24 février 2026 |

Ecrit par le 24 février 2026

Sondage à Avignon : percée d’Olivier Galzi dans une élection très indécise

Nos confrères de La Provence, en partenariat avec L’Echo du Mardi et Ici Vaucluse, ont commandé un sondage à l’Ifop sur les intentions de vote à l’occasion des prochaines élections municipales à Avignon de mars prochain. Le scrutin s’y annonce particulièrement indécis malgré la confirmation de la percée d’Olivier Galzi entrevue lors du précédent sondage de La Provence en décembre dernier.

L’institut Ifop a réalisé un sondage pour le compte du quotidien régional La Provence, la radio Ici Vaucluse et L’Echo du mardi sur les intentions de vote des avignonnais lors des prochaines élections municipales dans la cité des papes les 15 et 22 mars prochains. Une enquête réalisée par téléphone du jeudi 12 au jeudi 19 février derniers auprès d’un échantillon de 603 personnes (voir encadré ‘Méthodologie et marge d’erreur’ en fin d’article).

Une situation plus claire qu’en décembre
Avec les retraits des candidatures de Joël Peyre et Paul-Roger Gontard au sein de la majorité municipale actuelle de gauche, celle de Julien Aubert à droite et les ralliements de Place Publique à David Fournier ainsi que du PCF, Génération.s et Zinèbe Haddaoui à la liste LFI (La France Insoumise) de Mathilde Louvain, on y voit désormais plus clair. Il n’y aura donc finalement que 5 listes sur la ligne de départ (contre plus d’une dizaine potentielles il y a encore quelques mois encore) pour succéder à Cécile Helle, maire socialiste actuelle qui avait annoncé depuis plus d’un an qu’elle ne briguerait pas un 3e mandat. Il s’agit des listes du socialiste David Fournier, du sans étiquette Stéphan Fiori, du divers droite Olivier Galzi, de la LFI Mathilde Louvain et de la RN Anne-Sophie-Rigault.



« Si dimanche prochain devait se dérouler le premier tour des élections municipales ici à Avignon, pour laquelle des listes suivantes y aurait-il le plus de chances que vous votiez ? », il serait 27% à voter pour Olivier Galzi selon l’Ifop. Le candidat divers droite soutenu par l’UDI et Horizons semble donc poursuivre sur sa lancée du précédent sondage de nos confrères de La Provence réalisé en décembre dernier. Crédité alors de 21%, l’ancien journaliste est désormais en tête après avoir obtenu 8% lors d’un premier sondage effectué en septembre 2025.

Derrière Olivier Galzi, le socialiste David Fournier (24%) et la RN Anne-Sophie-Rigault (23%) sont au coude-à-coude. Le premier gagne 6 points par rapport au sondage de décembre et semble bénéficier d’une partie du report des électeurs de Joël Peyre et de Paul-Roger Gontard afin de distancer la candidate LFI.
La seconde gagne 1 point, confirmant ainsi l’ancrage solide du Rassemblement national dans la cité des papes, mais ne semble cependant pas encore créer une véritable dynamique afin de ‘chercher’ des électeurs supplémentaires.
En 4e position, l’Ifop place Mathilde Louvain avec 16% des intentions de vote, contre 14% en décembre. Enfin, Stéphan Fiori resterait à 10%. De quoi se maintenir au second tour, sauf marge d’erreur de 2,4 points ? (voir encadré en fin d’article).

Un éclatement à l’image de la France
« Il y a un vrai éclatement, car il y a possiblement cinq listes qui seraient en mesure de se maintenir au second tour, constate Frédéric Dabi directeur général Opinion du groupe Ifop. C’est le cas dans de nombreuses autres villes comme à Nîmes ou à Toulouse puisque le ‘ticket d’entrée’ pour accéder au 2e tour est plutôt faible. Il faut réaliser 10% des suffrages exprimés alors que dans d’autres types d’élections la qualification second tour est indexée sur la participation. »

Frédéric Dabi directeur général Opinion du groupe Ifop. Crédit : DR

Le Jean-Michel Aulas avignonnais ?
« L’autre enseignement de ce sondage, c’est la confirmation de la percée d’Olivier Galzi alors que ce n’est pas un politique stricto sensu. C’est assez inédit puisqu’en général quelqu’un qui n’est pas un professionnel de la politique et qui se lance dans des municipales, c’est plutôt une candidature de témoignage. Est-ce que c’est le Jean-Michel Aulas d’Avignon car il a une dimension médiatique et entrepreneuriale ? s’interroge Frédéric Dabi. Ce qui est sûr c’est qu’il arrive en tête et qu’il fait ses meilleurs scores auprès de catégories qui traditionnellement vote plus que la moyenne : les personne de plus 50 ans, il est à 39% chez les personnes de plus de 65 ans, 36% chez les retraités, 33% dans les catégories supérieures.
Le directeur général Opinion du groupe Ifop observe aussi un côté ‘attrape-tout’ par rapport à l’élection municipale avignonnaise précédente : « quand on regarde son résultat en fonction des votes aux élections de 2020, Olivier Galzi prend un électeur de gauche sur cinq, 60% des LR, 23% du RN. »

David Fournier et Anne-Sophie Rigault en embuscade
« David Fournier et Anne-Sophie Rigault sont dans un mouchoir, observe par ailleurs Frédéric Dabi. Ils ne sont pas loin de pouvoir être en tête au premier tour. David Fournier fait ainsi mieux que dans notre enquête précédente, mais il reste toutefois loin des scores de Cécile Helle qui a réalisé 34,46% en 2020. »

« Rien ne dit qu’Anne-Sophie Rigaud sera 3e, poursuit-il. Elle a été créditée de 21,53% en 2020 et comme beaucoup de villes du Sud-Est elle bénéfice de la capacité du RN à maintenir des bons scores, notamment chez les retraités, ce qui est une nouveauté alors que l’électorat traditionnel du Rassemblement national est plutôt constitué d’ouvriers et de moins de 25 ans. »

« Il y a encore beaucoup d’hésitation. »

Frédéric Dabi directeur général Opinion du groupe Ifop

Les incertitudes au second tour
Ce qui caractérise cette enquête, c’est la grande incertitude sur les listes en capacité de pouvoir ou vouloir se maintenir au second tour afin de succéder à Cécile Helle.
« Autre élément d’incertitude, c’est le nombre de personnes sûres de leur choix, souligne Frédéric Dabi. Nous sommes à trois semaines du vote et 37% des électeurs d’Olivier Galzi, 50% de ceux de David Fournier ou bien encore 38% de ceux de Mathilde Louvain sont susceptibles de changer d’avis. Il y a encore beaucoup d’hésitation. »



De multiples hypothèses pour le dimanche 22 mars
Difficile dans ces conditions, d’évaluer les résultats du second tour à Avignon. Et ce tant que l’on ne saura pas combien de listes seront effectivement en mesure d’être présentes le dimanche  22 mars. L’Ifop a néanmoins tenté de répondre aux différents scénarii : une quinquangulaire (victoire d’Olivier Galzi avec 29%), une quadrangulaire (victoire d’Olivier Galzi avec 32%) et triangulaire (victoire d’une liste d’union de la gauche avec 39%).

« Olivier Galzi est gêné par Stéphan Fiori. Il peut constituer un réservoir de voix à droite s’il ne se qualifie pas au second tour, mais s’il se maintien cela peut être un problème pour la liste Galzi », explique Frédéric Dabi



Jeune garde et mort de Quentin Deranque : quel impact sur la campagne ?
Réalisé alors que le lynchage présumé de Quentin Deranque à Lyon par des proches du député vauclusien Raphaël Arnault, soutien de la liste LFI avignonnaise, a monopolisé l’actualité, il est difficile à ce jour d’évaluer l’impact de cette affaire tragique sur la dynamique de campagne de Mathilde Louvain. Et ce d’autant plus que des proches de la Jeune garde (aujourd’hui dissoute) assurait une partie de la logistique de la campagne de la candidate LFI.

« Cela a peut-être renforcé l’hésitation, reconnaît cependant le directeur général Opinion du groupe Ifop. Jean-Luc Mélenchon a fait quand même près de 37% à Avignon lors du premier tour de l’élection présidentielle en 2022 alors que la candidate LFI est à 16%. C’est vrai qu’elle n’en prend qu’une partie mais il est difficile de mesurer l’impact émotionnel de la mort de ce jeune homme. Si Mathilde Louvain est devant David Fournier, cela peut créer un vote anti-LFI. La gauche peut donc perdre comme elle peut conserver la ville. Mais vu les incertitudes, il faut plutôt tabler sur une nouvelle élection le dimanche 15 mars au soir. »



Laurent Garcia

Méthodologie et marge d’erreur
L’enquête réalisée par l’Ifop pour le compte de La Provence, Ici Vaucluse et L’Echo du mardi a été menée auprès d’un échantillon de 603personnes inscrites sur les listes électorales, extrait d’un échantillon de personnes représentatif de la population d’Avignon âgée de 18 ans et plus. La représentativité de cet échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession de la personne interrogée) après stratification par quartier. Les interviews ont été réalisées par téléphone du jeudi 12 au jeudi 19 février 2026. Les 603 personnes se sont exprimées, à cela s’ajoute 13% de personnes qui n’ont pas souhaiter se prononcer au 1er tour.
« L’Ifop rappelle que les résultats de cette enquête doivent être interprétés comme une indication significative de l’état des rapports de force actuels dans la perspective des prochaines élections municipales à Avignon. En aucun cas, ils ne constituent un élément prédictif des résultats le jour du vote », insiste l’institut de sondage.

En effet, la théorie statistique permet de mesurer l’incertitude à attacher à chaque résultat d’une enquête. « Cette incertitude s’exprime par un intervalle de confiance situé de part et d’autre de la valeur observée et dans lequel la vraie valeur a une probabilité déterminée de se trouver, explique l’Ifop. Cette incertitude, communément appelée ‘marge d’erreur’», varie en fonction de la taille de l’échantillon et du pourcentage observé. »
En clair, dans le cas d’un échantillon de 600 personnes, si le pourcentage mesuré est de 10%, la marge d’erreur est égale à 2,4 points. Le ‘vrai’ pourcentage est donc compris entre 7,6% et 12,4%.
Pour une mesure à 20%, cette marge s’élève à 3,3 points, soit un score pouvant être compris entre 16,7% et 23,3% . Pour 30%, l’écart est de 3,7 points soit 26,3% et 33,7%. Enfin pour 40%, il se monte à 4 points, soit entre 36% et 44%.


Sondage à Avignon : percée d’Olivier Galzi dans une élection très indécise

Le sondage commandé par Les Républicains et Oser la France, le micro parti de Julien Aubert, est publié sur le site de l’Ifop depuis ce mardi 29 septembre.

La présentation du sondage par Frédéric Dabi, directeur général de l’Ifop, et Nicola Gaddoni, chargé d’études pôle actualités et politique, donne le cadre de la demande de leur client :

“L’Ifop a interrogé les Avignonnais sur le climat électoral en vue des élections municipales de 2026.

Dans l’hypothèse où le socle commun serait divisé, la liste qui arriverait en tête au premier tour serait celle du Rassemblement national menée par Anne-Sophie Rigault (26 %), suivie par la liste divers gauche de Joël Peyre et Paul-Roger Gontard, soutenue par Cécile Helle, maire actuelle (17 %). La liste de centre-droit « Avignon Passion », conduite par Julien Aubert, soutenue par LR, arriverait à égalité avec la liste LFI-écologiste de Mathilde Louvain (13 %).

Dans l’hypothèse d’une union de la droite et du centre, la liste du Rassemblement national conduite par Anne-Sophie Rigault resterait en tête au premier tour, cette fois avec 29 % des intentions de vote. En deuxième position, à égalité (19 %), figureraient la liste d’union du centre-droit menée par Julien Aubert et la liste divers gauche de Joël Peyre et Paul-Roger Gontard. Ensuite, arriverait la liste LFI-écologiste de Mathilde Louvain (16 %) suivie par la liste PS-PCF conduite par David Fournier (15 %).“

Ce sondage s’appuie sur deux hypothèses dont une interroge les soutiens de David Fournier : que Cécile Helle apporte officiellement son soutien à l’hypothétique liste commune Joël Peyre et Paul-Roger Gontard et que les écologistes seraient alliés avec La France Insoumise.

La deuxième, que Julien Aubert fédère derrière sa personne les 8 % de la société civile portée par Olivier Galzi et les 7% (Renaissance, modem, Horizon) de Julien Paudoie. Or à ce jour, la main tendue par l’ex député de Carpentras aux deux protagonistes reste dans le vide.

En 2019, un sondage de l’Ifop commandé par Les Républicains et aux interprétations incertaines avait poussé Jean-marc Roubaud à abandonner sa course aux municipales d’Avignon.


Sondage à Avignon : percée d’Olivier Galzi dans une élection très indécise

Alors que le Plan faubourgs remet en question la fluidité de la circulation routière, qu’habitants et riverains protestent puissamment, le père Baudouin Ardillier, curé de Saint-Ruf, frère de la communauté de Saint-Jean à Avignon a souhaité prendre la parole. Lui aussi a vu la fréquentation de la paroisse amputée de 40%. Il n’explique pas le manque de concordance entre les femmes et hommes politiques ni le peu d’attention offert à la population.

«Le Plan faubourgs c’est Liberté, égalité mais pas fraternité, analyse Baudouin Ardillier. Il est difficile de prendre la parole quand on est un ecclésiastique, sous peine de se faire huer alors que justement la laïcité a pour but de laisser chacun s’exprimer. Aristote nous explique qu’il n’y a de communauté humaine viable qu’autour d’un projet où tous acceptent de chercher le bien commun et de servir le plus faible. Il me semble que c’est ce qu’on attend de  ‘la fraternité républicaine’. C’est ainsi que se construit une cité, où la personne est au centre, et où chacun décide de se mettre au service de l’autre, en  le considérant comme plus important que soi.»

Femmes et hommes politiques écoutez vos administrés
«Pourtant les personnes en responsabilité politique, s’évertuent avec générosité à faire vivre la cité, sans pour autant proposer explicitement des choses à vivre.. Quand l’humain, n’est pas au cœur du souci politique, on considère avec condescendance les citoyens, en particulier les contradicteurs, comme des gens à qui il ne faut pas donner la parole parce qu’ils ne comprennent pas le sens du bien supérieur mis en œuvre. Ici, donc, on promeut le transport plutôt que de privilégier la rencontre.» On peut ainsi étouffer un centre-ville entre les quartiers parce qu’on ne peut plus s’y rendre, ni s’y garer. »

Le vide politique ?
«Le plan faubourgs dans les constats que je fais, ressemble à ce que le philosophe appelle ‘un vide politique’ : faute de politique humaine, on produit une politique de transports, en la proposant comme une solution radicale et idéologique aux problèmes traversés par notre société. La voiture est l’ennemie, seul le vélo est l’ami. Mais le vieillard et le faible, celui qui travaille, celui qui n’a pas d’autre choix que de se déplacer en voiture, ceux qui veulent s’instruire librement, doivent en faire les frais. D’abord empêcher la circulation avant de favoriser l’accès, c’est faire de l’injonction paradoxale une règle : pour votre bien, on vous fait du mal et on ne vous offre pas de solution.»

Servir le bien commun
«Quand le bien commun n’est plus le bien humain, et que pour l’atteindre, on ignore les cris de ceux qui souffrent, et que les acteurs politiques  n’acceptent pas là contradiction, ils sont alors enfermés dans un système qui vire en général totalitaire et dictatorial. Quand l’idée n’est pas bonne et est imposée avec violence aux habitants, ces derniers retirent leur considération aux élus, et la confiance se brise.» Le tissu local se délite alors.

Le vélo comme mode idéal de transport ? Oui, à condition de laisser aussi la place aux autres : bus, tram, voiture…

Les racines de l’histoire
«Cependant, il n’y a rien de neuf sous le soleil, pas besoin d‘avoir fait de longues études ou d’être membre d’un parti, d’un athéisme ou d’une croyance pour faire cette analyse, il faut juste avoir fait un peu d’histoire, et cela tombe bien, notre cité crie du fond de ses racine vers nous, un appel au bon-sens et au dialogue !» conclut Baudouin Ardillier.

Les acteurs économiques montent au créneau
Lors du conseil communautaire du Grand Avignon du 14 mars, Anne-Sophie Rigault (Rassemblement National), conseillère régionale Paca, municipale d’Avignon, communautaire du grand Avignon a évoqué le Plan Faubourgs interpellant le président, Joël Guin :«Lors du précédent Conseil communautaire vous m’avez répondu qu’aucun chef d’entreprise ne vous a sollicité quant  aux nombreuses difficultés que le Plan faubourgs provoquaient sur la Ville centre et que si vous l’étiez, vous vous rapprocheriez alors sans tarder du maire d’Avignon. Je sais de source sûre que des acteurs économiques locaux vous ont personnellement écrit : La CPME84, Le Medef, La Chambre de commerce et d’industrie, la Capeb84, de nombreux commerçants indépendants qui espèrent un soutien des élus avant le redouté baissé de rideau. Pour certains c’est déjà trop tard. Le boulanger Bannette de l’avenue Saint-Ruf a fermé définitivement ; Les Cycles Robert, après 49 ans vont mettre fin à l’aventure.»

Est-il encore temps de sauver les commerces ?
«Pour d’autres la situation est critique mais il est encore temps de les sauver : les restaurateurs, coiffeurs, fleuristes, petits épiciers de quartier ne voient plus personne passer leur porte, poursuit l’élue RN. Les pharmaciens éprouvent des difficultés à se faire livrer tous les matins, les officines se vident, les patients ne pouvant plus s’y rendre. Les artisans n’acceptent plus de se rendre dans les quartiers ouest d’Avignon. Le restaurateur Disciple d’Escoffier du Petit chaudron qui avait fait le pari d’ouvrir dans ce quartier populaire pour y de mettre un peu de vie économique vous a envoyé ce courriel ainsi qu’au préfet de Vaucluse et à l’Umih 84 : ‘Je fais appel à vos services suite à la situation catastrophique induite en grande partie par le Plan faubourgs et instauré par la mairie d’Avignon. Nous vivons et travaillons dans la zone du plan faubourgs. Je tiens, depuis 11 ans, le restaurant le petit Chaudron quartier Champfleury et malgré les multiples épreuves : Covid 19, travaux du tramway, j’ai toujours été réactif pour compenser ce qui nous était imposé. Mais là c’est le plan de trop, même si sur le papier c’était une bonne idée : quartier apaisé, moins de pollution, moins de bouchons, vie agréable, c’est tout le contraire qui s’est produit. Bouchons à répétition, pollution accentuée, habitants stressés et vie économique en chute libre avec des situations alarmantes pour nombre de commerces dont le nôtre. Nous subissons ce Plan faubourgs imposé et non-concerté. Ces sens interdit ou unique empêchent nombre de nos clients d’aller et venir et les enjoints à plus s’engager dans ce labyrinthe. Notre chiffre d’affaires a chuté de 60 à 70%. La mairie d’Avignon reste sourde aux nombreux appels au secours. Nous allons tout perdre si rien n’est fait rapidement. C’est la destruction quasi-totale du tissu économique de proximité qui est visé indirectement par ce plan’.»

Europrix a commencé à débaucher
«La directrice d’Europrix que j’ai rencontré cet après-midi et qui a repris le supermarché après le décès de son mari, m’a expliqué : ‘J’enregistre une perte de 40% de mon chiffre d’affaires et je pioche dans les réserves pour boucler les fins de mois depuis la mise en place du Plan faubourgs. Personne n’est venu nous voir. A ce rythme-là je tiendrai jusqu’en juin et encore… Nous sommes pourtant le poumon économique de la Rocade. L’entreprise qui employait 35 salariés il y a 3 ans n’en compte désormais que 20’.»

C’est toute l’agglo qui va mal
«Une entreprise qui ne peut pas accéder à Saint-Ruf, qu’elle soit de Velleron, de Saze, de Morières ou de Sauveterre, c’est toute l’agglo qui va mal. J’ai proposé au préfet de Vaucluse ainsi qu’à Cécile Helle, le 20 janvier dernier, que le Grand Avignon diligente une étude de circulation puisque les travaux sur le pont Daladier vont impacter bien plus largement le territoire avignonnais ainsi qu’une concertation publique.»

Des pétitions aussi
«Une pétition citoyenne circule sur les réseaux sociaux et tout récemment, le curé de l’église Saint-Ruf a ouvert les portes de la salle paroissiale pour apaiser les tensions et essayer de trouver des solutions, rappelle Anne-Sophie Rigault lors de son intervention. Il est encore temps de stopper l’hémorragie et de sauver ce qu’il est encore possible de sauver à condition de le vouloir. J’invite tous les vice-présidents à s’emparer du problème et à tout mettre en œuvre pour trouver des solutions.»

Baudouin Ardillier, curé de Saint-Ruf 3.0 en trottinette électrique

Dernière minute
Même son de cloche du côté de la plus ancienne pharmacie d’Avignon installée avenue de la Trillade depuis 1962. -autrefois appelée Pharmacie Dubois- et désormais l’officine de Valérie Defert, pharmacien, qui se désespère car depuis la mise en place du Plan faubourgs et surtout la mise en sens unique de l’avenue de la Trillade, le commerce de santé a perdu 40% de son chiffre d’affaires. « Nous sommes passés de 150 clients jours à 50, détaille Valérie Defert. Les gens ne viennent plus car ils sont pris en otages dans les embouteillages et mettent plus de 3/4 d’heure à regagner leur domicile, alors qu’ils habitent tout près ce qui les a fait renoncer à venir. Ils m’ont également fait remarquer qu’ils ne pouvaient pas venir ni en bus, ni en tram, ni en vélo car leurs prescriptions ou traitements sont parfois trop lourds. La pharmacie va disparaître sans que personne ne bouge une oreille. J’ai bien adressé une lettre en recommandé avec accusé de réception à madame le maire Cécile Helle, hélas restée sans réponse. Je me suis résignée à faire circuler, à mon tour, une nouvelle pétition. » Quand on lui demande : « Des bouchons routiers se forment-ils devant chez vous ? » Valérie Defert répond : Devant l’officine ? Il n’y a rien, c’est mort. »

La pharmacie de la Trillade a perdu 40% de son chiffre d’affaires depuis la mise en sens unique de l’avenue dans le cadre du Plan faubourgs de la mairie d’Avignon

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