19 mars 2026 | Tricastin et Richel serres de France portes ouvertes sur un monde en mutation

Ecrit par Mireille Hurlin le 19 mars 2026

Tricastin et Richel serres de France portes ouvertes sur un monde en mutation

Les 20 et 21 mars 2026, les Journées Usines Ouvertes reviennent partout en France pour une deuxième édition ambitieuse. Objectif ? Faire tomber les clichés sur l’industrie, valoriser ses métiers et susciter des vocations, notamment chez les jeunes. En Vaucluse, plusieurs sites, dont le CNPE Tricastin et Richel Serres de France participent à cette opération nationale.

L’industrie française est innovante, technologique et engagée dans les transitions environnementales. Mais comme nous sommes peu à le savoir les Journées Usines Ouvertes, portées notamment par la Société des ingénieurs Arts et Métiers, invitent le grand public à franchir des portes habituellement closes.

Ouvrir les portes… et les regards
Pendant deux jours, des centaines de sites industriels à travers le pays accueilleront visiteurs, scolaires et demandeurs d’emploi. Une immersion concrète dans les chaînes de production, les métiers techniques et les savoir-faire, à rebours des représentations souvent figées. En France, l’industrie représente environ 10% du PIB (produit intérieur brut) et plus de 3 millions d’emplois directs, auxquels s’ajoutent de nombreux emplois indirects. Mais le secteur peine encore à recruter, notamment sur des profils techniques.

Des métiers inconnus
D’où l’importance de ces journées : rendre visibles des métiers souvent méconnus, et montrer qu’ils s’inscrivent désormais dans des environnements modernisés, automatisés et de plus en plus tournés vers la décarbonation. Transition énergétique, relocalisation, souveraineté industrielle : autant d’enjeux que les visiteurs pourront appréhender de manière concrète.

20 000 visiteurs dans toute la France pour la 1re édition
Lors de la première édition, en 2025, plus de 20 000 visiteurs avaient répondu présent, dont près de la moitié issus du milieu scolaire. Un succès qui conforte les organisateurs dans leur ambition de changer le regard porté sur l’industrie. L’ambition 2026 ? Franchir un cap avec plus de 500 usines participantes et 50 000 visiteurs attendus.

Le Vaucluse dans la dynamique nationale
À l’échelle locale, plusieurs sites emblématiques participent à l’opération. Le CNPE du Tricastin (), acteur majeur de la production d’électricité nucléaire en France, ouvrira ses portes au public, offrant un aperçu rare d’un site stratégique pour l’approvisionnement énergétique du pays. À Eygalières, Richel Serres de France illustrera une autre facette de l’industrie : celle d’une filière agricole et horticole modernisée, à la croisée de l’innovation technologique et des enjeux environnementaux. Deux exemples qui témoignent de la diversité du tissu industriel, y compris dans un territoire souvent associé à l’agriculture et au tourisme.

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Deux visages de l’industrie en Vaucluse
À cheval entre la Drôme et le Vaucluse, le site du Tricastin constitue l’un des plus vastes complexes nucléaires d’Europe, regroupant production d’électricité et activités liées au cycle du combustible.  La centrale EDF emploie environ 1 470 à 1 500 salariés, auxquels s’ajoutent de nombreux sous-traitants, générant un volume d’emplois indirects significatif pour tout le bassin de vie. Le site incarne une industrie de pointe, fortement qualifiée, au cœur des enjeux de souveraineté énergétique et de transition bas carbone.

Richel Serres de France à Eygalières, l’innovation agricole industrialisée
À Eygalières, Richel illustre une autre facette du tissu industriel local : une industrie au service de l’agriculture. Spécialisée dans la conception de serres et d’équipements horticoles, l’entreprise exporte son savoir-faire à l’international. Le groupe représente environ 300 emplois et s’appuie sur une activité tournée vers l’innovation : serres bioclimatiques, gestion de l’eau et de l’énergie, à la croisée des enjeux agricoles et environnementaux.

L’industrie vauclusienne en chiffres
L’industrie en Vaucluse représente plus de 3 600 établissements industriels ; 19 000 emplois dans le secteur ; 14,1% de l’emploi total du département ; 17% du chiffre d’affaires économique local. Longtemps centrée sur l’agroalimentaire, l’industrie vauclusienne s’est progressivement diversifiée. Elle repose aujourd’hui sur un tissu de PME (Petites et moyennes entreprises) complété par quelques sites majeurs, entre industrie lourde stratégique (énergie, chimie) et industries spécialisées à forte valeur ajoutée, souvent liées aux ressources agricoles du territoire.

La Société des ingénieurs arts et métiers
Fondée en 1846, la Société des ingénieurs Arts et Métiers représente 62 000 Ingénieurs « Gadzarts » dont 31 000 membres, diplômés de l’École Nationale Supérieure d’Arts et Métiers (Ensam). Elle anime un réseau de professionnels investis dans la transition environnementale, sociétale, industrielle et numérique en France, autour d’une vision partagée avec l’École et l’Union des élèves Arts & Métiers : ‘Leaders des industries responsables’.

Une industrie plus proche, plus lisible
L’événement vise également à recréer du lien entre les entreprises et leur territoire. Montrer les coulisses, valoriser les équipes, expliquer les métiers : autant de leviers pour renforcer l’ancrage local des industries et nourrir une nouvelle relation avec les habitants. Car derrière chaque objet du quotidien se tissent une chaîne de production, des compétences et des innovations souvent invisibles, que justement, les Journées Usines Ouvertes entendent dévoiler aux yeux de tous.

Les infos pratiques
Journées Usines Ouvertes. 2ᵉ édition. Partout en France et Samedi 21 mars 2026, au CNPE du Tricastin (Centrale nucléaire de production d’électricité), entre Drôme et Vaucluse et Vendredi 20 mars chez Richel Serres de France à Eygalières. Inscriptions obligatoires : journees-usines-ouvertes.fr
Mireille Hurlin

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