28 septembre 2026 |

Ecrit par le 28 septembre 2026

Eau en Vaucluse : Préserver l’abondance

Le Vaucluse est irrigué par le Rhône et la Durance et dispose d’importantes nappes souterraines. Pourtant, derrière cette apparente abondance, les fragilités se multiplient. Cours d’eau en déficit, nappes sous pression, sécheresses récurrentes et besoins agricoles placent désormais l’eau au cœur des choix d’aménagement. Une étude d’ObserVaucluse, et de l’Aurav (Agence d’urbanisme Rhone-Avignon-Vaucluse) dresse un état des lieux qui invite à changer de regard sur une ressource longtemps considérée comme acquise.

Le paradoxe vauclusien tient presque à sa géographie. Le département est bordé par deux ressources majeures, le Rhône et la Durance, compte quelque 2 000 kilomètres de rivières, dont 500 km pour le seul réseau des Sorgues, et possède 16 grandes masses d’eau souterraines. Sur les 13 sous-bassins versants du département, quatre sont en déséquilibre quantitatif et quatre autres présentent un équilibre fragile. Quant aux cours d’eau suivis par le Département, seuls 43% environ affichent un bon ou très bon état écologique.

Comment se portent les nappes phréatiques ?
La situation des nappes n’est guère plus uniforme. Cinq ressources souterraines sont considérées comme stratégiques pour l’alimentation en eau potable et couvrent 67% du territoire vauclusien, tandis que quatre nappes sont déjà identifiées en déséquilibre quantitatif. C’est là que cela se complique. En 30 ans, la température moyenne a déjà progressé de 1,1 °C en Vaucluse. Les sécheresses s’allongent, les pluies deviennent moins régulières et les sols s’assèchent.

Les projections de l’Aurav
Les projections présentées par l’Aurav alertent : dans certains secteurs, les précipitations estivales pourraient diminuer de plus de 15% à l’horizon 2050. Surtout, les débits d’étiage des cours d’eau pourraient reculer de 10 à 60%. Depuis 2011, le Vaucluse a déjà connu 80 arrêtés de restrictions liés à la sécheresse. La crise exceptionnelle tend ainsi à devenir un rendez-vous récurrent. Cette tendance dépasse le Vaucluse. L’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse estime que 40% du bassin Rhône-Méditerranée connaît déjà un déficit chronique en eau.

L’agriculture en première ligne
Dans ce département de vignes, de vergers et de maraîchage, la question est particulièrement sensible, car l’irrigation agricole concentre l’immense majorité des prélèvements d’eau, loin devant l’alimentation en eau potable. Le Département estimait ainsi sa part à 84% des prélèvements, contre 15% pour l’eau potable. Cela ne signifiait pas que toute cette eau soit définitivement consommée : une partie des volumes prélevés, notamment dans les grands réseaux d’irrigation, retourne au milieu naturel. Mais la dépendance demeure considérable. Quelque 21% des terres agricoles vauclusiennes sont irriguées et environ 345 millions de mètres cubes étaient prélevés annuellement pour l’irrigation, relevait le Département. La réponse ne se résume donc pas à chercher davantage d’eau, mais plutôt à améliorer les réseaux, pour une irrigation plus efficiente et recourir, lorsque cela est possible, à des ressources moins fragiles.

Construire là où l’eau le permet
Ce que soulève l’étude ? L’eau devient un préalable à l’aménagement du territoire. Accueillir de nouveaux habitants, construire des logements ou développer des activités suppose désormais de vérifier que la ressource pourra suivre. Le SCoT (Schéma de cohérence territoriale) du Pays d’Apt Luberon applique déjà cette logique en confrontant ses ambitions démographiques aux capacités réelles de production d’eau potable. Ainsi, la disponibilité en eau devient le préalable obligatoire à la réalisation du projet et décide s’il est soutenable ou non.

ObserVaucluse
C’est précisément l’ambition du travail engagé par ObserVaucluse. Ce premier volet rassemble les connaissances et identifie les acteurs ; un second doit approfondir l’intégration de l’équilibre entre ressources et besoins dans les documents d’urbanisme. Le sujet est donc particulièrement concret. Demain, la capacité d’un territoire à se développer dépendra aussi de l’eau dont il dispose. Et en Vaucluse, cette question pèse déjà sur sa stratégie à dessiner l’avenir. Créé en 2022, ObserVaucluse est l’observatoire territorial de Vaucluse. Il est co-piloté par la DDT (Direction départementale des territoires de Vaucluse) de Vaucluse et le Département de Vaucluse. Son animation et sa mise en œuvre technique sont assurées par l’Agence d’Urbanisme Rhône Avignon Vaucluse (Aurav). La structure a pour missions de partager et diffuser l’information territoriale, de renforcer la coopération entre les acteurs publics, d’aider au pilotage et à la mise en cohérence des actions politiques publiques vauclusiennes et d’appuyer les projets des collectivités de Vaucluse.

Sources : ObserVaucluse. Adéquation entre les ressources et la demande en eau en Vaucluse. Toute l’étude volet 1 ici. Aurav. Avril 2026.  Direction de la publication : Gilles Périlhou Réalisation : Gianni Judas, Pierre-Baptiste Faure (Aurav), Conseil Départemental de Vaucluse, Direction Départementale des Territoires de Vaucluse. Partenaires contributeurs : Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse, Région Sud, Arbe.
Mireille Hurlin


L’Aire des gens du voyage de Courtine modernisée pour 2,5M€

Le Grand Avignon a repris, en régie directe, la gestion des aires d’accueil des gens du voyage en Vaucluse, en janvier 2023. C’est ainsi que les aires de Courtine à Avignon et de Bonpas à Avignon-Montfavet on été revues. Une stratégie durable et globale envers ces citoyens nomades conçue pour une approche réglementaire respectueuse des besoins des familles et dans le respect du schéma départemental. Les droits d’emplacement, les factures d’eau et d’électricité sont totalement recouvrées.

L’Aire des gens du voyage de Courtine, à Avignon, a rouvert le 1er juillet 2025 pour accueillir, actuellement, une dizaine de familles. Pour mémoire, l’aire avait été construite en 1982 et fermée en 2020 pour être entièrement revue et rebâtie, dans le cadre du schéma départemental d’accueil et d’habitat des gens du voyage de Vaucluse, avec pour interlocutrice privilégiée, Nelly Debart, présidente de l’ANGVC, association nationale des gens du voyage citoyens.

Dans le détail 
L’aire des gens du voyage de Courtine propose une loge de gardien de 50m2, 24 emplacements de 200m2, soit 48 places dont 5 dévolues aux personnes à mobilité réduite sur 208m2. Chaque emplacement est équipé d’une douche, de deux WC, d’un espace buanderie et d’un local technique partagé entre deux emplacements. Toutes les installations ont été conçues à partir de containers maritimes. Au chapitre paysager, les arbres existants ont été conservés et d’autres devraient être bientôt plantés tandis qu’une large surface a été désimperméabilisée.

A l’ère du numérique
Conformément à la réglementation, il n’y a pas de réservation d’espaces cependant, pour y séjourner, il est nécessaire d’entrer en contact avec le Grand Avignon. La consommation d’eau et d’électricité se fait en prépaiement, via internet, et permet aux usagers de suivre, en temps réel, leur consommation d’eau et d’électricité, notamment depuis leur smartphone.

Combien ça coûte ?
Le Grand Avignon demande 90€ de caution ; 3,20€ par jour pour l’occupation de l’emplacement ; 2,80€ par m3 d’eau utilisée et 0,14€/kWh pour l’électricité. Les séjours sont limités à 3 mois renouvelables sur dérogation.

Copyright Fleur Sitruk Comunication Grand Avignon

Les travaux
Les travaux d’un montant de 2,5M€ ont été financés à hauteur de 2,3M€ par le Grand Avignon et 191 462€ par l’Agence de l’eau. Le Département de Vaucluse, quant à lui, participe aux frais de fonctionnement à hauteur de 35 000€ et sur l’ensemble des aires vauclusiennes gérées par le Grand Avignon.

L’aire de grand passage de Bonpas améliorée
L’aire de grand passage de Bonpas, à Avignon-Montfavet, inaugurée en juillet 2022 par le Grand Avignon, propose un accueil temporaire aux grands groupes de gens du voyage –jusqu’à 150 caravanes- principalement l’été ou lors de rassemblements religieux.

Accès payant, réglementé et soumis à autorisation
Suite aux travaux de l’échangeur de Bonpas, l’entrée de l’aire a été déplacée en juin dernier. Le lieu arbore désormais une petite place centrale en concassé pour améliorer la circulation, et la plateforme de récupération des eaux usagées a été revue. L’aire est équipée de bornes d’eau, d’électricité, d’un système de gestion des déchets, d’une fosse de récupération des eaux usées et des toilettes chimiques. Son accès est réglementé, payant et soumis à autorisation préalable.

Remise en ordre
Cette remise en ordre des aires d’accueil des gens du voyage a été bien reçue comme en témoignent les retours positifs qu’en a eu la Préfecture de Vaucluse, les Services de l’Etat et des associations dont l’Association nationale des gens du voyage citoyens. «Notre territoire est régulièrement cité en exemple dans les instances départementales, a indiqué Joël Guin, président du Grand Avignon, pour le respect et l’anticipation des objectifs du Schéma d’accueil et d’habitat des gens du voyage, ainsi que pour la concertation engagée avec les représentants des usagers dans la conception et la gestion des aires.»

Copyright Fleur Sitruk Communication. Parmi les élus présents, Joël Guin président du Grand Avignon et Lucien Stanzione,
sénateur de Vaucluse

https://www.echodumardi.com/tag/agence-de-leau/   1/1