28 octobre 2026 |

Ecrit par le 28 octobre 2026

(Vidéo) Agritech Provence : un drone et de l’intelligence artificielle au service de la viticulture

Dans le cadre d’une rencontre organisée par le Département de Vaucluse à la Cave de Lumières à Goult, Julie Demarigny a pu présenter son entreprises Agritech Provence, basée à Apt, à des viticulteurs locaux.

Après de nombreuses années passées dans le domaine de la tech aux États-Unis à travailler pour Warner Bros ou encore Union Bank, Julie Demarigny est revenue en France pour enseigner aux universités d’Aix-Marseille et d’Avignon, puis pour conseiller les entreprises souhaitant s’implanter en Provence-Alpes-Côtes d’Azur sur leur stratégie digitale, avant de fonder Agritech Provence.

Installée à Apt, l’entreprise permet, avec un drone équipé d’une caméra multispectrale et une intelligence artificielle, de détecter les foyers de maladies de la vigne. Une expertise que le Département de Vaucluse a souhaité mettre en avant le jeudi 22 octobre à la Cave de Lumières. « On a souhaité présenter et montrer la réalité de ce système qui peut et qui doit servir au monde agricole », a affirmé Christian Mounier, vice-président du Département en charge de la commission agriculture – eau – alimentation.

Julie Demarigny et Christian Mounier. ©Vanessa Arnal-Laugier / L’Echo du Mardi

Une implantation qui fait sens sur un territoire agricole

« On a plaisir à dire que le Vaucluse est la terre d’agriculture de notre région », a ajouté Christian Mounier. L’activité agricole de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur génère 38 000 emplois équivalents temps plein et près de 3,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel. En Vaucluse, c’est un pilier économique majeur avec plus de 118 000 hectares de surface agricole dont près de 50 000 hectares pour la viticulture.

Il faisait donc sens pour Julie Demarigny d’implanter son entreprise dans la région en 2025. Cette année, Agritech Provence a vécu sa première saison aux côtés de neuf domaines viticoles et caves coopératives qui lui ont « ouvert » leurs vignes : Les Béates à Lambesc, le Domaine de Belambrée à Aix-en-Provence, le Château de Beaupré à Saint-Cannat, le Château La Canorgue à Bonnieux, le Château de Mille à Apt, le Domaine Les Vadons à Cucuron, la Cave de Lumières à Goult, le Château de Beaulieu à Orange et la cave Louérion à Cucuron. « Je tiens à remercier tous les viticulteurs qui m’ont accueillie avec plein de générosité pendant les six mois de cette campagne de détection », a déclaré la cheffe d’entreprise.

Un procédé pour détecter les maladies de la vigne

Ainsi, pendant cette saison, Julie a fait voler son drone au-dessus des vignobles permettant le comptage de ceps manquants, mais aussi de détecter trois maladies de la vigne : le mildiou, l’oïdium, et la flavescence dorée. « Je ne peux pas faire grand chose en matière de baisse de consommation et de contraintes administratives, mais je peux faire gagner du temps et de l’argent aux viticulteurs en prévenant les maladies », a-t-elle expliqué.

Pour ce faire, c’est un travail en neuf étapes qu’effectue Agritech Provence :

  • Cartographier chaque parcelle
  • Planifier les différents vols
  • Demander les autorisations de vol
  • Survoler chaque parcelle une fois par mois (aux mêmes heures et à la même hauteur)
  • Reconstituer chaque parcelle avec les différentes images obtenues
  • Mesurer la lumière que renvoie la vigne pour observer la quantité de feuillage et la chlorophylle
  • Apprendre vol après vol grâce aux données amassées
  • Produire une carte de foyers
  • Vérifier au sol, cep par cep

L’alliance entre un drone et une intelligence artificielle

Les viticulteurs et invités présents lors de cette présentation ont pu assister à une démonstration sur une petite parcelle près de la Cave de Lumières. Julie Demarigny a démarré son drone qui, grâce à une cartographie préalable, a survolé l’entièreté de la parcelle en autonomie en une vingtaine de minutes. Sur sa télécommande, l’entrepreneuse a pu vérifier l’avancée du drone qui a pris des photos de la parcelle tout au long du vol.

« Le drone ne remplace pas la prospection. Il dit où aller pour gagner du temps. »

Julie Demarigny.

En 2026, ce sont 27 000 données qui ont été collectées par l’entreprise et qui lui seront utiles pour les prochaines saisons. Ce procédé est possible grâce à un drone de la marque DJI doté d’une caméra multispectrale. L’intelligence artificielle, quant à elle, est alimentée grâce aux données recueillies. « Plus on a de données, plus ça va être précis et on va pouvoir détecter et traiter au plus tôt », a affirmé Julie Demarigny qui travaille aussi avec les étudiants de l’Institut Agro Dijon et de Polytech Lyon pour la recherche et le développement.

Une entreprise récompensée en 2026

Le travail d’Agritech Provence porte ses fruits puisqu’elle a déjà pu détecter du mildiou sur une parcelle de Marsanne et de la flavescence dorée sur une parcelle de Marselan. Julie Demarigny compte bien continuer de travailler main dans la main avec les viticulteurs et amener Agritech Provence plus loin. « À terme, l’objectif serait de pouvoir détecter la maladie avant même qu’elle ne se développe, a-t-elle conclu. L’autre objectif serait d’obtenir une autorisation pour traiter les parcelles par drone, qui est beaucoup plus précis que l’hélicoptère, mais ce n’est aujourd’hui qu’autorisé sur les zones avec des pentes de 20%. »

L’entreprise a cette année été mise en lumière en étant désignée lauréate vauclusienne du concours 101 Femmes Entrepreneures, organisé par Bpifrance à l’initiative du Ministère chargé de l’Égalité entre les femmes et les hommes, qui a pour objectif de valoriser la diversité des parcours, encourager l’entrepreneuriat féminin et inspirer de nouvelles vocations.


Med’Agri : la relance de la filière Amande de Provence porte ses fruits

La relance de la filière Amande de Provence porte ses fruits, une remontada saluée au salon Med’Agri qui s’est tenu à Avignon du 13 au 15 octobre.

Au début du XXe siècle, le cours du marché mondial de l’amande était fixé à Aix-en-Provence. La France comptait alors jusqu’à 12 000 hectares d’amandiers, mais après les épisodes successifs de gel entre 1950 et 1960, la filière a rabougri et périclité jusqu’à ne représenter que 3% de la consommation intérieure, le reste provenant à 80% de Californie. 

Depuis des années, Arnaud Montebourg, l’ancien ministre du redressement productif s’est lancé dans une croisade de lutte contre le dumping US et de relance en vue d’une souveraineté nationale avec son entreprise La Compagnie des Amandes et ça marche !

L’amande de Provence

La preuve : aujourd’hui les calissons de la Confiserie centenaire Le Roy René à Aix-en-Provence (ouverte en 1920) sont constitués à 100% d’amandes provencales, de melon et d’écorce d’orange confits d’Apt. Ce succès était au coeur d’un débat à Med’Agri jeudi avec France Amande, l’association interprofessionnelle qui depuis une décennie, promeut, fédère et structure le comité de pilotage de l’OIR (opération d’intérêt régional) Naturalité pour apporter de la valeur ajoutée à tous les maillons de la chaîne, aux côtés d’André Pinatel, président du Syndicat de l’amande de Provence.

« Le pari est réussi, on a multiplié la surface plantée en amandiers par 4 ou 5, on peut désormais répondre à la demande, en plus on limite les transports donc la taxe carbone, on travaille avec des producteurs de toute la région Sud, on leur assure des revenus, donc on encourage leur développement durable et les circuits courts », a dit la représentante de la confiserie.

©Hocquel A. – VPA

A Saint-Didier, près de Carpentras avec la famille Sylvain, mais aussi à Cadenet, Ansouis, Grambois, Maillane, Puyricard, Valensole, la filière s’est étoffée jusqu’à afficher 230 hectares plantés et 1 800 tonnes commercialisées, dont 20% en bio. Les paysans sont tous motivés et engagés. Egalement dans le sud de la Drôme où « les frontières naturelles du terroir ne sont pas forcément les mêmes que celles l’administration », a ironisé un des intervenants.

Le Roy René Musée du Calisson à Aix qui voit défiler 80 000 visteurs par an, s’apprête d’ailleurs à en accueillir un grand nombre pour Halloween!

Contact : Route d’Avignon – Aix-en-Provence – 04 42 39 29 82


Med’Agri, le laboratoire du futur de l’agriculture méditerranéenne au Parc des Expositions d’Avignon

Réservé aux professionnels, ce salon, qui se tiendra du mardi 13 au jeudi 15 octobre, est la vitrine de l’innovation et des solutions face au changement climatique, à la raréfaction de la ressource en eau et aux attentes des consommateurs en produits plus naturels.

Créé par l’ancien président de la Chambre Régionale d’Agriculture, André Bernard, omniprésent sur le terrain pendant des décennies, cet évènement est fait pour accélérer la transition écologique et théoriquement garantir notre souveraineté alimentaire. Or, la France importe 50% des fruits et légumes, 75% du blé qui sert à fabriquer les pâtes et 20% de a consommation alimentaire de la population.

Pour Sandrine Faucou-Bourne, la présidente de Med’Agri, « l’ADN de cette manifestation est d’accompagner et de pérenniser nos activités et métiers dans un contexte de profondes mutations avec des espaces d’échanges et de découvertes techniques. »

350 exposants

Arboriculture, élevage, maraîchage, viticulture, oléiculture, horticulture, plantes à parfums, tous les secteurs sont concernés. Avec 350 exposants sur 14 000 m² et notamment des matériels qui innovent et seront primés. Comme une machine électrique qui désherbe sans chimie (Novaxi), un système sur drone qui survole les parcelles pour identifier les maladies de la vigne (Grapehawk), une récolteuse électrique qui met en bottes persil, légumes-feuilles et plantes aromatiques et pallie le manque de main d’oeuvre (Terrateck), mais aussi un insecticide de biocontrôle qui protège les vergers des maladies et respecte la faune (Andermatt) et enfin un nutriscope portable qui apporte aux cultures une nutrition ajustée à sa fertilisation avec un minimum d’intrants chimiques (Senseen). 

Un programme riche

Les Nations-Unies ont proclamé 2026 « Année internationale des agricultrices », un regard sera porté sur elles, puisqu’elles sont 45 000 dans le Sud et représentent 1/3 des chefs d’exploitations en France. Des films, expériences, témoignages seront proposés aux visiteurs du salon. 

Une soixantaine de conférences seront organisées pendant ces 3 jours, mais aussi une vingtaine de rencontres Tech & Bio. Hydrologie, variétés résistantes, enjeux climatiques,  biodiversité, mécanisation, méthanisation apports et nuisances, lutte contre les frelons, alimentation bio dans les cantines avec les producteurs locaux, santé des sols, diversification des revenus avec l’œnotourisme et panneaux photovoltaïques, alternatives aux pesticides, pâturages anti-incendie, nombreuses sont les tables rondes programmées.

L’agriculture vauclusienne mise en lumière

Sans oublier l’éco-système majeur autour de l’agriculture en Vaucluse. Ses axes agro-sciences et agro-alimentaire, le Pôle Innov’Alliance, le CTCPA, laboratoire en sécurité et conservation alimentaires près de l’aéroport, les lycées dédiés (Louis Giraud à Carpentras, Pétrarque à Avignon,  Pierre Le Roy à Orange), les centaines de chercheurs et scientifiques de l’INRAE, Green et ses experts en chimie verte, Food’in le pôle d’excellence alimentaire à Agroparc, sans oublier Avignon Université sur le Campus Jean-Henri Fabre et ses milliers d’étudiants soucieux de notre santé grâce à ce que nous mangeons.

Le Vaucluse, longtemps verger de la France est une « graine d’avenir », comme l’a dit Christian Mounier, en charge de l’agriculture, eau, alimentation au Département, lors de la conférence de presse de présentation de Med’Agri à Châteaublanc. C’est ici que pousse la relève, l’agriculture résiliante de demain qui résiste aux épisodes de canicule, de gel, de grêle grâce à l’adaptation constante de ses paysans.


Elections sénatoriales de Vaucluse ce dimanche, Lucien Stanzione mise sur le terrain

À l’approche des élections sénatoriales qui auront lieu ce dimanche 27 septembre 2026, le sénateur PS (Parti socialiste) de Vaucluse, ‘Agir ensemble, pour le Vaucluse’, Lucien Stanzione défend un bilan fondé sur la proximité avec les élus. Agriculture, accès à l’eau, pastoralisme, services publics : il présente une liste composée de maires et d’élus locaux, loin des seuls appareils politiques. Sept listes sont en lice ici.

En Vaucluse, les prochaines élections sénatoriales se joueront au suffrage indirect ce dimanche 27 septembre. Les grands électeurs : maires, conseillers municipaux, départementaux et régionaux désigneront les représentants du département au Sénat. Trois sièges sont à pourvoir. Le scrutin se déroulera à la proportionnelle, sur des listes paritaires. Le sénateur sortant Lucien Stanzione fait de son expérience de terrain un argument central. D’ici vendredi il aura rendu visite à plus de 145 élus depuis le début de sa campagne.

Quel bilan tirez-vous de votre mandat depuis 2020 ?
Lucien Stanzione : « Une satisfaction globale des élus »
«
Je ne vais pas prétendre que tout a été parfait, observe Lucien Stanzione sénateur PS de Vaucluse, mais je tire un bilan plutôt satisfaisant de ces six années. Les retours des maires et des élus sont bons, notamment sur notre présence et notre disponibilité. Avec Jean-Baptiste Blanc, (Ndlr : Jean-Baptiste Blanc, sénateur LR, Liste Les Républicains avec Dominique Santoni, Pierre Gonzalvez, Dominique Plancher et Patrick Adrien) nous avons souvent travaillé ensemble sur des dossiers locaux. Je pense notamment à l’hôpital d’Apt, où nous avons défendu le service public hospitalier. Nous n’avons malheureusement pas réussi à empêcher la fermeture du service de chirurgie. Je le regrette profondément. La santé a un coût, mais elle n’a pas de prix. Mon action s’est aussi concentrée sur l’agriculture, les filières économiques locales, la gestion de l’eau, les territoires de montagne et l’adaptation au changement climatique. Ce sont des sujets très concrets, auxquels les élus sont confrontés chaque jour. »

Lucien Stanzione co-rapporteur d’une mission d’information sénatoriale sur le pastoralisme Copyright LS

La viticulture, la cerise et la lavande sont fragilisées par le climat. Que proposez-vous ?
L.S. :« L’État doit anticiper, pas subir »
« Le changement climatique n’est plus une menace lointaine. Il affecte déjà les rendements, les cultures et les revenus. Le gouvernement parle de transition agroécologique, mais encore faut-il une véritable volonté politique. On renvoie trop souvent les décisions aux filières. Or, l’État doit être capable d’anticiper. Il doit travailler avec les chambres d’agriculture et accompagner les exploitants avant que les difficultés ne deviennent irréversibles. L’agriculture vauclusienne repose largement sur de petites exploitations spécialisées, de 20 à 50 hectares. Elle ne ressemble pas aux grandes structures céréalières du nord de la France. La viticulture, la cerise ou la lavande sont parfois considérées comme des productions de niche. Elles font pourtant vivre des familles, des villages et toute une économie locale. Il faut donc soutenir la diversification, financer l’expérimentation et mieux accompagner les changements de cultures. Mais aussi garantir l’accès à l’eau. »

Vous défendez les retenues collinaires. Pourquoi ?
L.S. : « Pour que les ressources soient préservées »
« Il ne s’agit pas de promouvoir des mégabassines. Je parle de petites retenues capables de stocker l’eau lors des épisodes de fortes pluies, notamment à l’automne et en hiver, pour la restituer pendant les périodes sèches. Cette solution pourrait servir l’élevage et l’agriculture en altitude. Elle permettrait aussi de réduire la pression sur les nappes phréatiques, notamment la nappe du Miocène, qui s’étend de Carpentras à Visan et constitue une réserve stratégique pour le département. Bien sûr, ces ouvrages doivent être encadrés. Il faut tenir compte de l’évaporation, des besoins des milieux naturels et de la sobriété des usages. Mais laisser l’eau abondante s’écouler en période de pluie, puis manquer quelques mois plus tard, n’est pas une politique de gestion durable. »

Dans le Ventoux et les zones pastorales, la présence du loup alimente les tensions. Quelle position défendez-vous ?
L.S. : « Le pastoralisme avant tout »
« Je ne suis pas favorable à l’éradication du loup. La question est celle de la cohabitation et de l’équilibre entre les activités. Pour ma part, je fais le pari de l’économie pastorale. Elle fait vivre des familles et entretient les paysages. Elle ne concerne pas seulement le plateau de Sault : il y a des brebis à Monteux, au Thor et dans de nombreuses communes de plaine. Les éleveurs doivent être mieux aidés pour protéger leurs troupeaux. Cela passe par des chiens de défense correctement formés, des équipements adaptés, des clôtures et une surveillance renforcée. Des associations comme Ferus participent déjà à cette présence sur le terrain. Le loup doit pouvoir trouver sa place dans certains espaces, notamment les alpages. Dans les zones de moyenne montagne, le pastoralisme doit rester prioritaire. Sans éleveurs, les paysages se ferment et c’est toute une économie rurale qui recule. »

Lucien Stanzione et l’équipe de recherche INRAE lors du lacher de Ganapis Copyright LS

Le Sénat peut-il encore agir pour les petites communes, les commerces et les services publics ?
L.S. : Défendre des communes «qui n’ont pas de rentabilité»

« Oui, mais il faut accepter une idée simple : certains territoires ne seront jamais rentables au sens strict. Cela ne signifie pas qu’ils doivent être abandonnés. Avec le sénateur Christian Redon-Sarrazy, j’ai travaillé sur un texte consacré à la préservation du patrimoine rural, adopté par le Sénat en juillet. Restaurer un bâtiment, maintenir un commerce ou sauver un service de proximité, c’est aussi retenir des habitants. Les élus cherchent des solutions pour obtenir la DETR (Dotation d’équipement des territoires ruraux), mobiliser le Fonds vert (Accélérer la transition écologique dans les territoires) ou préserver la dotation globale de fonctionnement. Ils veulent pouvoir réparer une route, rénover une école, végétaliser une cour ou maintenir un cabinet médical. La France dispose de moyens, mais elle ne les affecte pas toujours au bon endroit. Il faut davantage de partage et une politique plus ferme en faveur des communes rurales. »

Votre démarche se distingue-t-elle des précédentes élections ?
L.S. : « Une liste composée d’élus locaux »

« En 2020, j’avais constitué une liste avec plusieurs formations de gauche. Cette fois, j’ai voulu partir d’une autre réalité : les élus locaux ne demandent pas d’abord une étiquette politique. Ils veulent être accompagnés sur leurs dossiers. Ma liste réunit donc des élus de terrain : Sophie Rigaut, conseillère départementale de Vaucluse, vice-présidente du Service départemental d’incendie et de secours, Sandrine Raymond Lucarini, engagée sur les questions d’emploi et de jeunesse, Christian Vachier-Moulin, agriculteur, viticulteur et éleveur, ainsi que Philippe Armengol, maire de Velleron, très investi sur les questions environnementales. Ce sont des maires et des responsables locaux en exercice. Ils connaissent les contraintes budgétaires, les problèmes de recrutement, les urgences liées à l’eau ou aux services publics. Ils ne sont pas hors-sol. Cette liste n’est pas construite autour d’un accord partisan. Chacun conserve ses convictions. Mais nous partageons une priorité : servir les communes et leurs habitants. »

Vous avez déjà visité la majorité des communes du département. Est-ce votre stratégie électorale ?
« Le calcul se fera le jour du scrutin »

« Je ne veux pas faire de calcul. Je préfère travailler. A vendredi j’aurai visité plus de 145 communes sur les 151 que compte le Vaucluse. Je continue à me déplacer, parfois avec un membre de la liste selon les secteurs. Les grands électeurs voient les candidats, posent leurs questions et jugent sur pièces. Notre campagne repose sur cette proximité. Le résultat, lui, se fera le jour du scrutin. »
Propos recueillis par Mireille Hurlin

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De la vigne à la bouteille pour la 22e récolte de la Cove

Pour la 22e fois, la Cove (Communauté d’agglomération Ventoux Comtat Venaissin) a procédé à la récolte de sa vigne intercommunale. Comme chaque année à la fin de l’été, les élèves du campus Provence Ventoux du lycée Louis Giraud de Carpentras-Serres ont ainsi participé aux vendanges des 300 pieds de vigne implantés au cœur de l’Hôtel de Communauté. Pour cette nouvelle édition, 21 élèves de Terminale Bac Pro Aménagement Paysager ont donc pris part à la récolte, accompagnés de leurs enseignants, Béatrice Lauret et Jean-Baptiste Vernay, professeur principal, ainsi que de Benjamin Pierron, chef d’exploitation du lycée Louis Giraud. Ces derniers étaient également accompagné d’Alain Constant, président de la Cove, ainsi que de plusieurs élus communautaires parmi lesquels Michel Jouve, délégué à l’agriculture et au développement rural, Philippe Bouteiller, délégué aux finances, et Alexandre Kormanyos, délégué au développement économique.

Crédit : DR/Cove

Un outil pédagogique pour les élèves du lycée agricole
« Ce rendez-vous permet aux jeunes de découvrir et d’expérimenter concrètement une étape essentielle du cycle de la vigne, explique les services de la Cove. Au plus près des réalités du territoire, ils se familiarisent avec les savoir-faire agricoles et les différentes étapes de la vie d’une parcelle viticole. »
Implantée en 2003, la vigne intercommunale de la Cove a été conçue comme un support pédagogique, en partenariat avec le lycée agricole Louis-Giraud. Tout au long de l’année, les élèves participent à son entretien et suivent son évolution, jusqu’aux vendanges.

Crédit : DR/Cove

De la vigne à la bouteille
Après la récolte, les raisins seront acheminés vers la cave coopérative Rhonéa de Beaumes-de-Venise, où ils seront vinifiés avant d’être mis en bouteille. Cette nouvelle vendange illustre une nouvelle fois les liens étroits entre la CoVe, les établissements d’enseignement du territoire et la transmission des savoir-faire agricoles aux jeunes générations.


Avignon : le festival Bien Bon nous invite à repenser notre alimentation

Dans le cadre du festival Bien Bon du Grand Avignon, le campus avignonnais Isara-Isema organise une table ronde sur le thème ‘Repenser notre alimentation du sol à l’assiette’.

Ce mercredi 16 septembre, le campus avignonnais regroupant l’école d’ingénieurs agronomes Isara et l’école de commerce Isema invite le public à en apprendre davantage sur les défis et les solutions pour concilier agriculture durable, alimentation de qualité, santé et justice sociale au travers de la table ronde ‘Repenser notre alimentation du sol à l’assiette’.

Organisé à l’occasion du festival Bien Bon, cet événement réunira chercheurs, experts, entreprises et acteurs engagés qui évoqueront les enjeux du système alimentaire actuel et discuterons autour d’un scénario prospectif de système alimentaire durable en 2050. Cette soirée sera également l’occasion de mettre en lumière les initiatives locales qui participent au changement du système.

Il est encore temps de s’inscrire en cliquant ici.
Mercredi 16 septembre. 18h. Gratuit. Isara-Isema. 105 Rue Pierre Bayle. Avignon.


Incendies, la Chambre régionale d’agriculture de Paca veut faire barrage aux flammes

Face à des feux toujours plus difficiles à contenir, Georgia Lambertin, présidente de la Chambre régionale d’agriculture Provence-Alpes-Côte d’Azur demande au Gouvernement de faire de l’agriculture un pilier de la prévention. Friches reconquises, cultures en lisière des massifs, matériel d’intervention et pastoralisme : quatre leviers sont ainsi défendus dans un courrier adressé à la ministre de l’Agriculture. Une réflexion qui concerne directement le Vaucluse, où plusieurs massifs forestiers sont classés comme particulièrement exposés au risque incendie.

Dans la guerre contre les incendies, les agriculteurs pourraient-ils être mieux armés ? C’est en tout cas ce qu’observe la Chambre régionale d’agriculture Provence-Alpes-Côte d’Azur. Dans un courrier adressé le 31 juillet à Annie Genevard, ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, sa présidente Georgia Lambertin rappelle que les exploitants ne sont pas seulement des victimes potentielles des incendies : ils participent aussi, au quotidien, à la protection des territoires.

Quand les champs deviennent des lignes de défense
Et cela concerne particulièrement le Vaucluse, où agriculture, habitat et espaces boisés se côtoient étroitement. Les cartes préfectorales identifient plusieurs secteurs particulièrement exposés tels que le massif du Mont Ventoux, les Monts de Vaucluse, le Luberon et les Dentelles de Montmirail. Dans ces territoires fragmentés, une parcelle cultivée, terre de production créé une discontinuité dans la végétation qui peut grandement  faciliter l’intervention des secours.

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Les friches dans le viseur
C’est le premier axe défendu par la Chambre régionale : remettre en culture les terres agricoles délaissées. Georgia Lambertin propose d’installer des cultures entre les zones urbanisées et les massifs forestiers afin de créer des zones tampons. Objectif ? Empêcher la continuité de la végétation combustible et maintenir des espaces ouverts susceptibles de ralentir la progression du feu.

Terres de Vaucluse
L’idée intéresse tout particulièrement le Vaucluse, où la prévention repose déjà sur une organisation précise de la défense des massifs. Le Plan départemental de protection des forêts contre les incendies doit justement articuler les espaces forestiers avec les zones urbaines, agricoles et naturelles. Sa prorogation court jusqu’au 31 décembre 2026. Autrement dit, l’agriculture ne serait plus seulement considérée comme une activité à protéger face au feu, mais comme l’une des composantes de l’aménagement permettant de mieux lui résister.

Des agriculteurs équipés pour donner l’alerte
Deuxième demande : donner davantage de moyens aux exploitants installés à proximité des zones sensibles. La Chambre régionale propose de recenser les agriculteurs susceptibles d’être mobilisés et de contribuer financièrement à l’achat de matériel d’intervention. Elle réclame également des moyens de communication permettant de transmettre plus rapidement une alerte, en coordination avec les sapeurs-pompiers et l’Office national des forêts. La proposition ne consiste évidemment pas à substituer les agriculteurs aux professionnels du secours. Elle vise plutôt à mieux utiliser leur connaissance du terrain et les moyens dont ils disposent déjà. Une logique qui prend tout son sens en période de danger élevé : en Vaucluse, entre le 15 juin et le 15 septembre, l’accès aux massifs et certains travaux peuvent être restreints ou interdits selon le niveau de risque. En niveau ‘rouge E’, l’accès et les travaux dans les massifs sont interdits.

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Les troupeaux, auxiliaires de la prévention
L’autre idée forte du courrier de la Chambre régionale d’agriculture de Paca à la ministre de l’Agriculture concerne le pastoralisme. Le pâturage contribue à maintenir une strate herbacée plus basse, dans les espaces où la végétation gagne du terrain. La Chambre régionale souhaite donc renforcer le soutien économique au sylvopastoralisme et faciliter l’accès durable des troupeaux aux espaces naturels.

Partage d’espace
Elle propose notamment des contrats de location pluriannuels entre éleveurs, propriétaires et gestionnaires d’espaces naturels. Ces contrats pourraient intégrer directement les objectifs de débroussaillement et de Défense des forêts contre les incendies (DFCI).Dans la Drôme voisine, lors de l’incendie qui a parcouru quelque 4 400 hectares dans le Diois en juillet, des agriculteurs avaient déjà contribué à ralentir la progression des flammes en déchaumant leurs parcelles. Mais la Chambre régionale veut aller plus loin : elle demande notamment que le cadre forestier évolue pour faciliter le pâturage caprin lorsque celui-ci contribue à l’entretien des milieux.

Evolution de la politique de lutte contre les incendies
Si les moyens aériens, les camions et les milliers de sapeurs-pompiers sont indispensables à la lutte contre l’incendie, l’agriculture, elle, peut agir en amont, à titre préventif. Dans son courrier, Georgia Lambertin souligne un paradoxe : alors que les exploitations agricoles veillent à la protection des territoires, elles sont elles-mêmes fragilisées par les sécheresses, les incendies, les inondations ou encore les épisodes de gel.

Les espaces forestiers représentent 52% du territoire de Paca
En Provence-Alpes-Côte d’Azur les espaces forestiers couvrent 52% du territoire, ainsi le  maintien des terres cultivées, l’élevage et la gestion des friches sont essentiels à l’équilibre d’un territoire où la frontière est ténue entre ville, campagne et forêt. Le message de Georgia Lambertin, présidente  de la Chambre régionale d’agriculture de Provence-Alpes-Cote d’Azur, adressé à la Ministre de l’Agriculture, explique que pour combattre les incendies de demain, il est aussi nécessaire de préserver, ceux qui entretiennent les paysages aujourd’hui.
Mireille Hurlin

Replantation de la Montagnette à Barbentane après l’incendie des 14 et 18 juillet 2022 Copyright Mireille Hurlin

Le Ventoux, terre d’excellence pour la cerise et pour le raisin de table

Avec un potentiel de 3000 tonnes et une trentaine de producteurs pour le diamant rouge et 2 à 3000 tonnes et 150 producteurs pour le muscat bleuté, le Vaucluse occupe une place centrale dans ce secteur fruitier.

« 75% de la surface française pour la cerise et 60% pour le raisin de table » précise René Reynard, Président de la Coopérative Fruiventoux à Mazan, en compagnie de Christian Roux, Président de l’AOP raisin qui ajoute : « Ces 2 filières constituent une vraie vitrine du terroir local de qualité. Elles contribuent fortement à l’économie agricole régionale, à l’emploi et à la souveraineté alimentaire française. »

Mais leur satisfaction est atténuée face aux insectes ravageurs, aux aléas climatiques (canicule, gel, grêle) et aux attentes des consommateurs.  Une mobilisation collective est donc nécessaire pour mettre au point des solutions durables et comptatibles avec la transition agroécologique.

Pour protéger les parcelles, la solution réside en la présence de filets qui les recouvrent, limitent les traitements phytosanitaires, les attaques des nuisibles et il sécurise les rendements, « Plutôt que le palissage, le gablage est une meilleure solution avec des piquets et des filets anti-grêle, il offre plus de feuillage donc de photosynthèse, moins de brûlures dues au soleil et moins de prise au vent. Il coûte trois fois moins cher, 30 000€/ha au lieu de 90 000€. En plus, il divise par trois le temps de main d’oeuvre, ce n’est pas rien », constate René Reynard. « Cette année, on constate une qualité exceptionnelle du raisin, il a de longues grappes, de gros grains, il est précoce, le ban des vendanges aura lieu normalement le 17 août. »

Pour dynamiser l’image du raisin, un concours de photos est organisé (à mailer à fruiventoux1@orange.fr pour gagner son poids en grappes) et la Fête du Muscat AOP du Ventoux aura lieu le dimanche 30 août à Malemort-du-Comtat avec, à partir de 9h vide-grenier, marché des artisans et producteurs, buvette, animation musicale et concert du groupe El Condor à 21h.


Une 1re en Vaucluse : ‘Terres de demain’, les Assises de l’Agriculture au Château de Beaucastel

Organisées par La Provence et Le Crédit Agricole chez la Famille Perrin, ces rencontres-débats sur les enjeux de l’agriculture et la viticulture de demain ont été l’occasion de faire le point sur le changement climatique, les attentes des consommateurs et la transition environnementale avec des paysans, des élus et des représentants de l’INRAE et du Canal de Carpentras. 

« L’eau et les agriculteurs » ou encore « Économie agricole et viticole face aux nouveaux défis » ont été les sujets abordés notamment par Franck Alexandre, Président du Conseil d’Administration de la Caisse d’Épargne, d’Isabel Ferrando, propriétaire du Domaine réputé de Saint-Préfert à Châteauneuf-du-Pape, de Nicolas Paget, le maire de Courthézon, de Bénédicte Martin, vice-présidente de la Région Sud, en charge de l’agriculture, la viticulture, de la ruralité et du terroir et de Christian Mounier, vice-président du Conseil Départemental de Vaucluse et fils de paysans.

Au cours des échanges animés par le directeur de la rédaction de La Provence, Olivier Biscaye, venu de Marseille et en présence de la directrice départementale du journal, Mélanie Ferhallad, Nicolas Paget a insisté sur « le lieu emblématique où nous nous trouvons, le Château Beaucastel, une propriété d’exception connue dans le monde entier pour sa production de Châteauneuf-du-Pape. Ici, l’eau et sa raréfaction est un sujet majeur, comme l’innovation, la pression foncière. Nous devons éviter une urbanisation excessive pour préserver les mètres carrés agricoles. » Il a aussi parlé de remembrement. « Depuis la construction de la ligne TGV Med en 2000 qui a redessiné les paysages de la Vallée du Rhône, nos parcelles sont trop petites, entre 2 000 et 3 000m², il faut au minimum 3 à 5 hectares pour que passent les engins agricoles d’aujourd’hui  Donc nous devons tous travailler ensemble pour avancer. »

L’agriculture, 1re économie de Vaucluse

En l’absence des présidentes régionale et départementale de la Chambre d’Agriculture, c’est Christian Mounier qui a rappelé que l’activité agricole au sens large (fruits, légumes et vignes) est la 1re économie de Vaucluse (1 106M€ de chiffre d’affaires et 12 700 emplois). Il a aussi mis en évidence le rôle incontournable du Barrage de Serre-Ponçon, non seulement comme producteur hydroélectrique, comme infrastructure touristique mais aussi dans l’irrigation avec une retenue d’eau de 1,272 km3 (milliards de m3) et un débit de la Durance de 80m3/seconde, sans oublier le projet HPR (Hauts de Provence Rhodanienne) dans le Nord Vaucluse.

« Nous devons nous adapter au marché. »

Franck Alexandre

Franck Alexandre, le vigneron-banquier a lui aussi parlé de la nécessité de remembrer les terres dans le Vaucluse où la surface moyenne des parcelles est de 23 hectares. Il a évoqué le besoin de cultiver d’autres espèces comme les pistaches et les grenades, économes en eau. Et parlé des vins qu’attend le consommateur. « Nous devons nous adapter au marché. Aux rouges trop lourds, trop alcooleux, les jeunes préfèrent des vins plus légers, plus frais. » Il a aussi évoqué une structure qui entre 1963 et 2014 a façonné le territoire, la DATAR (Délégation à l’aménagement du territoire et à l’action régionale), à l’époque d’Olivier Guichard, Jérôme Monod, Philippe Lamour, Edgar Pisani. « Il suffisait d’un ou deux coups de fil à Paris pour peser sur les décisions qui nous concernaient ici, dans le Sud. Maintenant on a perdu un peu de notre influence dans les ministères de la capitale, même si on est toujours en relation avec la préfecture qui fait remonter les dossiers. »

Au Château de Beaucastel, ‘Terres de Demain’, les 1res Assises Agricoles. ©Andrée Brunetti / L’Echo du Mardi

Réduire la consommation d’eau…

De son côté, André Bernard, ancien président de la Chambre Régionale d’Agriculture et actuel président du Canal de Carpentras, a évidemment, parlé de l’énorme projet HPR à 480M€ pour irriguer 22 000 hectares sur 81 communes du Nord Vaucluse et du Sud Drôme. « Nous avons absolument besoin d’irrigation tout en divisant par deux la consommation d’eau. Nous avons déjà montré notre adaptation avec le goutte à goutte puisque nous avons déjà fait baisser la consommation par 10. »

André Chanzy qui est directeur de recherche à l’INRAE d’Avignon, a évoqué la « plasticité » des plantes. « Depuis le 1er épisode de sècheresse en France qui remonte à 1976 — à l’époque on ne parlait pas encore de canicule comme aujourd’hui 50 ans après — on avait remarqué que la croissance des arbres avait ralenti. Depuis, on a évolué, grâce effectivement au goutte à goutte qui renforce le système racinaire. Par capillarité, l’humidité se maintient, on sait la piloter, la contrôler, mesurer le taux d’hygronomie à la goutte près. Mais paradoxalement en enterrant les tuyaux et les canalisations en profondeur, les oiseaux comme les insectes, les plantes et la biodiversité ont du mal à profiter de l’eau pour survivre. Il faut neutraliser cet effet pervers pour maintenir l’écosystème. »

…tout en résistant à la sécheresse

De son côté Bénédicte Martin, la conseillère régionale a, elle aussi, évoqué le rôle d’accompagnement que joue la région Provence-Alpes-Côte d’Azur auprès des paysans, « pour une agriculture durable, viable, de qualité et compétitive. » Elle a évidemment parlé du rôle crucial de l’eau, « C’est une question de survie qui conditionne tout, la production agricole et viticole comme les paysages qui attirent des touristes du monde entier. C’est pourquoi nous participons à toutes les expériences, par exemple au vignoble de Piolenc, avec des espèces résistantes à la sècheresse comme aux maladies et des panneaux photovoltaïques orientables pour protéger les feuilles de vigne des rayons intenses du soleil. Et d’insister sur la nécessité de programmer un calendrier d’investissements année après année pour le lourd, très lourd financement du projet HPR, en ces périodes d’endettement maximum de la France.

« L’eau, c’est une question de survie. »

Bénédicte Martin

En marge des débats, Isabel Ferrando a alerté sur l’impact de la canicule sur les prochaines vendanges. « La maturité des vignes avance à la vitesse grand V, sur notre vignoble, on va devoir entamer la récolte dès le 10 août. Le problème, c’est de recruter du personnel aussi tôt. Or, la MSA (Mutualité sociale agricole) couvre tous les paysans, salariés ou pas, pour l’ensemble des branches de la Sécurité Sociale : maladie, famille, vieillesse, accidents du travail, maladies professionnelles, insertion, sécurité au travail et embauche. Justement, c’est là que le bât blesse. Ici, dans le Vaucluse, c’est le seul département du Sud qui fonctionne ainsi, elle considère que la prestations de service est une forme de concurrence à l’interim. Elle doit se limiter à des tâches extrêmement qualifiées sinon c’est de l’interim caché, du travail dissimulé. Moi, je supervise les saisonniers quand ils arrivent à Saint-Préfert, je leur explique ce qu’ils doivent faire et je leur fournis le matériel nécessaire. C’est à nous de faire les contrats à la place de la MSA, de vérifier leur identité, de les déclarer, c’est kafkaïen face à l’avancement de la date des vendanges et surtout face à la pénurie de main d’oeuvre. J’en ai parlé à France Travail et à Monsieur le Préfet, j’espère que tout va rentrer dans l’ordre rapidement. »

Le Château de Beaucastel a accueilli ces 1res Assises de l’Agriculture

Ces 1res Assises de l’Agriculture ont été l’occasion de rencontrer « l’âme de ce lieu », Jean-Pierre Perrin, qui, avec son frère François, représente la 4e génération de propriétaires de ce domaine d’exception, le Château de Beaucastel qui date de 1549 et qui a fait l’objet de travaux qui ont duré 7 ans. « Je suis un paysan, j’ai les pieds sur terre. Notre but n’était pas de faire flamboyer, briller cette propriété, d’impressionner. Au contraire, on a pensé à ce que vivraient nos petits-enfants quand le climat aura encore changé. Du coup, on a pensé à une climatisation naturelle, avec une cave de vinification adaptée au climat à venir. On a fait tous ces travaux pour être en phase avec le futur. Le beau, on s’en fout. Nous on a voulu faire mieux avec moins. Ici, pas de béton, pas de ferrailles pour l’armer, de la terre et de la pierre. » Les argiles ont été utilisées pour le pisé.

Quand Jean-Pierre Perrin, son frère François et leurs enfants ont décidé d’entamer des travaux, ils ont demandé à une agence de lancer le concours international d’architectes. Parmi les 1 360 propositions, une a émergé du lot, celle de l’architecte indien Bijoy Jain qui travaille sur des maquettes, pas des dessins et qui prend en compte les techniques de construction locales comme les matériaux, en une relation terre – forme – histoire. Il a été choisi avec un autre architecte, Louis-Antoine Grégo, dont le cabinet est installé à Avignon.

Jean-Pierre Perrin, poursuit : « On est parti d’une feuille blanche. C’était en plein Covid. Avec les garanties décennales, les assureurs ont mis deux ans pour accepter le contrat. Le risque supplémentaire, c’est qu’en période de confinement, de France au ralenti, les entreprises choisies ne savaient pas combien de temps cela allait durer, finalement tout le monde a signé. Et les taux d’intérêt étaient ridiculement bas, du coup ça a coûté (un peu) moins cher. L’architecte indien qui a été choisi n’avait jamais fait de cave, mais il est diplômé de l’Université Saint-Louis de Washington et donne des cours à Zurich, à New-York. »

« Je suis paysan et à 82 ans, j’entend le rester, j’ai horreur du superficiel, du clinquant. » Dans cette famille où on fait du vin bio et biodynamie sur une centaine d’hectares dans une démarche naturelle, les 6 000m² de bâtiments beiges et ocres ont été préservés, 4 000m3 de cave ont été creusés, la terre, le sable et les galets conservés pour être réemployés.  « Du coup on a évité une noria de camions, de pollution sonore, visuelle, de poussières et de vibrations au milieu du vignoble », ajoute le patriarche. À 9m sous terre, se trouve un bassin de 2 000m3 où les eaux de pluie sont filtrées et où le mistral s’engouffre et refroidit le chai. Entre vignes, oliviers, chênes-truffiers, pins, cyprès, essences méditerranéennes se sont fait leur place.

L’un des fils de Jean-Pierre Perrin, Marc, qui a rencontré un ami commun de Brad Pitt et Angelina Jolie, a été chargé par le couple-star en 2011 de s’occuper du Château de Miraval dans le Var où ils sont associés. Un partenariat qui a permis de voir l’acteur en chair et en os sur l’AOC Châteauneuf-du-Pape. Mais Jean-Pierre Perrin reste humble et discret. « Ici, pas de cars de touristes. Pas de caveau de vente. On reçoit les visiteurs uniquement sur rendez-vous pour leur parler de notre savoir-faire. On souhaite simplement leur inoculer notre passion du vin. » Sur les 13 cépages utilisés par Beaucastel pour ses assemblages, le rouge compte un pourcentage de 30% de Mourvèdre, sans doute ce qui le rend unique. Chaque année 600 000 bouteilles sont produites à Courthézon.

Le Château de Beaucastel a reçu en 2025 le Prix AMO de l’Association Architectes et Maîtres d’Ouvrage pour cette réalisation « exemplaire » par son innovation, sa qualité et son engagement environnemental.

Le Château de Beaucastel. ©Famille Perrin

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