8 novembre 2026 |

Ecrit par le 8 novembre 2026

‘Dans l’œil du photographe’ : les archives municipales de Cavaillon exposent une partie de leur fond photographique

A l’occasion du bicentenaire de la photographie, les archives municipales de Cavaillon proposent, jusqu’au 23 décembre prochain, une exposition de photographies prises par des professionnels ou des amateurs entre 1870 et 1950. On peut notamment y découvrir deux collections exceptionnelles : celle de Louis Comte, dit le paysan photographe et celle de Jean Bastide, garagiste et martyr de la résistance.

Les archives municipales de Cavaillon disposent d’un fond photographique riche de plus d’un millier de clichés. Ils sont à la fois des marqueurs de l’histoire de la ville et le témoin de l’évolution de la pratique de la photographie. A son invention en 1826, par le français Nicéphore Niépce, la photographie servait d’abord à réaliser des portraits. Les grandes familles se rendaient alors dans les studios des photographes professionnels, délaissant pour l’occasion les traditionnels peintres portraitistes. A Cavaillon et ses environs, les grandes familles comme les Choquet, Chardon, ou Tarnand sont passées devant les objectifs des photographes installés en ville. « Rangées dans des albums ou dans des boîtes, elles se retrouvent aujourd’hui, au terme d’un long cheminement, confiées aux soins des archives municipales » explique Hélène Maignan, chef de service des archives municipales de Cavaillon. « C’est, en partie, pour répondre à cette question dans un monde où l’image photographique, retouchée, filtrée, générée artificiellement, déformant la réalité, malmenant nos repères, que le service des Archives municipales de Cavaillon, a monté cette exposition en forme de témoignage » complète-t-elle.

Devant le Petit Marseillais faubourg Tourneuve Photo Henri Sinturel.

Des arrêts sur images qui sont des témoignages précieux et irremplaçables

Ainsi, en y regardant de près on peut observer que les techniques de ces photographes répondaient à des codes techniques bien spécifiques qui ont évolué avec le temps.

© DR

Parmi les différents professionnels installés à Cavaillon, Jacques Pol Chardon (1903-1976) fût une personnalité marquante dans la vie culturelle de la ville. Portraitiste renommé, il fût aussi le créateur du ciné-club amateur et organisateurs de nombreux expositions de peintures. Il a fréquenté les Beaux-Arts et les « Arts-déco » à Marseille, Paris et Lyon.

La boutique de Jacques Pol Chardon dit le magasin vert installé cours Bournissac

Ensuite, ce sont les clichés pris sur le vif (photos non posées) qui se sont imposés. On les doit principalement à des amateurs éclairés, comme Louis Comte (1891-1976) « paysan photographe » installé aux Vignères et Jean Bastide (1902-1944), garagiste, acteur important de la vie associative locale et martyr de la résistance. Ces précurseurs ont figé dans le temps des histoires et des vies passées. Des arrêts sur images qui sont des témoignages précieux et irremplaçables.

photo Louis Comte © DR

Cette exposition permet de voir combien l’évolution de la représentation du monde par l’image peut en dire sur nous et notre monde.

Archives municipales de Cavaillon
Place du Cloitre
Mardi, mercredi, vendredi de 8h30 à 12h00 & 13h30 à 17h00
Entrée Libre


Archives municipales, quand Avignon se raconte en images

En 1955, le quartier des Rotondes n’a déjà plus tout à fait le visage d’une ville derrière ses remparts. L’église du Sacré-Cœur domine encore un paysage où maisons, immeubles et voies ferrées dessinent les contours d’une ville d’Avignon en pleine mutation. Cette photographie fait partie des 163 images réunies par les Archives municipales dans l’exposition ‘Contrastes, Avignon à travers deux siècles de photographies’, visible gratuitement jusqu’au 18 mai 2027.

En noir et blanc, l’image de 1955 montre l’imposante silhouette du Sacré-Cœur entouré de constructions éparses, et, au loin, les installations ferroviaires qui, avec les grands axes de circulation collaboreront au développement de la ville. Le quartier des Rotondes apparaît ainsi comme un espace pris entre deux époques. L’Avignon traditionnelle n’a pas disparu, mais déjà, la cité déborde largement de son enceinte historique. Les paysages urbains se recomposent, les quartiers s’étendent et les usages évoluent.

Une ville saisie au moment où elle change
Cette photographie, non attribuée et conservée dans la collection Philibert sous la référence AMA 96Fi40, fait partie des 163 images qui racontent les transformations de la ville au cours de ces deux siècles. L’exposition photographique ‘Contrastes’, a été réalisée à l’occasion du bicentenaire de la photographie, par les Archives municipales qui ont puisé dans un fonds exceptionnel de plus de 700 000 images, couvrant les années 1850 à nos jours.

La confrontation des époques
Plutôt que de dérouler une simple chronologie, l’exposition confronte les époques, les paysages et les regards. Les photographes, par leurs cadrages et leurs choix de sujets, livrent chacun une forme de ‘discours’ sur Avignon, ses habitants et son temps. Le résultat offre un portrait en mouvement. Les images font surgir les contrastes, les permanences et les ruptures d’une ville qui s’est transformée en composant avec son héritage.

Copyright Collection Philibert

Une exposition qui sort des murs
L’originalité du parcours tient aussi à sa géographie. ‘Contrastes’ se déploie sur sept sites, en extérieur et dans différents quartiers d’Avignon. Aux Archives municipales, 6 rue Saluces, s’ajoutent notamment le square Agricol-Perdiguier, le parc de la Cantonne à Montfavet, le stade nautique, les grilles du Palais des Papes, le parc de l’Abbaye-Saint-Ruf et le parc Champfleury. L’exposition se vit comme une déambulation. Au détour d’un parc, d’une avenue ou d’un monument, le passant se retrouve face à une autre Avignon : celle des photographies anciennes, parfois méconnaissable, parfois étonnamment familière. Le parcours est accessible gratuitement jusqu’au 18 mai 2027. Aux Archives municipales, l’exposition est ouverte du lundi au vendredi selon les horaires du site ; les installations extérieures restent accessibles librement.

Les archives, une mémoire qui continue de s’écrire
Les Archives municipales rappellent que l’histoire d’une ville ne repose pas uniquement sur les documents institutionnels. Photographies familiales, films, correspondances ou archives numériques peuvent, eux aussi, devenir les fragments précieux de la mémoire collective. La photographie du Sacré-Cœur en est l’illustration. Un quartier, une église, quelques immeubles et des voies ferrées suffisent à restituer l’atmosphère d’une époque. Près de 70 ans plus tard, le cliché permet de regarder Avignon autrement un territoire et un façonnés par ceux qui l’habitent.

Les infos pratiques
‘Contrastes, Avignon à travers deux siècles de photographies’, jusqu’au 18 mai 2027. Accès libre et gratuit. Archives municipales, 6 rue Saluces, Avignon, et six sites extérieurs dans la ville.
Mireille Hurlin


Mémoire : un appel à témoignage sur les bombardements d’Avignon en 1944

Alors que la cité des papes va commémorer le 79e anniversaire des bombardes d’Avignon, ce samedi 27 mai à 10h à l’angle de l’avenue Pierre-Sémard et du boulevard de la 1re DB, la commune lance un appel à témoignage à ceux qui ont vécu ces événements.

Dans le cadre du projet du service devoir de mémoire et aux anciens combattants de la mairie d’Avignon, les archives municipales et la Ville d’Avignon font un appel à témoignage pour la création d’un parcours mémoriel sur la Seconde Guerre Mondiale et les bombardements d’Avignon (voir contact en fin d’article).
Dans ce cadre, ces derniers appellent ceux qui étaient enfants pendant la guerre à Avignon à témoigner. Ces témoignages seront enregistrés et seront conservés par la suite aux archives de la commune.
Ces témoignages doivent aussi permettre la création d’un parcours mémoriel d’une douzaine de panneaux dans le quartier Nord-Rocade à l’occasion du 80e anniversaire de ces événements tragiques. Pour la Ville, cette initiative s’inscrit dans un devoir de mémoire et de célébration des anciens combattants de la mairie d’Avignon.

Les sapeurs de l’armée allemande interviennent sur le pont ‘Eiffel’ de chemin de fer entre Courtine et les Angles.

La ville bombardée 37 fois en 1944
Entre le 27 mai et le 15 août 1944, la cité des papes sera bombardée 37 fois par les forces Anglo-américaines.
Ces raids aériens alliés ont visé principalement les ponts, les infrastructures ferroviaires et les postes de commandement allemands. Au total, ces bombardements feront près de 600 morts, dont 525 pour la seule journée du 27 mai, ainsi que plus de 800 blessés

L’essentiel des victimes avignonnaises des bombardements de la seconde mondiale périra lors du 1er raid (ici les cercueils alignés devant le cimetière Saint-Véran). Par la suite, les habitants, plus curieux au départ, apprendront à craindre ces raids aériens meurtriers.

.
Durant cette première journée sous les bombes plus d’une centaine de bombardiers déversent pendant 45 minutes 350 tonnes de bombes d’une altitude de 3000 à 4000 mètres sur les installations ferroviaires, la gare de marchandises et le viaduc sur le Rhône. De nombreuses habitations seront détruites, occasionnant un grand nombre de victimes, alors que les cheminots et le dépôt des locomotives des Rotondes sont aussi sévèrement touchés.

Entre le 27 mai au 15 août 1944, la cité des papes sera bombardée 37 fois par les forces Anglo-américaines.

Le 25 juin, 150 avions Liberators de la Royal Air Force bombardent le quartier de Courtine à Champfleury et aux Rotondes. Lors de ce bombardement, quelques bombes tomberont dans les secteurs de la rue d’Annanelle et du boulevard Raspail dans le but de détruire, sans succès, l’hôtel Dominion (l’ancienne sécurité sociale à côté de la caserne de gendarmerie) qui abritait l’état-major allemand.

« 600 immeubles sont détruits mais on ne déplore que 5 morts car les gens avaient obéi aux consignes de prudence, contrairement au précédent passage de l’armada aérienne qui avait attisé la curiosité plutôt que la peur », explique le site avignonlacitemaritale.com.
Au total, 2000 bombes seront ainsi larguées sur Avignon rien que durant le mois de juin.

Les B-24 Liberator participeront notamment au raid de la Royal air force du 25 juin.

« Le 2 août, les bombes s’abattent vers la porte Saint-Michel, poursuit avignonlacitemaritale.com. Le viaduc du Rhône, particulièrement visé, n’est pas atteint malgré les 75 tonnes de bombes incendiaires larguées, alors que la cité Louis Gros est en grande partie détruite. La gare des marchandises est terriblement endommagée. On raconte que sous la violence des explosions, des morceaux de métal sont projetés depuis Champfleury jusqu’au quartier de la Balance. »
Les impacts des bombes à fragmentation américaines du bombardement du 8 août sont encore visibles sur la façade du collège rue Joseph Vernet alors que le 9 août un bombardement anglais a raison du pont suspendu sur le Rhône.Le débarquement de Provence du 15 août, puis la libération d’Avignon le 25 août 1944 mettront, un terme définitif à ces raids sur la ville.

J.G. & L.G.

Contact : Madeleine Damongeot : madeleine.damongeot@mairie-avignon.com ou au 06 06 47 72 80

La ville d’Avignon sera libérée le 25 août par les troupes franco-américaines, ici devant la mairie de la cité des papes.

https://www.echodumardi.com/tag/archives-municipales/   1/1