La commune d’Avignon vient de dévoiler son nouveau logo. Conçue en interne, cette nouvelle identité visuelle revisite le blason historique de la ville tout en revendiquant son ADN papal et culturel.
« Notre démarche n’est ni une démarche de rupture, encore moins d’appropriation, c’est une démarche de cohérence, explique Anaïs Hausmann, adjointe au maire d’Avignon, lors du dévoilement du nouveau logo de la cité des papes. Pour l’élue déléguée à l’innovation et à la marque territoriale ce changement s’explique avant tout par les limites l’ancienne identité visuelle ‘Avignon, ville d’exception’ instaurée par la précédent municipalité depuis 2020.
« Avignon n’a pas besoin de s’inventer une Histoire, elle en a déjà une exceptionnelle. »
Anaïs Hausmann, adjointe au maire d’Avignon déléguée à l’innovation et à la marque territoriale
« Il y avait un décalage entre l’intention et la perception. Quand une ville se proclame ‘Ville d’exception’ et qu’un grand nombre de ses habitants la rebaptise ‘Ville déception’ », cela ne fonctionne plus. Par ailleurs, il y a également un manque de singularité. En fait, la signature ‘ville d’exception’ est assez générique. Bien d’autres villes auraient pu la revendiquer. Nous avons estimé qu’une ville pour se distinguer, ne devait pas se proclamer exceptionnelle, mais plutôt de dire pourquoi elle l’est et ce qui la rend unique. Et Avignon n’a pas besoin de s’inventer une Histoire, elle en a déjà une histoire exceptionnelle. »
Le logo précédent de la ville :’Avignon, ville d’exception’. Il a été mis en place à partir de 2020. Crédit : DR
« On s’appuie sur nos racines, complète Olivier Galzi, maire d’Avignon. On réactualise simplement l’histoire d’une cité qui fût un état, un carrefour de la spiritualité et des arts ayant donné son nom à de nombreuses écoles : l’école d’Avignon en architecture, en peinture, en enluminure… »
« L’objectif, c’est de conserver une identité institutionnelle forte tout en laissant une certaine liberté dans la communication grand public. »
Jimmy Nollet, directeur artistique
« Le travail graphique sur le blason consistait à réinterpréter le blason historique de la ville tout en conservant ses caractéristiques comme les gerfauts ou les clefs, précise Jimmy Nollet, directeur artistique en charge de cette création pour la direction de la communication de la ville d’Avignon. Nous avons simplifié les formes pour améliorer la visibilité et l’adapter au support de communication actuel. Pour l’accompagner, nous avons créé une charte graphique qui définit toutes les règles d’utilisation du logo pour unifier notre identité. »
Le nouveau logo est décliné dans une palettes de couleurs secondaires afin de rompre la monotonie de la communication.
« L’idée était d’avoir une communication cohérente, qu’il s’agisse de documents officiels, d’affiches ou de communication digitale, poursuit le directeur artitique. Nous avons développé aussi de palettes de couleurs secondaires pour que la communication ne soit pas monotone tout en conservant une identité commune (voir visuel ci-dessus). L’objectif, c’est de conserver une identité institutionnelle forte tout en laissant une certaine liberté dans la communication grand public. »
Un peu d’Histoire… Si à l’origine les sceaux anciens d’Avignon représentaient la ville fortifiée au bord du Rhône, c’est à partir du XIIIe siècle qu’une clef figure sur les armoiries comme symbole de seigneurie autonome. Selon l’ouvrage ‘Armorial des communes de Vaucluse’ édité en 1984 par le Conseil départemental de Vaucluse, on suppose ensuite que les deux clefs pontificales furent ajoutées après l’acquisition de la cité par Clément VI en 1348. Ces trois clefs correspondraient en outre au nombre des consuls de la ville. « Plus tard, les Avignonnais réclamèrent le droit d’ajouter des gerfauts au blason, en mémoire de leur bref statut de république en 1429, explique le site avignoncitémillénaire.com. Ces oiseaux étaient parés de grelots aux pattes, dont le tintement rappelait aux élus l’importance de rester attentifs aux besoins de leurs administrés, de manière symbolique. » Selon les travaux de Louis Blancard sur les armoiries d’Avignon lors d’un congrès archéologique en 1883, la devise de la ville Unguibus et Rostro se traduit ainsi ‘Par le bec et par les griffes’. Elle signifie «Vigoureusement, sans lâcher prise et par tous les moyens». Aussi traduite ‘A bec et à griffes’, cette divise incarne l’engagement à agir avec vigueur, persévérance et détermination pour le bien-être et les intérêts de la cité.
Coût de l’opération et droit d’utilisation « Cette nouvelle identité a été conçue intégralement en interne, assure l’adjointe au maire d’Avignon déléguée à l’innovation et à la marque territoriale. On a fait appel aux talents et aux compétences dont nous disposions et aucune dépense supplémentaire n’a été engagée pour sa conception. » Pour éviter les déconvenues du passé (voir encadré ‘Rififi autour d’un logo’ en fin d’article), cette création et ses déclinaisons ont été déposées par la ville à l’Inpi (Institut national de la propriété industrielle) afin de sécuriser l’utilisation.
A l’image du Conseil départemental de Vaucluse lorsqu’il a changé de logo l’an dernier, la Ville d’Avignon ne souhaite pas engager de coûts supplémentaire avec le déploiement immédiat de la nouvelle charte graphique sur tous les supports municipaux.
« Il n’est pas question de remplacer du jour au lendemain tous les stickers de véhicules municipaux, tous les panneaux signalétiques et tous les équipements qui portent l’ancienne charte graphique, insiste Anaïs Hausmann. Donc il va y avoir un temps de transition où les deux chartes vont coexister. Les supports existants conserveront leur habillage jusqu’à leur renouvellement naturel et seulement les nouvelles fabrications intégreront la nouvelle charte. »
« Nous avons été une capitale. Notre objectif ultime, symboliquement, ce serait de le redevenir un jour. »
Olivier Galzi, maire d’Avignon
« Avignon est unique en France. Elle a été le siège de la papauté et possède également une singularité forte en matière de création artistique, rappelle Anaïs Hausmann. La cité des papes, c’est notre héritage. La cité des arts, c’est notre identité vivante.
« Nous avons été une capitale, insiste pour sa part Olivier Galzi. Notre objectif ultime, symboliquement, ce serait de le redevenir un jour. Avignon est une ville d’esprit et Avignon est une ville d’art. Voilà ce que nous voulons être, voilà ce que nous sommes, voilà où nous voulons aller. »
Au-dessus, le logo ‘Ville d’esprit’ décliné, sans son accord, par la ville d’Avignon durant 11 ans à partir d’un cliché du photographe Philippe Médard. Après un bras de fer judiciaire, l’artiste aura gain de cause et la ville n’a plus eu le droit de l’utiliser à partir de 2012 sous peine de pénalité. En dessous, reprenant seulement les couleurs de la photo afin de s’inscrire dans la continuité de la photographie de Philippe Médar, ce logo de la ville imaginé par l’agence avignonnaise Saluces sera utilisé de 2012 à 2020. Crédit : Philippe Médard/ DR
Rififi autour d’un logo L’histoire des logos et de l’image d’Avignon n’a pas été toujours un fleuve tranquille. En 1997, le photographe Philippe Médard cède l’un de ses clichés d’une vue étirée du pont Saint-Bénezet à la commune dans le cadre d’une commande pour l’évènement ‘Avignon : capitale culturelle européenne de la culture en l’an 2 000’. Une photographie que la municipalité va ensuite décliner comme logo en y rajoutant la baseline : ‘Avignon : Ville d’esprit ». (voir visuels ci-dessous) Si le photographe professionnel a bien signé un contrat de cession de droit ‘tous usages’ et sans mention de durée il n’a cependant pas donné son accord pour que la ville décline la photo en logo.
Après avoir cherché en vain un accord amiable, Philippe Médard assigne la ville en 2008. Faisant toujours la sourde oreille aux demandes de l’artiste, l’ancienne municipalité de Marie-Josée Roig est finalement condamnée en février 2010 par le Tribunal de grande instance d’Avignon à lui verser 30 000€ de dommages et intérêts.
Dans le même temps, la commune ainsi que son office de tourisme se sont vues également interdites d’utiliser le visuel. Une décision qui a contraint la municipalité à ne plus utiliser le logo à partir du 1er juin 2012. A cette date, l’ensemble des logos de la ville (en-tête, sérigraphie de véhicules, écusson sur les vêtements, plaque sur les monuments…) a donc dû être changé à la hâte par une nouvelle identité graphique sous peine de pénalité d’astreinte par jour de retard et par support. Une gabegie estimée à l’époque à plusieurs centaines de milliers d’euros. Finalement, ce sera la nouvelle municipalité de Cécile Helle qui mettra fin à cette affaire en jetant l’éponge en 2014. Après six ans de procédure, la nouvelle équipe en place à l’hôtel de ville décide alors d’arrêter les frais en se désistant de l’appel initié par la précédente municipalité.
Anaïs Hausmann sera bien candidate aux sénatoriales en Vaucluse
Jusqu’à présent on avait beaucoup parlé d’elle, mais elle s’était peu exprimée dans les médias. Nouvelle adjointe déléguée à l’innovation et à la création de valeur territoriale de la ville d’Avignon, Anaïs Hausmann est désormais en plein lumière. En effet, la compagne d’Olivier Galzi, nouveau maire d’Avignon, briguera l’un des trois sièges de sénateur lors des élections qui se dérouleront le dimanche 27 septembre prochain. Elle le fera sous l’étiquette ‘Le bon sens des territoires’, le mouvement que vient de lancer Olivier Galzi afin d’essaimer au niveau national. Entretien avec la candidate désormais déclarée.
Pour quelle raison êtes-vous candidate aux prochaines élections sénatoriales en Vaucluse ? « Depuis plusieurs mois, au contact des élus locaux, des habitants, des acteurs associatifs et économiques, j’ai constaté une même attente : être davantage écoutés, considérés et surtout retrouver du bon sens dans la manière de faire de la politique. Aujourd’hui, beaucoup de Français ont le sentiment d’une politique déconnectée et ils ont raison. Je crois au contraire à une politique de proximité, enracinée dans son territoire, capable d’écouter le terrain avant de décider – c’est à dire une politique qui part du territoire plutôt que des partis ou de l’idéologie. Le Sénat, comme plus largement notre appareil politique, a besoin de profils différents, des entrepreneurs je le crois. Mon engagement s’inscrit pleinement dans cette volonté de faire de la politique autrement : moins dans les logiques d’appareils, plus ancré dans le territoire et avec plus de lien humain. J’ai financé mes études seule, j’ai construit mon parcours sans filet. Je sais ce que c’est quand le système ne vous aide pas. Et quand le système ne vous aide pas, il faut trouvez une autre porte. C’est exactement ce que je viens faire au Sénat, trouver d’autres portes pour les élus vauclusiens qui sont bloqués par un système complexe. »
Crédit : DR
« Se présenter aux sénatoriales, c’est proposer une vision – pas déclarer une guerre. »
Comment voyez-vous votre rôle de sénatrice et comment l’inscrivez-vous dans la continuité de la dynamique de l’élection d’Olivier Galzi à la mairie d’Avignon ? « Le rôle d’un sénateur, c’est d’être le trait d’union entre le terrain et la loi. Et un sénateur efficace pour un territoire comprend à la fois les réalités locales et les mécanismes du Sénat. Il doit défendre les équilibres locaux, faire remonter les besoins réels du terrain dans la fabrication de la loi et faire avancer les dossiers qui bloquent au niveau national. Je vois ce rôle avec une approche très simple : être proche et à l’écoute des élus et porter leurs combats. Je veux être une sénatrice sur le terrain ainsi qu’une sénatrice à temps plein (voir encadré : ‘Cumul des mandats’). Je veux me battre pour nos élus fidèlement et sincèrement. Tout ceci s’inscrit naturellement dans la dynamique que nous portons ensemble avec Olivier Galzi et toute l’équipe qui l’a emporté lors des dernières municipales à Avignon (voir encadré : ‘Du bon sens près de chez vous au bon sens loin de chez vous ?’). La logique est la même : partir du quotidien, des réalités locales et du bon sens. En redonnant davantage de poids au terrain et aux élus qui agissent concrètement au quotidien pour faire avancer le Vaucluse. »
Parcours Anaïs Hausmann, 44 ans, est conseil en stratégie de marque. Elle intervient ainsi notamment avec sa société de conseil Les Trois Grâces auprès de clients prestigieux comme LVMH, Boucheron, BNP Paribas, Porsche, Arte ou bien encore M6… Diplômée d’un master 1 en Commerce et Affaires internationales à l’Idrac Business School Paris-Courbevoie, ainsi que d’un master 2 en Marketing et Communication de Luxe à l’Institut Supérieur d’Études du Management de Marne-la-Vallée, elle est aussi responsable stratégie, développement et innovation de la société Justplay. Enfin, elle intervient également dans la production de projets musicaux en tant qu’indépendante.
Les sénatoriales, c’est vraiment l’élection des élus du territoire, tout particulièrement les élus ruraux qui sont une majorité en Vaucluse. Comment entendez-vous porter leurs aspirations ? « Comme je l’ai déjà dit ces derniers mois, j’ai rencontré de nombreux maires et élus locaux. Et ce qu’ils disent revient souvent : on leur donne toujours plus de responsabilités, mais avec toujours moins de moyens, moins de liberté et des contraintes administratives de plus en plus lourdes. Beaucoup d’élus ruraux ont aujourd’hui le sentiment de devoir se battre en permanence pour maintenir des services essentiels, faire avancer un projet, préserver une école, gérer l’eau, les infrastructures ou simplement garder leur commune vivante. Je crois profondément que ces élus méritent toute notre considération. Ce sont eux qui tiennent le territoire au quotidien, souvent avec très peu de moyens mais avec un engagement immense. Ma réponse, c’est un mandat construit autour des besoins réels des communes : simplification administrative, défense de la liberté des maires, meilleure gestion locale de l’eau, accompagnement du désenclavement, accès aux services publics, soutien aux projets locaux et défense des capacités d’investissement des collectivités. Les élus ruraux n’ont pas besoin d’un sénateur qui parle d’eux depuis Paris. Ils ont besoin de quelqu’un qui connaît leurs réalités, qui les écoute et qui se bat concrètement pour eux au Sénat. C’est ce que je veux faire. »
« Les élus locaux ont toujours plus de responsabilités mais moins de moyens. »
Cumul des mandats : « je me consacrerai entièrement au mandat sénatorial. » Concernant le cumul des mandats, Anaïs Hausmann est catégorique : « Si je suis élue, je me consacrerai entièrement au mandat sénatorial. Je quitterai mon activité de conseil dans le privé mais aussi mes fonctions d’adjointe à la Ville. Pas parce qu’on me le demande, mais parce qu’il faut un sénateur à temps plein, pas un sénateur entre deux agendas. » En revanche, si initialement elle nous avait précisé qu’elle abandonnerait ses autres mandats elle restera finalement conseillère municipale et également conseillère communautaire du Grand Avignon afin de « rester au contact de la réalité du quotidien des élus de terrain. »
Dans cette logique quels sont les projets et les thèmes locaux que vous souhaiteriez porter auprès de la chambre haute du parlement ? « Le premier enjeu, c’est la simplification administrative. Aujourd’hui, beaucoup de maires et d’élus locaux passent davantage de temps à gérer des contraintes réglementaires qu’à faire avancer leurs projets. Il faut redonner de l’air aux communes, simplifier les procédures et faire davantage confiance aux élus de terrain. » « Deuxième enjeu, la décentralisation – pas un transfert de compétences sur le papier, mais un vrai retour du pouvoir aux élus locaux. Aujourd’hui, les maires ont les responsabilités sans les leviers. Il faut leur rendre la liberté de décider, d’agir et d’innover sur leur propre territoire. Je veux aussi défendre une approche plus pragmatique du foncier économique. Trop de projets sont ralentis voire bloqués par des normes devenues excessivement rigides. Bien sûr, il faut préserver nos équilibres environnementaux, mais il faut aussi permettre à nos communes de se développer, d’accueillir des entreprises, de créer de l’emploi et de maintenir une activité économique locale. Le ZAN (Zéro artificialisation nette) est une bonne intention mal calibrée car appliqué uniformément, il condamne les villages qui ont besoin de construire pour survivre. Un village de 300 habitants dans le Luberon n’a pas le même rapport au foncier qu’une ville moyenne. Ma position au Sénat : différencier l’application du ZAN selon la réalité des territoires, donner aux maires ruraux des dérogations ciblées pour le logement principal et les équipements publics, et arrêter de traiter une commune de 400 habitants comme une zone urbaine dense. » « Je souhaite également soutenir les infrastructures essentielles pour notre territoire, comme la LEO, pour le désenclavement, la mobilité, l’attractivité économique et la qualité de vie des habitants. Trop de projets avancent aujourd’hui avec des lenteurs incompréhensibles alors qu’ils sont attendus depuis des années par les élus et les habitants. La question de l’eau sera également centrale. Dans notre département, l’eau est une ressource sous pression. Nous devons mieux la protéger, mais aussi permettre une gestion plus locale, plus adaptée aux réalités du terrain et aux enjeux climatiques de demain. Tous les chantiers que je souhaite porter ont un fil conducteur : rendre aux élus la liberté d’agir sur leur propre territoire. »
« Rendre aux élus la liberté d’agir sur leur propre territoire. »
Que répondez-vous à ceux qui doutent de votre légitimité à vous présenter à cette élection. Notamment, sur le fait que vous ne connaissais pas le Vaucluse depuis longtemps et qui mettent en avant votre inexpérience politique tout en rappelant que vous êtes la compagne d’Olivier Galzi ? « D’abord, le Vaucluse, je ne le découvre pas. J’ai grandi à Valence, dans la Drôme dans cette culture du Rhône, avec des réalités territoriales, agricoles et rurales très proches de celles du Vaucluse. Les agriculteurs qui irriguent dans la Drôme et ceux qui irriguent en Vaucluse ont les mêmes problèmes d’accès à l’eau, les mêmes inquiétudes face à la sécheresse, les mêmes enjeux de transmission. Ce sont des territoires cousins, géographiquement et culturellement. Le Ventoux se voit depuis les routes drômoises. Quand on compare Grignan ou Mirmande à Gordes ou Venasque, on retrouve la même pierre, la même lumière, le même mistral. Et au-delà de cela, j’ai aussi une histoire personnelle avec le Vaucluse. Étudiante, j’ai travaillé plusieurs saisons en restauration à Pernes-les-Fontaines. J’ai passé beaucoup de temps à Saint-Saturnin-lès-Avignon et à Carpentras… et puis désormais j’ai une deuxième vie ici à Avignon avec Olivier. »
Anaïs Hausmann, ne s’en cache pas. Elle est la compagne d’Olivier Galzi (ici lors de la présentation en meeting de la liste du nouveau maire d’Avignon). Pour autant, elle revendique un engagement personnel et autonome.Crédit : DR
« Apporter une culture de projet, de responsabilité et de résultats. »
« Concernant l’inexpérience politique, je crois justement que c’est ma force. Je viens avec un autre parcours. Celui de quelqu’un qui a entrepris, pris des risques, connu des réussites mais aussi des échecs d’entreprise. Je connais les difficultés du terrain, les lourdeurs administratives, les dossiers bloqués, les réalités concrètes vécues par ceux qui créent, investissent et essaient d’avancer. Beaucoup de responsables politiques ont passé toute leur vie dans les appareils. Moi, je viens avec une culture de projet, de responsabilité et de résultats. Et puis, j’apporte aussi une forme de liberté. Quand on a grandi dans un système politique local pendant 20 ans, il peut exister des réseaux, des fidélités, des oppositions anciennes qui compliquent parfois l’action et le cadre. Moi, j’arrive avec un regard neuf, sans dettes politiques, sans logique de clan, avec une seule priorité : défendre le territoire. Enfin, concernant Olivier : oui, nous partageons une vision commune pour notre territoire. Une vision fondée sur le bon sens, la proximité et le refus des logiques d’appareils. Mais mon engagement est personnel et autonome. »
En présentant une liste face aux sénateurs sortants, est-ce un coup de force politique ? Une sorte d’opposition entre ‘sénateur des champs’ et ‘sénateur des villes’ ? Où s’agit-il de redonner tout son poids au chef-lieu du département dans l’échiquier politique du département ? « Rien de tout cela. Se présenter aux sénatoriales, c’est proposer une vision – pas déclarer une guerre. Il n’y a pas de sénateur des champs contre sénateur des villes dans mon projet, il y a un territoire qui a besoin d’être représenté dans sa globalité – ses communes rurales, son agriculture, sa ville centre, ses villages perchés. Et ce n’est pas un coup de force : c’est une démocratie qui fonctionne. Et si coup de force il y a eu, c’est celui imposé par des logiques partisanes qui idéologise le débat et l’éloigne du bon sens qui, lui, n’appartient à personne et certainement pas à un parti. »
Anaïs Haussmann ne votera pas Blanc Si un temps, l’idée d’une fusion des listes sénatoriales avec le parti LR (Les républicains) a été au cœur de tractations en Vaucluse, Anaïs Hausmann coupe court à tout rapprochement désormais. Notamment avec le LR Jean-Baptiste Blanc, sénateur de Vaucluse depuis 2020 également conseiller départemental rapporteur du budget. « A priori nous allons partir sur des listes distinctes, mais pas concurrentes, insiste-t-elle. Nous souhaitons vraiment représenter le mouvement que nous sommes en train de mettre en place. Dans ces conditions c’est donc compliqué de fusionner. Il y a 3 sièges à pourvoir. Jean-Baptiste Blanc est sénateur sortant, il a la confiance des grands électeurs et je ne doute pas qu’il soit réélu. Je me bats donc plutôt pour le siège suivant. »
En cas d’élection, dans quel groupe entendez-vous siéger au sénat ? « Je défends une position de liberté pour nos élus et le territoire. Ce qui m’importe, c’est de siéger dans un groupe qui me laisse libre de voter selon les intérêts du Vaucluse. Pas selon une ligne de parti. Deux groupes semblent cocher cette case à mes yeux : l’union centriste (59 sièges actuellement) et le groupe LIOT (Libertés, indépendants, outre-mer et territoires – 20 sièges). »
Quels sont les autres candidats présents sur votre liste des sénatoriales ? « Notre liste est en cours de finalisation. Je ne souhaite pas communiquer de noms avant qu’elle soit officiellement déposée car nous sommes encore en train de la construire. Ce que je peux dire, c’est que nous bâtissons une liste cohérente avec notre démarche : des profils de terrain avec une vraie connaissance des réalités vauclusiennes et représentant des communes de tailles différentes ainsi que les quatre points cardinaux du département. Tout cela prend du temps parce qu’il faut échanger avec chacun pour s’accorder sur la vision de notre démarche. »
Enfin, cette présences à ces élections sénatoriales préfigurent-elles d’autres candidatures d’élus du mouvement du ‘Bon sens des territoires’dans les élections à venir : législatives, départementales régionales… ? « Le mouvement initié par Olivier et toute l’ équipe du ‘Bon Sens des Territoires’ a vocation à s’inscrire dans la durée. Il répond à une vraie demande des Français qui en ont assez des appareils politiques. Donc oui, notre mouvement entend bien porter la voix du bon sens des territoires lors des prochaines échéances électorales. Mais aujourd’hui, je suis focalisée sur une seule chose : les sénatoriales. »
Propos recueillis par Laurent Garcia
Du bon sens près de chez vous au bon sens loin de chez vous ? Fort de sa victoire aux dernières municipales à Avignon ainsi que de son élection dans la foulée à la présidence de la Communauté d’agglomération du Grand Avignon, Olivier Galzi vient d’annoncer, ce mercredi, la création du ‘Bon sens des territoires’. Ce mouvement, dont l’acte de naissance a été signé par les 55 colistiers du nouveau maire de la cité des papes, est destiné à accueillir tous ceux qui pensent que l’appartenance à un territoire doit primer sur toute appartenance partisane. « Et parce que ‘le bon sens’ ne s’arrête pas à Avignon », Olivier Galzi dont ce slogan a été l’un de ses mantras lors des municipales de mars, entend rallier les « sans étiquettes » afin de faire entendre cette « majorité silencieuse ». « En mars, nous avons démontré que notre ville ‘capitale’ pouvait déjouer les pronostics en rassemblant des forces vives et constructives, pour reprendre en main notre destin, explique l’ancien journaliste. Nous avons aujourd’hui la conviction que ce mouvement est en germe dans de nombreuses autres communes et qu’ensemble, elles peuvent constituer le terreau d’un renouveau pour porter une voix : celle qui vient du terrain. Un chemin porteur de solutions locales et concrètes, plutôt que de colères nationales et de jeux d’appareils. » L’ambition est donc désormais d’exporter ce ‘bons sens avignonnais’ vers le reste du pays. Première étape : « reprendre notre destin en main, partout où nous devons le défendre : au Sénat en septembre comme à l’Assemblée nationale l’an prochain », annonce Olivier Galzi qui poussait la candidature d’Anaïs Hausmann, sa compagne, depuis plusieurs semaines.
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