21 mai 2026 |

Ecrit par le 21 mai 2026

Villa Datris, La mer intérieure de l’histoire des hommes

À Fondation Villa Datris, la Méditerranée ne se contemple plus, elle se traverse. Avec Méditerranée, odyssées contemporaines, la nouvelle exposition de la Villa Datris transforme l’ancien hôtel particulier de L’Isle-sur-la-Sorgue en archipel sensible où les artistes parlent d’exil, de mémoire, de transmission et de naufrage. Plus de 65 créateurs venus des rives méditerranéennes y dessinent une mer politique, poétique et charnelle. Une exposition libre d’accès, habitée de fantômes antiques et d’éclats très contemporains, à découvrir jusqu’au 1er novembre 2026. 

Il faut franchir le portail de la Villa Datris comme on embarque sur un navire ancien. Dans les jardins de cette demeure du XIXe siècle devenue l’un des hauts lieux de la sculpture contemporaine en Provence, les œuvres semblent avoir été rejetées là par les vagues. Certaines pendent comme des filets de pêche oubliés. D’autres ressemblent à des reliques sauvées d’un naufrage. D’autres encore veillent, droites et silencieuses, comme des sentinelles de pierre regardant vers un Orient disparu.

À L’Isle-sur-la-Sorgue, la Méditerranée entre dans les murs
Depuis 2011, la fondation créée par Danièle Marcovici et Tristan Fourtine s’est imposée dans le paysage culturel du Vaucluse par une singularité rare : rendre la sculpture contemporaine accessible gratuitement au plus grand nombre. Plus de 1 000 artistes y ont déjà été exposés et plus de 620 000 visiteurs accueillis. Mais cette année, quelque chose change de nature. L’exposition n’est plus seulement un parcours esthétique. Elle devient une traversée intérieure.

Migrante 2021 de Pietro Ruffo. Un homme émerge de l’eau, soulevant ses maigres biens hors des flots. Copyright MMH

Une mer qui porte autant qu’elle engloutit
La Méditerranée de Villa Datris n’a rien de la carte postale. Ici, la mer est frontière, matrice, tombeau, mémoire et blessure. Les commissaires d’exposition Danièle Marcovici et Stéphane Baumet ont choisi de construire un récit où les artistes interrogent ce que signifie « traverser ». Traverser une mer. Traverser une langue. Traverser une guerre. Traverser l’absence.  

Alors les œuvres dialoguent comme des personnages de tragédie.
Les ballons noirs de Nermin Duraković évoquent des réfugiés invisibles. Les cartes fragmentées d’Elisabetta Benassi parlent des routes migratoires comme de cicatrices géographiques. Mona Hatoum suspend des objets du quotidien avec une inquiétante fragilité. Quant à Jean-Marie Appriou, il fait surgir un dauphin mythologique échappé des profondeurs, comme si Poséidon avait traversé les siècles pour venir respirer dans le Vaucluse. 

Ulysse n’est jamais rentré
Le parcours est structuré comme une odyssée. Chaque salle porte le nom d’une étape humaine : Le Grand DépartL’ErranceLes Grandes TraverséesL’ÉtrangerL’Impossible Retour. Et partout plane l’ombre d’Ulysse. Non pas le héros triomphant des livres scolaires, mais l’homme fatigué qui cherche encore où poser sa mémoire. Celui qui découvre que revenir chez soi ne signifie pas toujours retrouver sa place.

Daniel Deleuze, Tableaux valises 2016, des valises évidées, consolidées pour ne pas s’affaisser. Le vide devient élément actif. Claude Viallat, 1985slashF033 un filet de pèche tendu, des fragments de papier japonais peints suspendus dans ses mailles. Copyright MMH

Les migrations, le déracinement, les langues perdues
Les artistes parlent ainsi de migrations contemporaines, de déracinement, de langues perdues, de cultures déplacées. Mais jamais de façon démonstrative. Tout passe par la matière : le textile, le bronze, la céramique, le verre, le bois brûlé, les tissus recousus comme des blessures anciennes. Certaines œuvres provoquent un silence physique. Devant les chapeaux alignés d’Anila Rubiku, le visiteur comprend soudain que l’étranger n’est peut-être qu’un miroir. Devant les fumées suspendues de Rafram Chaddad, l’exil prend la forme d’un souffle qui se dissipe.  

Une exposition profondément méditerranéenne
La force de Villa Datris tient aussi à son ancrage territorial. Car cette Méditerranée contemporaine trouve un écrin naturel dans le Vaucluse. À L’Isle-sur-la-Sorgue, ville d’eaux, de galeries et de passages, l’exposition semble dialoguer avec les canaux, les pierres blondes et la lumière blanche si chère aux artistes.

Des artistes Méditerranéens
La Fondation accueille cette année des artistes venus du Liban, de Grèce, de Malte, de Suisse ,d’Italie, du Maroc, de Turquie, d’Espagne, de France ou encore des Balkans. Une géographie sensible qui rappelle que la Méditerranée fut longtemps un carrefour de civilisations avant de devenir une ligne de fracture géopolitique. Et pourtant, malgré les drames évoqués, l’exposition demeure lumineuse. Parce qu’elle parle aussi de transmission, de beauté persistante, de cultures mêlées. Elle raconte une mer qui résiste.

Nermin Durakovic Black cloud ; Des ballons noirs gonflés à l’hélium saturent l’espace formant un nuage sombre au-dessus du public.
Le message : Le traitement différencié des demandeurs d’asile est notre responsabilité. Copyright MMH

Un lieu vivant plus qu’un musée
La Villa Datris refuse le silence intimidant des institutions figées. Tout au long de la saison, visites guidées, rencontres avec les artistes, ateliers et médiations viennent prolonger l’expérience. Des ateliers pour enfants et adolescents permettent même aux plus jeunes de créer à partir des œuvres exposées. Cette volonté d’ouverture fait partie de l’ADN du lieu. Entrée libre, médiation accessible, scénographie immersive : la Fondation poursuit cette idée rare selon laquelle l’art contemporain n’est pas réservé à quelques initiés. Et l’on ressort de cette odyssée avec une étrange sensation. Celle d’avoir entendu la Méditerranée parler à voix basse. Non pas la mer des vacances. La mer des hommes.

Danièle Marcovici, conversation avec la Méditerranée
À travers Méditerranée, odyssées contemporaines, présentée à Fondation Villa Datris, Danièle Marcovici défend une vision du monde, une mémoire familiale, ses inquiétudes démocratiques, la célébration des échanges méditerranéens, via une parole sensible et politique.

Tous des enfants d’immigrés
Chez Danièle Marcovici, les thèmes naissent du monde tel qu’il tremble. Après avoir consacré l’édition 2025 aux sculptrices engagées, au coeur de la montée des extrêmes en Europe, la présidente de la Fondation Villa Datris poursuit cette réflexion avec la Méditerranée. Non pas comme décor solaire, mais comme territoire traversé par les fractures contemporaines.«Nous sommes un peu tous des enfants d’immigrés», glisse-t-elle peut-être plus grave qu’il n’y parait derrière son sourire toujours bienveillant. Dans ses mots affleure une mémoire intime : celle de racines venues d’Europe de l’Est, de générations déplacées, d’histoires familiales que le temps n’efface jamais complètement. Cette mémoire personnelle irrigue toute l’exposition.

Pascale Marthine Tayou Lampedusa 2019 Billes colorées, fleurs artificielles et taxis brousse miniatures s’accumulent en un champ vibrant où l’enfance côtoie le précaire. Copyright MMH

La Méditerranée, entre cimetière et promesse
Danièle Marcovici parle sans détour de cette mer devenue « un grand cimetière ». Les plus de 30 000 morts recensés sur les routes migratoires méditerranéennes hantent silencieusement le parcours artistique. Mais la fondatrice refuse le misérabilisme. L’exposition veut aussi raconter l’autre versant des migrations : ce qu’elles apportent aux sociétés, aux cultures, aux langues, à la musique, à la cuisine, aux imaginaires. «Les hommes, les femmes, les animaux migrent depuis toujours», rappelle-t-elle. Alors les œuvres exposées parlent autant de déracinement que de transmission. D’exil forcé, parfois, mais aussi d’espérance. Celle d’être accueilli. Celle de recommencer ailleurs. Celle de traverser sans sombrer.

Un humanisme revendiqué
La parole de Danièle Marcovici surprend toujours par sa franchise et son franc-parler, elle qui initie, pour toute chose, le dialogue, le partage, le rassemblement. Son engagement dépasse d’ailleurs les murs de la Villa Datris. La fondatrice soutient plusieurs associations liées aux droits des femmes, à l’accueil des migrants ou encore aux initiatives de paix réunissant Israéliennes et Palestiniennes. Cette dimension humaniste se lit partout, car ici, le politique passe par la poésie des artistes. «On n’a pas voulu être seulement graves », insiste-t-elle. Et de fait, malgré les thèmes abordés : l’exil, les frontières, l’oubli, la lumière méditerranéenne demeure partout présente. Dans les matières, dans les couleurs, dans les récits de transmission.

Anne Claverie Jardin bleu 2026. Des sculptures en tubes d’acier aux formes tortueuses évoquent l’olivier, symbole méditerranéen de paix et de longévité,
dont les racines entrelacées figurent le lien du vivant entre la terre et l’homme.Copyright MMH

Les Infos pratiques
Méditerranée, odyssées contemporaines. Exposition d’art contemporain. 65 artistes. Jusqu’au 1er novembre. Entrée libre. De nombreuses activités sont proposées sur réservations auprès de mediation@fondationvilladatris.com ; Visites scolaires f.vouland@fondationvilladatris.com ; Visites guidées en mai, juin, septembre, octobre les samedis à 16h, les dimanches à 11h. En juillet – Août du mercredi au samedi à 16h et les dimanches à 11h. Visites pédagogiques dès 6 ans en juillet août tous les vendredi à 11h. Visites scolaires dès la maternelle en Mai, juin, septembre, octobre les mercredis, jeudis et vendredis. Rencontres : La fondation invite les historiens et les critiques d’art ainsi que les artistes qui viennent présenter leurs oeuvres. Ateliers adultes et jeunes enfants, 12€ par personne ou enfant sur réservation ateliers@fondationvilladartris.com
Mireille Hurlin


Villa Datris, La mer intérieure de l’histoire des hommes

Ce mardi 19 mai, le Département de Vaucluse a organisé les Trophées du sport vauclusien, une cérémonie annuelle qui permet de mettre en lumière la passion et le dévouement des acteurs du sport. 74 personnes ont été récompensées.

À moins de trois mois du passage du Tour de France féminin au Mont Ventoux, le Conseil départemental de Vaucluse renforce un peu plus sa position en faveur de la pratique sportive. Hier a été organisée, comme chaque année, la cérémonie des Trophées du sport vauclusien à l’Auditorium Jean Moulin au Thor.

Cet événement est l’occasion de mettre en lumière tous ceux qui contribuent à faire du Vaucluse une terre sportive et qui œuvrent au développement de la pratique sportive et de ses valeurs positives, qu’ils soient champions, entraîneurs ou bénévoles.

Une soirée sous le signe du sport

La cérémonie a débuté avec la remise des médailles et des trophées aux plus méritants, qui se sont démenés toute l’année pou faire vivre le sport sur le territoire. La présidente du Département Dominique Santoni était accompagnée par Éric Di Meco, ancien footballeur international français, qui est né à Avignon et a grandi à Robion avant d’évoluer à l’Olympique de Marseille, pour appeler les lauréats sur scène et leur remettre leur prix.

La soirée s’est poursuivie par un moment convivial dans une ambiance ‘troisième mi-temps’, à l’image de l’événement, mêlant food trucks et animations sportives telles que du ping pong, du cornhole, du speedball, et du gabaky grâce au partenaire Décathlon Avignon Sud-Mistral 7.

Les lauréats

En tout, ce sont 74 acteurs du sport vauclusien, dont 59 bénévoles, dans six catégories qui ont été récompensées lors de cette cérémonie. « Ces Vauclusiens ont été choisis car ils donnent une image exemplaire et font preuve d’une éthique irréprochable », affirme le Département.

©Département de Vaucluse

Villa Datris, La mer intérieure de l’histoire des hommes

Qui l’eût cru ? Le cinéma Utopia vient de fêter son demi-siècle d’existence. Crée en avril 1976, par 5 « activistes » passionnés de cinéma, cette salle est aujourd’hui devenue une véritable institution avignonnaise. Née de l’idée que le cinéma pouvait être une arme redoutable pour lutter contre tous les ostracismes, l’utopie a fait, avec bientôt 8 cinémas, des émules partout en France. Fidèle à ses engagements fondateurs Utopia fait figure aujourd’hui de foyer de résistance. Récit d’une aventure réjouissante.

Conduite par Anne-Marie Faucon et Michel Malacarnet, une poignée de 5 allumés, se qualifiant eux-mêmes d’inadaptés sociaux, que la nécessité d’une alternative avait réuni, eurent l’idée, au début des années 70, de créer une salle de cinéma qui donnerait à voir ce qui pourrait ouvrir les cœurs et les esprits. Des films venus de tous horizons histoire d’élargir ceux des spectateurs. Pour mener à bien ce projet ils leur fallait trouver un lieu. Ils réussissent à convaincre, le temps d’un bail, et pas plus, des curés qui leur louèrent une salle de patronage inoccupée place Miollis, à Aix-en-Provence. Si ces dignes représentants du clergé ont un temps pensé voir dans la démarche de ces jeunes militants des complices idéologiques, voir des frères d’armes, ils ont vite déchanté. La programmation de leur salle se faisait, entre autres, l’écho de nombre de combats sociétaux du moment, bien loin de ceux de l’église à cette époque : avortement, contraception, homosexualité… Inutile de préciser qu’au terme du bail nos amis furent priés d’aller prêcher sur d’autres terres.

En 1993, Utopia s’agrandit et s’implante dans un ancien entrepôt situé rue des Escaliers Saint-Anne, derrière le Palais des papes

Comme dans les belles histoires, une rencontre fortuite, permirent à nos 5 mousquetaires de poursuivre leurs quêtes et leurs combats. N’oublions pas qu’à cette époque post soixante-huitarde, les luttes étaient pléthoriques. Qu’il s’agisse de la guerre du Vietnam, de l’arrivée des dictatures en Amérique du Sud, des premières prises de conscience écologiques avec l’avènement de la société de consommation, de la montée du racisme dans les pays occidentaux… bref il y avait de la matière et il était essentiel de pouvoir continuer le combat. Et, à l’époque il y avait peu de place pour les compromissions. C’est alors que Herbert Maza, le fondateur de l’Institut Américain d’Aix-en-Provence proposa aux jeunes activistes de poursuivre leur aventure dans la ville d’Avignon, dans une chapelle désacralisée, à proximité de l’Institut Américain d’Avignon, 5 rue Figuières. C’est ainsi que naquit le 16 avril 1976, le cinéma Utopia. La salle existe toujours, elle a pris la dénomination d’Utopia République. En 1993, Utopia s’agrandit et s’implante dans un ancien entrepôt situé rue des Escaliers Saint-Anne, derrière le Palais des papes. On ne peut s’empêcher de remarquer qu’encore une fois la religion n’est pas très loin… même si l’évangile n’est pas tout à fait la même. Dans ce nouveau cinéma baptisé la Manutention 4 salles sont ouvertes. Toutes sont classées « art et essai » avec les trois labels qui vont bien « Recherche et découverte », « Jeune public », « Patrimoine et répertoire ». Un must. La programmation est toujours aussi éclectique et engagée, et surtout, fait assez rare pour être souligné, tous les films sont vus par les collaborateurs du cinéma avant d’être proposés aux spectateurs. Une occasion de confronter des points de vue et des opinions pas toujours convergentes. C’est de là que naît la richesse.

« Offrir le meilleur du cinéma au plus grand nombre, sans faire de concession à des produits mercantiles et décevants, en refusant publicité et produits nuisibles pour la santé » 

Chez Utopia on peut participer à des avant-premières, des rencontres avec les réalisateurs et à des débats. Bien sûr, la VO est obligatoire et la 3D bannie (comme les pop-corn). « Offrir le meilleur du cinéma au plus grand nombre, sans faire de concession à des produits mercantiles et décevants, en refusant publicité et produits nuisibles pour la santé » telle est la devise de la maison.

Les relations avec les spectateurs restent une priorité. Un exemple : si vous appelez (par téléphone) le cinéma pour vous renseigner sur les horaires d’un film ce ne sera pas un répondeur que vous aurez au bout de la ligne mais un des collaborateurs du cinéma. Et comme tous ont vu les films avant qu’ils ne soient programmés, ils pourront même vous aider dans votre choix.

Si Utopia dispose d’un site internet, récemment relooké, qui renseigne sur sa programmation et son actualité, son premier support d’information reste un magazine papier. Encore une singularité à l’heure du numérique à tous les étages. « La fameuse gazette Utopia » qui toutes les 5 semaines est attendue comme pour sa programmation et ses critiques aiguisées. Cette gazette, dont le tirage (entre 30 et 40 000 exemplaires) pourrait rendre jaloux tous les journaux culturels existants, reste un outil essentiel. La « bible des cinéphiles » si on veut poursuivre dans l’analogie.

Aujourd’hui, Utopia c’est 7 cinémas un peu partout en France et bientôt un huitième, du côté de Bordeaux

Après la naissance des salles avignonnaises plusieurs cinémas ont rejoint l’étendard Utopia. Il s’agissait d’une sorte de franchise totalement libre. Il suffisait d’être en accord avec les valeurs et de partager la même programmation. « La franchise Utopia » fut à géométrie variable avec beaucoup d’entrées et de sorties et des projets un peu fou comme ce ciné bus qui dans les années 80 proposait un autre cinéma dans les villages des Landes. Aujourd’hui Utopia c’est 7 cinémas un peu partout en France et bientôt un huitième, du côté de Bordeaux. Chaque cinéma est totalement indépendant et pour celui d’Avignon il est organisé en coopérative. Les salariés qui le désirent peuvent être actionnaire de l’entreprise. Un exercice de démocratie quotidienne pas toujours facile mais qui assure une pérennité et une certaine viabilité au projet. A noter qu’Utopia ne bénéficie pas de subvention. Un moyen de ne pas avoir de comptes à rendre et de rester indépendant.

La part des anges

Les cinémas Utopia ne partagent pas uniquement leur programmation, récemment une nouvelle structure les réunit. Elle a pour fonction de mutualiser un certaine nombre de fonctions qui peuvent l’être comme la gazette et elle a aussi pour vocation aussi apporter des coups de mains nécessaires aux salles qui en auraient besoin. Cette entraide a été baptisée « la part des anges »… On est toujours dans l’évocation religieuse. Ca finit par être énervant

A l’heure de l’individualisme triomphant et de l’argent roi, Utopia apporte un peu de fraîcheur et de bonnes raison d’espérer…. En tout cas l’utopie n’aura pas été vaine surtout en ces temps de montée des radicalismes et des velléités de contrôle des médias et de la culture.

Pour en savoir plus sur l’histoire d’Utopia
avignon.cinemas-utopia.org
Le film de Julien Feret : « J’aime la vie, je fais du vélo, je vais au cinéma »
Le livre de Michael Bourgatte : « Utopia, une utopie culturelle » (en vente aux caisses du ciné)
Le livre d’Olivier Alexandre : « Utopia, à la recherche d’un cinéma alternatif », édité par l’institut Jean Vigo


Villa Datris, La mer intérieure de l’histoire des hommes

À quelques mois de l’entrée en vigueur du congé supplémentaire de naissance, prévue le 1er juillet 2026, le Gouvernement publie un projet de décret très attendu sur ses modalités d’indemnisation. Un enjeu majeur pour les services RH, alors que ce nouveau droit, créé par la LFSS 2026, introduit un dispositif inédit, distinct des congés parentaux existants. Montant des indemnités journalières, conditions d’ouverture des droits, non-cumul avec d’autres prestations… ce texte apporte des précisions déterminantes, mais soulève aussi des questions pratiques pour les employeurs en matière de gestion de la paie et d’articulation avec les dispositifs existants. Tiphaine Mollier, juriste en droit social, pour les Éditions Tissot propose un décryptage opérationnel des 4 mesures clés à anticiper, pour aider les professionnels RH et juridiques à sécuriser leurs pratiques avant l’entrée en vigueur.

Le compte à rebours est lancé. À compter du 1er juillet 2026, un nouveau congé supplémentaire de naissance entrera en application. Créé par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, ce dispositif, distinct des congés de maternité, de paternité et d’adoption, ouvre à chacun des deux parents un droit propre, indemnisé et protecteur. Ses modalités d’application doivent encore être précisées. Un projet de décret précise les règles relatives à l’indemnisation des salariés. Bénéficiaires, durée, modalités de prise, rémunération et protection du contrat : voici les 4 mesures essentielles à retenir.

La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 institue un congé supplémentaire de naissance, qui s’ajoute aux dispositifs existants en matière de parentalité. Initialement prévue au 1er janvier 2026, son entrée en application est reportée au 1er juillet 2026. Le texte prévoit toutefois une extension du bénéfice du congé aux parents d’enfants nés ou adoptés à compter du 1er janvier 2026, ainsi qu’aux parents d’enfants nés avant cette date lorsque la date prévisionnelle d’accouchement était fixée à compter du 1er janvier 2026. Ces parents pourront bénéficier du congé indemnisé dans les neuf mois suivants le 1er juillet 2026, soit jusqu’au 31 mars 2027.

Un droit ouvert à chacun des deux parents
Le congé supplémentaire de naissance est ouvert à chacun des deux parents, pour chaque naissance ou adoption. Il concerne les parents d’enfants nés ou adoptés à compter du 1er janvier 2026, avec une mise en œuvre opérationnelle au 1er juillet 2026.
Chaque parent bénéficie d’un droit individuel, qu’il peut exercer indépendamment de l’autre parent. Le salarié devra informer son employeur de la date de début du congé et de sa durée en respectant un délai de prévenance.

Une durée modulable et une prise flexible 
Il s’agit d’un congé non obligatoire, laissé au choix du salarié.
Sa durée est de 1 ou 2 mois, selon l’option retenue.

Il peut être pris :

  • en une ou deux périodes d’un mois ;
  • simultanément ou en alternance entre les deux parents ;
  • dans les 9 mois qui suivent la naissance de l’enfant.

Cette souplesse permet une organisation adaptée aux contraintes professionnelles et familiales.

Le congé supplémentaire de naissance peut s’articuler avec les autres congés existants. Il est rappelé qu’un congé parental d’éducation peut toujours être pris en amont ou à son issue.

Un projet de décret prévoit également la possibilité d’un retour anticipé du salarié en cas de décès de l’enfant ou de diminution importante des ressources du foyer. Dans ce cas, le salarié doit avertir son employeur au moins huit jours avant la date de reprise souhaitée par lettre recommandée avec accusé de réception ou remise contre récépissé.

Une rémunération spécifique
Le congé donne lieu, sous conditions, à une indemnisation spécifique versée sous forme d’indemnités journalières de Sécurité sociale (IJSS) calculées selon les modalités prévues pour le risque maladie :

  • 70 % de l’indemnité prévue pour le congé maternité ou paternité (par l’application d’un coefficient de 0,7),
  • 60 % de l’indemnité prévue pour le congé maternité ou paternité  (par l’application d’un coefficient de 0,6), dans la limite du plafond de la Sécurité sociale.

Pour percevoir cette indemnité, le salarié doit justifier de 6 mois d’affiliation à la date de début du congé et remplir les conditions de cotisations (rémunération au moins égale à 1 015 fois le SMIC horaire) ou de durée de travail (150 heures sur 3 mois). Il doit également cesser tout travail salarié durant cette période.

À noter que les stagiaires sont aussi concernés : l’État ou la région leur garantira une indemnité de 70 % de leur gratification le premier mois et 60 % le second si le congé a lieu pendant le stage.
L’indemnisation ne peut pas se cumuler avec les allocations chômage, les indemnités journalières, l’accord proche aidant, le complément libre choix du mode de garde au titre du même enfant, etc.

Une suspension du contrat assortie d’une protection du salarié
Le congé supplémentaire de naissance entraîne une suspension du contrat de travail. La période est assimilée à du temps de travail effectif pour le calcul de l’ancienneté. Le projet de décret précise en outre que ces périodes ouvrent droit à des trimestres de retraite : un trimestre est décompté pour chaque période de 58 jours d’indemnisation.
Le salarié bénéficie en outre d’une protection contre la rupture du contrat pendant la durée du congé, renforçant la sécurisation juridique du dispositif.

Tiphaine Mollier, juriste en droit social aux Éditions Tissot

Tiphaine Mollier. Crédit ; DR/LG/Linkedin

Villa Datris, La mer intérieure de l’histoire des hommes

Le samedi 23 mai 2026, la SPA Vauclusienne (Société protectrice des animaux), à l’occasion du ‘Printemps des Cous’sinets’, invite le public à une porte ouverte au Refuge du Petit Pigeolet, à L’Isle-sur-la-Sorgue. La structure propose de découvrir comment fonctionne l’accueil, le sauvetage et la réinsertion des animaux, dans un contexte national toujours alarmant, car environ 100 000 animaux sont abandonnés chaque année et 50 000 sont adoptés. Un rendez-vous à la fois convivial et pédagogique, car les associations structurent aussi tout un écosystème local : bénévolat, emploi, logistique, achats, dons et partenariats.

Pour le ‘Printemps des Cous’sinets-Portes ouvertes’, la SPA Vauclusienne propose de découvrir le refuge du Petit Pigeolet ce samedi 23 mai de 10h à 12h puis de 14h à 17h. Objectif ? Entrer dans le quotidien d’une structure qui, au-delà de placer des animaux, organise des parcours de prise en charge, de soins, d’alimentation, de suivi comportemental, et de mise en relation avec les familles adoptantes.

La crise de l’abandon : un chiffre national qui éclaire l’urgence
À l’échelle nationale, 100 000 animaux sont abandonnés chaque année alors que 50 000 seulement seront adoptés. Autrement dit : une partie des animaux accueillis ne trouve pas preneur immédiatement. Cette tension explique pourquoi les refuges doivent absorber des flux constants, tout en continuant à soigner, rééduquer et accompagner les animaux mais aussi à sensibiliser en amont, personnes et familles, pour réduire les abandons.

Accueillir, soigner, replacer
Au sein d’un refuge, plusieurs étapes se succèdent, dans cette logique de continuité : Il y a, tout d’abord, la prise en charge des animaux trouvés ou confiés, leur mise à l’abri, leur observation et les premiers soins. Puis s’annoncent les soins vétérinaires, avec, selon les cas, traitements, vaccinations, stérilisations, soins de suite et récupération. Pour l’accompagnement, il sera question de la gestion du stress, de son adaptation progressive à son environnement, parfois un travail sur le comportement, sa socialisation seront nécessaires. Enfin, la recherche de familles concentrera tous les efforts avec la présentation des animaux, la communication sur les réseaux sociaux et autres media, pour aboutir sur l’organisation des adoptions. C’est ce que permettent, précisément, les portes ouvertes, afin de rendre visibles les coulisses de toute cette chaîne de la solidarité et ce que signifie ‘voir un animal’, sans oublier la réalité que cela recouvre en termes de ressources, de compétences, de temps et de moyens.

Les Infos pratiques
Printemps des Cous’sinets – Portes ouvertes. Samedi 23 mai 2026. De 10h à 12h et de 14h à 17h. SPA Vauclusienne. Le refuge du Petit Pigeolet, 170 Chemin du petit Pigeolet, à L’Isle-sur-la-Sorgue. Point d’attention à propos de la réglementation : Un Certificat d’engagement et de connaissances daté et validé d’au moins 7 jours est nécessaire pour pouvoir adopter un animal. Ce document est également disponible au refuge.

Mireille Hurlin


Villa Datris, La mer intérieure de l’histoire des hommes

Grand Salade ? 

C’est une Compagnie Avignonnaise composée de Sébastien Bouchet et Sylvain Seguin qui nous invite régulièrement avec humour à lâcher prise. Les comédiens de la compagnie aiment jouer comme des enfants qu’on aurait laissé seuls et n’hésitent pas à malmener gentiment leur public…qui en redemande.

On va déguster’ est une dégustation-spectacle aussi sérieuse qu’absurde

Sylvain et Sébastien, diplômés en œnologie à l’Université de Cognac, invitent le public à une expérience où le vin n’est qu’un prétexte et le sérieux une victime.

Dès les premières minutes, tout dérape joyeusement : le monde feutré, codifié et presque sacré de l’œnologie entre en collision avec l’art jubilatoire du clown et de l’absurde. Entre rires irrésistibles, gestes improbables et situations loufoques, chaque dégustation devient un terrain de jeu où les conventions volent en éclats. Ici, le vin se boit, le sérieux se noie et le public savoure le plaisir simple et contagieux de la farce. Une parenthèse légère, un moment de lâcher-prise, un rendez-vous où l’on rit ensemble et où l’on retrouve la jouissance de l’instant présent.

Écriture et jeu : Sébastien Bouchet et Sylvain Seguin 

Samedi 23 mai. 18h. Entrée libre. Cour de Roseau. 45, rue des Teinturiers. Avignon.


Villa Datris, La mer intérieure de l’histoire des hommes

Le Tribunal des activités économiques (TAE) d’Avignon vient d’ouvrir une procédure de redressement judiciaire pour le Quai des saveurs. La décision concernant l’établissement de restauration porté par la CCI de Vaucluse a été prise le 7 mai dernier. Elle remet en question l’avenir de ce projet qui devait constituer une vitrine des savoir-faire de l’Ecole hôtelière d’Avignon. Première conséquence, le départ imminent du talentueux chef Saïd Soumaila.

L’aventure avait débuté dans l’unanimité suite l’assemblée générale de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Vaucluse du 27 novembre 2023. A cette occasion, la totalité des élus présents (18 sur 33) avait voté pour la création d’un établissement de restauration sur le nouveau parvis de la gare centre de la cité des papes alors en fin de réaménagement.
Comme un seul homme, William Baud, Jean-Luc Becker, Alexandre Bressy, Dominique Damiano, François De Lepiney, Florence Duprat, Alexandra Farnos, Laure Gimno, Pierre Helias, Eugène Hermitte, Pascal Loubeyre, Roselyne Macario, Gilbert Marcelli (alors président jusqu’à son éviction fin janvier dernier), Catherine Panattoni, Cédric Ribeiro, Nordine Saihi, Florence Sentilhes et Dominique Toledo s’étaient alors déclarés totalement favorables à ce projet.

Main dans la main avec la municipalité pour une entrée de ville plus belle
Un dossier qui avait débuté quelques mois auparavant lorsque SNCF gares & connexions avait ouvert un appel à la concurrence d’une durée de 10 ans concernant « la gestion d’un bâtiment implanté sur le parvis de la gare centre d’Avignon dédié à un espace de restauration ».
56 restaurateurs locaux avaient décliné l’offre et ce sont des grandes enseignes de la restauration rapide qui tenaient la corde pour s’installer : Starbucks et Burger king en tête. Inenvisageable pour Cécile Helle, alors maire d’Avignon, dont la commune avait financé 27% des 20,25M€ de travaux destinés à rendre cette entrée de ville plus belle.

« Objectif pour la Ville : éviter l’implantation d’un symbole de la malbouffe en vis-à-vis des remparts du XIVe siècle. »

L’élue suggère au président de la CCI de se positionner avec une vitrine des savoir-faire de la formation consulaire vauclusienne dont l’Ecole hôtelière d’Avignon (EHA) en est le fleuron internationalement reconnu. Objectif pour la Ville : éviter l’implantation d’un symbole de la malbouffe en vis-à-vis des remparts du XIVe siècle.
Pour la CCI, cette demande de la municipalité tombe également à point nommé. En effet, la Chambre est en pourparlers avec la municipalité pour qu’elle lui cède des terrains jouxtant son campus de l’allée des Fenaisons afin de pouvoir étendre l’offre et la capacité d’accueil de son Académie Vaucluse Provence. Le projet ‘gagnant-gagnant’ est alors mis sur les rails avec la bénédiction de la SNCF qui y voit là une démarche inédite éventuellement duplicable dans d’autres gares hexagonales.

Une vitrine des savoir-faire culinaire et gastronomique de la CCI
« Il nous est apparu que cet équipement présentait plusieurs intérêts pour notre CCI, expliquait Gilbert Marcelli en préambule du vote ayant approuvé cette initiative. D’abord, poursuivre l’évolution de notre école hôtelière et de nos enseignements puisque ce restaurant accueillera nos apprenants et les servira, à travers la société que l’on va créer. Ensuite, faire une vitrine ouverte sur la ville, pour les passagers qui fréquentent la gare et les avignonnais, de notre savoir-faire culinaire et gastronomique. Enfin, faire de ce lieu un lieu de valorisation à travers des expositions de nos entreprises et de nos produits qu’ils soient agricoles, viticoles, industriels ou autres. »

Après avoir remporté l’appel d’offres de la SNCF en janvier 2024, la CCI 84 espère alors ouvrir le Quai des saveurs avant l’été de la même année. Les travaux d’aménagement, d’un montant de 1,3M€ environ, prennent plus de temps que prévu et finalement, l’établissement de près de 200m2 comprenant aussi une terrasse de 100m2 est inauguré en décembre 2024. Plus d’une vingtaine de salariés sont sur le pont dont plus de la moitié d’apprentis. Dans le même temps, la cuisine est confiée à Saïd Soumaila, un jeune chef prometteur et ancien élève de l’EHA. Son second est le carpentrassien Naël Tamghart, lui aussi ancien élève de l’Ecole hôtelière (voir aussi encadré : ‘Une cuisine en partance’). L’équipe bénéficie du soutien de Xavier Mathieu, chef étoilé du Phébus à Gordes, et également formé à l’École Hôtelière d’Avignon, et de Patrice Leroy, directeur technique de l’Ecole.

Une cuisine en partance
A gauche sur la photo Naël Tamghart, second de cuisine, a remporté la médaille d’Excellence pour le métier Cuisine au Euroskills 2025 en septembre dernier. Depuis, l’ancien élève de l’Ecole hôtelière d’Avignon, a quitté les cuisines du Quai des saveurs dans la foulée de son prix international obtenu au Danemark.
Pour sa part, Saïd Soumaila, le prometteur chef de l’établissement (à droite sur la photo), en fera bientôt de même. Après avoir posé sa démission fin avril, celui qui a été notamment distingué aux Worldskills abandonnera définitivement les fourneaux du Quai des saveurs à la fin du mois de mai 2026.
Crédit : Quai des saveurs/DR

Un business plan défaillant ?
Côté finances, les services de la direction de la CCI établissent un ‘business plan’ d’un montant de plus de 1,2M€ par an. Une estimation très (trop) ambitieuse ? La marche semble en tout cas démesurément grande pour l’établissement bistronomique.
Cela se complique en tout cas lorsque les professionnels locaux de la restauration y voient une soudaine concurrence déloyale. De leur côté, les opposants à Gilbert Marcelli y trouvent surtout le prétexte de se débarrasser d’un bouillant président devenu ‘gênant’ dans plusieurs dossiers ‘sensibles’ comme la future DSP (Délégation de service publique) de l’aéroport d’Avignon, le rachat du centre de formation Nextech ou bien encore le lancement d’une procédure disciplinaire à l’encontre du directeur général de la CCI de Vaucluse pour faute grave (ndlr : dossier actuellement toujours sous investigation du ministère de l’Economie dont dépend notamment les organismes consulaires).

Et pour ne rien arranger, le modèle économique n’a pas pris en compte l’ouverture, à quelques dizaines de mètres, d’un Marie Blachère qui ‘grignote’ l’activité petit-déjeuner. A cela s’ajoute l’incompatibilité de la réglementation concernant les amplitudes des horaires d’ouverture d’un restaurant d’application (comme initialement prévu), même si de nombreux apprentis sont embauchés par l’établissement.
Malgré tout, le Quai des saveurs a réalisé un chiffre d’affaires de près de 600 000€ pour sa première année d’activité en 2025. Pas si mal pour un projet ex nihilo. Pas suffisant cependant pour faire face aux dépenses.

Le jugement d’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire du Quai des saveurs.

Cessation des paiements
Suite à la mise sous tutelle par le préfet de région de la CCI 84 après la démission d’une majorité d’élus consulaires, les administrateurs provisoires de l’organisme consulaire désignés ensuite avaient placé le dossier ‘Quai des saveurs’ en haut de la pile.
Depuis, les effectifs ont été largement revus à la baisse et l’établissement s’est imposé une chasse drastique aux dépenses. Dans le même temps, la Chambre de commerce et d’industrie a fermé les robinets dans ce dossier où le passif est estimé à presque 1M€.

Dans ces conditions, le Tribunal des activités économiques (TAE) d’Avignon vient d’ouvrir en date du 7 mai une procédure de redressement judiciaire à l’encontre du Quai des saveurs. Concrètement, la juridiction a fixé la date de cessation des paiements au 24 Avril 2026. En conséquence les créances sont à adresser dans les deux mois auprès du mandataire judiciaire ou sur le portail électronique prévu par les articles L. 814-2 et L. 814-13 du code de commerce.

Au-delà de ce délais, le restaurant de la CCI de Vaucluse va t’il rester à quai ? Ce sera certainement l’un des dossiers les plus urgents à traiter pour la nouvelle présidence qui devrait être élue cette été. Encore faut-il que le Quai des saveurs n’ait pas définitivement déraillé d’ici là. Autre inconnu : quelle sera la position de la nouvelle municipalité concernant la plus belle de ses entrées de ville ?

Laurent Garcia


Villa Datris, La mer intérieure de l’histoire des hommes

La transmission, ça marche, la preuve ! Pourtant, quand il était petit, Loha Sommer ne rêvait pas de conduire un tracteur, contrairement à toute sa famille avant lui, depuis 10 générations au Domaine de la Maurelle à Vacqueyras.

Fils unique de Nicolas Sommer, dont l’un des aïeux a été le patron de la cave coopérative de Vacqueyras, Loha n’était pas trop doué à l’école. « Heureusement, en grandissant, le déclic s’est produit. Avec la maturité, j’ai trouvé que c’était un métier noble, le travail de la terre et de la vignem et je me suis lancé. »

Il passe un bac pro au Lycée agricole d’Orange où il apprend la taille, la greffe, le débourrement, l’épamprage, le palissage, mais aussi la gestion d’un caveau, la vente, le commerce. Advient la parenthèse du Covid où la France vit au ralenti, Loha en profite pour partir en Inde et en Thaïlande, lui qui porte un prénom oriental. Ensuite, il enrichit son CV en passant un BTS de technico-commercial puis un autre en viticulture et œnologie. Il fait également un passage au Clos du Mont-Olivet à Châteauneuf-du-Pape auprès de Thierry Sabon qui lui donne des conseils utiles à vie pour gérer des vignes.

La relève du domaine

C’est alors que son papa décide de prendre sa retraite, en 2023. Une page se tourne dans le domaine familial du XVIIIe siècle. À Loha d’en écrire un nouveau chapitre, avec son énergie, son savoir-faire et ses envies, après avoir appris auprès de la Chambre d’Agriculture comment s’installer comme Jeune Agriculteur, ce qui a pris une année entière.

« Sur 20 hectares, nous en avons 6,5 en Vacqueyras, 6 en Gigondas, 3 en Côtes-du-Rhône et 4,5 en vin de pays. Avec la crise sanitaire, la trésorerie avait fondu, le paiement des factures a pris du temps, 18 mois, parfois plus. Du coup, je me suis concentré sur la vente de vendange fraîche. Cette année, je ferai moitié-moitié avec la vente en bouteilles. Et pour attirer la clientèle, j’organise aussi en été des soirées au Domaine avec musiciens, planchas, dégustation et vente directe », précise le jeune gérant.

Chez lui, pas de vins bio et il ne mâche pas ses mots. « C’est du pipeau, même si je connais quelques confrères qui sont sincères. Mais c’est l’affaire des grands groupes qui communiquent sur les produits ‘phytosanitaires’ et évitent de prononcer le mot ‘pesticides’ et qui parlent du plan éco-phyto que d’autres ont surnommmé éco-fiasco. » Voilà qui va sûrement plaire aux producteurs d’insecticides, fongicides, herbicides, engrais azotés et phosphorés, les rois du glyphosate, interdit aux particuliers mais autorisé chez les agriculteurs jusqu’en 2033… 

©Andrée Brunetti / L’Echo du Mardi

Objectif : stabiliser les revenus

Malgré la crise viticole, ce vigneron est un homme heureux et pragmatique. « À part la pluie, j’aime tout en pleine nature, passer entre les rangs en tracteur, attacher la vigne, gérer la cave, comme faire des salons pour échanger avec des confrères expérimentés, apprendre. » Ce qu’il souhaite : « stabiliser les revenus. »

Au Domaine de la Maurelle, on trouve les deux AOC Gigondas et Vacqueyras, avec les fameux cépages Grenache noir et blanc, Syrah, Mourvèdre et Marsanne, des rouges aux reflets pourpres qui explosent en bouche et des blancs équilibrés et frais. Cuves béton et fûts en chêne, comme durée de l’élevage font toute la différence. Avec l’entrée en vigueur des Accords UE-Mercosur depuis le 1er mai et la suppression progressive des droits de douanes avec le Brésil, l’Argentine, le Paraguay comme l’Uruguay, Loha Sommer, dont le papa vit en Amérique du Sud, lorgne sur un marché qui représente quand même 270 millions d’habitants. De quoi exporter une partie de ses milliers de bouteilles du Domaine de la Maurelle. Sinon, comme il est au four et au moulin, dans la vigne comme en livraison, vous pouvez prendre rendez-vous directement au caveau pour déguster les premières cuvées qu’il a déjà concoctées à 28 ans. Nul doute qu’il y en aura bien d’autres !

Contact : contact@domainedelamaurelle.com – 06 16 29 61 27


Villa Datris, La mer intérieure de l’histoire des hommes

Pépins est une jeune entreprise de cosmétiques à base de pépins et noyau des fruits. Les deux créateurs ont lancé une gamme de cinq produits déjà vendus dans des pharmacies et d’autres lieux. Le développement est attendu avec une gamme qui s’est étoffée et l’ouverture d’une boutique sur la commune de Bédoin le 21 mai.

« Tout a commencé par une envie simple : avoir un impact positif dans ce monde. Prendre soin de nous, de notre santé, de notre planète, mais aussi de la diversité de ceux qui l’habitent. Dans un quotidien marqué par le stress, nous avons voulu redonner au bien-être la place qu’il mérite. Puis notre fille est arrivée et elle nous a donné l’élan de transformer cette envie en ce projet qui nous ressemble », explique Dino Dzafic, un des deux créateurs de la marque Pépins avec sa conjointe Myrtille Chekhar. Ils sont tous les deux passionnés de vins. L’idée leur vient de tirer profit des coproduits de la viticulture, à partir des pépins de raisin pouvant être utilisés dans la cosmétique. Ils lancent ainsi leur entreprise en 2023.

Le couple a lancé son concept en 2023. ©Pépins

Une recherche sur d’autres fruits

En plus du raisin, le couple poursuit ses recherches sur d’autres fruits comme la figue de barbarie, l’abricot, la pomme, la cerise, la prune ou encore la grenade. Il s’associe avec un docteur en biochimie et un laboratoire qui travaille à façon pour Pépins pour travailler pendant deux ans et demi sur la composition des produits cosmétiques issus à 100% des pépins et noyau de fruits, grâce a une formulation issue de plusieurs fruits permettant ainsi de créer une synergie sur leurs bienfaits respectifs. À partir de ces pépins ou noyau, des huiles sont récupérées pour rentrer ensuite dans la composition du produit cosmétique. Les vertus sont nombreuses : antioxydant grâce aux polyphénols présents dans le raisin par exemple, régénérant, nourrissant et protecteur. Au lancement son entreprise, le couple s’est fait aider par la plate-forme Initiative Terres de Provence et obtient également des aides financières de la part de la BPI.

Une gamme de cinq produits

Cinq produits sont lancés par le couple depuis leur siège à Avignon. Les premiers clients sont des pharmacies, à Carpentras, Monteux, l’Isle-sur-la-Sorgue, Avignon ou encore Alès. « Notre projet était de travailler avec de nombreux autres fruits. Nous avons ainsi noué un partenariat avec un producteur de grenades et d’abricots à Malaucène. Notre objectif est de sourcer tous les fruits pouvant être utilisé dans nos formulations avec l’objectif prioritaire d’être le plus local possible. » L’objectif de Pépins est de développer cette gamme de cinq produits en y ajoutant une référence autour du contour des yeux et une crème légère.

Création d’une boutique

« Une boutique a ouvrir ses portes fin mai à Bédoin dont je suis originaire Nous avions envie d’ouvrir une lieu physique pour donner une bonne visibilité à notre marque en plus de la vente en ligne que nous réalisons et des ventes directes en pharmacies et parapharmacies », explique Dino Dzafic. Ce dernier a l’opportunité de trouver un local en location sur la place du village de 30m². En plus des 5 produits phares de la marque, le couple vient de lancer des huiles avec quatre références à base de raisin, de pommes, de grenades et d’abricots. Une gamme de savons enrichis en huiles de pépins et de noyaux réalisé par un prestataire de l’Isle-sur-la-Sorgue et fabriquées en saponification à froid sera également proposée sur quatre références. Trois tisanes, Equilibre, Sérénité et Radiance, sont également proposées dans la boutique, à base de plantes et herbes aromatiques issues du Ventoux. Elle est produite par une amie du couple qui a ses terres sur Bédoin.

Le couple a ainsi de beaux projets de développement sur ce concept naturel et écologique. Pépins est la seule marque en France qui utilise des pépins et noyaux pour 100% de la composition de ses produits cosmétiques. 

https://www.echodumardi.com/page/2/   1/1