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Self Tissus fête ses 3 ans, bilan et conjoncture

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«Nous sommes ravis de fêter les 3 ans du magasin !» S’exclame Flore Linotte, propriétaire du Self tissus situé au centre commercial Avignon-Le Pontet. Entourée de sa myriade de clientes, vendeuses et des couturières de la Communauté de l’aiguille la journée a filé comme un rêve. Au menu ? Des ateliers couture gratuits pour enfants et adultes du débutant au confirmé, un défilé de mode et 40% de réduction sur les tissus. La formule a mis des paillettes plein les yeux aux couturières et le magasin a fait le plein toute la journée.

Le magasin est en fête. Dans l’atelier les machines alignées sont prêtes à œuvrer, une grand-mère avec sa petite fille, un papa avec ses enfants, tout le monde s’essaie à la couture pour la première fois tandis que les plus aguerris, se laisseraient bien tentés par une nouvelle machine. L’atmosphère est joyeuse, studieuse et familiale. Le magasin fait le plein car pour fêter ses 3 ans, les tissus s’offrent tout de même à moins 40%… Tentant, très tentant !

La clientèle
«Nous avons une vraie clientèle issue du domaine médical : des femmes médecin, infirmières, aides-soignantes pour qui la couture est devenue une méditation. Des professionnels aussi. Des jeunes-filles, à partir de 7/8 ans, viennent apprendre la couture avec ce souci de l’environnement, du zéro déchets. Elles demandent à leurs parents de venir alors que leurs mères ne sont pas particulièrement attirées par ce domaine. Ces jeunes-filles deviendront ce vivier de femmes qui, sans doute, aimeront coudre, prédit Flore Linotte. Nous travaillons également avec le lycée René Char d’Avignon, avec les hôpitaux d’Avignon et de Montfavet qui proposent des ateliers couture à leurs patients comme, par exemple, aux personnes un peu dépressives.»

Les ateliers ont le vent en poupe
«L’atelier couture guidé par Anna, reste un must have puisque l’on part avec sa création au terme de 3 heures seulement de cours que l’on soit débutante, intermédiaire ou experte, précise Flore Linotte. L’atelier sous-vêtement avec Zoé est également très couru. L’atelier mensuel tapissier arrive en bonne place sur la 3e marche du podium. On y fait renaitre son fauteuil préféré, on y refait les assises de ses chaises. Les machines à coudre et les surjeteuses séduisent toujours autant. Elles ont d’ailleurs connu un véritable boum durant le Covid où le magasin a été dévalisé. depuis avril les ventes reviennent à la normale. Enfin, la mercerie marche de plus en plus fort,» sourit Flore Linotte.

La réussite du magasin ?
«C’est l’équipe de vente et l’ambiance du magasin qui font la différence. Un magasin rangé, agréable à l’œil. L’équipe ? Elle joue un rôle primordial ! J’ai embauché des passionnées de couture, à tel point que, bien souvent, elles cousent à l’heure du déjeuner dans le magasin ! Ainsi, Lauriane possède un BTS Action commerciale ; Amélie –qui passe son CAP couture en cours du soir- est Bac+5 en chimie ; Zoé a un BTS couture spécialisée en lingerie et Julie un BTS orienté machines à coudre industrielles.» La robe à sequin que vous portez est faite maison ? Rires… « Oui j’ai fait le corps de la robe puis Amélie et Zoé ont fait les manches et ajouté des finitions tandis que le soir je finissais l’ourlet. Nous voulions être dans le thème du défilé nous aussi… Quand je vous dis que nous sommes des passionnées.»

Flore Linotte

Vite… Se réinventer !
Le commerce c’est compliqué ? «Oui. Il y a eu trop de soldes, trop de remises, trop de promos. A tel point que personne ne s’y retrouvait. En faisant de la sorte -je parle du commerce en général- nous nous sommes tués tout seul. Il faut que les rabais en tout genre cessent pour que le commerce survive face à internet qui doit d’ailleurs l’envol de ses ventes à la crise du Covid.» Une piste pour se réinventer ? «La marque Zodio a un positionnement intéressant. Elle fait très peu de promotions avec seulement quelques journées ou soirées à 15% ; une offre à la date de votre anniversaire, et le reste du temps conserve des prix normaux. C’est un procédé intelligent.»

Magasins physiques versus Internet
«Désormais le magasin physique vit une concurrence féroce avec Internet dont la cible est de toucher les 30-50 ans. Je pense qu’il faut désormais proposer de l’événementiel, inviter les gens à se rencontrer dans une ambiance conviviale, proposer des moments festifs et gais car, comme tout le monde, nous souffrons des effets collatéraux de l’inflation et de la guerre en Ukraine.» Ce qui pourrait faire la différence avec Internet ? « Que nous aussi nous mettions en place des partenariats avec des influenceuses locales pour donner envie aux consommatrices de venir nous voir. Ce que nous apportons de plus face à Internet ? Du conseil, nous calculons le métrage juste, nous proposons des tissus et de la mercerie de qualité. Notre panier moyen est de 35€.»

L’équipe gagnante de Self Tissus récompensée par Flore Linotte

La Communauté de l’aiguille
Laure Nguyenchi, professeur des écoles à la Rocade nord à Avignon, vient de créer l’association La communauté de l’aiguille. Arrivée de  Toulouse fin août, elle voulait se faire des amies autour de sa passion, la couture. Elle vient même d’obtenir son CAP couture grâce à des cours du soir pris durant 18 mois. Cliente de Self Tissus, elle a proposé à Flore Linotte, la dirigeante de l’enseigne, de réaliser un défilé sur le thème ‘Osez briller’. Une quinzaine de membres s’était déplacée pour l’occasion, confectionnant de brillantes tenues, en prévision des fêtes de fin d’année.

Nous nous sommes rencontrées grâce à Self Tissus
«Je me suis prise de passion pour la couture il y a 10 ans en commençant par des petits accessoires –des sacs, des trousses- pour ensuite, me lancer dans la fabrication de vêtements relate Laure Nguyenchi, la présidente de la Communauté de l’aiguille. C’est par le biais d’Instagram que j’ai commencé à discuter avec des couturières du Vaucluse. Je leur ai proposé de fonder une association ce qui a soulevé l’enthousiasme. Flore Linotte nous a invités à nous rencontrer physiquement dans l’atelier du magasin. Puis tout s’est enchaîné.»

La communauté de l’aiguille

On s’écrit sur Instagram puis on se voit !
L’association compte déjà, après seulement 2 mois d’existence, une quinzaine d’adhérentes. «Depuis que j’ai obtenu mon CAP couture je conçois entièrement ma garde-robe. Depuis18 mois que je n’achète plus de vêtements dans le commerce. Je nourris une véritable passion pour la mode, j’aime créer et porter des vêtements originaux. Il y a aussi le côté écoresponsable et éthique que je ne retrouvais plus dans ce que j’achetais où ni la qualité du tissu ni la coupe n’étaient au rendez-vous. En acquérant l’œil exercé de la couturière, je ne me laissais plus tenter par ce que je ne trouvais vraiment pas très bien exécuté.»

Le but de la communauté ?
«Coudre ensemble et s’entraider, notre objet étant le partage. Nous nous donnons aussi rendez-vous autour d’un thé ou d’un verre. Je suis en train d’organiser un week-end couture qui aura lieu en mai, en Haute-Savoie. Ensuite nous nous orienterons, au printemps, vers des ‘Puces de couturières’ qui consistent à se vendre les unes aux autres, à bas-prix, des tissus et de la mercerie que nous avons stocké sans les utiliser. Là encore il s’agit d’un geste éco-responsable.»

Laure Nguyenchi, présidente de la Communauté de l’aiguille

Retour d’expérience
«La conclusion de cette belle journée ? Je ne m’attendais pas à faire d’aussi belles rencontres, avec des personnes gentilles et motivées. L’équipe de Self Tissus est très dynamique et bienveillante. C’est un plaisir.»
Laure Nguyenchi, présidente de lacommunautedelaiguille@gmail.com

En aparté
«Un anniversaire vraiment mérité me souffletons en aparté, alors que le magasin a fait son ouverture le 14 décembre 2019 et que le Covid allait fondre sur le monde avec ses confinements successifs. En février 2022 la Russie déclarait la guerre à l’Ukraine. Depuis plusieurs mois l’inflation a signalé son retour et l’approche des premiers frimas fait craindre des coupures d’électricité… Alors ? « Alors plus que jamais les femmes ont envie de prendre en main leur destin, de signer leur indépendance et de créer dans la joie et la bonne humeur,» me fait-on savoir.

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