À quelques semaines du scrutin municipal, Paul-Roger Gontard annonce qu’il renonce à conduire une liste. Une décision assumée au nom de la clarté politique et de l’intérêt général, qui intervient après l’échec de discussions avec l’union Ensemble et Solidaires. En miroir, David Fournier défend une autre lecture du rassemblement à gauche. Deux visions qui éclairent les lignes de fracture d’une campagne sous tension.
L’annonce a valeur de signal politique. Dans une lettre adressée aux Avignonnais, Paul‑Roger Gontard explique son choix de ne pas conduire de liste aux municipales. Non par retrait du débat public, mais par souci de cohérence et de responsabilité. « La politique n’est jamais une affaire personnelle », écrit-il, revendiquant éviter une dispersion des voix susceptible de favoriser les extrêmes
Un projet construit, une ligne assumée
Engagé depuis l’été dans l’élaboration d’un projet qu’il revendique social-démocrate, laïque et écologiste, l’adjoint au maire rappelle le travail mené avec une équipe et un réseau citoyen dense, au fil des rencontres de terrain. Autour de Nos Confluences Citoyennes, il a cherché à fédérer des forces progressistes, du Parti radical de gauche à la Fédération des progressistes, dans l’idée d’un rassemblement large mais lisible.
Le point de rupture des discussions
C’est précisément la question de la lisibilité qui cristallise l’échec des échanges avec Ensemble et Solidaires. Pour Paul-Roger Gontard, certaines lignes ne sont pas négociables : primauté du projet sur la distribution des rôles, refus de toute alliance conditionnelle avec l’extrême gauche, engagement explicite de stabilité fiscale sur la mandature. Des divergences qu’il juge trop structurantes pour être surmontées à ce stade de la campagne.
La réponse de David Fournier
Face à ce retrait, David Fournier, pour Ensemble et Solidaires, défend une approche différente du rassemblement. Il plaide pour une union la plus large possible des gauches afin d’éviter l’émiettement et considère que la dynamique collective doit primer, quitte à assumer des compromis programmatiques. Là où Gontard invoque la clarté et l’équilibre comme conditions de la victoire, Fournier met en avant l’urgence d’un front commun face aux droites et aux radicalités.
Deux conceptions du rassemblement
Le débat révèle deux conceptions du rassemblement à gauche à Avignon. L’une, sociale-démocrate et républicaine, privilégie la stabilité et la gouvernabilité locale. L’autre mise sur l’addition des forces militantes pour créer un rapport de force électoral. Une tension classique, mais exacerbée par un calendrier serré et un contexte politique national polarisé.
Un engagement qui se poursuit
Paul-Roger Gontard le martèle : son retrait n’est pas un renoncement. Conseiller communautaire du Grand Avignon, il entend rester un acteur attentif et exigeant du débat démocratique local. À Avignon, la campagne se poursuit donc sans sa liste, mais avec une question centrale toujours ouverte : quelle gauche pour gouverner la ville, et à quelles conditions ?
Mireille Hurlin
