le premier enjeu, c’est la simplification administrative. Aujourd’hui, beaucoup de maires et d’élus locaux passent davantage de temps à gérer des contraintes réglementaires qu’à faire avancer leurs projets. Il faut redonner de l’air aux communes, simplifier les procédures et faire davantage confiance aux élus de terrain. »
« Deuxième enjeu, la décentralisation – pas un transfert de compétences sur le papier, mais un vrai retour du pouvoir aux élus locaux. Aujourd’hui, les maires ont les responsabilités sans les leviers. Il faut leur rendre la liberté de décider, d’agir et d’innover sur leur propre territoire. Je veux aussi défendre une approche plus pragmatique du foncier économique. Trop de projets sont ralentis voire bloqués par des normes devenues excessivement rigides. Bien sûr, il faut préserver nos équilibres environnementaux, mais il faut aussi permettre à nos communes de se développer, d’accueillir des entreprises, de créer de l’emploi et de maintenir une activité économique locale. Le ZAN (Zéro artificialisation nette) est une bonne intention mal calibrée car appliqué uniformément, il condamne les villages qui ont besoin de construire pour survivre. Un village de 300 habitants dans le Luberon n’a pas le même rapport au foncier qu’une ville moyenne. Ma position au Sénat : différencier l’application du ZAN selon la réalité des territoires, donner aux maires ruraux des dérogations ciblées pour le logement principal et les équipements publics, et arrêter de traiter une commune de 400 habitants comme une zone urbaine dense. »
« Je souhaite également soutenir les infrastructures essentielles pour notre territoire, comme la LEO, pour le désenclavement, la mobilité, l’attractivité économique et la qualité de vie des habitants. Trop de projets avancent aujourd’hui avec des lenteurs incompréhensibles alors qu’ils sont attendus depuis des années par les élus et les habitants. La question de l’eau sera également centrale. Dans notre département, l’eau est une ressource sous pression. Nous devons mieux la protéger, mais aussi permettre une gestion plus locale, plus adaptée aux réalités du terrain et aux enjeux climatiques de demain. Tous les chantiers que je souhaite porter ont un fil conducteur : rendre aux élus la liberté d’agir sur leur propre territoire. »

« Rendre aux élus la liberté d’agir sur leur propre territoire. »

Que répondez-vous à ceux qui doutent de votre légitimité à vous présenter à cette élection. Notamment, sur le fait que vous ne connaissais pas le Vaucluse depuis longtemps et qui mettent en avant votre inexpérience politique tout en rappelant que vous êtes la compagne d’Olivier Galzi ?
« D’abord, le Vaucluse, je ne le découvre pas. J’ai grandi à Valence, dans la Drôme dans cette culture du Rhône, avec des réalités territoriales, agricoles et rurales très proches de celles du Vaucluse. Les agriculteurs qui irriguent dans la Drôme et ceux qui irriguent en Vaucluse ont les mêmes problèmes d’accès à l’eau, les mêmes inquiétudes face à la sécheresse, les mêmes enjeux de transmission. Ce sont des territoires cousins, géographiquement et culturellement. Le Ventoux se voit depuis les routes drômoises. Quand on compare Grignan ou Mirmande à Gordes ou Venasque, on retrouve la même pierre, la même lumière, le même mistral. Et au-delà de cela, j’ai aussi une histoire personnelle avec le Vaucluse. Étudiante, j’ai travaillé plusieurs saisons en restauration à Pernes-les-Fontaines. J’ai passé beaucoup de temps à Saint-Saturnin-lès-Avignon et à Carpentras… et puis désormais j’ai une deuxième vie ici à Avignon avec Olivier. »

Anaïs Hausmann, ne s’en cache pas. Elle est la compagne d’Olivier Galzi (ici lors de la présentation en meeting de la liste du nouveau maire d’Avignon). Pour autant, elle revendique un engagement personnel et autonome.Crédit : DR

« Apporter une culture de projet, de responsabilité et de résultats. »

« Concernant l’inexpérience politique, je crois justement que c’est ma force. Je viens avec un autre parcours. Celui de quelqu’un qui a entrepris, pris des risques, connu des réussites mais aussi des échecs d’entreprise. Je connais les difficultés du terrain, les lourdeurs administratives, les dossiers bloqués, les réalités concrètes vécues par ceux qui créent, investissent et essaient d’avancer. Beaucoup de responsables politiques ont passé toute leur vie dans les appareils. Moi, je viens avec une culture de projet, de responsabilité et de résultats. Et puis, j’apporte aussi une forme de liberté. Quand on a grandi dans un système politique local pendant 20 ans, il peut exister des réseaux, des fidélités, des oppositions anciennes qui compliquent parfois l’action et le cadre. Moi, j’arrive avec un regard neuf, sans dettes politiques, sans logique de clan, avec une seule priorité : défendre le territoire. Enfin, concernant Olivier : oui, nous partageons une vision commune pour notre territoire. Une vision fondée sur le bon sens, la proximité et le refus des logiques d’appareils. Mais mon engagement est personnel et autonome. »

En présentant une liste face aux sénateurs sortants, est-ce un coup de force politique ? Une sorte d’opposition entre ‘sénateur des champs’ et ‘sénateur des villes’ ? Où s’agit-il de redonner tout son poids au chef-lieu du département dans l’échiquier politique du département ?
« Rien de tout cela. Se présenter aux sénatoriales, c’est proposer une vision – pas déclarer une guerre. Il n’y a pas de sénateur des champs contre sénateur des villes dans mon projet, il y a un territoire qui a besoin d’être représenté dans sa globalité – ses communes rurales, son agriculture, sa ville centre, ses villages perchés. Et ce n’est pas un coup de force : c’est une démocratie qui fonctionne. Et si coup de force il y a eu, c’est celui imposé par des logiques partisanes qui idéologise le débat et l’éloigne du bon sens qui, lui, n’appartient à personne et certainement pas à un parti. »

En cas d’élection, dans quel groupe entendez-vous siéger au sénat ?
« Je défends une position de liberté pour nos élus et le territoire. Ce qui m’importe, c’est de siéger dans un groupe qui me laisse libre de voter selon les intérêts du Vaucluse. Pas selon une ligne de parti. Deux groupes semblent cocher cette case à mes yeux : l’union centriste (59 sièges actuellement) et le groupe LIOT (Libertés, indépendants, outre-mer et territoires – 20 sièges). »

Quels sont les autres candidats présents sur votre liste des sénatoriales ?
« Notre liste est en cours de finalisation. Je ne souhaite pas communiquer de noms avant qu’elle soit officiellement déposée car nous sommes encore en train de la construire. Ce que je peux dire, c’est que nous bâtissons une liste cohérente avec notre démarche : des profils de terrain avec une vraie connaissance des réalités vauclusiennes et représentant des communes de tailles différentes ainsi que les quatre points cardinaux du département. Tout cela prend du temps parce qu’il faut échanger avec chacun pour s’accorder sur la vision de notre démarche. »

Enfin, cette présences à ces élections sénatoriales préfigurent-elles d’autres candidatures d’élus du mouvement du ‘Bon sens des territoires’ dans les élections à venir : législatives, départementales régionales… ?
« Le mouvement initié par Olivier et toute l’ équipe du ‘Bon Sens des Territoires’ a vocation à s’inscrire dans la durée. Il répond à une vraie demande des Français qui en ont assez des appareils politiques. Donc oui, notre mouvement entend bien porter la voix du bon sens des territoires lors des prochaines échéances électorales. Mais aujourd’hui, je suis focalisée sur une seule chose : les sénatoriales. »

Propos recueillis par Laurent Garcia

Du bon sens près de chez vous au bon sens loin de chez vous ?
Fort de sa victoire aux dernières municipales à Avignon ainsi que de son élection dans la foulée à la présidence de la Communauté d’agglomération du Grand Avignon, Olivier Galzi vient d’annoncer, ce mercredi, la création du ‘Bon sens des territoires’. Ce mouvement, dont l’acte de naissance a été signé par les 55 colistiers du nouveau maire de la cité des papes, est destiné à accueillir tous ceux qui pensent que l’appartenance à un territoire doit primer sur toute appartenance partisane.
« Et parce que ‘le bon sens’ ne s’arrête pas à Avignon », Olivier Galzi dont ce slogan a été l’un de ses mantras lors des municipales de mars, entend rallier les « sans étiquettes » afin de faire entendre cette « majorité silencieuse ».
« En mars, nous avons démontré que notre ville ‘capitale’ pouvait déjouer les pronostics en rassemblant des forces vives et constructives, pour reprendre en main notre destin, explique l’ancien journaliste. Nous avons aujourd’hui la conviction que ce mouvement est en germe dans de nombreuses autres communes et qu’ensemble, elles peuvent constituer le terreau d’un renouveau pour porter une voix : celle qui vient du terrain. Un chemin porteur de solutions locales et concrètes, plutôt que de colères nationales et de jeux d’appareils. »
L’ambition est donc désormais d’exporter ce ‘bons sens avignonnais’ vers le reste du pays. Première étape : « reprendre notre destin en main, partout où nous devons le défendre : au Sénat en septembre comme à l’Assemblée nationale l’an prochain », annonce Olivier Galzi qui poussait la candidature d’Anaïs Hausmann, sa compagne, depuis plusieurs semaines.

https://www.echodumardi.com/dossier/anais-hausmann-sera-bien-candidate-aux-senatoriales-en-vaucluse/   1/1