Alors que le nombre de disparition d’entreprises a atteint des records dans le Vaucluse ou bien encore que les restaurateurs du département sont particulièrement impactés par la crise, c’est au tour de l’Observatoire de l’emploi des entrepreneurs de constater qu’il ne fait pas bon entreprendre en Vaucluse actuellement.
Le nombre de chefs d’entreprise vauclusiens ayant perdu leur emploi a augmenté de +1,5% durant le premier semestre 2026. Sur cette période, ils sont ainsi 331 entrepreneurs locaux dans cette situation selon l’Observatoire de l’emploi des entrepreneurs que vient de publier Altares/GSC.
Au niveau national, la situation est encore plus difficile puisque le nombre de pertes d’emploi est au plus haut sur les 6 premiers mois de l’année, avec une augmentation de près de 7% par rapport à la même période l’an dernier.
« Le baromètre de mi-année témoigne de l’ampleur de la crise qui frappe le tissu économique : plus de 33 000 dirigeants ont perdu leur emploi à la suite de la liquidation de leur entreprise, et dans leur sillage environ 80 000 salariés », observe Thierry Millon, directeur des études Altares.
Des tensions contrastées entre les régions
La région Hauts-de-France affiche la plus forte hausse de pertes d’emploi avec +11% (2 543 dirigeants). Région historiquement industrielle, ce secteur compte parmi les plus sous pression au premier semestre 2026 dans la région (+32,8%).
Première région économique du pays, l’Île-de-France concentre près d’un quart des pertes d’emploi du territoire. 7 860 chefs d’entreprise s’y sont retrouvés sans activité sur la période concernée, soit une augmentation de 5,8%. Reflet de la tendance nationale, la construction (1 877 dirigeants touchés), le commerce (1 473) et les services aux entreprises (1 436) y sont les secteurs les plus impactés.
Après plusieurs années de difficultés, la tendance continue de se dégrader en Auvergne-Rhône-Alpes. La région subit une hausse de 8,6% des situations de perte d’activité, soit 4 076 entrepreneurs affectés. Les services aux particuliers concentrent les plus fortes tensions (+ 17,8%).
En Nouvelle-Aquitaine, la situation reste très fragile, avec 3 190 pertes d’emploi (+9,6%). La Bourgogne-Franche-Comté, la Bretagne et l’Occitanie subissent également une hausse supérieure à la moyenne nationale avec respectivement +9,6% (1 082 entrepreneurs), + 7,4 % (1 212) et + 6,8% (2 997). En Pays de la Loire, 1 415 femmes et hommes se sont retrouvés sans emploi, soit une augmentation de 6,2%, légèrement inférieure à la moyenne nationale.
La région et le Vaucluse résistent , mais pour combien de temps ?
Dans le même temps, 3 032 chefs d’entreprise ont perdu leur emploi en région Provence-Alpes-Côte d’Azur (+ 3,2%). Les Bouches-du-Rhône représentent près de quatre pertes d’emploi sur dix dans la région.
Avec son augmentation de ‘seulement’ (+1,5%), le Vaucluse ne s’en tire finalement pas si mal pour l’instant. Le département fait effectivement mieux que la plupart de ses voisins des Bouches-du-Rhône (+2,8% pour 1 195 dirigeants touchés), du Gard (+21,8%, 363 dirigeants), et de l’Ardèche (+4,4%, 118 dirigeants).
A l’inverse, la Drôme (-8,5%) et les Alpes-de-Haute-Provence (-10,9%) figurent parmi les rares département à totaliser moins de chefs d’entreprise touchés par le chômage. L’inverse des autres départements de région Sud qui sont tous dans le rouge : Var (+1,3%, 627 dirigeants touchés), Alpes-Maritimes (+6,4%, 718 dirigeants) et les Hautes-Alpes (+25,4%, 79 dirigeants). Pour autant, il n’y a cependant pas de quoi se réjouir en Vaucluse, car si le département limite pour l’instant la casse, il a pour habitude d’être impacté par les tendances nationales avec environ 12 mois d’écart.
La construction et le commerce en première ligne
Toujours selon l’Observatoire de l’emploi des entrepreneurs, près d’un entrepreneur sur quatre ayant perdu son emploi en France au premier semestre 2026 dirigeait une entreprise de construction. Bien que la tendance marque le pas ces dernières années, le secteur demeure le plus impacté avec 7 718 chefs d’entreprise concernés sur les six premiers mois de 2026 (-0,2% vs S1 2025). La situation du bâtiment de second œuvre, qui représente plus de la moitié des pertes d’activité du secteur, est particulièrement sensible (+ ,3% ; 4 262 entrepreneurs). À l’inverse, les travaux publics enregistrent une baisse de 15,1% des pertes d’activités, mais restent sous tension compte tenu du contexte économique et de la situation financière des collectivités locales.
Le commerce est le deuxième secteur le plus touché avec 6 971 femmes et hommes affectés (+3,7%). Dans le détail, les difficultés du commerce et de la réparation de véhicules, déjà marquées en 2025, se poursuivent (+9,5% ; 1 553). La situation apparaît également tendue pour les boulangers, pâtissiers et confiseurs en magasin spécialisé, où les pertes d’emploi ont bondi de 51,2%.
Le secteur de l’hébergement, restauration, débits de boisson reste fortement sous pression au 1er semestre 2026 avec une augmentation de 10,4% des pertes d’emploi soit 5 057 chefs d’entreprise concernés. Si la restauration concentre toujours l’essentiel des situations recensées (80% du secteur), la dégradation est considérablement marquée dans l’hébergement (+31,4%).
Les services également dans la souffrance
Les activités d’assurances et financières se démarquent par une augmentation significative des pertes d’emploi de 30,6%. Le domaine des services, qu’il s’agisse des activités destinées aux entreprises ou aux particuliers, est fortement touché en ce début d’année 2026.
• Les services aux entreprises enregistrent une hausse de 15,2% des pertes d’emploi (4 770 entrepreneurs). Certains métiers semblent particulièrement fragilisés par l’intelligence artificielle et les difficultés à adapter leur modèle d’activité, notamment les services administratifs combinés de bureau (+70,3%) ou encore le conseil (+12,1%).
• Les services aux particuliers accusent également une forte augmentation (+14,2% ; 1 655). Les professionnels de l’entretien corporel figurent parmi les plus affectés, avec une progression de 60,5%.
Sur la période 1 994 chefs d’entreprise ont aussi perdu leur emploi dans l’industrie. Si le nombre reste plutôt stable (-0,1%), le niveau demeure très élevé et confirme la persistance de difficultés dans le secteur. C’est notamment le cas dans la filière bois et matériaux de construction (+15,2%).
« Aucun chef d’entreprise n’est à l’abri. »
Hervé Kermarrec, président de l’association GSC.
« La perte d’emploi du dirigeant peut toucher tous les profils d’entrepreneurs, constate Hervé Kermarrec, président de l’association GSC. Au premier semestre 2026, les chefs d’entreprise concernés exerçaient leur fonction depuis près de 10 ans en moyenne. Cette durée atteint même près de 20 ans pour les dirigeants de PME de plus de 20 salariés. Ces données rappellent une réalité essentielle : aucun chef d’entreprise n’est à l’abri. Si les dirigeants de jeunes structures, souvent plus fragiles, sont particulièrement exposés, ceux d’entreprises plus matures le sont également. C’est pourquoi il est indispensable d’intégrer ce risque dans sa réflexion et de l’anticiper en s’appuyant sur des dispositifs de protection adaptés, comme la GSC. »
