À quelques jours de la Toussaint, les réservations chutent de 12,5 % par rapport à 2025. Hausse du prix de l’essence, pouvoir d’achat sous pression, climat morose : les Français sont plus nombreux à renoncer à ces vacances courtes, les premières sacrifiées bien avant l’été ou Noël estime la plateforme PAP (de Particulier à particulier). Tout comme le grand Sud, le Vaucluse n’est pas épargné par cette tendance.
« Le constat est sans appel : les réservations pour les vacances de la Toussaint 2026 baissent de 12,5 % par rapport à 2025, observe le site PAP (de Particulier à particulier) dans sa dernière étude* sur les vacances de Toussaint 2026. Un coup de frein brutal, alors que la période de l’été s’était révélée dynamique. Ce repli est largement dû à la hausse des prix à la pompe ainsi qu’à un contexte général peu propice aux projets. En effet, entre incertitudes économiques et mobilisation des lycéens, l’ambiance n’incite guère à se projeter… Dans ce contexte, la Toussaint devient la ligne de dépense que l’on raye en premier. Ces vacances courtes doivent rester bon marché, et elles se sacrifient donc bien plus facilement que les congés d’été ou les fêtes de Noël, auxquels les ménages restent attachés. »
L’appel du littoral
Le contraste avec la saison estivale est frappant. En juillet et en août, les réservations progressaient encore de 2,9%. Deux mois plus tard, le comportement des vacanciers a changé de nature : les Français n’adaptent plus leur destination ou leur budget, ils renoncent en partie aux vacances.
Cependant, malgré la baisse des réservations, les envies de vacances ne changent pas de cap. La mer concentre à elle seule 74,2% des demandes, loin devant l’étranger (9,3%), la campagne (6,8%) et la montagne (4,5%). Les Français partent moins, mais lorsqu’ils partent, c’est d’abord pour retrouver le littoral.
Le Nord, grand gagnant de la Toussaint
Ceux qui partent encore font un calcul simple : limiter le budget carburant. Pour la plupart, cela signifie rester près de chez soi. Deux destinations en profitent nettement :
- Ille-et-Vilaine (35) : + 26,6%
- Manche Nord (76, 80, 62) : + 20,8%
Ces territoires profitent de leur proximité, notamment pour les Franciliens, et de prix plus accessibles sur le logement (vs Côte d’Azur ou Atlantique Sud). Moins de kilomètres, c’est moins d’essence et une facture mieux maîtrisée. Les récentes vagues de chaleur rassurent aussi les vacanciers sur la météo de ces régions réputées instables.
Baisse des réservations en Vaucluse
Revers de la médaille, les destinations du Sud, plus lointaines et plus coûteuses à rejoindre en voiture, accusent le coup. Le soleil, que l’on a évité tout l’été, n’est plus l’argument phare de ces régions, et ce long trajet n’est plus vraiment justifié. La Bretagne et les régions du Nord peuvent très bien assurer le relais, avec un été indien plutôt long.
« Le Sud paie le prix du trajet : trop loin et trop cher à rejoindre en voiture. »
Baisse des réservations en Vaucluse
En conséquence, dans la région les réservations sont en baisse de -11% dans les Alpes-Maritimes, le Var et les Bouches-du-Rhône. C’est à peine mieux dans le Gard et l’Hérault avec une chute de -10,3%. Côté littoral, Vendée-Charente ‘dévisse’ de -13,7% alors que seul l’Atlantique Sud limite la casse, avec un repli contenu à 2,3% pour les départements de la Gironde, des Landes et des Pyrénées-Atlantiques.
A l’intérieur des terres, le tourisme vert résiste mieux que le tourisme balnéaire mais reste toutefois orienté à la baisse également : -5,6% pour le Vaucluse, -3,8% pour les Alpes-de-Haute-Provence , -1,9% pour l’Ardèche et -1,3% pour la Drôme.
Plus les vacances sont plus courtes, plus elles sont menacées
Après les réajustements du printemps, cette Toussaint 2026 le confirme, estime l’étude de PAP : « les vacances les plus courtes sont aussi les plus fragiles. Quand le plein d’essence s’ajoute à un pouvoir d’achat déjà sous tension et à une atmosphère générale peu rassurante, les Français arbitrent, et c’est la Toussaint qui passe en premier à la trappe, bien avant l’été ou Noël. Le Sud paie le prix du trajet : trop loin et trop cher à rejoindre en voiture, il perd le soleil comme argument. Ceux qui partent encore font un calcul simple, moins de kilomètres pour moins d’essence, et se tournent vers les destinations de proximité. Reste à savoir si ce réflexe d’économie va durer : les réservations de Noël diront si les Français préservent encore leur dernier départ de l’année. »
L.G.
*Méthodologie : étude basée sur 8 308 demandes de réservations effectuées entre le 1er juin et le 12 octobre 2026, comparées aux réservations effectuées pour les vacances de la Toussaint 2025.
