Qui pour succéder à Joël Guin, le président sortant ? Si le résultat d’Avignon sera déterminant afin de désigner le futur ‘patron’ de l’agglomération de la cité des papes, on y voit plus clair depuis le 1er tour de ces municipales 2026. En effet, on connaît déjà le nombre de représentants pour 14 des 16 communes membres de l’intercommunalité.
Président de la Communauté d’agglomération du Grand Avignon , Joël Guin, maire de Vedène, avait déjà annoncé depuis quelques mois qu’il ne briguerait pas un nouveau mandant à la tête de l’intercommunalité. Réélu dimanche dernier dès le 1er tour avec 52,36% des suffrages exprimés, il se consacrera donc principalement à sa commune comme il l’avait promis. Sa succession est donc ouverte.
14 communes sur 16
S’il est encore trop tôt pour connaître l’identité du futur président ou présidente de cette agglomération de près de 200 000 habitants, les résultats du premier tour des élections municipales de mars 2026 permettent déjà toutefois de dresser les profils potentiels du futur patron de l’agglo. En effet, on connaît déjà la répartition des conseillers communautaires dans 14 des 16 communes membres constituant le territoire du Grand Avignon. Seules manquent à l’appel les villes d’Avignon et Saint-Saturnin-lès-Avignon qui revoteront dimanche prochain pour élire leur maire, mais surtout leurs représentants au sein du Grand Avignon.
37 conseillers communautaires déjà élus
A ce jour donc, 37 conseillers, sur les 73 que comptent le futur conseil communautaire du Grand Avignon, ont déjà été désignés. Cela représente plus de la majorité des élus de l’agglomération : 6 pour Le Pontet, 4 pour Villeneuve-lès-Avignon et Vedène, 3 pour Entraigues-sur-la-Sorgue, Les Angles, Morières-lès-Avignon et Rochefort-du-Gard, 2 pour Caumont-sur-Durance, Pujaut, Roquemaure et Velleron ainsi que 1 pour Jonquerettes, Sauveterre et Saze.
Par ailleurs, dans les communes où plusieurs listes se sont présentées, le quota des conseillers communautaires intègre les élus d’opposition ayant réalisé les meilleures scores. C’est le cas au Pontet où la majorité RN du maire sortant Joris Hébrard recueille 5 des 6 sièges, le dernier siège étant attribué à la liste de Jean-Firmin Bardisa (DIV).
Même cas de figure à Morières-lès-Avignon (2 sièges pour la liste RN de Grégoire Souque et 1 pour son opposante la DVG Annick Dubois) et Vedène avec 3 sièges pour la majorité de Joël Guin (DVD) et 1 pour la liste RN. Pour les autres villes, la liste arrivée en tête rafle la totalité des sièges attribués à la commune.
Quels clefs de répartition pour l’agglomération ?
A l’instant ‘T’ (voir tableau ci-dessous), si l’on se réfère à la couleur politique des élus de l’agglomération, l’assemblée communautaire est constituée de 13 représentants divers droite (DVD), 8 RN (Rassemblement national), 6 divers gauche (DVG), 5 divers (DIV) ainsi que 5 sans étiquette (SE).
Si l’on prend en compte les frontières administratives, le Grand Avignon dispose déjà de 17 élus provenant de communes vauclusiennes et 15 issus des villes gardoises. Pour ces dernières, ce nombre n’augmentera plus puisque les deux seules communes ‘manquantes’ sont vauclusiennes.
A Saint-Saturnin-lès-Avignon, le retrait de Josiane Coste (DIV) et son ralliement à la liste de Sylvain Penalva (DIV) arrivée en tête au 1er tour avec 40,63% des voix, décante cette triangulaire. Quoi qu’il arrive de toute façon dans ce duel avec Chantal Bonnefoux (45,60% des suffrages dimanche dernier), la commune de plus de 5 200 habitants ne disposera que 2 sièges à l’agglomération. Cela pourrait toutefois être déterminant si le scrutin pour la présidence du Grand Avignon s’avérait particulièrement serré.
Sans faire injure à ‘Saint-Sat’ cependant, c’est plutôt du côté d’Avignon que se jouera le sort de cette élection intercommunale que l’on qualifie souvent de ‘3e tour des municipales’. Et ce d’autant plus que les 3 candidats encore en lice dans la cité des papes avaient confirmé lors du débat de 1er tour de nos confrères de La Provence, qu’ils ambitionnaient tous de briguer la présidence de l’agglomération.
Combien d’élus communautaires pour les oppositions ?
Dans la cité des papes plusieurs scénarii sont envisageables concernant la répartition des futurs conseillers communautaires. En effet, celui qui remportera la triangulaire de dimanche prochain se verra automatiquement attribuer 17 des 34 sièges de la ville au sein du Grand Avignon.
Ensuite, selon l’article L262 du code des collectivités territoriales, « les autres sièges sont répartis entre toutes les listes à la représentation proportionnelle suivant la règle de la plus forte moyenne ».
Par exemple, si l’on prend pour base les résultats du sondage Ifop pour La Provence en partenariat avec Ici Vaucluse et L’Echo du mardi que nous avions publié dans nos colonnes le 20 février dernier pour calculer cette répartition, avec 39% la liste Fournier-Louvain obtiendrait 7 sièges supplémentaires, celle d’Olivier Galzi (créditée de 35%) aurait 5 ou 6 sièges et celle de la RN Anne-Sophie-Rigault 4 ou 5 sièges.
La cité des papes isolée ou faiseur de roi ?
Dans tous les cas, la future majorité municipale pourrait tabler sur 24 sièges au sein du Grand Avignon alors que ses opposants compteraient 5 élus environ chacun. Une répartition qui pourrait légèrement fluctuer dans un sens ou dans l’autre si les résultats sont plus ou moins serrés.
Premier cas de figure : si Anne-Sophie-Rigault est élu, le RN pourrait potentiellement mobiliser ses 24 élus avignonnais ainsi que les 8 conseillers Rassemblement national déjà élus. Avec 32 élus, cela ne serait pas suffisant pour prendre la présidence mais le parti de Marine Le Pen constituerait tout de même la première force politique de l’agglomération.
Deuxième cas de figure : le duo du Socialiste David Fournier et de la LFI Mathilde Louvain l’emporte. Même si le contingent des 24 conseillers communautaires avignonnais représentera un tiers de l’assemblée intercommunale, la majorité de gauche devrait avoir du mal à rallier la totalité des 6 élus divers gauche ainsi qu’une frange de la dizaine de maires et d’élus sans étiquette ou divers.
Comme en 2020, où le ‘tout sauf Cécile Helle’ l’avait emporté, prouvant que cette élection se joue davantage dans l’opposition ‘ville centre vs ruralité’ que sur les étiquettes politiques, le rejet de la conflictualisation permanente voulue par LFI devrait renforcer encore se fossé avec les communes périphériques.
Troisième cas de figure : victoire du divers droite Olivier Galzi. Avec 24 élus au Grand Avignon, c’est certainement lui qui disposerait du plus grand potentiel concernant un éventuel soutien avec les 13 élus DVD déjà désigné. Ni extrême droite, ni extrême gauche, il pourrait également séduire d’autres élus sans étiquette ou divers. Dans tous les cas, c’est assurément lui qui a le plus de chance de remettre Avignon au centre l’agglomération.
Pas sûr que cela soit néanmoins suffisant. En effet, comme nous l’écrivions plus haut cette élection intercommunale échappe bien souvent au logique politique. Pour preuve, c’est d’un DVD qu’est venu l’une des attaques les plus virulentes contre l’ancien journaliste-candidat. Comme le relate Jean-François Garcin dans les colonnes de Vaucluse Matin, Joël Guin venu soutenir David Fournier la semaine dernière lors du meeting du candidat socialiste, aurait fait part de sa volonté de s’opposer à Olivier Galzi s’il devenait maire d’Avignon. Suffisamment pour revenir sur sa parole et tenter reprendre les rênes de l’agglomération ? L’idée ne semble pas exclue confirme également notre confrère Florent de Corbier du quotidien La Marseillaise dans son édition du 12 mars.
Les outsiders
Parmi 14 maires déjà élus, personne ne s’est encore ouvertement positionné : c’est ‘wait and see’ en attendant la fumée blanche qui s’élèvera de l’hôtel de ville d’Avignon dès dimanche soir prochain pour savoir qu’elles sont les chances que la cité des papes reprenne le Grand Avignon.
Ce n’est qu’à ce moment-là que saurons si Joël Guin repartira pour un tour. Le tour de trop ? Peut-être qu’après Jean-Marc Roubaud, c’est du côté du Gard qu’il faudra se tourner à nouveau pour désigner le nouveau patron de l’agglo, ou plutôt une patronne ? Pascale Bories, maire de Villeneuve-lès-Avignon et présidente du Scot du bassin de vie, est évoquée mais là-encore, pas sûr qu’elle fasse le plein de voix y compris côté gardois.
A moins que ce ne soit un maire consensuel, tout aussi efficace que discret, qui sans faire campagne s’impose pour prendre les rênes de ce territoire où se joue notamment notre avenir en termes de mobilité (avec Tecelys dont la gestion est actuellement passée au crible par la chambre régionale des comptes), de développement économique et d’emploi, de gestion et de ramassage des déchets, d’environnement ou bien encore de politique de la ville et de logement.
Pour beaucoup, un tel profil existerait dans le Grand Avignon. Philippe Armengol, le très apprécié maire de Velleron ?
