Autres temps, autres chiffres… « Avignon Tourisme » vient de publier le baromètre de juillet et il fléchit notablement. – 31% au Pont d’Avignon (59 256 visiteurs), -12% au Palais des Papes (89 707 touristes). Même chute libre pour les sites internet de la ville : – 23,3% pour le Pont et – 18,8% pour le Palais. Sans oublier la fréquentation de l’Office de Tourisme, en bas de la Rue de la Ré (République) qui a reculé de -19,2% malgré la qualité et la compétence du personnel d’accueil.
La mairie donne quelques premiers éléments d’analyse pour ce recul abyssal en 2026 : l’exposition Jean-Michel Othoniel dans toute la ville qui, l’an dernier, avait attiré un monde fou, les 25 ans d’Avignon, « Capitale Européenne de la Culture » et les 30 ans de l’inscription d’Avignon dans le Patrimoine mondial de l’Unesco (Organisation des nations Unies pour l’Education, la science et la culture). Et en face, cette année, la canicule, le contexte économique, le prix des carburants, l’inflation et la guerre autour de l’Iran.
Une meme conjoncture
Sauf que… Cet été, la chaleur, même précoce était comparable à quelques degrés près. Le Vaucluse avait été placé en « Vigilance orange canicule » par la préfecture dès le 28 juin 2025. Il y avait aussi l’ambiance anxiogène à cause de la guerre en Ukraine et au conflit sans fin entre Israël et la Palestine, auxquels s’est ajouté cette année le Détroit d’Ormuz. Sans parler de l’attrait donc de la concurrence de la Coupe du Monde de football qui a attiré des millions de télespectateurs pour France-Maroc en quarts de finale et pour Espagne-France en demi qui a vu l’élimination des Bleus…
Deux festivals au top
Et pourtant, le Festival d’Avignon aussi, malgré tout a fait le plein en juillet 2026. Le « In » a vendu 123 000 billets au lieu de 118 000 en 2025, « Seul le taux de remplissage a légèrement reculé » a dit le directeur Tiago Rodrigues, « 85% au lieu de 96% ». Quant au « Off », ses 27 000 représentations ont attiré 1,41 million spectateurs et il a vendu 84 000 cartes d’abonnement contre 80 000 précédemment.
Une exposition passée à la trappe
Mais là où le bât blesse, c’est la suppression contre toute attente de la grande exposition d’été au Palais des Papes par la nouvelle équipe élue à l’issue des municipales où Cécile Helle ne se représentait pas pour un 3ème mandat. « Les Choses divines – Inventaires fantaisiste », l’exposition conçue par Macha Makeïeff pour accompagner la 80ème édition du Festival d’Avignon 2026 a été annulée à deux mois de son ouverture « en raison de contraintes budgétaires, techniques et administratives » a précisé la nouvelle équipe municipale.
Des rendez-vous artistiques très attendus
Or, ces dernières années, les expositions choisies par la ville, celles de Miss Tik, Eva Jospin et Sebastiao Selgado avaient attiré les foules au Palais des Papes. Sans oublier l’inoubliable expo-déambulation dans 10 sites et musées d’Avignon du plasticien Jean-Michel Othoniel. Grâce à ses « Astrolabes » en perles, ses bulles et pavés muticolores en cristal de Murano, il avait subjugué des milliers de touristes venus du monde entier admirer son travail dans l’écrin avignonnais Résultat 2025 : + 600% de fréquentation au Musée Lapidaire, + 130% au Petit Palais, + 26% au Musée Requien, + 20% au Pont d’Avignon.
Les bains Pommer absents du circuit touristique
Sans oublier, les Bains Pommer, dont la rénovation en musée avait coûté autour de 5M€, qui était aussi l’un des sites de l’exposition de Jean-Michel Othoniel et avait attiré 10 000 visiteurs en 4 semaines… Ils sont désormais fermés, en pleine saison touristique et jusqu’au 2 septembre « en raison d’une adaptation estivale des services de la ville » explique la maire. Ici où Jean Vilar avait lancé il y a 80 ans le Festival d’Avignon pour rendre la culture accessible au plus grand nombre.
Andrée Brunetti
