4 avril 2026 |

Ecrit par le 4 avril 2026

L’Afpa Avignon Le Pontet ouvre ses portes au public

L’Agence nationale pour la formation professionnelle des adultes (Afpa) organise une opération de Journée Portes Ouvertes (JPO) dans ses établissements en Provence-Alpes-Côte d’Azur ce jeudi 6 février, notamment celui du Pontet. Les visiteurs pourront s’informer sur les métiers accessibles en alternance ou en préparation opérationnelle à l’emploi (POEI), mais aussi s’informer sur les offres de formation disponibles dans les secteurs qui recrutent.

L’équipe de l’Afpa Avignon/Le Pontet vous donne rendez-vous ce jeudi 6 février pour une journée portes ouverts. Cet événement sera l’occasion d’échanger avec les conseillers et formateurs, de visiter l’établissement, mais aussi d’en apprendre plus sur les différentes formations que propose ce dernier.

Durant cette journée, il sera possible de visiter les plateaux de formation en plomberie, service à la personne, commerce, distribution, logistique, secrétariat, médico-social, comptabilité, paye, ressources humaines, BTP, mécanique automobile, et bien d’autres secteurs. L’événement mettra notamment en avant les opportunités d’alternance dans les secteurs de l’électricité et de la mécanique automobile, ainsi que les démarches pour obtenir un Titre professionnel via la Validation des Acquis de l’Expérience.

L’Afpa Avignon/Le Pontet sera divisé en trois espaces : un espace accueil et partenaires institutionnels pour présenter les offres et financements, un espace ateliers partenaires dans le cadre de l’animation Village sur les thématiques mobilité, logement, santé, transition écologique et numérique, etc, et un espace Club des Métiers pour échanger avec des professionnels et formateurs.

Inscription gratuite en ligne.
Jeudi 6 février. De 9h à 16h. Afpa. 56 Avenue Emile Zola. Le Pontet.


L’Afpa Avignon Le Pontet ouvre ses portes au public

La Chaîne logistique du froid, Transfrigoroute France et l’Association pour le développement et la promotion de l’emploi dans le transport logistique (AFT), organise le Frigo Tour, dont la quatrième étape sera à Cavaillon ce mercredi 5 février. Un événement dédié aux métiers frigorifiques du secteur Transport-Logistique.

Après une première édition du Frigo Tour couronnée de succès en 2023, la Chaîne logistique du froid, Transfrigoroute France et l’AFT ont décidé de renouveler l’expérience cette année. Ce mercredi 5 février, les filières et les métiers de la chaîne du froid seront donc présentés aux scolaires, demandeurs d’emploi et partenaires institutionnels au Lycée des Métiers Alexandre Dumas à Cavaillon.

« Chaque jour, en France, des dizaines de milliers de supermarchés, marchés, restaurants, commerces de bouche, hôpitaux, écoles, pharmacies, ou fleuristes fonctionnent grâce aux professionnels de la température dirigée, explique Noël Thiéfine, délégué général de la Chaîne logistique du froid. Les métiers du Transport-Logistique du froid sont pourtant méconnus du grand public, alors qu’ils
offrent de nombreuses opportunités de carrière, au service de la société. »

Ainsi, ce mercredi, des classes de lycées et de collèges découvriront le village des métiers du froid de 8h30 à 12h30. De 14h à 16h30, l’événement accueillera le public adulte. Chacun pourra rencontrer les entreprises et déposer son CV. De nombreux stands seront installés au sein de ce village et les métiers seront présentés selon cinq catégories : conduire ; manipuler et préparer ; réparer, entretenir et construire ; organiser, encadrer et développer ; nouvelles technologies et data.

Inscription gratuite en ligne.
Mercredi 5 février. Lycée professionnel Alexandre Dumas. Avenue Alphonse Jauffret. Cavaillon.

Photo de la 1ere édition en 2023. ©Frigo Tour

L’Afpa Avignon Le Pontet ouvre ses portes au public

La 15ᵉ édition des Rencontres gourmandes de Vaudieu a débuté avec une première session en novembre dernier. La 2ᵉ manche, qui s’est tenue ce lundi 3 février, a été remportée par la n°2 du Prieuré de Villeneuve-lès-Avignon.

Cette session était placée sous le signe de la truffe et son arôme unique, grâce à la Maison Plantin, implantée à Puyméras et spécialisée depuis 1930 dans le fameux diamant noir. L’entreprise a doublé son chiffre d’affaires, passé de 18M€ à 30M€, et s’est imposée comme leader européen de la truffe avec un engagement maximum envers la qualité de ses produits.

C’est grâce à sa « lotte confite à la crème d’arêtes à l’huile de poireaux brûlés, ailes travaillées en gravelax et radis croquants à la truffe » comme entrée que Marylou Le (qui a travaillé aux côtés de la chef multi-étoilée Hélène Darroze pendant 4 ans à Londres) et seconde de cuisine du chef étoilé du Prieuré, Christophe Chiavola, a remporté cette 2ᵉ manche. Accompagnée d’un vin ‘Clos du Belvédère’ du Château de Vaudieu, 100% Grenache blanc à la robe or pâle.

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En 2ᵉ position : le dessert, une déclinaison potiron, douceur de chocolat aux truffes noires d’hiver du chef Rayane Douvenou qui travaille au restaurant Chez Serge, le spécialiste de la truffe à Carpentras. Avec un biscuit pressé au praliné et des graines de potiron et tuiles de truffes fraîches et servi avec un rouge ‘Val de Dieu’ (62% Grenache – 32% Syrah – 6% Mourvèdre) aux notes de cassis et d’épices grillées avec des tanins soyeux.

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3ᵉ : le plat, un suprême de volaille, jus de carcasse à la truffe avec mâche et purée de navet du chef Maxime Vicens du Château de Montcaud à Sabran servi avec ‘Les Arbousiers’ du Domaine de la Réméjeanne, un rouge rubis profond et intense. Maxime a fait des stages chez Serge Chenêt à Pujaut avant d’intégrer ce restaurant étoilé, à l’ouest de Bagnols-sur-Cèze.

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Serge Ghoukassian, chef du restaurant éponyme à Carpentras, à côté du Parking des Platanes et amoureux de la truffe depuis toujours, était l’invité d’honneur de cette 2ᵉ manche. « Cette année, il y a une bonne production et la truffe est de qualité. Le juste prix se situe autour de 750€ le kilo, pas plus. À Carpentras, nous fixons en quelque sorte le prix étalon, officiel de la mercuriale, alors il ne faut pas exagérer. »

Parmi les jurés, le comédien Serge Dupire, les anciens champions de foot Marcel Dib et Manuel Amoros, le chef du Prieuré, Christophe Chiavola, et des représentantes de la Maison Plantin. Prochaine manche des 15ᵉ Rencontres Gourmandes de Vaudieu le 24 mars à Châteauneuf-du-Pape.


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L’Opéra d’Avignon accueille la nouvelle création de Gérard Gelas ce jeudi 6 février, à l’occasion du 120ᵉ anniversaire du prix Nobel de littérature de Frédéric Mistral.

À cette occasion, le Collectif Prouvènço et Jean-Pierre Richard ont confié à Gérard Gelas l’écriture et la mise en scène d’une nouvelle pièce adaptée de l’œuvre de Frédéric Mistral et labellisée dans le cadre de la programmation culturelle « Une année, un auteur » du Conseil régional Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Le texte de Mistral revisité et interprété par Nicolas Dromard

En 2004, Gérard Gelas avait déjà réalisé une adaptation suivie d’une mise en scène de Mireille avec deux comédiens, Alice Belaïdi et Damien Rémy. Vingt ans après, souhaitant se renouveler, il s’est replongé dans l’œuvre de Mistral, dans ses Memòri, dans le poème du Rhône, Nerto, Les Olivades… « J ’empruntais en marchant les chemins qui vont du mas du Juge au centre du village de Maillane où résidait le poète. […] Les espaces lumineux de notre terre fouettèrent mon imagination, et les mots et les rêves du poète me ramenèrent à Mireille. J’imaginais alors Frédéric Mistral lui-même, qui sera interprété magistralement par Nicolas Dromart, revivant sur scène pour narrer l’histoire de sa Mireille et de Vincent, avec ses propres mots. »

Jeudi 6 février. 20h30. 5 à 30€. Opéra Grand Avignon. 4 Rue Racine. Avignon. 04 90 14 26 40.


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Dans une lettre ouverte adressée « aux Avignonnaises et aux Avignonnais », la maire d’Avignon a annoncé qu’elle ne se lancerait pas dans la course aux prochaines élections municipales qui se tiendront en mars 2026. Après avoir refusé de nombreux mandats et fonctions( députée, conseillère régionale, conseillère départementale, sénatrice, ministre… ), elle confirme sa promesse prise en 2014, année de sa première élection, de ne faire que 2 mandats de maire. L’élue socialiste s’impliquera toutefois dans la campagne de son ou sa successeur.

En 2014, Cécile Helle, alors élue pour un premier mandat à la tête de la commune d’Avignon avait pris un engagement public : celui de ne faire que 2 mandats de Maire. « Aujourd’hui, conformément à l’engagement pris il y a maintenant près de 12 ans, j’ai donc décidé de ne pas me représenter à l’occasion de l’élection municipale de 2026, explique t’elle dans une lettre ouverte adressée aux Avignonnais. Cette décision, je l’ai évidemment mûrement réfléchie et j’en ai parfaitement mesuré les conséquences. Elle est en conformité avec la conviction qui est la mienne de ne surtout pas faire le mandat de trop, celui qui ne serait utile ni pour Avignon ni pour les Avignonnaises et les Avignonnais : j’ai trop de respect pour ma ville et pour vous, pour me lancer dans une aventure collective que je ne serais pas prête à assumer et vivre, à la fois intensément et intimement. »

« Ne surtout pas faire le mandat de trop. »

« Fidèle aux engagements qui ont été les miens depuis toujours, j’ai, en premier lieu, tenu ma promesse de consacrer tout mon temps et toute mon énergie à mon seul mandat de Maire, tant j’en ai mesuré, jour après jour, l’exigence. Cette règle, je l’ai appliquée dès 2014, en démissionnant de mon mandat de Vice-Présidente du Conseil Régional et en refusant systématiquement tous les mandats ou fonctions qui m’ont été proposés : députée, conseillère régionale, conseillère départementale, sénatrice, ministre. Ainsi, pendant près de 11 ans, mon action a toujours été exclusivement tournée vers notre ville, Avignon et vers vous.
Je m’étais également engagée à ne pas augmenter les impôts des Avignonnaises et des Avignonnais. Depuis 2014, cet engagement a lui aussi été tenu contre vents et marées, malgré une situation héritée plus que dégradée et des crises qui depuis 2020, se sont succédé. Rien ne fut simple ni facile, mais ce cap a été maintenu pendant toutes ces années et nous pouvons aujourd’hui nous réjouir d’une santé financière largement assainie. Il en va à mes yeux, du respect de la parole donnée et de la confiance accordée. »

« J’ai tenu ma promesse de consacrer tout mon temps et toute mon énergie à mon seul mandat de Maire. »

« Je sais que cette décision pourra surprendre mais je la prends en toute sérénité, avec le sentiment du travail accompli, et plus que jamais convaincue que la démocratie a besoin de renouvellement. Elle se comprend aussi par le parcours politique qui a été le mien et qui m’a conduit pendant près de 30 ans, au travers de l’exercice de différents mandats, à œuvrer pour l’intérêt général, forte des convictions qui sont les miennes depuis toujours.
Jusqu’au dernier jour de mon mandat, je serai votre Maire, plus que jamais engagée à vos côtés, toujours avec la même énergie, la même croyance en notre ville et la même sincérité d’action. Notre aventure commune est loin d’être finie. Dans les prochains mois, de nombreux projets se finaliseront, d’autres sont et seront lancés pour être poursuivis et achevés au-delà de 2026, et ainsi préparer l’avenir de notre ville, et notre propre avenir. Enfin, nous avons à partager tous ensemble Curiosité (s), cette année culturelle exceptionnelle que nous avons imaginée et inventée tous ensemble. Cet immédiat horizon est à la fois stimulant et enthousiasmant ! »

« Ensemble, nous avons fait entrer Avignon dans le 21ème siècle. »

Déjà l’heure d’un premier bilan ?
Citant ses réalisations les plus symboliques à ses yeux : la création de la Plaine des Sports, la construction de l’Ecole Melly et Paul Puaux, la requalification de la rue des Trois Faucons et de la place St Didier, les rénovations du Stade Nautique, de l’école Louis Gros, des halles sportives Genicoud et de la bibliothèque Renaud-Barrault, l’aménagement de la promenade du tour des remparts, du parvis jardin de la gare centre et du chemin de la confluence…, elle poursuit « Ensemble, nous avons fait entrer Avignon dans le 21ème siècle. Comment ne pas évoquer aussi les projets, d’ores et déjà lancés et qui se concrétiseront prochainement : le nouveau Musée des Bains Pommer, la bibliothèque et la Halle sportive du Puzzle installées dans la forêt enchantée, le réaménagement du Jardin du Rocher des Doms, la mise en lumière de la place et du Palais des Papes sans oublier bien sûr, les réhabilitations et requalifications des espaces publics dans le cadre de la rénovation urbaine des quartiers des Olivades, des Grands Cyprès, de Saint-Chamand et de la Grange d’Orel… Toutes ces réalisations ont été accompagnées de politiques municipales guidées par l’équité et la justice sociale : pour tous, gratuité des musées et des bibliothèques et création d’un Eté à Avignon ; pour les enfants et leurs familles, gratuité des activités périscolaires, des accueils du matin et du soir et des kits de fournitures scolaires, tarifs solidaires pour les stages sportifs, dans les cantines et les centres de loisirs ; pour les plus fragiles, corbeilles et légumes solidaires et pour nos seniors, activités culturelles et sportives en libre accès et colis gourmands de Noël. »

Quid des prochaines élections ?
« A ma place, consciente du contexte politique singulier dans lequel nous nous trouvons aujourd’hui tant au niveau national qu’au niveau local, je serai bien évidemment aux côtés et en soutien de celles et ceux qui porteront, lors de la prochaine élection municipale, les valeurs de gauche, humanistes, écologistes, solidaires et républicaines, qui sont depuis toujours les miennes. Et je suis certaine qu’une nouvelle fois, vous ferez le bon choix pour Avignon, notre ville de cœur. Être Maire, c’est aussi cela : savoir passer le témoin au bon moment et dans les meilleures conditions possibles. »


L’Afpa Avignon Le Pontet ouvre ses portes au public

La Chambre de commerce et d’industrie du Pays d’Arles a proposé à l’économiste et essayiste Jean-Marc Daniel et à Philippe Moati, professeur à l’université de Paris Cité d’éclairer l’assistance, lors de la soirée des entreprises, au palais des congrès, sur le thème : ‘Anticiper et s’adapter, les entreprises d’Arles face aux mutations économiques’.

Jean-Marc Daniel, économiste et essayiste,
professeur à l’ESCP Business School et directeur de la rédaction de la revue Sociétal. Il est reconnu pour son expertise dans les politiques économiques et les grands enjeux économiques nationaux et internationaux. Son approche directe permet de comprendre clairement les grandes tendances macroéconomiques, notamment en matière de croissance économique, fiscalité et compétitivité des entreprises.

Jean-Marc Daniel, économiste Copyright MMH

Pour Jean-Marc Daniel,
«Un des enjeux du monde dans lequel nous allons vivre est la nécessité d’accepter de préserver la concurrence. Le bilan de l’année 2024 ? La dissolution de l’Assemblée Nationale et la nomination de 4 premiers ministres. Si l’on regarde la planète, tout le monde a perdu les élections. Aux Etats-Unis ce sont les démocrates qui ont perdu ; En Allemagne le gouvernement a été contraint à démissionner parce qu’il avait perdu sa majorité. Au Japon, le parti libéral démocrate qui gagne toujours, a perdu. Le premier ministre japonais conçoit les mêmes difficultés à faire voter le budget que François Bayrou, 1er ministre français.»

«On pourrait penser
que les personnes qui ont gagné sont plutôt des conservateurs de droite, ce qui n’est pas exactement le cas, car un certain nombre de pays a voté pour les candidats d’opposition, et dont certains se réclamaient du Marxisme comme en Uruguay ou à Ceylan. A Ceylan, la personne qui a gagné les élections, a juste dit qu’elle renégocierait avec le FMI (Fonds monétaire international) les conditions du plan d’ajustement structurel que l’on veut lui imposer.»

«Ce qui s’est passé durant cette année 2024 ?
Les prix ont considérablement augmenté, et malgré le ralentissement de cette augmentation des prix, les populations ont vécu ce qui s’est passé comme l’incapacité des gens en place de contrôler l’inflation. Le niveau de dette publique a atteint la plupart des pays. Elle est si importante, que ces pays sont dans l’incapacité de répondre aux exigences minimales de la population. Les Etats-Unis, que l’on nous donne comme modèle -qui représentent 18 à 19% de l’économie mondiale- accusent une dette publique qui se monte à 40% de la dette publique mondiale.»

Les finances publiques mondiales sont totalement hors de contrôle.
«Dans ces conditions, l’environnement économique aura deux caractéristiques, dont ce que j’appelle le sado-fiscalisme d’atmosphère. Pour essayer de résoudre les problèmes les Etats sont entrés dans le sado-fiscalisme : une vision qui tente à augmenter les impôts. Ce qui se fera. Les baby-boomers sont désormais montrés du doigt pour payer et les entreprises coupables de créer de la richesse. Le véritable combat à mener sera donc d’éviter l’expression du sado-fiscalisme.»

«Le 2e enjeux sera de lutter contre les banques centrales
incapables de lutter contre l’inflation et qui ont profité de l’occasion pour augmenter leurs taux d’intérêt, disant que cela serait temporaire. Donc nous avons maintenant des taux d’intérêt élevés mais raisonnables.»

Reconstituer ses fonds propres
«La priorité que doivent se donner, maintenant, les chefs d’entreprise et les entreprises, est de reconstituer leurs fonds propres pour s’engager dans des mécanismes où ce ne sont pas les effets de levier par endettement qui permettraient l’investissement. Ce qui correspond à faire de l’épargne.»

Les français et l’épargne
«Les français sont supposés être très épargnants. A l’époque des 30 glorieuses (Ndlr : 1945-1973), où la France avait une forte croissance et le budget équilibré, le taux d’épargne qui était à 23,24%, est désormais passé entre 17 et 18%. Cette épargne était consacrée à financer le développement économique privé. Maintenant, le déficit budgétaire absorbe, par rapport aux revenus des ménages, pratiquement 7 à 8% de l’épargne. Ainsi l’investissement privé n’est plus que de 10%. Nous manquons donc d’épargne.»

«Le pays vit au-dessus de ses moyens
Et comme tout pays confronté à cette situation, pour combler le déficit extérieur, il va entamer son patrimoine, ce qui nous conduit à évoquer les pays détenteurs et les pays détenus. Notre dette publique se monte à 3 200 milliards d’euros et 1 560 milliards sont détenus par des étrangers. Il faut donc rétablir l’épargne ce qui induit d’augmenter les profits via les gains de productivité, l’innovation et la production. Il serait donc intéressant de se tourner dans des endroits où il y a de la jeunesse et de la croissance, c’est-à-dire en Afrique et en Inde.»

Philippe Moati, économiste

Philippe Moati économiste, professeur à l’Université Paris Cité
et co-fondateur de l’ObSoCo (Observatoire Société et Consommation). Spécialiste des mutations sociétales et de l’évolution des modèles de consommation, il se focalisera sur les transitions actuelles, telles que la digitalisation et la transition écologique, et sur l’impact de ces changements sur les entreprises. Avec un style pédagogique et prospectif, il analyse la manière dont les nouvelles attentes des consommateurs, plus exigeants, responsables et connectés, transforment les modèles économiques et les stratégies commerciales des entreprises

Pour Philippe Moati,
«Le dirigeant d’entreprise vit dans un environnement très stimulant, d’où émergent des chocs fréquents, imprévisibles et de grande amplitude : crise sanitaire, tensions inflationnistes, crise politique, élections présidentielles aux Etats-Unis qui perturbent la vie des entreprises. Il est demandé de réagir dans l’urgence, un peu à l’aveugle et en même temps de travailler sur le temps long. Les mutations s’accélèrent dans le système économique et social, y compris dans sa dimension géopolitique, ce qui implique pour les entreprises de regarder très loin, d’en discerner les changements profonds, voire d’entamer une remise en cause plus fondamentale.»

«Le monde a changé et nous ne sommes pas prêts,
Si le changement n’a pas été programmé, organisé, de nouvelles compétences travaillées, nous ne serons pas prêts lorsque le monde aura changé. C’est ce que j’observe sous l’angle de la consommation en B to C (Business to consumer). Et j’observe à quel point industriels, prestataires de service, commerçants, distributeurs conçoivent des difficultés à voir à quel point le monde change.»

«Ce que je peux dire sur le temps court
Ca n’est pas brillant. La consommation des ménages est aux environs de 0,8% et touche le secteur du commerce où les défaillances sont nombreuses, tout comme la fréquentation des centres commerciaux a du mal à repartir. Cependant les prévisionnistes prévoient 1,20% de retour à la consommation, taux que je trouve très optimiste. Alors que le pouvoir d’achat du consommateur a probablement augmenté de 1,4%, même si l’homme de la rue ne l’a pas ressenti. Donc 2024 a été une bonne année pour le pouvoir d’achat et pourtant, la consommation reste en berne.»

«L’inflation a été un choc violent pour les consommateurs
d’autant qu’elle est intervenue sur des budgets sensibles comme l’énergie, l’alimentation, -les prix alimentaires ont augmenté de plus de 20% alors que les revenus n’ont pas augmenté du même montant. Ça pèse plus sur les foyers modestes que les foyers plus aisés. Or, le patrimoine est à l’origine du pouvoir d’achat.»

«Voilà le paradoxe,
le pouvoir d’achat en croissance d’une population en haut de l’échelle sociale qui s’enrichit mais ne dépense pas et en bas de l’échelle sociale, la population qui s’appauvrit et qui consomme moins par nécessité, avec l’inquiétude qui est toujours là. Il y a un désir d’épargne mais pas de consommation. C’est bon pour la transition écologique mais pas pour le commerçant. Il n’y a pas, globalement, de désir de consommation, et c’est très lié à l’ambiance générale. Alors que je vois se profiler, à court terme, une politique d’austérité qui pèsera d’une manière ou d’une autre sur la croissance de la consommation et sur le revenu des ménages.»

Plus de 600 personnes étaient présentes lors de cette soirée, également de présentation des vœux de la CCI d’Arles Copyright MMH

Le temps long
«Je pense que nous allons nous installer dans un régime de croissance très très lent et qu’il va falloir apprendre à vivre avec. La numérisation dans la consommation a été un choc majeur. Cela a conduit à un nouveau circuit de distribution : le e-commerce qui représente 10% du marché actuellement dans le commerce de détail, ce qui n’est pas énorme. Cependant, les acteurs traditionnels de la consommation, ne l’ont pas vu venir et les places de choix sont aujourd’hui utilisées par des entrepreneurs tels que Shein, Tému, AliExpress alors que les français sont restés loin derrière.»

«Le coup d’après a été l’IA (Intelligence artificielle)
Amazon est en train d’investir des fortunes dans l’IA. Et certains parlent même d’un internet post-plateformes. L’on évoque des agents intelligents capables d’aller chercher ce dont nous aurions besoin, sans passer par ces agrégateurs de données. La révolution du commerce en ligne est fondamentale, et elle est devant nous. Elle sera de nature différente et interviendra dans tous les aspects de notre vie. Un exemple ? Amazon travaille déjà sur la santé aux Etats-Unis.»

«Une autre organisation du système de consommation
Des acteurs, d’une nature complétement différente, sont en train d’entrer dans l’économie et se donnent les moyens de tester quantité de solutions. Autrefois nous étions dans une logique industrielle, où l’on fabriquait des produits les plus efficaces possibles que l’on produisait en masse pour en baisser le prix, pour ensuite pousser les gens à en acheter. Ce modèle est fini.»

«Les marchés ralentissent
la concurrence se renforce, avec des consommateurs dont le niveau d’éducation a beaucoup progressé –via les outils numériques- et disposent aujourd’hui du pouvoir d’arbitrer, d’exiger, de mener la danse avec une facilité déconcertante. La représentation de la ménagère de moins de 50 ans n’existe plus. La structure sociale s’est complexifiée, les consommateurs sont devenus profondément hétérogènes. Nous passons d’une distribution de masse à un commerce de précision. C’est d’autant plus vrai que nous sommes sur des marchés aux besoins saturés. Il faut y ajouter de la valeur immatérielle, de l’imaginaire, rendre les choses désirables.»

«Ce que le consommateur recherche le plus ?
Les effets utiles qui permettent de résoudre un problème. C’est une révolution commerciale. Il va falloir apprendre à dématérialiser la valeur, les services. Il faut faire le deuil de la croissance par le volume. Je pense qu’il faut vendre des produits haut de gamme.»

«La 2e approche est de basculer sur une approche très servicielle.
Il y a autant de technologie dans la box qui vous donne accès à Internet, à la maison, que dans votre smart phone. La durée de changement de smart phone s’allonge parce que le consommateur a compris qu’il pouvait attendre jusqu’à 4 nouvelles versions avant de racheter un modèle, parce que la technologie du smart phone s’épuise, alors que votre box n’est changée que bien au-delà de 10 ans. Pourquoi ? Parce que dans le cas du smartphone c’est vous qui l’achetez, dans le cas de la box c’est l’opérateur qui en fait l’acquisition et que son intérêt n’est pas de la changer.»

En conclusion
«Nous allons aborder un changement radical de business. Nous pouvons imaginer une prospérité plus économique en ressources. Le changement est une question de survie. Continuons à regarder l’horizon et à préparer l’avenir. A interroger les compétences dont il faut se doter pour affronter l’avenir, engager des expérimentations, des aménagements et des mutations de business. Le gros boulot du dirigeant reste la prise de risque et la clairvoyance.»

Stéphane PAGLIA, Président de la CCI Pays d’Arles et Solène Chavanne, jorunaliste et animatrice lors de la Soirée des EntreprisesLundi 27 janvier 2025 au Palais des Congrès d’Arles. Copyright MMH

Stéphane Paglia, président de la Chambre de Commerce et d’Industrie des Pays Arles
«Cette nouvelle économie et ce nouveau contexte nous poussent vers une nouvelle façon de penser et de travailler, en mettant en avant la solidarité et la coopération. C’est ainsi qu’avec les présidents des chambres de commerce : Frédéric Cavallino des Hautes-Alpes (05) et Daniel Margot des Alpes-de-Haute-Provence (04) nous nous sommes demandé, parce que nos territoires se ressemblent, comment nous pouvions travailler ensemble. Nous avions les mêmes besoins, mais pas les fonds propres et des leviers trop compliqués pour acheter. Nous avons donc créé une foncière. Cela a pris deux ans parce que c’était la 1re foncière en France, de ce type. C’est ce qui va permettre de porter de nouvelles solutions pour nos territoires alors que d’autres CCI, dont certaines sont présentes ce soir, vont nous rejoindre.»  


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C’est au Domaine La Roque, à Althen-des-Paluds, que la cérémonie des vœux a été organisée ce dernier jeudi de janvier. « Une soirée pour soutenir les entrepreneurs vers la réussite », martèle la directrice, Brigitte Borel, accompagnée du président Emmanuel Sertain. « En 2024, 448,5k€ ont été accordés aux 15 lauréats sous forme de prêts d’honneur, au lieu de 300k€ en 2023, précise-t-elle, 102 emplois ont ainsi été créés, sauvegardés en attendant d’être définitivement pérennisés. »

Et d’énumérer, powerpoint à l’appui, la liste des gagnants. À Avignon, Chope et Compagnie, créée par Cédric Filippi, « Un bar à bières, vins, cocktails et softs, un magasin-cave et épicerie avec snacking et musique live. » Watio de Mickaël Casals et Thomas Dejardin, une solution qui digitalise le constat amiable de dégât des eaux. Delta Packaging du duo Vincent DucourtialSébastien Ripert, « qui assure la distribution de matériaux d’emballage. » Toujours dans la Cité des Papes, Camille Ribelles & Mickaël Veyron, créateurs de Sÿba, des glaces végétales haut de gamme. 

Primés également, Charlotte & Romain Losilla au Thor pour la reprise de l’entreprise de peinture Garcia, Maxime Favier à Arles pour MFP Sport, un centre de remise en forme en lien avec l’entraînement, la santé et le bien-être. À Laudun, Benjamin Marin, qui a lancé MSI Automation, un concept de projet clé en main de procédés d’électricité-contrôle pour machines, et enfin à Sorgues, Elodie Forat et Marc-Antoine Coullomb pour Reatech, une entreprise de chaudronnerie industrielle.

« Notre ADN, répètera Brigitte Borel, reste la gratuité, la bienveillance, la solidarité, la transmission intergénérationnelle avec la confiance, et surtout, l’humain au cœur de tout. »

Le président Sertain a évoqué les objectifs 2025 : renforcer l’accompagnement et l’ancrage territorial. La Fête de l’Entrepreneur est programmée le 17 septembre dans un lieu à préciser.

©Réseau Entreprendre Rhône-Durance

Contact : www.reseau-entreprendre.org/rhone-durance / 04 90 86 45 59 


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Avignon Université organise la 5ᵉ édition de l’événement ’24h pour entreprendre’ ces mercredi 5 et jeudi 6 février. L’objectif est de sensibiliser les étudiants à l’esprit d’entreprendre.

En 2024, ils ont été 115 à participer aux ’24h pour entreprendre’. Cet événement permet aux étudiants de rencontrer des professionnels, d’élargir leur réseau et d’acquérir de nouvelles compétences, le tout de manière ludique, afin d’en apprendre plus sur l’aventure entrepreneuriale et susciter des potentielles envies d’entreprendre. Cette 5ᵉ édition sera parrainée par Thomas Fattore, co-fondateur de Lium, jeune startup vauclusienne qui aide les équipes de sécurité et sûreté des sites sensibles à mieux protéger leurs infrastructures et gérer des situations d’urgence.

Les étudiants inscrits à Avignon Université ou dans un des établissements partenaires de l’université peuvent participer à ce défi. Ils seront répartis dans des équipes pluridisciplinaires et mixtes de 3 ou 4 personnes. Ensemble, ils travailleront pendant 24h, jour et nuit, sur un projet de création d’entreprise fictif ou réel pour le présenter devant un jury composé de professionnels et d’enseignants à l’issue du challenge.Les étudiants seront accompagnés par des professionnels et enseignants. De nombreux lots seront à gagner, dont un accompagnement au projet par des structures d’accompagnement de la Région Sud.

Le parrain de cette nouvelle édition fera un discours d’ouverture ce mercredi 5 février à 9h30 et le défi sera lancé à 12h. Chaque équipe présentera son projet le lendemain à partir de 13h30. La remise des prix, quant à elle, aura lieu à 17h30.


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Dans un entretien exclusif accordé à l’association ResoHebdoEco, qui regroupe 26 titres de presse économique régionaux dont l’Echo du mardi, Patrick Martin, le président du Medef se dit préoccupé par le fossé grandissant entre le débat politique et les réalités économiques dans notre pays. Un constat sans concession à l’heure où le gouvernement tente de donner un budget à la France mais surtout davantage de stabilité.

Vous avez, dites-vous, une double lecture de l’année qui vient de s’écouler. Qu’elle est telle ?
« Une première plutôt positive. L’objectif de croissance défini par le gouvernement (1%) est atteint et nous situe plutôt en tête du peloton européen. Dans le même temps, le marché de l’emploi a tenu si nous résonnons sur l’année. Mais nous avons aussi vu, au fil des mois, plusieurs indicateurs se dégrader. Nous avons un énorme ‘warning’ sur l’investissement des entreprises (-3,5%). Rien que pour tenir la cadence de neutralité carbone à l’horizon 2050, il devrait s’élever à 40 milliards d’euros de plus chaque année. Pour cela, l’investissement global devrait progresser de plus de 10% or ce n’est pas le cas. Et l’origine n’est pas le financement -les banques françaises ont augmenté leur crédit aux entreprises en valeur absolue- mais le manque de confiance dans l’avenir. La dissolution a été un coup de tonnerre pour tout le monde, les dirigeants en particulier. Nous aimons le risque, mais pas l’incertitude. Il est très clair que, compte-tenu de la confusion qui règne dans le paysage politique, beaucoup d’entre nous ont suspendu investissements et recrutement, ce qui pèse sur la croissance. Dès le mois d’août, j’ai alerté sur la situation en annonçant une récession au quatrième trimestre et une détérioration de l’emploi. Il faut urgemment que les politiques prennent conscience de la situation économique qui devient de plus en plus inquiétante ».  

« Nous aimons le risque, mais pas l’incertitude. »

Et génère la dégradation conjoncturelle actuelle ?
« Il y a une dégradation conjoncturelle générale qui s’est confirmée au fil des mois, particulièrement pour les filières construction, automobile, industrie, et leurs métiers périphériques. Sous l’effet direct de décisions politiques inappropriées, tant au niveau de la France que de l’Europe (excès de règlementation, suppression ou non des moteurs thermiques…), nous avons ‘sagouiné’ ces secteurs. Seuls 250 000 logements ont été mis en chantier comme… en 1953 où l’on comptait 25 millions d’habitants en moins. De façon moindre, le bloc énorme de la consommation courante a souffert. L’effet facial lié à l’inflation a masqué la baisse des volumes car les chiffres d’affaires progressaient. Et maintenant que nous n’avons plus le cache-misère de l’inflation, nous voyons que la consommation courante, y compris alimentaire, n’a pas redémarré. Par ailleurs, des secteurs comme le digital ou l’ingénierie qui enregistraient une bonne progression en 2024, affichent désormais un ralentissement assez marqué.

Le président du Medef en visite chez le C reuset. Crédit : Medef

« Compte-tenu de la confusion qui règne dans le paysage politique, beaucoup d’entre nous ont suspendu investissements et recrutement. »

Quant à l’augmentation des défaillances (plus de 67 000 en 2024 soit un niveau supérieur à 2009 et à 2010-2012) ce qui est plus préoccupant, c’est de voir apparaitre l’industrie (sous-traitance automobile notamment) et le bâtiment (25% des dossiers) parmi les filières concernées et surtout une taille d’entreprise plus importante (les effectifs touchés ont progressé de 25%).
Nous étions sur une bonne dynamique depuis cinq ans : la France était le pays le plus attractif d’Europe en matière d’investissements directs étrangers, d’implantations ou d’extensions d’usines et le pays a été en mesure de créer 2,5 millions d’emplois malgré la covid et le choc énergétique lié à la guerre en Ukraine. Les entreprises françaises étaient parvenues à réduire significativement le taux de chômage. Elles s’étaient également rapprochées de la moyenne européenne en matière de fiscalité. Clairement cette dynamique s’est interrompue. »

Mais là n’est pas votre seul motif d’inquiétude…
« Nous sommes effectivement très inquiets sur l’état des finances publiques et les 1 000 milliards d’accroissement de la dette sur les quatre dernières années dont 50 % s’expliquent par le déficit des retraites. La stabilité gouvernementale et sociale a un prix, mais il ne faut pas qu’il soit excessif or ce qui se dessine dans le cadre des projets de loi de finances est plus que préoccupant. Les entreprises vont supporter l’essentiel de l’effort. Soyons clairs : ce n’est pas l’effort en lui-même qui nous pose problème, mais sa charge (13 milliards d’euros de plus, via la surtaxe de l’impôt sur les sociétés pour les grandes entreprises, le taux sur les bénéfices qui va monter à 35 %…). Nous sommes préoccupés par le fossé grandissant entre le débat politique et les réalités économiques.
Nous avons par ailleurs déjà augmenté la contribution des entreprises de 0,15 à 0,25% de la masse salariale cette année pour faire face aux engagements de l’AGS (NDRL régime des garanties de salaires, qui prend en charge la rémunération des salariés dans les entreprises en procédures collectives). C’est le régime le plus favorable d’Europe. Nous assumons nos responsabilités. »

Patrick Martin en bref
-Président du Medef depuis juillet 2023
-Préside, depuis 1994, aux destinées du groupe familial Martin-Belaysoud, créé en 1829 et spécialisé dans la distribution de produits et services pour l’industrie et le bâtiment (3 200 salariés, 1,2 Md€ de chiffre d’affaires. Bourg-en-Bresse. Ain).

Quid de la réouverture du dossier retraites ?
« Elle nous inquiète. Nous ne sommes pas indifférents au mauvais accueil réservé à la précédente réforme, mais cela n’enlève rien au fait qu’elle était déjà insuffisante pour équilibrer nos régimes de retraite. La remettre à plat, c’est recréer de la perturbation, s’exposer au risque ultime qu’elle soit vidée de sa substance et partir en terra incognita. Nos régimes sociaux sont à bout de souffle et ne se financent plus. Donc soit démocratiquement nous convenons que nous allons dégrader les prestations sociales, soit nous nous donnons les moyens de les maintenir dans la durée, ce qui impose de rééquilibrer financièrement ces régimes.

« Remettre à plat la réforme des retraites, c’est recréer de la perturbation, s’exposer au risque ultime qu’elle soit vidée de sa substance et partir en terra incognita. »

Nous sommes sous surveillance de l’Europe et des marchés financiers. La dette publique française est détenue à 54 % par des investisseurs étrangers qui peuvent partir du jour au lendemain. Les mépriser, c’est jouer avec le feu. La retraite, c’est un déterminant. Le risque d’un ‘collaps’ (effondrement) financier n’est pas nul. Nous allons probablement nous prêter au conclave, mais nous serons très alarmistes sur l’impératif d’équilibrer durablement ces régimes qui ont un impact sur le taux d’emploi et la croissance dans le pays. Il faut tout faire pour éviter un scénario à la grecque avec des baisses de 30% pour les retraites ou de 20% pour les salaires. Or les choix politiques courageux sont quasiment impossibles à prendre dans le contexte politique actuel. C’est notre grande inquiétude. »

Patrick Martin (2e en partant de la gauche) en visite dans l’entreprise Givaudan en novembre dernier. Crédit : Medef

Niveau international, il semblerait que nous rentrions aussi dans une grande période d’incertitude ?
« À travers le budget présenté en France, nous allons complètement à contresens de ce que font quasiment tous les autres pays alors que l’Europe est en train de décrocher par rapport aux États-Unis et même la Chine. Plutôt que de prendre des mesures d’économie structurelle de dépenses publiques, le gouvernement va altérer les performances des entreprises et l’attractivité de la France. Nous ne sommes pas dans un monde fini et stable, mais compétitif. Les entreprises étrangères emploient 2,5 millions de salariés dans l’Hexagone et, globalement, 20% des salariés français travaillent directement ou indirectement pour l’exportation. Cela aurait donc des effets très lourds si le commerce international se dégradait, notamment via l’établissement de barrières douanières. Mais ce qui se passe aujourd’hui aux États-Unis n’est que l’amplification de ce qui se passait déjà sous le mandat de Joe Biden et lors du premier mandat de Donald Trump. »

« Nous demeurons favorables aux traités commerciaux et au libre-échange, mais équitable. Se priver, par principe, des opportunités qu’ils présentent, c’est se priver de croissance et d’emploi. »

Avec un effet d’aspiration de l’économie américaine ?
« Fin 2023, il y avait 110 milliards d’euros d’épargne française investis simplement en bons du trésor américain. Aujourd’hui, ce sont 330 milliards d’euros. Et là, il s’agit de l’épargne des Français ! Les dirigeants aussi investissement prioritairement outre Atlantique car la rentabilité est meilleure, l’énergie deux à trois fois moins cher, la fiscalité plus attractive et le marché en pleine croissance. Mais nous n’allons pas nous regarder ‘crever’. Pour nous remuscler, nous voulons que ces données factuelles de compétition économique internationale soient prises en compte par nos décideurs publics. »

Comment ?
« Je suis raisonnablement optimiste s’agissant de l’Europe car, paradoxalement, l’élection de Donald Trump peut nous aider. Désormais, nous n’avons pas d’autre choix que de prendre des décisions. Il faut aller dans le sens de la simplification, parce que l’Europe est une machine à produire des normes. Nous attendons beaucoup de la loi dite ‘omnibus’ qui vise à réduire les charges administratives et réglementaires pesant sur les entreprises européennes. Il y a une diplomatie économique très active de la part des patronats européens auprès de la Commission et du Parlement. Et cela donne des résultats car nous sommes totalement alignés sur la stratégie de compétitivité que se doit d’avoir l’UE. Nous rêvons que les mêmes causes produisent les mêmes effets en France. Il faut notamment tirer parti de l’épargne massive pour qu’elle serve avant tout à investir dans nos entreprises, encore faut-il que nous soyons compétitifs et rentables. »

« L’élection de Donald Trump peut paradoxalement nous aider. Désormais, nous n’avons pas d’autre choix que de prendre des décisions. »

L’accord sur le Mercosur a pourtant tendu la perception que nous avions sur l’intérêt d’un libre-échange ‘déréglementé’ ?
« Nous demeurons favorables aux traités commerciaux et au libre-échange, mais équitable. Pour le Mercosur, il faut probablement revisiter un certain nombre de clauses miroirs pour vérifier qu’il n’y aura pas de concurrence déloyale et que nos standards environnementaux seront respectés. Mais se priver, par principe, des opportunités qu’il présente, c’est se priver de croissance et d’emploi. Si l’Amérique du Nord se ferme pour partie, si la Chine aussi et que nous nous interdisons d’aller commercer avec des zones dynamiques comme l’Amérique latine, où allons-nous trouver notre business ? La France a un déficit commercial chronique et il faut y remédier. Oui, il faut des accords de libre-échange équilibrés. C’est valable pour le Mercosur, comme pour le CETA avec le Canada qui est ultra favorable à l’économie française. Ces sujets sont devenus complètement passionnels et instrumentalisés politiquement. Au final, nous finissons par perdre de vue l’intérêt collectif. »

Patrick Martin

Qu’espérez-vous pour les entreprises françaises en 2025 ?
« Prioritairement : la simplification d’autant que c’est politiquement assez indolore. Il a été chiffré par l’OCDE que la sur-règlementation en France, c’est-à-dire des normes qui ne servent à rien à part créer des contraintes supplémentaires, coûte 2% du PIB soit 60 milliards d’euros ! L’énergie est aussi un autre sujet essentiel avec, au premier chef, le prix de l’électricité. Il y a des avancées, notamment dans les négociations avec EDF, et nous sommes relativement confiants. Mais un industriel ne décide pas de ses investissements du jour au lendemain. Il faut donc clarifier ce sujet, en veillant à aller dans le sens d’une meilleure compétitivité.
Enfin, il faut remettre à plat tout le financement de la protection sociale et renvoyer à la fiscalité une partie de ces charges sociales qui pèse trop sur les entreprises et sur les salariés. Il faut redonner de l’oxygène aux dirigeants pour investir et redonner des marges de manœuvre pour revaloriser les salaires nets. Il faut trouver une solution alors que la situation politique ne réunit pas les conditions de décision aussi structurelles qu’indispensables. »

Réalisé par Hélène Vermare (Groupe Ecomedia) et Laurent Garcia (Echo du Mardi)

Le Medef en chiffres
Descendant de la Confédération générale de la production française (CGPF) fondée en 1919, le Medef (Mouvement des entreprises de France) regroupe plus de 200 000 entreprises, soit 70% du patronat français.
« Le Medef est parfois perçu comme le représentant des seules grandes entreprises du CAC 40, mais il l’est bien de toutes. Pour preuve, l’effectif moyen de nos adhérents s’élève à 47 salariés », explique Patrick Martin qui constate actuellement une montée en puissance du militantisme patronal. « En cinq ans, une vingtaine de fédérations de branches ont rejoint le Medef et nous disposons de 119 Medef départementaux et régionaux y compris en Outre-Mer. Nous sommes ainsi en prise directe avec les entreprises de nos territoires et disposons d’une vision de la situation économique et sociale en temps réel. »

Roland Paul, nouveau président du Medef de Vaucluse (au centre) avec Patrick Martin (à droite) et Jean-Louis Maurizi, président du Medef Sud (à gauche) complète les propos de son président national en évoquant la situation dans le département. L’occasion également pour lui de dresser les grandes lignes de son action dans les mois à venir.

Alors que le Medef s’inquiète d’une dégradation de la compétitivité des entreprises françaises, qu’elle est la situation en Vaucluse ?
« La situation en Vaucluse se tend. En 2024, il y a eu 712 ouvertures de procédures collectives dont 365 concernent directement des liquidations judiciaires. Ces procédures concernent 1205 salariés. Les secteurs les plus touchés sont la construction, le commerce et la restauration. La situation politique nationale ne créé pas un contexte favorable pour nos entreprises qui gèlent les investissements et les éventuelles embauches. »

Vous êtes désormais à la tête du Medef 84 depuis quelques mois, quels sont les grands dossiers locaux que vous souhaitez impulser cette année ?
« Nous souhaitons mettre le Vaucluse au centre de nos actions, travailler sur ce qui peut favoriser le développement économique et faire s’installer des entreprises. Pour cela, nous devons plus que jamais connaitre les disponibilités foncières du département, les recenser et pouvoir aiguiller ces entreprises. Il est nécessaire de renforcer le dialogue avec les élus locaux, notamment dans un contexte de foncier rendu toujours plus rare, notamment du fait de la loi ZAN. Nous devons également travailler de concert avec le conseil départemental sur le volet insertion afin que les bénéficiaires du RSA retrouvent une activité. »

Au-delà de 2025, quel est le cap que voulez donner au patronat vauclusien pour ces prochaines années ?
« Le patronat vauclusien a souffert de divisions durant des années et la nouvelle génération d’entrepreneurs ne s’est pas toujours identifiée dans les organisations patronales. Il est aujourd’hui nécessaire de les convaincre de s’engager ; pour cela il faut des institutions fortes, des sujets innovants. C’est dans cette optique que nous allons créer le COMEX 40, destiné aux  dirigeants de moins de 45 ans. Il s’agit de constituer un laboratoire d’idées au service de toute la communauté des entrepreneurs, faire émerger une nouvelle génération de dirigeants engagés au service de l’action collective.
Enfin, il faut casser les barrières entre le secteur de public et celui du privé, les entreprises et les élus locaux doivent se parler et travailler ensemble afin d’avoir plus de poids. Il est nécessaire que les entreprises soient mieux associées aux décisions politiques. Le Medef Vaucluse est une organisation interprofessionnelle qui doit jouer ce rôle de médiateur auprès des pouvoirs publics. C’est en jouant collectif que le Vaucluse pourra peser plus dans notre région. »

https://www.echodumardi.com/page/286/   1/1