La consommation de gaz a fortement diminué en Provence-Alpes-Côte d’Azur en 2025. Une baisse principalement liée à l’industrie. Dans le même temps, la région prépare l’après-gaz fossile : le biométhane progresse et plusieurs projets d’hydrogène se développent autour de Fos-sur-Mer, appelé à devenir un point stratégique entre la Méditerranée et l’Europe.
Les Provençaux et les entreprises de la région consomment moins de gaz. En 2025, la consommation s’est établie à 24 TWh (Térawattheure), soit environ 7% de la consommation française. Elle recule de 10,4% en un an, alors qu’à l’échelle nationale la baisse n’est que de 3%. Cette diminution vient surtout de l’industrie. Les grands sites directement raccordés au réseau ont consommé 14 TWh, 15% de moins qu’en 2024. Raffinage, pétrochimie et chimie expliquent une bonne partie de ce recul. Les logements, commerces, services et petites entreprises représentent de leur côté 10 TWh.
Le gaz renouvelable gagne du terrain
Parallèlement, la région produit davantage de gaz renouvelable. La production a atteint 100 GWh en 2025, en hausse de 11%, avec un objectif de 800 GWh (Gigawattheure) en 2030. Les volumes restent encore modestes. Mais la tendance est là : une partie du gaz fossile doit progressivement laisser place à des gaz produits à partir de ressources renouvelables.
Fos-sur-Mer au cœur des projets d’hydrogène
C’est surtout du côté de l’hydrogène que se prépare le plus important changement. Plusieurs futures canalisations doivent converger vers Fos-sur-Mer. Le projet BarMar (Corridor hydrogène européen entre Barcelone et Marseille) prévoit ainsi une canalisation sous la Méditerranée entre Barcelone et Fos-sur-Mer. De là, le projet HY-FEN doit permettre de faire remonter l’hydrogène vers les grands bassins industriels français puis jusqu’à l’Allemagne, grâce à une canalisation de 850 km. Ces deux infrastructures appartiennent au grand corridor européen H2med, destiné à transporter de l’hydrogène renouvelable et bas-carbone à travers l’Europe. Plus localement, HYnframed prévoit 180 km de canalisations autour de Fos, de l’étang de Berre et jusqu’au secteur de Manosque. Objectif ? Relier les lieux où l’hydrogène sera produit aux industries qui l’utiliseront et aux capacités de stockage.

Une région qui prépare son changement énergétique
La région consomme moins de gaz traditionnel et prépare progressivement de nouvelles sources d’énergie pour son industrie. NaTran, anciennement GRTgaz, exploite 1 464 km de réseau en Provence-Alpes-Côte d’Azur et a investi 31M€ dans la région en 2025 pour entretenir ses installations et préparer l’arrivée des gaz renouvelables et de l’hydrogène. Fos-sur-Mer pourrait en être l’un des principaux bénéficiaires. Hier porte d’entrée des énergies fossiles, le grand port industriel méditerranéen cherche désormais à devenir l’un des carrefours français de l’hydrogène européen.
Mireille Hurlin



