21 octobre 2026 | Les pommes Juliet résistent aux canicules et font pousser la solidarité en Vaucluse

Ecrit par Mireille Hurlin le 19 octobre 2026

Les pommes Juliet résistent aux canicules et font pousser la solidarité en Vaucluse

Née d’expérimentations menées dans le Vaucluse, la pomme Juliet a fait de l’agriculture biologique son identité. Près de 25 ans après ses premiers vergers, cette variété exclusivement cultivée en France fédère près de 190 producteurs et prévoit 23 000 tonnes pour la récolte 2026. Cet automne, elle prolonge son engagement avec un conte solidaire destiné à soutenir les enfants hospitalisés.

L’histoire de Juliet commence, en Vaucluse, par une rencontre entre un pépiniériste passionné et un technicien agricole, convaincus du potentiel d’une pomme naturellement résistante à certaines maladies.

25 ans plus tard
Près de 25 ans plus tard, cette aventure arboricole a pris une dimension nationale. Cultivée exclusivement en agriculture biologique et en France, Juliet réunit près de 190 producteurs autour d’un même cahier des charges. Pour la campagne 2026, la filière table sur 23 000 tonnes malgré un été caniculaire, éprouvant pour les vergers. Et la pomme va même jusqu’à pousser le pépin un peu plus loin avec l’association Clowns Z’hôpitaux, en créant une histoire pour enfants en un soutien concret aux jeunes patients hospitalisés.

Jean-Noël Carles, arboriculteur, Président des Amis de Juliet Copyright Les amis de Juliet

Le Vaucluse, berceau d’une pomme pas comme les autres
Tout commence en 1998. Benoît Escande, pépiniériste, et Guilhem Sévérac, technicien en arboriculture à la Chambre d’agriculture de Vaucluse, se rencontrent autour d’expérimentations qui font émerger une variété singulière : une pomme ferme, sucrée, juteuse et naturellement résistante à plusieurs maladies du pommier. Les qualités de la Co-op 43 (son nom variétal) ouvrent la voie à une culture biologique exigeante, sans pesticides chimiques de synthèse. Jean-Noël Carles, arboriculteur, et Jean-Paul Touchard, commercial, rejoignent l’aventure. Ensemble, les quatre hommes posent les bases d’un projet qui dépasse rapidement la simple mise en culture d’une nouvelle variété. Les premiers vergers sont implantés en 2001, dans le Sud-Est. Les premières Juliet arrivent sur le marché en 2002. En 2005, les producteurs se structurent au sein de l’association Les Amis de Juliet, qui fédère aujourd’hui près de 190 exploitants dans les principales régions arboricoles françaises. Le Vaucluse reste ainsi au cœur de l’histoire de cette pomme, dont le développement repose sur une qualité gustative avérée, un savoir-faire agricole et le respect du vivant.

Une récolte qui résiste aux fortes chaleurs
Après un été 2026 marqué par des épisodes de chaleur intense, la filière prévoit une récolte de 23 000 tonnes, un volume comparable à celui des années précédentes. Son principal atout tient notamment à son calendrier. Variété tardive, Juliet est moins exposée que les pommes précoces aux pics de chaleur du cœur de l’été. Sa résistance naturelle à certaines maladies constitue également un avantage pour les producteurs engagés en agriculture biologique. La récolte a débuté le 5 octobre dans les bassins les plus précoces. Depuis le 16 octobre, les fruits de la nouvelle campagne rejoignent progressivement les étals. Sur les 23 000 tonnes attendues, 16 000 sont destinées au marché du frais. La France et l’Europe doivent en absorber 10 000 tonnes, tandis que les 6 000 tonnes restantes sont prévues pour l’export maritime, notamment vers l’Asie, où Juliet est commercialisée dans des pays comme le Vietnam, la Malaisie, Singapour et Taïwan. Si la résistance de la variété ne constitue pas une protection absolue contre les effets du changement climatique. Elle illustre néanmoins l’intérêt de variétés adaptées à des conditions de production plus contraignantes. Pour les arboriculteurs, préserver les volumes et la qualité devient une condition essentielle à la pérennité des exploitations.

Le bio à l’épreuve du pouvoir d’achat ?
Le combat reste la viabilité économique de l’agriculture biologique. La hausse des coûts de production, les arbitrages des ménages et les incertitudes commerciales continuent de peser sur les producteurs, même si le marché bio montre des signes de reprise. En 2025, les achats alimentaires biologiques ont atteint 13 milliards d’euros en 2025, soit une progression de 3,6 % sur un an. Cette évolution redonne des perspectives à une filière qui a traversé plusieurs années difficiles. Pour Juliet, il s’agira de préserver son modèle sans renoncer à son développement. Les nouvelles plantations restent prudentes, car les arboriculteurs doivent pouvoir compter sur des débouchés suffisamment solides pour investir sur le long terme. La marque diversifie également ses produits : jus, purées, pétillant sans alcool, cidre et vinaigre de cidre complètent l’offre de pommes fraîches. Le fruit est valorisé sous toutes ses formes pour consolider une filière à la production 100 % biologique et française.

Juliet au Royaume du Soleil, un conte écrit et illustré par Christine Cecchi Copyright Christine Cecchi

Un conte pour semer des sourires à l’hôpital
Avec ‘Une pomme pour un sourire’ : Juliet au Royaume du Soleil, un conte écrit et illustré par Christine Cecchi, la marque s’associe à Clowns Z’hôpitaux pour soutenir les enfants hospitalisés. L’histoire entraîne le lecteur dans un royaume privé de lumière. Élio, un jeune prince, part à la recherche du soleil et rencontre Juliet, une petite fille qui semble en avoir conservé une étincelle au fond du cœur. Au fil du voyage, cette fable met en scène le partage, l’entraide et la capacité des petits gestes à faire renaître la joie. Le partenariat se traduit également par un engagement financier précis : 3€ sont reversés à Clowns Z’hôpitaux pour chaque livre vendu, au prix de 15€. Le dispositif prévoit également un don de 10 centimes pour chacun des 100 000 premiers kilos de pommes Juliet commercialisés. Le conte est disponible sur la boutique en ligne de Juliet. Il s’adresse aux familles, mais sa portée dépasse le plaisir de la lecture : chaque achat contribue à financer des interventions auprès d’enfants confrontés à l’hospitalisation.

Quand les clowns entrent dans les services de soins
Depuis plus de 20, Clowns Z’hôpitaux intervient dans les hôpitaux, les établissements accueillant des personnes âgées dépendantes et les structures médico-sociales. Ses vingt comédiens clowns professionnels travaillent en lien avec les équipes soignantes pour créer des moments de rencontre adaptés aux personnes accompagnées. L’association œuvre plus de 300 demi-journées d’intervention par an et près de 4 000 personnes rencontrées dans une vingtaine d’établissements partenaires. Son action repose sur le jeu, l’imaginaire et la relation humaine au cœur du soin.

Une autre façon de faire vivre la récolte
La solidarité n’est pas nouvelle chez Les Amis de Juliet, avec 3 194 unités de denrées distribuées via l’aide alimentaire en 2024, en comptabilisant les pommes et les produits transformés. Un fonds mutualisé, alimenté par les ventes, contribue aussi aux actions collectives et à la prise en charge de certains coûts de commercialisation.
Mireille Hurlin

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