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L’Abeille Rousse : un nouveau mode de pollinisation

Jean-Marc Cheyrias, président et directeur de la SCIC L'Abeille Rousse, fondée en 2024. ©Olivier Muselet / L'Echo du Mardi

Dans un contexte de déclin des insectes en raison notamment du changement climatique, la SCIC L’Abeille Rousse a décidé d’innover en proposant des abeilles solitaires pour la pollinisation en agriculture notamment. Elle fournit également du matériel adapté avec un accompagnement aux agriculteurs.

« Nous travaillons depuis des décennies sur la pollinisation. Paul Bonnafé, Martin Perigault et moi-même avons une grande expérience dans ce domaine. Nous nous sommes attardés sur les abeilles osmies qui ont la caractéristique d’être solitaires, contrairement aux abeilles domestiques vivant en ruches et fabriquant le miel », explique Jean-Marc Cheyrias, président et directeur de la SCIC L’Abeille Rousse, fondée en 2024. Le siège l’entreprise se trouve dans les locaux loués à la CoVe, Mon premier bureau, au Marché-gare de Carpentras.

Depuis 2018, l’association L’Abeille Rousse propose un service de pollinisation par les osmies qui a fait ses preuves auprès d’un large réseau d’agriculteurs, de partenaires et d’experts. Conformément à ses engagements lors de sa création et forte de ce réseau qui a contribué à sa réussite sur le terrain, l’association a créé une SCIC, juridiquement plus adaptée à ses activités économiques. Ce statut a permis de fédérer usagers, salariés, partenaires, experts et citoyens dans un projet alliant efficacité économique, développement local et utilité sociale face aux problématiques de la pollinisation liées à la chute des populations des insectes pollinisateurs et à la nécessaire adaptation des services de pollinisation au changement climatique. 

La SCIC a créé un concept pour héberger les abeilles solitaires. ©Olivier Muselet / L’Echo du Mardi

Une SCIC en développement

La SCIC a 38 sociétaires : des usagers convaincus, des partenaires impliqués comme Pom’Evasion, Pink Lady Europe, Cerises Lazare, la Compagnie des amandes, RAGT, Koppert France et les Dorloteurs d’abeilles. Elle comporte trois salariés : le directeur, une ingénieure agronome et un ouvrier. En plus du siège à Carpentras, elle a un laboratoire à Pernes-les-Fontaines et dans l’Yonne. Son projet est de proposer ses services sur le tout pour le territoire national. 

Différents services proposés

« Nous proposons aux agriculteurs des cocons, des abris et des nichoirs et formons leur équipe à la gestion de cette étape-clé qu’est la pollinisation. Nous avons ainsi la ferme volonté de contribuer à l’acquisition de nouvelles connaissances en matière de pollinisation. La SCIC a aussi pour mission de sensibiliser à la biodiversité. Nous intervenons ainsi dans les entreprises et les écoles. Nous sommes actuellement en contact avec le Parc naturel régional du Ventoux qui est intéressé par notre démarche », explique Jean-Marc Cheyrias.

Des réunions de sensibilisation sont organisées auprès du monde agricole. ©Olivier Muselet / L’Echo du Mardi

L’avantage de cette abeille solitaire est d’avoir un effet pollinisateur beaucoup plus fort. L’estimation de son effet a été mesurée : 8 fois plus importantes qu’une abeille grégaire. Elle travaille à des températures plus basses et sort par tous les temps, du matin au soir.

« Contrairement au concept actuel qui fournit aux arboriculteurs des usines à insectes dans un bac, nous proposons un système complètement différent beaucoup plus écologique. Notre projet très innovant est de rendre à terme les agriculteurs autonomes dans la multiplication des osmies chez eux. »

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