L’extension des listes paritaires aux élections municipales pour les communes de moins de 1 000 habitants n’a pas totalement donné les effets escomptés. Si au niveau national, le nombre de femmes élues conseillères municipales est mécaniquement passé de 37,6 % en 2020 à 47,7 % en 2026, le nombre de femmes élues maires quant à lui n’est qu’en très légère progression (+1,5 %). En Provence, dans les Alpes-de-Haute-Provence, les Bouches-du-Rhône et le Vaucluse le nombre de femmes élues maires de leur commune est même en recul. Il est passé de 103 mairesses à 89 sur un total de 468 communes.
L’obligation ne fait pas tout. La réforme électorale du printemps 2025, imposant la parité entre femmes et hommes dans les listes aux élections municipales n’a pas vraiment abouti à une augmentation du nombre de mairesses. Si au niveau national ce chiffre est en très légère progression, on peut constater qu’en 2026, sur les 10 plus grandes villes françaises, seules deux femmes sont maire (Johanna Rolland à Nantes et Catherine Trautmann à Strasbourg), contre trois en 2020, dont Paris.
Une baisse qui s’inscrit à contre-courant de la petite dynamique nationale
Les chiffres communiqués par le Ministère de l’Égalité femmes – hommes montrent que dans les 3 départements des Alpes-de-Haute-Provence, des Bouches-du-Rhône et du Vaucluse le nombre de mairesses est en recul de 13,5 %, passant de 103 en 2020, à 89 en 2026. Si on regarde en détail, les Bouches-du-Rhône par contre voient leurs nombres de mairesses progresser, passant de 17 à 20, en 2026 (sur 119 communes). A contrario, dans les Alpes-de-Haute-Provence, le nombre de femmes maires est passé de 50 à 42 (sur 198 communes) et pour le Vaucluse le chiffre passe de 36 à 27 (sur 151 communes). Une baisse qui s’inscrit à contre-courant de la petite dynamique nationale.
Claude Bouliou, Présidente de l’association des femmes élues dans les Alpes-de-Haute-Provence, déplore cette situation où « les femmes se heurtent encore à un plafond verre pour le rôle de maire ». D’autres observateurs estiment que ce manque de candidates résulte du maintien d’une position dominante des hommes et du recul pris par les femmes face à un univers jugé trop dur, voire violent. De son côté, le Ministère de l’Égalité femmes – hommes estime que l’augmentation du nombre de femmes dans les conseils municipaux pourrait donner l’envie à certaines de conduire des listes. Comme un déclic.


