Contrastant singulièrement avec nombre d’hôpitaux français, le centre hospitalier de Cavaillon – Lauris affiche un bilan de santé positif. Depuis la perte de sa certification auprès la Haute Autorité de Santé en 2022, l’établissement cavaillonnais a effectué une « remontada » assez spectaculaire. L’équilibre financier a été retrouvé depuis 2023, le nombre de prises en charge de patients a progressé de 74 %, l’équipe s’est enrichie d’une centaine de professionnels, dont 25 médecins et un plan d’investissements de 40 M€ devrait permettre à l’établissement de se développer et de poursuivre l’élargissement de son offre de soins.
« On est parti de très loin… » c’est avec ces mots que Gérard Daudet, Président du Conseil de Surveillance de l’hôpital de Cavaillon – Lauris, a entamé le point presse organisé le 9 juin dernier dans les locaux de l’établissement. Autour de Pierre Pinzelli, directeur général des Centres Hospitaliers d’Avignon – Carpentras – Cavaillon Lauris, et Denis Polito, directeur de l’hôpital de Cavaillon, une importante partie de l’équipe médicale dirigeante était réunie pour faire un point sur l’état de santé de l’établissement cavaillonnais. Le satisfecit est général et « les occasions de donner des bonnes nouvelles sont trop rares pour ne pas être soulignées » a précisé Pierre Pinzelli.
« Notre croissance ne connaît pas de crise »
Côté chiffres, la direction s’est félicitée de la progression du nombre de prises en charge de patients. Il est passé de 50 000, en 2023 à 87 000 en 2026, soit une progression de 74%. Le nombre de personnes hospitalisées est passé sur la même période de 10 500 à 14 600. Du côté des urgences, le nombre de personnes accueillies a enregistré lui aussi une progression, de 23 800 en 2023 à 32 000 en 2025. Quant au nombre de patients opérés, il était de 1 500 en 2023, contre 4 500 en 2025. Enfin, le nombre de personnes ayant bénéficié d’une consultation était de 40 000 contre 31 000 en 2023.
« L’hôpital de Cavaillon est un établissement qui va bien »
Pierre Pinzelli, directeur des Centres Hospitaliers d’Avignon, de Carpentras et de Cavaillon – Lauris
Au-delà de cet aspect quantitatif Pierre Pinzelli a également insisté sur l’évolution qualitative des soins s’appuyant en cela sur les indices de satisfaction des patients. « Notre croissance ne connaît pas de crise » a-t-il précisé. En effet, la progression de l’activité de l’établissement s’est accompagnée de l’arrivée d’une centaines de nouveaux collaborateurs dont 25 médecins. Un plan d’investissement de 40 M€ étalé jusqu’en en 2029 devrait permettre, entre autres, la réfection du service des urgences et des chambres d’hospitalisation. Il est également prévu un doublement des salles d’opérations, ou encore la modernisation de la pharmacie. Celle-ci sera la première dans le département de Vaucluse à se doter, fin 2027, d’un robot de préparation des piluliers. Une petite révolution dans l’organisation de ce service trop méconnu des hôpitaux. L’établissement s’équipera également d’un deuxième IRM et procèdera au remplacement du premier.
Une offre de soins qui s’est élargie
Depuis deux ans l’offre de soin du centre hospitalier de Cavaillon s’est élargie de manière significative. Un service à orientation pneumologique de 12 lits adossé à celui d’Avignon a été ouvert. Après la fermeture de la clinique Synergia de Cavaillon en juillet 2025, l’hôpital a développé son propre centre de traitement de l’obésité. 500 patients y sont traités chaque année. Le service de chirurgie a vu sa capacité passée de 10 à 25 lits et son offre ambulatoire de 8 à 16 boxes. Le périmètre des consultations de médecines spécialisées s’est aussi élargi couvrant un très large spectre de disciplines. Certaines d’entre elles sont spécifiques à Cavaillon comme la chirurgie plastique (reconstructive et esthétique) qui intervient notamment après les traitements des cancers du sein ou de la peau. A noter qu’en chirurgie plastique et pour les actes remboursables aucun dépassement d’honoraire n’est pratiqué, comme c’est aussi le cas pour le traitement de l’obésité.
L’hôpital de Cavaillon lance un programme dédié à la chirurgie gynécologique coelioscopique
En ce mois de juin 2026, l’hôpital de Cavaillon lance un programme dédié à la chirurgie gynécologique coelioscopique (mini-invasive) avec l’ambition d’offrir des interventions moins invasives, plus sûres et plus rapides. Avec la mise en œuvre de ce programme, qui devrait aussi permettre de limiter les « migrations » thérapeutiques, l’hôpital de Cavaillon escompte rendre accessible ces techniques à un plus grand nombre de femmes.
A noter enfin qu’avec l’ouverture du nouvel EHPAD de Cavaillon, prévu pour cet été 2026, un centre de dépistage pour les personnes fragiles y sera installé en son sein. Rappelons que ce nouvel établissement accueillera 107 résidents, qu’il est situé à quelques pas de l’hôpital qui en a la gestion.
Le collaborations inter établissements se développent
Les développements et le redressement du centre hospitalier de Cavaillon Lauris ont été conduits avec la volonté de construire une offre de soins de dimension territoriale associant plusieurs établissements. Ardent défenseur d’une architecture hospitalière de ce type, Pierre Pinzelli s’est félicité que l’hôpital de Carpentras ait pu rejoindre celui d’Avignon et de Cavaillon Lauris. C’est ainsi qu’est née la fédération médicale inter-hospitalière (FMIH). C’est dans ce cadre que 15 des médecins urgentistes de Cavaillon peuvent intervenir, et sur la base du volontariat, auprès du services des urgences de Carpentras. De la même manière si l’hôpital d’Apt a délocalisé depuis janvier dernier ses interventions chirurgicales sur Cavaillon, les consultations pré et post opératoires ont pu être maintenues sur Apt.
Ces collaborations inter établissements permettent aussi de regroupements d’activités. Ainsi, aujourd’hui, certaines analyses du laboratoire de Cavaillon sont effectuées à Avignon. Plus récemment, l’hôpital de Cavaillon qui vient d’internaliser la préparation des traitements de chimiothérapie contre le cancer, le fait également pour l’hôpital d’Apt. Ces collaborations permettent d’améliorer et d’harmoniser la qualité des soins apportés sur tout le territoire et pour le plus grand nombre argumente Pierre Pinzelli.
