3 mars 2026 |

Ecrit par le 3 mars 2026

Avignon 2026 : un été de théâtre tourné vers l’avenir

Du 4 au 25 juillet 2026, la 80e édition du Festival d’Avignon se déploiera en parfaite synchronie avec le Off qui fêtera également ses 60 ans. Une convergence désormais assumée, pour un rendez-vous culturel majeur dont l’impact économique se chiffre à plusieurs centaines de millions d’euros à l’échelle du territoire.

Les dates de la prochaine édition confirment un choix stratégique : pour la deuxième année consécutive, le In et le Off se tiendront exactement au même moment, du 4 au 25 juillet 2026. Une décision qui renforce la lisibilité de l’événement et consolide l’attractivité estivale d’Avignon, devenue chaque mois de juillet la capitale européenne du spectacle vivant.

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Une édition anniversaire tournée vers demain
Placée sous la direction de Tiago Rodrigues, cette 80e édition se veut résolument prospective. « C’est à l’avenir que seront adressées les questions que porteront les artistes invités, en lien avec l’utopie de Jean Vilar », a-t-il souligné. Une filiation revendiquée, qui inscrit l’événement dans la continuité d’un projet artistique exigeant, tout en l’ouvrant aux défis des décennies à venir. La programmation sera dévoilée début avril à La FabricA, lieu emblématique de la création contemporaine.

Un poids économique considérable
Au-delà de l’enjeu culturel, le Festival d’Avignon constitue un moteur économique majeur. Le budget du Festival In avoisine chaque année les 16 à 17M€, tandis que le Festival Off génère à lui seul des retombées économiques estimées entre 120 et 150M€ pour le territoire. Hébergement, restauration, commerces, transports, emplois saisonniers : pendant trois semaines, l’économie locale fonctionne à plein régime, portée par plusieurs centaines de milliers de visiteurs et des milliers d’artistes et de professionnels.

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In et Off : une dynamique commune
En 2026, le Off célèbrera sa 60e édition, accompagné par l’association AF&C avec son directeur délégué Harold David, confirmant sa place singulière dans l’écosystème avignonnais. Plus de 1 000 spectacles, des centaines de lieux, une effervescence permanente : le Off agit comme un laboratoire artistique autant qu’un accélérateur économique. Son alignement calendaire avec le In facilite les parcours des publics, fluidifie les séjours et renforce l’attractivité globale de la destination. Cette singularité rare, est d’ailleurs souvent citée comme modèle dans les études culturelles européennes.

Deux festivals, deux esprits, pour appréhender la conscience de l’homme
À l’heure où le Festival d’Avignon s’apprête à franchir le cap symbolique de ses 80 ans, l’édition 2026 s’annonce comme un moment charnière : fidèle à l’héritage de Jean Vilar, mais résolument tournée vers l’avenir, elle confirme aussi le rôle central du spectacle vivant dans l’économie et l’identité du territoire. De son côté le Festival Off, mue par le turbulent André Benedetto, rappelle que ce sont les esprits ‘à la marge’ qui bousculent et font progresser la société.
Mireille Hurlin

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Avignon 2026 : un été de théâtre tourné vers l’avenir

Pour fêter les 60 ans du Théâtre des Carmes, deux noms s’imposent Benedetto et Lubat

Côté Sud-Ouest, Bernard Lubat,  musicien inclassable poly-instumentiste (batterie, vibraphone, piano, synthétiseur, accordéon…) , chanteur, formidable jazzman, trublion nécessaire qui fait bouger les lignes artistiques, fondateur du festival Uzeste Musical dans sa Gascogne natale.

Côté Sud-Est, André Benedetto, qui s’installe en 1963 dans une ancienne salle paroissiale avignonnaise, la Salle Saint-Benoît, qui deviendra le Théâtre des Carmes, et y joue pour la première fois à l’hiver 1963 sa création « Le Pilote d’ Hiroshima » En 1966, Sa « Nouvelle Compagnie d’Avignon » présente en marge du festival d’Avignon Statues d’André Benedetto, et lance le OFF « sans le vouloir ».

Amoureux des mots, libres et engagés à la fois, ils occupent tous les deux une place singulière dans le monde artistique
Leur rencontre date de 1981 et ils feront ensemble des événements-musique, poésie, théâtre, plus d’une quarantaine de créations, parfois improvisées, parfois avec les musiciens de la compagnie Lubat, parfois tout un spectacle, acteurs et musiciens mêlés, notamment lors du festival d’Uzeste tous les ans en Août. Jusqu’au décès d’André Bénédetto  le 13 juillet 2009, ils ne cesseront pas de se produire chez l’un et chez l’autre, tantôt à Uzeste, tantôt à Avignon.

Le week-end nécessaire pour faire connaître ou re-connaître deux artistes majeurs
«Il nous a toujours dit, nous sa famille ayant droits des textes,  qu’il fallait accepter toutes les demandes, de mise en scène de ses textes, il ne voulait pas avoir un regard sur ce que devenaient ses textes. Il savait que la meilleure façon de les faire vivre,  c’est que ça soit joué, repris…..et que les textes résistent. Je pousse les jeunes Compagnies à s’emparer des textes. La diffusion des textes n’est pas évidente. Il y a quelques textes édités mais ensuite pour trouver des écrits d’André Bénédetto il faut venir au Théâtre des Carmes. Je les envoie volontiers. J’en ai fait don à la Bibliothèque à la Maison Jean Vilar à Avignon. Olivier Neveu qui vient faire la conférence les dissémine de partout, universités et écoles de théâtre. » nous confie Sébastien Bénedetto.

Musicalement Parlant, une concertance de Bernard Lubat
Jusqu’où ça commence le commencement ? Humeur, humour, humanité, humidité. 2 heures sur le fil de l’impro-spective… La musique à vivre en liberté libre… Les mots dits pour le dire et redire.
Samedi 15 avril. 19h. 5 à 17€. Théâtre des Carmes.

Débat, échange avec Marie-José Sirach journaliste, critique dramatique à L’Humanité et Olivier Neveux Professeur d’histoire et d’esthétique du théâtre
L’importance d’André Benedetto est inversement proportionnelle à la place qu’il occupe dans les histoires du théâtre. Poète, auteur de pièces, metteur en scène, acteur loup éruptif et distancié,  son œuvre, lyrique et rugueuse, est immense. Ses textes nombreux embrassent l’histoire avec ce qui la compose de terreur, d’espoir et ce qu’elle exige de lucidité pour le transformer. Il occupe une place singulière et irréductible au sein de la constellation des « œuvres rouges », aux côtés de Nazim Hikmet, de Franca Rame et de Dario Fo, de Maïakovski ou d’Hélène Weigel.  À travers l’écriture de Benedetto, son art du théâtre, sa réflexion sur le jeu, l’adresse, les spectateurs, se dessine une histoire alternative du théâtre. Cette histoire il importe de l’écrire de la dire de la réfléchir. Bref revenir à cette œuvre comme on va chercher l’inspiration. De toute évidence, il existe des poètes et des œuvres utiles pour vivre, lutter et créer. Ils ont déjà fait cette conférence au festival d’ Uzeste en 2022 à la demande de Lubat. Le compagnonnage perdure…
Dimanche 16 avril. 16h. Théâtre des Carmes.

Etat d’engeance…
de la Cie Lubat de jazzcogne avec Juliette Kapla et Myriam Roubinet au chant et verbe,Fawzi Berger aux percussions, Julien Rousseau à la guitare basse, Fabrice Viera  guitare et voix et Bernard Lubat piano et voix. Un Oratorio profane,  mots et musiques en crise, en chrysalide… en prise… Éloge de la discontinuité …
Dimanche 16 avril. 19h. 5 à 20€.
Samedi 15 et dimanche 16 avril. Théâtre des Carmes. 6 place des Carmes. Avignon. 04 90 82 20 47. theatredescarmes.com

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