Les alsaciens remettent en cause notre organisation territoriale
La réforme de notre organisation territoriale, voulue par François Hollande en 2015, a des conséquences inattendues. Sur la proposition de Brigitte Klinkert, députée du Haut-Rhin, l’Assemblée Nationale a voté à une majorité la sortie de l’Alsace de la région Grand Est. Même si le vote du Sénat est loin d’être acquis, c’est une petite victoire pour les alsaciens. Dans cette fronde, il faut surtout y voir une demande d’une plus grande autonomie politique. De quoi donner des idées à d’autres régions…
Les alsaciens ont toujours été contre la réforme territoriale de 2015 qui associait leur destin à celui des lorrains et des champardennais. Bien que la loi, leur donnait d’emblée la main sur l’exécutif du Grand Est, ils se sont toujours opposés à cette fusion. Cette concession donnée aux alsaciens n’en a pas moins calmé leurs velléités avec l’adoption, le 8 avril dernier, de la proposition de loi de la députée Renaissance Brigitte Klinkert. Celle-ci entérine la sortie de l’Alsace de la région Grand Est. Mais surtout ce texte confère à la « future nouvelle région Alsace » un statut particulier aux pouvoirs élargis. Comme un avant-goût d’autonomie. Une démarche qui est scruté avec beaucoup d’intérêt du côté du pays Basque, de la Bretagne ou encore de la Savoie où les ambitions régionalistes sont fortes.
Une chose est sûre la promesse de la réalisation d’économies de fonctionnement avec le regroupement des régions n’a pas été tenue
Même si cette fronde risque d’être stoppée par le Sénat, elle pose et repose l’éternelle question de la bonne organisation administrative de notre pays. Y-a-t-il trop d’échelons et d’instances décisionnaires ? Quelle est la bonne taille ? Qui devrait décider de quoi ? Y-a-t-il pas un risque pour l’unité nationale ? Toutes ces questions sont sur la table depuis des décennies sans que de réponses soient véritablement apportées et surtout pas la loi de janvier 2015. Une chose est sûre la promesse de la réalisation d’économies de fonctionnement avec le regroupement des régions n’a pas été tenue.
La constance de la démarche alsacienne a au moins le mérite de remettre la question de notre organisation territoriale au cœur du débat politique, et cela à 12 mois des élections présidentielles. La question est intéressante : devons-nous aller décentraliser d’avantage avec une organisation de type fédérale comme chez plusieurs de nos voisins européens ?
En définitive, on pourrait remercier les alsaciens. Ils vont peut-être faire bouger les lignes permettant à notre pays de se doter enfin d’une gouvernance plus représentative et mieux partagée.
Les alsaciens remettent en cause notre organisation territoriale
Dressée au XIIème siècle par les bâtisseurs du Saint-Empire romain germanique, la forteresse, largement troglodyte, s’imbrique dans un rocher aux dimensions spectaculaires. Elle s’érige en sentinelle sur la ligne de défense des châteaux vosgiens dont elle est aujourd’hui un témoin emblématique.
Construit au XIIème siècle comme la plupart des châteaux médiévaux alsaciens, Fleckenstein est l’exemple emblématique d’un château de montagne construit sur un rocher de grès exceptionnel. Il était aménagé pour être à la fois un lieu de résidence, un symbole du pouvoir et une forteresse militaire. Édifiée par les empereurs Hohenstaufen, cette forteresse est restée pendant 600 ans le château familial des Fleckenstein et s’est agrandie et embellie en même temps que la famille s’est socialement élevée. La seigneurie elle-même comptait parmi les plus importantes de la région. La baronnie des Fleckenstein était composée de six bailliages, ces circonscriptions administratives et judiciaire médiévales, Lembach, Kutzenhausen, Soultz-sous-Forêts, Niederroerden, Roppenheim et Weiterswilller, et 35 villages. Cette famille apparait dans la région au XIIème siècle et son dernier représentant masculin, Henri Jaques, s’éteint en 1720. L’histoire du château fort est donc intimement liée à celle de l’Alsace, cette région faisant, elle, partie du Saint-Empire romain germanique, jusqu’à son rattachement progressif à la France, pendant la période 1648-1697.
C’est donc au XIIème siècle que les empereurs Hohenstauffen assoient leur autorité sur la région en attribuant des fiefs d’empire à leurs plus fidèles vassaux. C’est ainsi que la famille Fleckenstein se voit confier la forteresse. Elle va en assurer la gouvernance pendant des siècles. Au fil des ans, de multiples transformations architecturales sont apportées à l’édifice parallèlement à l’ascension sociale de la famille et aux progrès de l’artillerie. Réputée imprenable pendant toute la période du Moyen Age, grâce à son système défensif, la forteresse finit par être dépassée et délaissée par la famille qui réside plus confortablement en plaine. Elle ouvre ses portes sans combattre aux soldats de Louis XIV qui la désarment et détruisent le logis seigneurial en 1680. Avec la disparition sans successeur masculin du dernier baron, les vestiges sont laissés à l’abandon. Au XIXème siècle, le courant romantique éveille un intérêt touristique pour le château « assoupi ». Il est classé monument historique en 1898.
Un système défensif très élaboré L’exploitation touristique se développe avec la réalisation de travaux de déblaiement, de consolidation et de sécurisation. Un droit d’entrée pour aider à les financer est instauré à partir de 1958. Le château appartient à la commune de Lembach qui a la responsabilité de la conservation. L’exploitation est confiée à une régie intercommunale autonome. Le site accueille 70 000 visiteurs tous les ans. A l’intérieur de l’enceinte le parcours de visite est libre. Avec beaucoup d’éléments intéressants à voir, comme la double barbacane (ouvrage couvrant une porte typique du Moyen Age), la citerne à filtration, l’abreuvoir. Après le contrôle d’accès, les visiteurs peuvent observer les fondations des deux tours quasi circulaires qui rappellent l’existence d’une porte extérieure. C’est là, la dernière réalisation architecturale des Fleckenstein et le premier maillon d’un système défensif très élaboré, adapté à l’utilisation des armes à feu. A une trentaine de mètres de celui-ci, la tour-porte est composée de deux porches qui, une fois les portes closes, se transforment en une véritable souricière. Les meurtrières sur le mur gauche exposent l’ennemi aux tirs des défenseurs et les assommoirs au-dessus des portes, aux jets de toute nature.
Au cœur du château, celui-ci devient troglodyte. Les visiteurs entrent en effet dans le rocher creusé par la main de l’homme. Les bâtisseurs y ont aménagé des salles et un accès au sommet, transformant ainsi le site en carrière. La pierre extraite a servi de matériau de construction pour les parties maçonnées de la forteresse. Là, le visiteur découvrira le puits plutôt insolite : on y pénètre à mi-hauteur, on le découvre en le regardant par le haut et on le traverse pour accéder à une petite salle attenante qui abritait la roue à écureuil. Dans cette partie du site, à découvrir la salle troglodytique, la galerie des ancêtres où l’histoire des Fleckenstein est retracée par l’image, puis l’escalier primitif, la table à feu, la salle d’archives, le cachot, la tour d’escalier en colimaçon. Toute la partie haute du château encore visible se situe sur cette plateforme sommitale et correspondait au logis seigneurial.
Pratique www.fleckenstein.fr, info@fleckenstein.fr, Tél. : +33 (0)3 88 94 28 52 67 510 Lembach (nord de Haguenau) Ne pas confondre avec un château qui porte un nom proche, celui du Flackenstein, en Moselle, situé près de l’étang du Hanau.
Horaires d’ouverture Fin mars à début novembre, tous les jours à partir de 10 h Boutique, aire de pique-nique couverte Café des 4 châteaux, petite restauration en continu de 12 h à 17 h 30, 18 h l’été.
Tarifs Visite libre : adulte : 5 €, enfant, 3 € Visite guidée, sur réservation (à partir de 15 personnes) : adulte : 5 €, enfant, 3 €, Forfait visite guidée, 60 € pour l’ensemble du groupe Tarifs groupes à partir de 15 personnes, sur réservation (40 pers. max)
Des transformations successives Aujourd’hui, il ne reste plus guère de traces du château initial, si ce n’est l’entrée principale de l’édifice, époque XIIème siècle. A la fin du XIVème siècle, la cour est abaissée de quelques mètres et entourée d’une enceinte. L’accès à la plateforme se fait au centre du rocher par un escalier taillé dans le roc. Une chapelle flanque celui-ci au-dessus de la salle d’entrée. Le puits est protégé par une tour. Au début du XVème siècle, l’entrée principale est renforcée par une barbacane carrée. Un peu plus tard, le palais sur le sommet du rocher est reconstruit. Au milieu du XVIème siècle est construite l’imposante tour attenant à celle du puits renfermant l’escalier en colimaçon. D’autres transformations surviennent au XVIIème siècle, avant que le château ne soit détruit en 1689. La tour de l’escalier est une tour carrée de 6 m sur 6 m, d’une hauteur actuelle de 23 m. Le diamètre de l’escalier en vis était de 4 m.
Un château-frontière L’ancienne forteresse est située à une altitude de 387 m. Elle est le trait d’union entre les parcs des Vosges du Nord et celui du Palatinat, en Allemagne. Au nord-ouest, du côté de l’entrée, la frontière franco-allemande est située à 250 m environ, dans le petit vallon, en face du rocher du Hirtsfelsen et le village allemand de Schönau. Au nord, les visiteurs peuvent apercevoir les ruines du château de Hohenbourg et de Loewenstein puis le rocher du Krappenfels. A l’est, s’étend l’énorme massif forestier du Thalenberg. Au sud se trouvent l’étang et le camping de Fleckenstein, à l’ouest, la vallée du Seinbach.