11 août 2026 | En Vaucluse, la voiture change de camp

Ecrit par Mireille Hurlin le 11 août 2026

En Vaucluse, la voiture change de camp

Une étude récente LeboncoinAuto révèle que Le parc de voitures français affiche plus de 11 ans d’âge moyen et que les ventes de voitures sont à 76,9% réalisées sur le marché de l’occasion. Enfin, près de 20% des voitures neuves sont désormais électriques. En clair ? Le paysage automobile se transforme. La Renault Clio et la Peugeot 208 restent des valeurs sûres, tandis que la Zoé, la 500e et l’e-208 tiennent le haut du pavé électrique. Une autre révolution se profile également, celle de la fiscalité.

À Avignon, Carpentras, Cavaillon ou Orange, les concessions ne sont pas les seules à tirer leur épingle du jeu. Le marché de seconde main reste incontournable pour les automobilistes vauclusiens. Au niveau national, 5,53 millions de voitures particulières d’occasion ont changé de propriétaire en 2025, contre 1,665 million de véhicules neufs. Autrement dit, près de huit achats automobiles sur 10 se font dans la seconde main. Le marché a même légèrement progressé, de 0,9%, alors que le neuf reculait de 5,2%.

Les modèles phares d’occasion
En Vaucluse, dans les annonces de voitures d’occasion : la Renault Clio arrive très largement en tête des offres, devant, notamment, la Peugeot 208, la Citroën C3, les Peugeot 308 et 2008 ou encore le Renault Captur. Ce sont aussi des modèles qui disposent d’un vaste réservoir de véhicules récents issus des flottes et des contrats de location. En Provence-Alpes-Côte d’Azur, le classement des ventes de véhicules d’occasion place la Renault Clio V en première position, devant la Peugeot 208 et la Fiat 500.

Copyright Etudes Leboncoin auto données mai 2026

Clio et 208, les valeurs sûres
La Clio demeure donc la voiture d’occasion la plus vendue en France : au premier semestre 2025, elle totalisait 356 657 transactions, très loin devant la Citroën C3 et la Peugeot 208. Pourquoi ? Parce qu’une Clio ou une 208 peut être utilisée en ville, sur les petites routes du Ventoux, pour les trajets domicile-travail entre Avignon et Carpentras ou pour rejoindre Cavaillon et le bassin de vie du Grand Avignon. Leur diffusion massive garantit aussi une offre abondante de pièces, de réparateurs et de véhicules à différents niveaux de prix. La Clio est très présente sur le marché de seconde main, plusieurs centaines d’exemplaires sont actuellement proposés sur les plateformes de vente, avec des motorisations essence, diesel, GPL et hybrides. La voiture populaire n’a donc pas disparu. Elle s’est simplement diversifiée.

Le diesel cède du terrain, mais n’a pas disparu
Pour autant, la voiture thermique n’a pas déserté les routes vauclusiennes. Dans une étude ‘leboncoin’ dressant le portrait du parc français, plus de 80% des voitures en circulation restent équipées d’une motorisation thermique. Le diesel, après deux décennies de domination, s’apprête cependant à céder sa première place à l’essence.

Le marché de l’occasion reste très attractif
Le marché de l’occasion ralentit beaucoup plus lentement que celui du neuf dans cette mutation. En 2025, le diesel représentait encore 44% des voitures particulières d’occasion achetées en France. L’âge moyen de ces véhicules atteint désormais 11,1 ans. La raison ? La flambée du prix des voitures neuves pousse les ménages à conserver davantage leur véhicule. Dans la dernière étude ‘leboncoin’, l’âge moyen du parc roulant dépasse désormais 11 ans et une voiture sur deux a plus de huit ans. Le kilométrage moyen franchit, lui, les 110 000 kilomètres. Le parc automobile ne se renouvelle donc pas au rythme auquel évoluent les normes environnementales.

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L’électrique progresse à petite vitesse
En 2025, 331 200 voitures électriques neuves ont été immatriculées en France. Elles représentent 19,9% du marché, contre 16,8% en 2024. Dans le même temps, l’essence hybride non rechargeable s’est imposée comme la première motorisation du marché avec 42,5%. Le Vaucluse avait déjà amorcé ce virage. En 2024, près de 14 700 voitures particulières neuves avaient été immatriculées dans le département et les modèles 100% électriques représentaient environ 15% des immatriculations, contre à peine 2% en 2019. Le marché électrique d’occasion commence lui aussi à prendre de l’épaisseur. Les modèles qui dominent les échanges français ? Les Renault Zoé, Peugeot e-208, Fiat 500e et Tesla Model 3. En Vaucluse, les voitures de seconde main les plus présentes sont les Dacia Spring.

Zoé, 500e, e-208, le 1er trio électrique
Sur l’ensemble du parc d’occasion observé par le boncoin, les cinq électriques les plus représentées sont la Renault Zoé, la Fiat 500e, la Peugeot e-208, la Dacia Spring et la Tesla Model 3. La Zoé a été l’une des voitures électriques la plus accessible à grande échelle et alimente naturellement le marché de l’occasion.

Le marché du neuf électrique
Sur le marché du neuf, la Renault 5 E-Tech a fait une entrée remarquée en 2025 avec 37 822 immatriculations, devenant la voiture électrique la plus vendue en France cette année-là. Autrement dit, la Zoé appartient déjà à la première génération de l’électrification tandis que la Renault 5, les nouvelles Peugeot e-208 et autres modèles plus récents cherchent à conquérir la suivante.

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Les SUV ont changé le décor
Les Vauclusiens aiment les SUV (Sport utility vehicle, véhicule utilitaire sportif). Leur part a doublé en cinq ans et atteint désormais une voiture sur trois dans le parc français, toujours selon la dernière étude ‘leboncoin’. Dans le même temps, les berlines passent sous la barre des 40% et les monospaces, autrefois omniprésents, sont relégués sous les 3%. Le hic ? Les SUV électriques, souvent plus lourds que les petites citadines, posent notamment la question du poids des batteries et, demain, de leur traitement fiscal. Car l’électrification ne signifie pas nécessairement la disparition de la fiscalité automobile. Elle pourrait simplement en changer l’assiette.

La prochaine bataille sera fiscale
Pendant des décennies -la 1re taxe sur les produits pétroliers a été instaurée en 1928 et la 1re voiture a essence a été créée en 1886-, l’État a prélevé une part importante de la fiscalité automobile directement à la pompe -La fiscalité représente entre 55 et 60% du prix total payé à la pompe-. Plus un véhicule roule, plus il consomme de carburant et plus il acquitte de taxes. Avec la voiture électrique, cette mécanique disparaît en grande partie. Le Royaume-Uni vient de franchir un cap qui pourrait préfigurer le débat français. Le 13 juillet 2026, le gouvernement britannique a confirmé la création d’une Electric Vehicle Excise Duty, ou eVED, une taxe calculée en fonction du kilométrage parcouru. Elle doit entrer en vigueur le 1er avril 2028.

Compenser la taxe sur les carburants
Objectif ? Compenser à long terme la diminution des recettes liées à la taxe sur les carburants à mesure que les automobilistes abandonnent l’essence et le diesel. Le gouvernement britannique estime que cette nouvelle fiscalité pourrait rapporter 1,1 milliard de livres dès 2028-2029, puis 1,865 milliard en 2030-2031. Pour les voitures électriques, le principe retenu est celui d’un prélèvement au kilomètre. Le dispositif doit également concerner les hybrides rechargeables.

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Quelles seront les futures taxes ?
La France n’a pas –encore- annoncé de taxe kilométrique équivalente pour les voitures électriques. La disparition progressive de la consommation de carburants réduit mécaniquement l’assiette de la fiscalité qui leur est attachée. La France a déjà commencé à faire évoluer la fiscalité automobile : depuis le 1er avril 2025, les véhicules électriques ne sont plus totalement exemptés de la taxe annuelle sur l’utilisation des véhicules de tourisme par les entreprises, tandis que le gouvernement continue parallèlement de soutenir l’électrification. Le débat est donc appelé à se déplacer : taxer l’énergie consommée, taxer le véhicule, taxer son poids, son usage ou les kilomètres parcourus ? Une petite électrique utilisée principalement pour les trajets quotidiens ne représente pas le même usage qu’un lourd SUV électrique parcourant 30 000 kilomètres par an. Et alors que l’industrie automobile accélère sa mue, le parc roulant, lui, avance beaucoup plus lentement. Dans le même temps, les véhicules électriques progressent rapidement dans les ventes neuves : leur part atteint désormais près d’une voiture sur cinq. La révolution automobile n’est donc pas encore achevée.

Au fil des routes vauclusiennes
Sur les parkings d’Avignon comme sur les routes du Luberon ou du Comtat Venaissin, deux époques automobiles vont encore longtemps cohabiter : les Clio et 208 thermiques qui constituent le socle du marché, les hybrides qui servent de transition et les électriques qui préparent déjà la suite. La prochaine rupture ne sera peut-être donc pas seulement technologique mais aussi fiscale. Le paradoxe est là.

En attendant sur les parkings
Pour l’heure, les Français continuent de rouler dans des voitures anciennes, majoritairement thermiques. Sur les parkings d’Avignon comme sur les routes du Luberon ou du Comtat Venaissin, deux époques automobiles vont encore longtemps cohabiter : les Clio et 208 thermiques qui constituent le socle du marché, les hybrides qui servent de transition et les électriques qui préparent déjà la suite. La prochaine rupture ne sera peut-être donc pas seulement technologique. Elle pourrait bien être fiscale.
Sources : Leboncoin auto données mai 2026. SDES (Service des données et études statistiques) immatriculations de voitures en 2025, l’Argus, le top des voitures d’occasion et neuves en France. Baromètre du marché des voitures électriques d’occasion. 40 millions d’automobiles.com ; Electric vehicule excise duty…
Mireille Hurlin

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