Alerte au risque de gel sur les cultures en Vaucluse
Afin de lutter contre les risques de gel sur les cultures en Vaucluse, la préfecture autorise provisoirement l’utilisation des dispositifs antigel dans les exploitations agricoles.
Au regard de la situation météorologique et des phénomènes de gels prévisibles pour les prochaines nuits, la préfecture de Vaucluse vient de prendre un arrêté dérogatoire « à l’interdiction d’emploi du feu est accordée par le préfet aux exploitants agricoles afin de protéger les cultures contre le gel ».
L’arrêté préfectoral du 30 janvier 2013, modifié le 7 février 2018, interdit l’emploi du feu entre 8h30 et 16h30 (10h et 15h30 dans la zone d’application du plan de protection de l’atmosphère de l’unité urbaine d’Avignon). Par ailleurs, l’emploi du feu à moins de 200 mètres des bois et forêts est soumis à autorisation préfectorale du 1er mars au 15 avril.
Cependant, compte-tenu de la situation météorologique actuelle, les exploitants agricoles bénéficient d’une dérogation leur permettant d’utiliser des dispositifs antigel à flamme près des bois et forêts, en dehors des horaires habituels fixés par l’arrêté du 30 janvier 2013 modifié.
Cette dérogation s’applique du 26 mars 2026 à 22 heures, au 2 avril 2026 à 8 heures du matin.
Les appareils stables de type bougies, chaufferettes, brûleurs à propane ou équivalents sont les seuls autorisés à être utilisés. Cette mise en œuvre n’est possible que si le vent n’est pas supérieur ou égal à 40 km/h (rafales comprises) et sous surveillance active des exploitants agricoles.
L.G.
Alerte au risque de gel sur les cultures en Vaucluse
Dans un contexte de déclin des insectes en raison notamment du changement climatique, la SCIC L’Abeille Rousse a décidé d’innover en proposant des abeilles solitaires pour la pollinisation en agriculture notamment. Elle fournit également du matériel adapté avec un accompagnement aux agriculteurs.
« Nous travaillons depuis des décennies sur la pollinisation. Paul Bonnafé, Martin Perigault et moi-même avons une grande expérience dans ce domaine. Nous nous sommes attardés sur les abeilles osmies qui ont la caractéristique d’être solitaires, contrairement aux abeilles domestiques vivant en ruches et fabriquant le miel », explique Jean-Marc Cheyrias, président et directeur de la SCIC L’Abeille Rousse, fondée en 2024. Le siège l’entreprise se trouve dans les locaux loués à la CoVe, Mon premier bureau, au Marché-gare de Carpentras.
Depuis 2018, l’association L’Abeille Rousse propose un service de pollinisation par les osmies qui a fait ses preuves auprès d’un large réseau d’agriculteurs, de partenaires et d’experts. Conformément à ses engagements lors de sa création et forte de ce réseau qui a contribué à sa réussite sur le terrain, l’association a créé une SCIC, juridiquement plus adaptée à ses activités économiques. Ce statut a permis de fédérer usagers, salariés, partenaires, experts et citoyens dans un projet alliant efficacité économique, développement local et utilité sociale face aux problématiques de la pollinisation liées à la chute des populations des insectes pollinisateurs et à la nécessaire adaptation des services de pollinisation au changement climatique.
La SCIC a 38 sociétaires : des usagers convaincus, des partenaires impliqués comme Pom’Evasion, Pink Lady Europe, Cerises Lazare, la Compagnie des amandes, RAGT, Koppert France et les Dorloteurs d’abeilles. Elle comporte trois salariés : le directeur, une ingénieure agronome et un ouvrier. En plus du siège à Carpentras, elle a un laboratoire à Pernes-les-Fontaines et dans l’Yonne. Son projet est de proposer ses services sur le tout pour le territoire national.
Différents services proposés
« Nous proposons aux agriculteurs des cocons, des abris et des nichoirs et formons leur équipe à la gestion de cette étape-clé qu’est la pollinisation. Nous avons ainsi la ferme volonté de contribuer à l’acquisition de nouvelles connaissances en matière de pollinisation. La SCIC a aussi pour mission de sensibiliser à la biodiversité. Nous intervenons ainsi dans les entreprises et les écoles. Nous sommes actuellement en contact avec le Parc naturel régional du Ventoux qui est intéressé par notre démarche », explique Jean-Marc Cheyrias.
L’avantage de cette abeille solitaire est d’avoir un effet pollinisateur beaucoup plus fort. L’estimation de son effet a été mesurée : 8 fois plus importantes qu’une abeille grégaire. Elle travaille à des températures plus basses et sort par tous les temps, du matin au soir.
« Contrairement au concept actuel qui fournit aux arboriculteurs des usines à insectes dans un bac, nous proposons un système complètement différent beaucoup plus écologique. Notre projet très innovant est de rendre à terme les agriculteurs autonomes dans la multiplication des osmies chez eux. »
Pourquoi L’Abeille Rousse ? Une abeille sélectionnée par la SCIC : Osmia cornuta. Il s’agit d’une abeille solitaire parmi les 800 à 900 espèces répertoriées en France métropolitaine. Ses qualités : rapide, robuste, plus de pollen, facile à relâcher, fidèle à sa parcelle. Elle agit en synergie avec l’abeille sociale domestique pour plus de résilience
Agriculture concernée : – arboriculture dans le Val de Loire – cassis de Bourgogne – amandes – cerises – abricots – pommes-poires
Chiffres : – Chiffre d’affaires 2026 : 200 000 € – 300 ha agricoles couverts par ce concept en France dont 70 ha dans la Vaucluse
Alerte au risque de gel sur les cultures en Vaucluse
La Chambre agriculture de Vaucluse a présenté son nouveau projet stratégique pour la période 2026-2030. Un projet qui s’articule autour de trois ambitions : l’accompagnement, la diversification, ainsi que la sécurisation de l’eau.
« Accompagner, diversifier, sécuriser l’eau. » Ce sont les ambitions du nouveau plan stratégique du réseau des Chambres d’agriculture pour ces prochaines années. Un projet pour accompagner les agriculteurs face aux mutations économiques, climatiques et sociétales.
En Vaucluse, un département où la filière agricole constitue l’un des principaux secteurs d’activité, ce projet a du sens. Il a été co-construit avec les Chambres d’agriculture, les partenaires et les agriculteurs dans le but de répondre aux préoccupations des agriculteurs, anticiper les évolutions de l’agriculture, structurer et prioriser les actions du réseau, mobiliser l’expertise collective des Chambres, mais aussi évaluer l’impact des actions menées afin d’améliorer les dispositifs d’accompagnement.
Se rapprocher davantage des agriculteurs
La Chambre d’agriculture de Vaucluse souhaite se « redynamiser », comme le dit Sophie Vache, présidente de la Chambre, pour répondre au mieux aux attentes des agriculteurs. Pour ce faire, le nouveau plan stratégique se base sur trois principes : sécuriser les projets des agriculteurs du début à la fin, créer de la valeur dans les filières tout en contribuant à la souveraineté alimentaire, et positionner les Chambres d’agriculture comme un réseau reconnu, efficient et central dans l’accompagnement des exploitations.
Ainsi, la Chambre vauclusienne va opter pour une transformation interne avec, entre autres, la mise en place de conseillers référents pour chaque agriculteur pour faciliter les échanges et le suivi des exploitations, la proposition d’un accompagnement en faveur de la transition climatique, la mise en place de temps d’échanges avec les élus locaux et les citoyens autour des enjeux agricoles, une formation plus poussée des agriculteurs, etc. « L’objectif est de proposer un accompagnement plus global, plus lisible et plus réactif », explique la Chambre d’agriculture de Vaucluse.
Diversifier les activités
Aussi, la Chambre entend accompagner les exploitants dans leur diversification pour leur permettre de sécuriser leurs revenues et de préparer l’avenir. « Il ne s’agit pas de changer de métier, mais d’encourager les exploitations à développer, lorsque c’est possible, un atelier complémentaire », explique Jordan Charransol, vice-président de la Chambre d’agriculture de Vaucluse. Cette diversification passe par les différentes cultures possibles, des activités complémentaires comme l’agritourisme, l’agrivoltaïsme ou encore la méthanisation.
Les agriculteurs souhaitant plus d’informations peuvent se tourner vers le Point Accueil Diversification (PAD), un dispositif mis en place en Vaucluse qui propose un premier rendez-vous gratuit. Ce dispositif permet aux agriculteurs de présenter leur projet de diversification d’être orientés vers les dispositifs et partenaires adaptés, mais aussi d »être accompagner au mieux.
Sécuriser l’eau
Dans un département qui fait face à de nombreux épisodes de sécheresse chaque année, l’eau constitue un enjeu majeur pour le monde agricole, surtout dans un contexte de changement climatique et de tensions croissantes sur la ressource.
De cette réflexion est né le projet HPR (Hauts de Provence Rhodanienne), qui concerne 81 communes répartis dans le Nord du Vaucluse et le Sud de la Drôme. Ce projet s’appuie sur trois principes : la sobriété et l’efficacité en termes de consommation d’eau, le recours à des ressources moins fragiles sans compromettre leur équilibre, ainsi que l’approche collective.
Alerte au risque de gel sur les cultures en Vaucluse
Le stand du département de Vaucluse vient d’obtenir le prix du coup de cœur du jury lors du salon de l’agriculture 2026 qui vient de s’achever au parc des expositions de Paris. L’espace de 138m2 mettant en valeur les produits et les producteurs de Vaucluse a été distingué par Syrpa, le réseau des communicants agricoles rassemblant près de 400 professionnels de la communication en agriculture, alimentation et environnement.
Ce Syrpa’wards 2026, seul prix officiel permettant de distinguer le travail de communication lors du salon de l’agriculture, a été aussi décerné au Vaucluse par Valérie Le Roy, directrice du Salon International de l’agriculture, et Jérôme Despey, président du Ceneca (Centre national des expositions et concours agricoles) ainsi que du Salon de l’agriculture.
Alerte au risque de gel sur les cultures en Vaucluse
En Provence-Alpes-Côte d’Azur, 17 magasins fédérés par un réseau régional défendent une autre façon de consommer : des produits fermiers vendus directement par ceux qui les cultivent ou les élèvent. Un modèle économique structuré, qui génère près de 20M€ de chiffre d’affaires annuel et dont l’impact sur les territoires dépasse largement l’acte d’achat.
Tensions sur les marchés agricoles mondiaux, volatilité des prix et les crises climatiques interrogent durablement sur notre souveraineté alimentaire. Pourtant, une autre voie s’ouvre entre la grande distribution et la vente à la ferme : celle des magasins de producteurs. En région Provence-Alpes-Côte d’Azur, ils sont aujourd’hui 17 à être réunis au sein du Réseau des magasins de producteurs Paca, créé en 2016.
Une gouvernance 100% agricole Le principe ? Eradiquer les intermédiaires. Les magasins sont gérés collectivement par des agriculteurs, qui en assurent l’approvisionnement et participent à la commercialisation. Fruits et légumes de saison, viandes, fromages, œufs, miels, vins, huiles d’olive, jus, conserves… L’offre reflète la diversité agricole régionale, de la plaine de la Crau aux vergers du Vaucluse, des collines varoises aux alpages des Hautes-Alpes.
Copyright RMP Paca
Traçabilité des produits Ce modèle repose également sur la transparence de l’origine des produits, l’approvisionnement étant exclusivement issu d’exploitations de la région ou des départements limitrophes (hors opérations ponctuelles), avec, en creux, une gouvernance collective. Le magasin devient ainsi un outil économique partagé plutôt qu’un simple point de vente.
Une alternative crédible aux circuits traditionnels Si la vente directe ne représente pas la totalité de la consommation alimentaire des ménages, elle progresse régulièrement. Selon le ministère de l’Agriculture, près d’un agriculteur sur cinq, en France, pratique aujourd’hui la vente en circuit court, signe d’une évolution structurelle du modèle agricole.
Valoriser les produits agricoles Pour les producteurs, il est question de mieux valoriser leurs produits et de sécuriser leur revenu en maîtrisant la chaîne, de la production à la mise en rayon. Pour les consommateurs, le bénéfice est double : fraîcheur et saisonnalité, mais aussi compréhension du prix payé. Le dialogue avec le producteur redonne du sens à l’acte d’achat, où la traçabilité est devenue une exigence sociétale.
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Un effet multiplicateur sur l’économie locale Egalement, l’impact économique devient mesurable. Une étude conduite par l’Inrae (Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement.) et le réseau Trame démontre que chaque euro dépensé dans un magasin de producteurs génère entre 2 et 2,5€ de retombées économiques dans un rayon de 30 kilomètres. L’argent circule localement : rémunération des exploitants, salaires des employés, achats de fournitures, investissements agricoles.
Plus de 350 exploitations En Provence-Alpes-Côte d’Azur, le réseau fédère environ 350 exploitations, soit près de 500 agriculteurs. En 2025, le chiffre d’affaires cumulé des magasins atteint environ 20M€. Ces structures, d’une surface moyenne de 165 m² (de 50 à 300 m²), emploient une quarantaine de salariés. Un maillage encore modeste à l’échelle régionale, mais significatif pour des territoires ruraux confrontés à la fragilité économique et à la pression foncière.
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Un outil de structuration régionale Le réseau régional ne se limite pas à une bannière commune. Il accompagne les magasins sur les plans juridique, technique et économique, propose des formations en partenariat avec Trame, favorise les échanges d’expériences et assure une promotion collective auprès du grand public. Cette agriculture protéiforme nourrie de viticulture, d’arboriculture, de maraîchage, d’élevage ovin et caprin, contribue à maintenir une diversité productive et à consolider les exploitations face aux aléas des marchés internationaux.
Les produits d’ici Consommer dans un magasin de producteurs n’est plus seulement privilégier le ‘produit d’ici’. C’est participer à une organisation économique qui relocalise la valeur, soutient l’emploi agricole et commercial, et redonne aux producteurs un rôle central dans le paysage alimentaire régional. Finalement, le modèle apparaît moins comme une alternative marginale que comme un laboratoire grandeur nature d’une économie territoriale réinventée. Retrouver les magasins de producteurs ici.
Alerte au risque de gel sur les cultures en Vaucluse
A l’occasion de la 62e édition du Salon international de l’agriculture de Paris, le Département de Vaucluse a décidé de réinventer son espace 2026 afin de mieux promouvoir la richesse et la diversité de son agriculture aux nombreux visiteurs de l’événement. Un concentré de Vaucluse qui n’empêche les responsables politiques locaux de rester vigilants sur les enjeux concernant l’avenir de la filière et son impact majeur dans le département.
Après les années à thèmes comme la lavande ou le miel, la création d’une boutique ‘La Vauclusienne’, ou bien encore le décor d’une place de village provençal, le stand du Département de Vaucluse du salon de l’agriculture a pris l’apparence, cette année de halles des saveurs. Un nouvel espace réinventé de 138m2 qui fait la part belle aux produits de Vaucluse, à ses savoir-faire et à son art de vivre.
Pour cela, ‘ce concentré éphémère de Vaucluse’ édifié en plein cœur du parc des expositions de Paris du 21 février au 1er mars prochain a pu s’appuyer sur ses partenaires habituelles comme la Chambre d‘agriculture de Vaucluse, le Comité de promotion des produits de Vaucluse mais aussi, pour la partie touristique, Vaucluse Provence Attractivité. Dans cette ambiance de marché couvert, de nouvelles têtes sont aussi venues faire rayonner le Vaucluse en 2026 : Raphaël Vannelle et son incontournable sirop Pac Citron de la distillerie Blachère à Châteauneuf-du-Pape, la vente de la traditionnelle soupe au pistou ainsi que de la restauration provençale avec Pierrick et Sandrine Martin, des démonstrations avec Johannes Richard le champion du monde 2023 de burger… Côté vignoble, ce sont les appellations des vignerons de Plan-de-Dieu, Sablet, Massif d’Uchaux et Sainte-Cécile-les-Vignes qui se sont partagées l’animation des dégustations du bar à vin de l’espace Vaucluse.
Le Stand du Vaucluse. Crédit : L’Echo du mardi/Laurent Garcia
Dans le même temps une quinzaine de producteurs se succèdent, tous les 2 ou 3 jours, afin de présenter et proposer leurs produits aux nombreux visiteurs. En contact direct, les agriculteurs, viticulteurs, apiculteurs, distillateurs et chefs cuisiniers partagent ainsi des moments privilégiés avec le public de gourmets ou les simples curieux. « Le Salon de l’agriculture est une opportunité essentielle pour faire connaître au plus grand nombre la diversité de notre agriculture, mais aussi le travail quotidien des agriculteurs qui font vivre nos territoires », précise Sophie Vache, présidente de la Chambre d’agriculture de Vaucluse. De son côté, Nicolas Berger, président du Comité de promotion des produits du Vaucluse, souligne « l’importance de cette présence collective pour valoriser les filières, renforcer leur visibilité et affirmer l’identité agricole du Vaucluse auprès du grand public. »
Le premier département agricole de Paca Il faut dire qu’avec plus d’un milliard d’euros de chiffre d’affaires annuel généré par ses ‘paysans’, le Vaucluse est comme un poisson dans l’eau dans ce salon de l’agriculture 2026. Premier département agricole de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur en termes de surface, de chiffres d’affaires et de volume de production, le Vaucluse est couvert à près de 40% par des terres agricoles. Il est le 1er producteur national de cerise, de raisin de table et d’essence de lavande ainsi que le 2e producteur de pomme et de vin AOP. Il regroupe également de nombreuses IGP (Indication géographique protégée) comme le Melon de Cavaillon et la cerise Côteaux du Ventoux, des AOP (Appellation d’origine protégée) comme celles de l’huile essentielle de lavande et du muscat du Ventoux ou bien d’AOC (Appellation d’origine contrôlée) comme le cru de Châteauneuf-du-Pape ou bien encore les vins du Luberon et du Ventoux.
Par ailleurs, l’agriculture vauclusienne compte près de 12 000 emplois et se positionne en 8e position des départements français en termes de production bio avec 38 100 ha en agriculture biologique, soit un tiers de ses surfaces agricoles. A cela s’ajoute les industries agroalimentaires qui emploient environ 4 500 salariés. Inutile de dire qu’avec un tel poids, le Vaucluse joue à domicile au salon de l’agriculture. Pour autant, le ciel n’est pas entièrement dégagé pour le secteur et les élus sont là pour le rappeler.
Crédit : L’Echo du mardi/Laurent Garcia
« Aujourd’hui, c’est notre souveraineté alimentaire qui est menacée. »
Dominique Santoni, présidente du Conseil départementale de Vaucluse
Tout n’est cependant pas rose dans le ciel de nos agriculteurs et Dominique Santoni, présidente du Conseil départementale venue inaugurée le stand du Vaucluse s’en inquiète : « 2026, c’est une année un peu particulière car il y a une crise agricole qui perdure. Aujourd’hui, c’est un salon qui est un peu moins joyeux. Avant il n’y avait plus de volailles, désormais il n’y a plus de bovins. Cela marque un véritable signal d’alarme qui dit beaucoup des difficultés que rencontrent nos agriculteurs. Avec des exploitations de plus en plus menacées et des agriculteurs qui risquent de perdre leur travail. Et, au-delà, c’est notre souveraineté qui est menacée, alors qu’il est primordial que nous puissions nourrir nos populations avec des produits de qualité bénéficiant de la meilleure traçabilité. » Dominique Santoni insiste : « le coût de la souveraineté alimentaire que l’on perd aujourd’hui sera encore plus lourd demain si on ne fait pas quelque chose maintenant. »
Le stand des sirop Pac Citron Fun blue de la distillerie Blachère de Châteauneuf-du-Pape a rencontré un franc succès.Crédit : L’Echo du mardi/Laurent Garcia
Une responsabilité collective « La France dispose de la meilleure sécurité alimentaire du monde, complète Christian Mounier, vice-président du Conseil départemental et président de la commission agriculture-eau-alimentation. Si nous perdons notre autonomie alimentaire, nous allons devoir importer des produits qui sont conçus avec des produits phytos interdits ici et qui constituent en plus de la concurrence déloyale en matière de coût de production. Dans les années 60, le Vaucluse c’était le jardin de l’Europe, aujourd’hui on importe au quotidien pour nourrir nos administrés. Il faut aussi anticiper les conséquences sur la santé que pourront avoir les consommation de ces produits venus d’ailleurs. »
« On sait que le consommateur regarde son portefeuille, reconnaît la présidente du Conseil départemental, mais je crois qu’il y a une vraie responsabilité collective à rétablir notre souveraineté alimentaire. Il faut que tout le monde s’y mette pour que les agriculteurs puissent recevoir un revenu correct de leur production. Pour cela, peut-être faut-il travailler pour que les consommateurs puissent accéder à toutes les productions en circuit court et les productions locales. »
L’agriculture dans l’ADN du Vaucluse Si l’agriculture est l’un des secteurs les plus importants du département, Christian Mounier rappelle qu’elle participe également à la bonne santé d’autres activités vitales pour l’économie vauclusienne. « Il y a un équilibre entre agriculture et tourisme. L’un ne va pas sans l’autre, explique-t-il. Avant, il n’y avait aucune friche sur notre territoire. La moindre parcelle de quelques centaines de mètres carrés était exploitée. Maintenant, on a des dizaines de milliers d’hectares qui sont en friche en Vaucluse. Malgré nos dispositifs de soutien, nous manquons d’agriculteurs parce qu’ils ne vivent plus de leur travail. Il y a donc un vrai problème de rentabilité, non pas pour faire fortune, mais pour seulement gagner décemment sa vie. Si à terme nous avons une agriculture en perdition, je ne vois pas ce que viendront faire les touristes dans des friches. Donc, si on a une problématique de tourisme, c’est qu’on aura une agriculture en très grande difficulté. Pour nous, ce sont donc deux piliers indispensables pour lesquels le Département fait beaucoup d’efforts en termes de promotion et de soutien de toutes les filières. »
Dominique Santoni. Crédit : DR
« Il y a un équilibre entre agriculture et tourisme. L’un ne va pas sans l’autre. »
Christian Mounier, vice-président du Conseil départemental et président de la commission agriculture-eau-alimentation
Si à cela on rajoute les problématiques liées au changement climatique, aux aléas météorologique, à la gestion de l’eau… l’avenir du secteur reste incertain. Dans l’urgence, le Département a débloqué une enveloppe annuelle de 100 000€ afin d’aider les agriculteurs à surmonter la crise viticole. Le Conseil départemental a aussi accompagné la création de la maison des producteurs à Monteux et espère que l’initiative, mettant directement en lien les producteurs avec les consommateurs, rencontrera un succès pérenne auprès des consommateurs. « Les agriculteurs ce n’est pas le problème. Les agriculteurs c’est la solution », insiste Dominique Santoni.
L.G.
Bénédicte Martin (au centre), vice-présidente vauclusienne de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, en charge de l’Agriculture, de la viticulture, de la ruralité et du terroir et François de Canson, Vice-Président de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, en charge du développement économique, de l’attractivité, du tourisme et de la prévention ont inauguré le stand de la Région Sud au Salon International de l’Agriculture, aux côtés notamment d’Eliane Barreille, Présidente du Département des Alpes de Haute-Provence, Charles Ange Ginesy, Président du Département des Alpes-Maritimes, Dominique Santoni, Présidente du Département de Vaucluse et Jean-Louis Masson, président du Département du Var. Crédit : Régis Cintas-Flores
Alerte au risque de gel sur les cultures en Vaucluse
La Chambre d’agriculture de Vaucluse vient d’organiser une présentation consacrée aux perspectives de l’agriculture vauclusienne à l’horizon 2026. L’occasion pour la Chambre de réaffirmer sa détermination à soutenir les agriculteurs, à porter leurs enjeux et à continuer de les accompagner face aux défis à venir, en lien étroit avec ses partenaires institutionnels.
Cette rencontre a permis à la Chambre d’agriculture, par la voix de sa présidente Sophie Vache et de son secrétaire général Thierry Vaute, de présenter ses orientations et priorités, aux côtés de Bénédicte Martin, vice-présidente de la Région Sud, et de Christian Mounier, vice-président du Département de Vaucluse.
La présidente de la Chambre d’agriculture Sophie Vache a rappelé la volonté de l’établissement consulaire de renforcer son accompagnement économique, en complément de l’expertise technique, avec trois priorités majeures :
ramener de la trésorerie sur les exploitations
développer davantage de projets structurants
mieux accompagner les agriculteurs dans leurs choix stratégiques et économiques
Un soutien sans faille du Département et de la Région Du côté du Département, Christian Mounier a confirmé le maintien d’un soutien financier fort à la Chambre d’agriculture, à travers une convention annuelle de 315 000€, destinée à soutenir ses actions et celles des agriculteurs. Il a notamment mis en avant le dispositif Graines d’avenir, qui a permis d’accompagner 81 jeunes agriculteurs depuis 2018, pour un montant total de 328 500€, dont 60 000€ mobilisés en 2025. Le Département poursuit également son engagement en faveur de la reconquête des friches agricoles, avec 50 000 € budgétés, ainsi que ses actions pour favoriser l’approvisionnement local dans la restauration collective.
Représentant la Région Sud, Bénédicte Martin, a pour sa part souligné la gravité de la crise viticole, tout en rappelant les dispositifs régionaux existants, notamment un budget de 800 000€ dédié à la recherche, à l’expérimentation et à la promotion. La Région souhaite également renforcer l’accompagnement à la professionnalisation de la commercialisation et à l’export, avec un soutien ciblé pour une quinzaine de structures par an. Les enjeux liés à la PAC (Politique agricole commune) après 2027 et à l’évolution de ses financements ont également été abordés.
Le secteur de la viticulture dans le dur Face aux difficultés rencontrées par la viticulture, le Département a annoncé l’ouverture d’un budget spécifique de 100 000€ dédié à la diversification, avec une priorité donnée aux jeunes agriculteurs. « C’est un vrai crève-cœur de savoir qu’on va avoir 20% de viticulteurs qui arrêtent, parmi ceux qui demandent l’arrachage. Mais il faut surtout se dire qu’on a 80% des viticulteurs qui veulent cette opportunité pour rebondir, réorganiser leur entreprise, et pour envisager l’avenir. » Une orientation pleinement partagée par la Chambre d’agriculture de Vaucluse, qui s’est engagée dans cette voie avec la mise en place du Point Accueil Diversification et l’organisation d’un premier forum dédié, réunissant de nombreux porteurs de projets.
« Pour que le projet HPR débouche, il faut qu’on y aille tous. ».
Bénédicte Martin, vice-présidente de la Région Sud
Les échanges ont également porté sur les enjeux hydrauliques, avec plusieurs projets structurants en cours sur le territoire, notamment le projet HPR et sur la nécessité d’une mobilisation collective des collectivités, des intercommunalités et des agriculteurs. « Ce n’est pas qu’une question de paysans. Ce sont vos territoires ruraux, des zones d’activités économiques à ciel ouvert. Pour que le projet HPR débouche, il faut qu’on y aille tous », rappelle Bénédicte Martin.
L.G.
Alerte au risque de gel sur les cultures en Vaucluse
Marie-Line Benet a lancé son entreprise de culture de chanvre en 100% bio en 2021, avec le statut de micro-entreprise-BA (bénéfice agricole). Elle a un parcours professionnel riche. Elle a en effet tenu plusieurs affaires dans des secteurs différents avant de se lancer dans l’agriculture.
« Ma famille a toujours habité sur la commune de Mazan. J’ai acheté deux parcelles en 2023 sur ce même village, en pleine campagne, dans un endroit magnifique, humide, propice à la culture », explique Marie-Line Benet. De 2021 à 2023, elle a loué une terre pour expérimenter son affaire. Cela été concluant. Elle a ensuite pris la décision d’investir sur 1,3 ha de terres, avec la mise en place d’un forage, en cultivant une plante vertueuse, le chanvre. « J’ai ce projet depuis longtemps, avec la passion. Durant mes deux années d’expérimentation, je suis tombé amoureuse cette plante aux multiples vertus. J’ai ensuite eu l’opportunité de trouver un terrain pour être autonome. » Pour compléter sa connaissance sur cette plante, sa culture et sa transformation, elle a suivi des formations de la Chambre d’agriculture du Vaucluse.
Trois produits dérivés
« J’ai découvert cette plante suite à la visite chez un chanvrier. Pour parfaire ma formation, j’ai effectué de nombreuses recherches sur internet et rencontré des personnes spécialistes du domaine. » Elle se spécialise dans la fleur femelle du chanvre qui produit des cannabinoïdes de CBD et CBC. « Tout est en bio Ecocert, aussi bien sur la culture que sur la transformation réalisée dans mon laboratoire. Mes produits sont 100 % naturels, sans aucun ajout de produits chimiques. Le produit fini est du macérat de fleurs de chanvre mélangé à de l’huile d’olive, suite à un pressage et un filtrage. La fin de la préparation est le conditionnement dans des fioles. » Les autres produits fabriqués sont des infusions ainsi que des fleurs en vrac. La partie stupéfiante interdite est le THC, aussi présente dans la fleur de chanvre. Les graines commandées par Marie-Line Benet sont répertoriés sur un catalogue européen, qui ne donneront par la suite que des fleurs contenant un taux de THC extrêmement faible, dont la tolérance en France est de moins de 0,3%. « Après ma récolte, je dois analyser ma fleur pour vérifier que le THC ne dépasse pas les 0,3%. Le travail nécessaire pour réaliser ce produit est très long, avec un découpage au ciseau des feuilles, en 100 % manuel. »
Dans sa gamme, Marie-Line Benet a ajouté une quatrième référence qu’elle fait faire chez un prestataire bio à Cavaillon, Bicheiro, à savoir la bière au chanvre.
La première récolte a eu lieu en 2025 en septembre. La transformation se fait ainsi de septembre à mars. Le chanvre étant une plante annuelle, il faut replanter chaque année.
Le chanvre étant une plante annuelle qu’il faut replanter chaque annéeMarie-Line Benet propose de la bière au chanvre
DR
Des vertus diverses
Les vertus de cette plante sont nombreuses. En premier lieu, elle a un effet calmant, en réduisant le stress. Elle permet également de travailler contre les addictions comme le tabac ou le sucre. « Elle canalise tous les excès du cerveau. L’utilisation se fait sous la langue, à raison de cinq gouttes. »
Divers canaux de distribution
Pour commercialiser toute sa gamme, Marie-Line Benet est présente sur les différents marchés nocturnes en été, les marchés de Noël ainsi que les salons du bien-être. Elle commence également à proposer ses produits dans quelques commerces. Elle a également un site de vente en ligne.
Marie-Line Benet est présente sur de nombreux marchés nocturnes en été. DR
Une diversification dans les chênes truffiers
250 truffiers ont été plantés en 2023 sur 1 Ha. L’objectif est d’apporter une diversification au chanvre, afin d’assurer un meilleur équilibre financier de l’entreprise. Après une solide formation, Marie-Line Benet a lancé sa plantation. Son objectif est de récolter dans trois ans. « Je suis adhérente du Syndicat des trufficulteurs. Sur 300 m², j’ai également pour projet de planter des figuiers, des oliviers et du safran pour compléter la diversification de mes produits. »
Les perspectives de l’entreprise sont de continuer son développement, avec la potentialité d’embaucher un salarié si le chiffre d’affaires le permet. Comme diversification, Marie-Line Benet a aussi pour projet de lancer la fabrication artisanale d’un savon au chanvre, en saponification.
Un chiffre : – 900 producteurs de chanvre sur la France
Alerte au risque de gel sur les cultures en Vaucluse
Le gestionnaire du réseau de distribution d’électricité Enedis et la Chambre d’agriculture de Vaucluse viennent de renouveler leur convention de partenariat qui a pour objectif de décarboner et moderniser les exploitations agricoles.
C’est au sein de l’exploitation JPL Provence, productrice de tomates à Avignon et premier Label Rouge sur la tomate en France, que Jean-Baptiste Baldi, directeur territorial Vaucluse d’Enedis, et Sophie Vache, présidente de la Chambre d’agriculture de Vaucluse, ont signé le renouvellement de leur convention de partenariat.
C’est une grosse prise de conscience en matière d’environnement qui a pris forme ces deux dernières décennies au sein du secteur agricole. De plus en plus d’exploitants tendent vers une transition écologique et énergétique. « Aujourd’hui, il faut avancer sur ces enjeux énergétiques et notamment sur le sujet de la décarbonation », explique Jean-Philippe Briand, gérant de JPL Provence.
Le Vaucluse, futur exemple de décarbonation du monde agricole ?
L’activité agricole du Vaucluse occupant la 1re place régionale, les exploitations jouent un rôle essentiel dans la transition écologique du territoire. « La Chambre déploie des outils pour déterminer la consommation des exploitations et comment la diminuer, et propose aussi un accompagnement sur l’agrivoltaïsme », rappelle Sophie Vache.
« Je souhaite que le Vaucluse soit le chef de file de la décarbonation du monde agricole en France. »
Jean-Baptiste Baldi
De son côté, Enedis dit « partager les mêmes valeurs que la Chambre : moderniser l’agriculture sans insulter l’histoire. » Ensemble, les deux signataires entendent accompagner les agriculteurs de Vaucluse dans leur transition écologique au travers de la décarbonation de leurs activités, la modernisation de leurs exploitations et les projets de raccordement, mais aussi mettre en place des solutions de raccordement en plein champ, soutenir le développement de nouveaux usages électriques agricoles, et faciliter l’intégration des énergies renouvelables dans leurs installations.
Un accompagnement concret au cœur du territoire
C’est au milieu des tomates cerises que Sophie Vache et Jean-Baptiste Baldi ont signé la convention. « Il était évident de signer la reconduction de notre partenariat ici, affirme le directeur territorial d’Enedis. Cette exploitation représente parfaitement l’accompagnement qu’Enedis veut poursuivre sur le terrain. »
JPL Provence, qui s’est lancé dans une démarche de modernisation et de décarbonation de ses installations, représente l’action d’Enedis et de la Chambre d’agriculture auprès des agriculteurs engagés dans la transition écologique.
Le raccordement en plein champ pour la modernisation des exploitations
L’objectif de cet alliance entre Enedis et la Chambre d’agriculture de Vaucluse est de remplacer le plus possible le gaz par l’électricité au sein des exploitations. « L’électricité en France est produite à 98% sans CO2 », ajoute Jean-Baptiste Baldi. Pour ce faire, Enedis souhaite développer le raccordement au réseau public de distribution d’électricité en plein champ, directement sur les parcelles agricoles. Une évolution qui entre dans le renouvellement de la convention de partenariat.
« Un raccordement en plein champ pour une électricité au plus près des terrains exploités. »
Jean-Baptiste Baldi
Ce raccordement en plein champ s’alignerait aux besoins actuels des agriculteurs qui utilisent de plus en plus d’engins agricoles électriques et d’équipements connectés, pour ne plus avoir besoin de faire des allers-retours à leur ferme pour recharger leurs équipements. Enedis a investi 40M€ en 2025 en Vaucluse pour maintenir et développer le réseau électrique qui, ainsi, devrait s’étendre davantage en 2026.