1 octobre 2026 |

Ecrit par le 1 octobre 2026

Sécheresse : les agriculteurs du Vaucluse réclament de l’eau, pas seulement des aides

Face à une sécheresse qui s’installe et à la répétition des épisodes de canicule, la FDSEA de Vaucluse (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles) et les Jeunes Agriculteurs demandent des réponses structurelles. Après une réunion avec le préfet Thierry Suquet, le 17 août, ils alertent sur la fragilité croissante des exploitations et placent l’accès à l’eau au cœur de l’avenir agricole du département.

En Vaucluse, département habitué aux fortes chaleurs, les agriculteurs composent depuis longtemps avec les caprices du climat. Cette année encore, la succession des épisodes de chaleur et l’absence de précipitations suffisantes mettent les cultures à rude épreuve. La situation hydrologique s’est d’ailleurs nettement dégradée au cours de l’été. Au 24 août, le préfet a placé la Durance et la Nesque en alerte renforcée, tandis que le Calavon amont et le Sud-Luberon demeurent à ce niveau de restriction. Les bassins du Calavon médian et des Sorgues sont, eux, en alerte.

Pour la FDSEA 84 et les JA 84 (Jeunes agriculteurs de Vaucluse), : «Sans eau, il n’y a pas de production, sans production, il n’y a pas d’argent pour faire vivre une exploitation», résument-ils.

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Des aides mais pas de stratégie
Les mesures de soutien sont évidemment les bienvenues pour les exploitants les plus durement touchés. Mais elles ne sauraient constituer une réponse durable à des aléas climatiques appelés à se répéter.Les syndicats expliquent : « Indemniser les pertes après chaque épisode de sécheresse ne suffira pas si les exploitations restent insuffisamment équipées pour y faire face. » Ils réclament un accompagnement spécifique pour les exploitations fragiles, celles déjà confrontées à d’autres crises, et les jeunes installés, notamment à travers des exonérations ou des abattements permettant de ne pas aggraver leurs difficultés de trésorerie.

Mieux s’équiper pour continuer d’exister
La demande porte aussi sur les équipements, comme un accès plus simple aux dispositifs permettant de développer le goutte-à-goutte et la micro-aspersion, avec des règles suffisamment souples pour ne pas écarter certains territoires ou certaines exploitations.

Le paradoxe d’un département agricole et irrigué
Le Vaucluse n’est pourtant pas dépourvu de réseaux d’irrigation puisque l’histoire agricole du département a accompagné le développement de l’arboriculture et du maraîchage. L’irrigation gravitaire traditionnelle a progressivement laissé place, notamment depuis les années 1960, à des réseaux sous pression et à des techniques d’irrigation localisée, permettant de mieux maîtriser les apports. Aujourd’hui, les agriculteurs estiment que cet héritage doit être adapté aux nouvelles réalités climatiques. Ils pointent notamment la lenteur de certains projets d’aménagement et la complexité des démarches nécessaires pour sécuriser l’irrigation.

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La position de l’Etat
L’État rappelle de son côté que les prélèvements agricoles sont soumis à une gestion collective : en Vaucluse, la Chambre d’agriculture agit comme organisme unique de gestion collective pour les prélèvements destinés à l’irrigation. Derrière la bataille de l’eau se joue aussi celle du maintien d’une agriculture locale. Vergers, maraîchage, cultures spécialisées : ces productions font vivre des exploitations, mais également tout un tissu économique lié à la transformation, au transport et au commerce.

Les propositions des agriculteurs
C’est pourquoi la FDSEA et les JA proposent des prélèvements encadrés, l’accès à des réseaux performants et à des équipements économes pour concilier production et sobriété. Le risque, à leurs yeux, serait de laisser disparaître progressivement les exploitations qui ne disposent pas d’un accès suffisamment sécurisé à l’eau. Avec, à terme, une dépendance accrue aux importations de produits agricoles, alors même que ceux-ci peuvent être cultivés dans des conditions et avec des normes différentes. Pour les agriculteurs vauclusiens, l’urgence n’est donc plus seulement de réparer les dégâts mais à préparer les exploitations à un climat qui change et un accès à l’eau dont dépend la survie des exploitations
Sources : Préfecture de Vaucluse, situation sécheresse 2026 ; Irrigation 84 ; Agence de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse.
Mireille Hurlin


Du Vaucluse au Laos, le Rotary Avignon-Villeneuve fait jaillir l’espoir

À plus de 9 000 kilomètres d’Avignon, un village isolé de la province montagneuse d’Oudomxay s’apprête à vivre une révolution silencieuse : l’arrivée de l’eau potable. Derrière ce projet d’accès à une ressource vitale, le Rotary Club d’Avignon et Villeneuve s’est engagé aux côtés de l’association NK Seeds (Nong Khiaw -localité nord du Laos- Solidarity, Education, Environement, Development, Support), de mécènes et de partenaires privés. Une mobilisation collective pour le financement d’un chantier pour accompagner durablement le développement de communautés rurales du Laos. Derrière ces projets menés avec méthode et constance se dessine le parcours de Mélissa Lansmant, fondatrice et directrice des programmes de NK Seeds. À l’initiative de cette aventure solidaire, elle fédère depuis plusieurs années bénévoles, mécènes et partenaires autour d’une même ambition : offrir aux populations les plus isolées du Laos un accès durable à l’eau, à la santé et à l’éducation.

L’action internationale constitue l’un des piliers historiques du Rotary. À Avignon, cet engagement prend aujourd’hui la forme d’un partenariat avec l’association NK Seeds, créée pour soutenir les populations les plus vulnérables du Laos. L’objectif n’est pas d’apporter une aide ponctuelle, mais de construire des solutions durables dans des territoires où l’accès aux soins, à l’éducation ou à l’eau demeure extrêmement limité.

Mélissa Lansmant entourée de quelques membres du Rotary Avignon- Villeneuve DR.
De gauche à droite Philippe Le Joncour, Vincent et Maxence Chapelet, Hamid Bouhayoufih, Mélissa Lansmant, Philippe Pagenaud, laurent Baldaccioni,
Hélène Sellier-Dupont et Joel Hayet.

Un pont entre les frontières
Le Laos figure parmi les pays les moins avancés d’Asie du Sud-Est. Si le pays connaît un développement économique progressif, les fortes disparités territoriales demeurent. Dans les zones montagneuses du nord, de nombreux villages restent difficilement accessibles, les infrastructures sont rares et les services essentiels parfois inexistants. C’est dans ce contexte que le Rotary Club d’Avignon et Villeneuve a choisi d’apporter son soutien à plusieurs projets structurants portés par Mélissa Lansmant de NK Seeds. Le premier chantier concerne le village de Sen Khran, dans la province d’Oudomxay. Environ 400 habitants y parcourent quotidiennement plusieurs kilomètres pour puiser une eau de rivière souvent impropre à la consommation. Les conséquences sanitaires sont importantes, notamment pour les enfants.

Irriguer le territoire
Le projet prévoit la captation d’une nouvelle source située à près de sept kilomètres du village, la construction de réservoirs, l’installation d’un réseau complet de distribution ainsi que de systèmes de filtration. Son coût est estimé à 24 000€, principalement en raison du relief montagneux, de la longueur des canalisations et des difficultés logistiques pour acheminer les matériaux jusque dans cette région reculée.Au-delà de l’amélioration immédiate des conditions de vie, l’accès permanent à l’eau doit également permettre le développement de cultures agricoles, notamment du café, afin d’offrir aux habitants de nouvelles perspectives économiques.

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Former les générations de demain
L’action de NK Seeds ne se limite pas aux infrastructures. Chaque année, l’association sélectionne une quinzaine de jeunes issus de villages isolés pour financer leurs études supérieures pendant deux à quatre ans. Les formations concernent notamment les métiers de la santé, du tourisme, des langues étrangères ou encore des écoles professionnelles.

Parrainer les professionnels de demain
Aujourd’hui, vingt-cinq étudiants bénéficient déjà de ce programme de parrainage. Le coût réel d’un accompagnement s’élève à environ 125€ par mois, couvrant les frais de scolarité, le logement, les repas, les transports et le matériel pédagogique. Selon l’association, 95% des fonds sont directement consacrés aux étudiants. Les premiers résultats sont encourageants : certains jeunes diplômés exercent désormais comme infirmiers ou travaillent dans l’hôtellerie, contribuant ainsi au développement économique de leur région.

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Des missions médicales dans les villages les plus isolés
Autre volet majeur de cette coopération : les missions médicales. Depuis 2025, trois opérations ont déjà été organisées dans les provinces de Luang Prabang et de Sekong. Durant quinze jours, une quarantaine de bénévoles : médecins, infirmiers, dentistes, gynécologues, opticiens, échographistes ou encore chiropracteurs dispensent gratuitement des soins aux habitants de plus de quarante villages. Plus de 6 000 personnes ont déjà bénéficié de consultations médicales gratuites grâce à ces interventions. La prochaine mission, prévue en février 2027, sera reconduite à Nong Khiaw afin d’assurer un suivi régulier des populations locales. Son budget est estimé à près de 20 000€.

Une mobilisation locale pour un impact mondial
Avant le lancement opérationnel du projet d’accès à l’eau, le Rotary Club d’Avignon et Villeneuve avait organisé une conférence de présentation réunissant partenaires, entreprises et mécènes. Dans leur message de remerciement, Hélène Sellier-Dupont, notaire à Avignon et Joël Hayet, architecte aux Angles soulignent combien la mobilisation des membres du club, des donateurs et des partenaires a permis de transformer cette initiative en projet concret. Les travaux, réalisés en grande partie par les habitants eux-mêmes, devraient être achevés avant la fin de ce mois. Une délégation du Rotary se rendra au Laos à l’automne afin d’inaugurer officiellement cette première réalisation aux côtés des villageois.

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Une aventure humaine
L’un des témoignages recueillis à cette occasion résume l’esprit de cette aventure humaine. Ancien enfant d’un village marocain où il fallait parcourir plusieurs kilomètres pour chercher de l’eau, un mécène expliquait avoir immédiatement reconnu, dans cette initiative, une histoire qui faisait écho à sa propre enfance.
«Quand on a vécu cela, on comprend qu’avoir accès à l’eau potable n’est pas un confort, c’est une nécessité vitale.»

Des entreprises vauclusiennes parmi les mécènes
Cette opération repose également sur un réseau de partenaires économiques qui ont accepté d’apporter leur soutien financier ou logistique. Parmi eux figurent notamment : Generali avec Philippe Le Joncour ; Sud Bâtiment avec Vincent Chapelet ; SPVC avec Maxence Chapelet ; ICP Plomberie avec Hamid Bouhayoufih ; NK Seeds avec Mélissa Lansmant ; AX’Eau avec Philippe Pagenaud ; Selmac Exploitation (Balda) avec Laurent Baldaccioni ; Maître Hélène Sellier-Dupont, notaire à Avignon ; Mach & Hayet Architectes avec Joël et Mach Hayet  et Eiffage Construction, représentée notamment par Stéphane Visval et Amina Lounis. À leurs côtés, de nombreux autres partenaires, fondations, Rotary Clubs français et internationaux, associations et entreprises participent également au financement des différentes actions humanitaires menées par NK Seeds.

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Une solidarité durable
Loin d’une opération ponctuelle, cette coopération s’inscrit dans le temps long. Accès à l’eau, formation des jeunes, missions médicales : ces trois axes répondent à une même logique de développement durable et d’autonomie des populations. Pour le Rotary Club d’Avignon et Villeneuve, cette initiative illustre la vocation internationale du mouvement : mettre les compétences, les réseaux et la générosité au service de projets capables de transformer durablement le quotidien de milliers de personnes, bien au-delà des frontières vauclusiennes.
Mireille Hurlin

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