Les œuvres d’Ernest Pignon-Ernest restent deux mois de plus à L’Inguimbertine
L’exposition ‘Ombres de Naples’ ayant rencontré un énorme succès depuis sa mise en place le 23 mai dernier à L’Inguimbertine à Carpentras, la bibliothèque-musée a décidé de garder les œuvres d’Ernest Pignon-Ernest exposées jusqu’à la fin de l’année.
Depuis sa mise en place le 23 mai dernier, l’exposition ‘Ombres de Naples’, qui compte plus de 200 œuvres de l’artiste Ernest Pignon-Ernest, a accueilli plus de 19 000 visiteurs. Face à ce succès, pour prolonger le plaisir et permettre à ceux qui ne l’ont pas encore découverte de le faire, L’Inguimbertine prolonge l’exposition, qui devait s’achever le dimanche 1er novembre prochain, jusqu’au jeudi 31 décembre.
L’exposition présente des dessins, des photographies et des sérigraphies issus des interventions d’Ernest Pignon-Ernest à Naples entre 1988 et 2015. Certaines des œuvres présentées sont même inédites. « L’exposition présentée à Carpentras retrace le processus de ses installations qui ont fait ressurgir, de manière éphémère, ces ombres qui hantent l’antique cité, marquée certes par les menaces naturelles, sanitaires et sociales, mais aussi par un élan vital que poètes et peintres ont exprimé à merveille, particulièrement au XVIIe siècle », explique la bibliothèque-musée.
Il est possible de découvrir ‘Ombres de Naples’ de manière autonome mais aussi au travers de visites guidées proposées tous les samedis à 11h jusqu’au samedi 31 octobre et tous les samedis à 14h30 à partir du dimanche 1er novembre.
Ouvert tous les jours sauf le lundi de 10h à 18h jusqu’au 31 octobre, et tous les jours sauf le lundi de 14h à 18h à partir du 1er novembre. Jusqu’au 31 décembre. L’Inguimbertine. 180 place Aristide Briand. Carpentras.
L’Isle-sur-la-Sorgue : trois jours pour découvrir les métiers d’art
Ces vendredi 25, samedi 26 et dimanche 27 septembre, la salle des fêtes de L’Isle-sur-la-Sorgue va accueillir une nouvelle édition du Salon des métiers d’art.
L’association vauclusienne Les Arts Ô Soleil organise une nouvelle édition du Salon des métiers d’art ce week-end à L’Isle-sur-la-Sorgue. Un événement qui réunira 38 exposants qui présenteront leurs différents genres et techniques en artisanat d’art, sculpture et peinture.
Cette édition mettra l’accent sur la sculpture au travers des œuvres, dont celles de l’invité d’honneur Jacques Bourdon, artiste sculpteur métal et bronze qui met en avant la vie humaine dans son travail. De nombreuses créations seront à la vente et le public pourra aussi assister à des démonstrations.
Inauguration le vendredi 25 septembre de 18h30 à 20h. Exposition vente le samedi 26 septembre de 10h à 21h et le dimanche 27 septembre de 10h à 19h. Du 25 au 27 septembre. Entrée gratuite. Salle des fêtes. Avenue Napoléon Bonaparte. L’Isle-sur-la-Sorgue.
L’Inguimbertine ouvre ses portes gratuitement pour les Journées Européennes du Patrimoine
Dans le cadre des Journées Européennes du Patrimoine ces samedi 19 septembre et dimanche 20 septembre, L’Inguimbertine, à Carpentras, prévoit un programme riche et rend gratuit l’accès aux espaces d’exposition.
Ce week-end, à l’occasion des Journées Européennes du Patrimoine, L’Inguimbertine ouvre gratuitement ses portes. L’occasion de découvrir, pour ceux qui n’en ont pas encore eu l’occasion, l’exposition ‘Ombres de Naples’ de l’artiste Ernest Pignon-Ernest, qui a déjà conquis plus de 10 000 visiteurs.
Ces journées célébrant le bicentenaire de la photographie, le public pourra aussi découvrir la richesse du fonds photographique de L’Inguimbertine à travers la présentation d’ensembles.
Durant les deux jours, de nombreuses animations seront proposées comme :
une initiation au dessin avec le fusain et la pierre noire, tels sont les outils de prédilection d’Ernest Pignon-Ernest de 10h à 12h dans la salle de médiation du rez-de-chaussée,
une visite guidée autour des collections photographiques de L’Inguimbertine à 10h30 (sur réservation au 04 90 63 04 92),
une chasse photographique aux couleurs de 14h à 18h (rendez-vous au pied de l’escalier des religieuses),
un grand escape game dans l’édifice avec 60min pour résoudre les énigmes (proposé seulement le samedi).
‘Oserez-vous le vert ?’ : l’artiste Mathieu ouvre les portes de son lieu de création à Travaillan
Ce samedi 1er août, le peintre Mathieu ouvre les portes de son domicile à Travaillan, où il puise son inspiration et où naissent ses créations, à l’occasion de sa nouvelle exposition ‘Oserez-vous le vert ?’.
Le vert, c’est la couleur sur laquelle se concentre l’exposition ‘Oserez-vous le vert ?’ de l’artiste Mathieu, qui, chaque année, construit son travail autour d’une couleur unique. Le vert, c’est la couleur de la nature, de l’équilibre et du renouveau. À travers une série d’œuvres inédites, le peintre invite le public à s’immerger dans cette couleur.
Cette année, l’artiste choisit d’ouvrir au public son propre lieu de création, offrant ainsi une plongée au cœur de son univers artistique et de son processus de travail, qu’il décrit comme instinctif. « Me laisser envahir et submerger par des gestes qui traduisent une somme d’expériences. Une digestion. Je tente, j’essaye, je régresse, j’avance. Ma trace est là et bien là », explique-t-il.
Samedi 1er août. À partir de 18h. Entrée gratuite. 1420 Chemin de l’Alcyon. Travaillan.
Boulbon : une exposition, deux artistes à l’église Sainte-Anne jusqu’à la fin du mois de juillet
Jusqu’au vendredi 31 juillet, l’église Sainte-Anne, située à Boulbon dans les Bouches-du-Rhône, accueille les œuvres de deux artistes dans le cadre d’une exposition organisée par l’association bucco-rhodanienne La Licorne et Le Dragon qui organise régulièrement des rencontres littéraires et scientifiques, des expositions, des concerts, et bien d’autres événements culturels.
Ce sont donc les œuvres des artistes Wendy Higbee Carando et Ekotto Mengata que le public peut admirer jusqu’à la fin du mois. La première est une artiste franco-américaine, lauréate de l’Académie des Arts, Sciences et Lettres, qui expose ses peintures expressionnistes exécutées en technique Nihonga, c’est-à-dire avec des matériaux puisés dans les règnes minéral, végétal et animal. Le second est un artiste plasticien reconnu pour son univers créatif mêlan peinture, dessin et expression contemporaine. À travers ses oeuvres, il explore des thèmes liés à l’identité, à la mémoire, à la société et au patrimoine.
Ernest Pignon-Ernest à la rencontre des amateurs d’art à L’Inguimbertine
À l’occasion de l’exposition ‘Ombres de Naples’ en place jusqu’au mois de novembre à la bibliothèque-musée L’Inguimbertine à Carpentras, l’artiste Ernest Pignon-Ernest viendra à la rencontre du public ce vendredi 17 juillet.
Ce vendredi, les amateurs d’art pourront rencontrer l’artiste derrière les œuvres de l’exposition ‘Ombres de Naples’ au cœur de L’Inguimbertine. Ernest Pignon-Ernest sera présent pour échanger sur ses tableaux et son travail de manière générale. L’occasion pour les visiteurs d’en apprendre davantage sur les coulisses de l’exposition et de faire dédicacer le catalogue qui l’accompagne.
Pour ceux qui manqueront la visite de l’artiste, il sera toujours possible d’admirer ses œuvres à Carpentras jusqu’au 1er novembre prochain.
Vendredi 15 juillet. De 15h à 17h. L’Inguimbertine. 180 Place Aristide Briand. Carpentras.
Ernest Pignon-Ernest et ses ‘Ombres de Naples’ au cœur de l’Inguimbertine jusqu’au 1er novembre
La bibliothèque-musée L’Inguimbertine, à Carpentras, consacre sa nouvelle exposition à l’artiste Ernest Pignon-Ernest. ‘Ombres de Naples’ est à découvrir du 23 mai au 1er novembre.
« Entre 1988 et 2015, Ernest Pignon-Ernest a arpenté les rues de Naples et les murs se sont mis à parler. Ils ne le faisaient pas avant, mais à son passage. Ils ont commencé à bruisser. Les façades ont bougé, mille murmures se sont fait entendre. Les ombres sortent et laissent échapper d’étranges lamentations ou des chuchotements d’extase ». Ainsi s’exprime l’écrivain Laurent Gaudé, Prix Goncourt 2004 pour Le soleil des Scorta, dans la postface du livre qui est dédié à l’imposante exposition qui est consacrée au plasticien niçois à partir du 23 mai à Carpentras.
Le choix du Vaucluse ne doit rien au hasard. Comme l’a précisé la 1e adjointe de la ville, Pascale Demuru, « l’artiste a vécu tout près d’ici, à Méthamis dans les années 60, il a aussi grimpé le Ventoux à vélo une dizaine de fois. Ce bâtiment, phare culturel est le parfait écrin pour accueillir les œuvres d’un créateur de renommée internationale. »
Le directeur de la bibliothèque-musée L’Inguimbertine Jean-Yves Baudouy insiste : « Depuis le XVIIIe, ce lieu fait rayonner la ville dans le monde de la culture et des arts bien au-delà du Vaucluse. D’ailleurs le monde d’Ernest Pignon-Ernest dialogue avec celui de Monseigneur d’Inguimbert qui lui aussi travaillait avec les savants et les poètes. Qu’il s’agisse d’imaginaire, de mort ou de souffrance. »
Mais surtout, n’allez pas dire à Ernest Pignon-Ernest qu’il est le pape du street-art. Ses 200 esquisses, dessins, croquis, photographies, sérigraphies, portraits, collages, témoignent d’une œuvre picturale, poétique, artistique et d’un engagement citoyen. « Cela signifierait que cet art urbain serait né aux États-Unis. Or Banksy, s’est y mis 40 ans après moi. » Et Ernest Pignon-Ernest a été dès 1966 investi dans la lutte contre le nucléaire. René Char, poète et résistant l’avait alerté sur les risques que faisait courir le Plateau d’Albion avec ses missiles enterrés. « J’avais 24 ans et j’avais tracé au pochoir la silhouette tirée d’une photo d’Hiroshima, seule trace d’un corps irradié, et je l’avais collée sur les murs et les rochers le long de la route au-dessus de Saint-Christol, pour stigmatiser ce lieu funeste enkysté au-dessous de la nature, de la lavande et du ciel bleu du Plateau de Sault. »
Ce créateur s’est fait connaître mondialement grâce au dessin sur papier- journal d’Arthur Rimbaud qui essaima de sa ville natale, Charleville-Mézières, à Paris avant de faire le tour du monde, à Soweto, à Santiago, à Ramallah comme à Alger.
Son travail ? Réactiver le potentiel de mémoire des lieux
« Pour Naples, j’ai lu plus de 130 livres, précise Ernest Pignon-Ernest. Je l’ai quadrillée dans tous les sens, à toutes les heures. J’ai scruté la texture de la pierre, sa couleur, ses défauts, comment la lumière la caressait selon le moment du jour ou de la nuit. Comment elle épouse mon travail, comment elle interfère, comment elle met en relief les anfractuosités, les cavités avec les joints qui scellent le mur. Je mets en valeur ce qui ne se voit pas, ce qui est enfoui. Mon travail exacerbe, perturbe le lieu, fait remonter un mystère à la surface, joue entre ombre et lumière. Ces rues de Naples, coincées entre le Vesuve et les terres en ébullition de la Solfatare sous laquelle le poète Virgile déjà situait les Enfers. Elles convoquent aussi Caravage, parle des cultes païens et chrétiens. Une cité sous un soleil de plomb qui porte aussi en elle les ténèbres de la grande peste de 1656. »
Ernest Pignon-Ernest, cet autodidacte qui a quitté l’école à 15 ans, a d’abord gagné sa vie chez un architecte à Nice. Avant de se consacrer à la peinture et de mettre un peu d’argent de côté pour acheter une 2CV et se diriger vers le Vaucluse, où les Papes ont migré, aussi bien dans le Comtat Venaissin qu’à Avignon. « C’était pour moi une espèce de Toscane rêvée, évocatrice des peintres du Quattrocento et de la poésie de Pétrarque. J’ai même eu, pas loin de Venasque, une logeuse qui ramassait du thym sauvage pour Ducros, je n’oublierai jamais cet arôme ».
Pieta et Madone, Caravage et Pasolini, familiarité de Naples avec la mort, si près aussi de Pompei et Herculanum. Ernest Pignon-Ernest, nous invite jusqu’à fin-octobre dans sa déambulation créatrice. Son métissage des arts, de l’histoire, de la culture, du patrimoine, des religions. Il sera également présent à Carpentras pour rencontrer le public et surtout parler de sa passion de son travail les samedi 13 juin et 26 septembre à 15h. Tout en étant également à l’affiche à Martigues à travers une rétrospective au Musée Felix Ziem jusqu’au 1er novembre. Quel bonheur pour ses admirateurs! Et quelle vitalité à 84 ans !
L’Inguimbertine c’est aussi la nuit des musées Samedi 23 mai, la bibliothèque-musée l’Inguimbertine vous accueille pour la Nuit des musées de 20h à 23h. Vous aurez l’occasion de redécouvrir le parcours permanent ainsi que la nouvelle exposition temporaire Ombres de Naples de Ernest Pignon-Ernest.
Est organisé également, un karaoké littéraire sur un texte proposé en écho avec l’exposition ‘Ombres de Naples’. Vincent Truel vous accompagnera avec des mélodies et des sons improvisés. En fonction de la météo, le karaoké littéraire se déroulera dans la cour d’honneur ou dans le hall des donatifs. De 20h15 à 21h puis de 21h30 à 22h15.
Ainsi qu’une présentation de solos des élèves de danse du conservatoire, qui vous guideront dans le parcours au sein des collections jusqu’à l’exposition. RDV dans le parcours permanent. De 21h à 21h30 puis de 22h15 à 22h45
Des raisonnements déraisonnables au Grenier à Sel jusqu’au 27 juin
C’est à une bien étrange visite que nous convie le Grenier à Sel jusqu’au 27 juin 2026. En invitant l’artiste Julien Prévieux, figure majeure de la scène artistique contemporaine, la commissaire de l’exposition Véronique Baton choisit de nous faire découvrir un monde improbable qui pointe les enjeux, les failles et les absurdités d’un monde contrôlé par des machines « intelligentes. »
La visite est quelque peu déstabilisante, on ne comprend pas tout mais on est forcément interpellé par les modélisations de l’artiste qui permettent de nous alerter sur les dangers qui nous guettent. Pour les profanes, les visites guidées du mercredi et du samedi seront conseillées et permettront de mieux apprécier l’humour et le point de vue ludique que l’artiste veut poser malgré la gravité du sujet.
Julien Prévieux, un artiste critique qui observe et s’interroge
Figure essentielle de la scène artistique contemporaine, Julien Prévieux s’intéresse à l’impact des révolutions technologiques sur nos sociétés et à leur emprise. Par sa pratique pluridisciplinaire, il propose des œuvres variées — vidéos, sculptures-, dessins, installations – qui jouent avec et déjouent ce qu’elles veulent dénoncer.
Un parcours autour des activités spatiales et les intelligences artificielles
Le film d’un quarantaine de minutes, Codex spatum, introduit une réflexion collective sur les règles qui gouvernent l’utilisation de l’espace et les différentes dimensions du droit spatial. Si l’installation de tables d’échec peut laisser perplexe les non-initiés de ce jeu, le projet ‘Reliquats d’attention’ veut épingler les erreurs issues d’expérimentations mobilisant différents chatbots. On se détend avec une magnifique tapisserie (300×200) suspendue, très colorée dont il faut absolument faire le tour pour comprendre que cette œuvre au premier abord abstraite est une modélisation des flux numériques. Elle se veut le portrait « d’une institution (la Commission nationale de l’informatique et des libertés), et des personnes qui l’habitent et fonctionne comme un disque dur fait de fils, support de mémoire. » De même les encres sur papier de ‘Dynamique de l’erreur’ proposent une version ludique d’une expérimentation menée par l’artiste : enregistrement grâce à une combinaison de motion capture des chutes exécutées par Julien Prévieux. On aborde plus précisément le langage et ses codes avec ‘Pour Lana’, une installation de poèmes visuels écrits en Yerkish, langue artificielle imaginée pour l’apprentissage du langage par les grands singes. Ne pas oublier en fin d’exposition de monter sur la mezzanine pour prendre de la hauteur sur les installations mais aussi pour visionner une autre vidéo, Anomalies construites, confrontation d’un monde où se confond le travail et le ludique et qui peut être le mot de la fin : « on s’est bien fait avoir… »
Visite nocturne pour La Nuit des Musées ce samedi 23 mai
Visite commentées de l’exposition Esacape Game et Battle d’Echecs
En pratique
Ouverture du mercredi au samedi de 14h à 18h. Entrée libre et gratuite, sans réservation. Visite guidée les mercredi et samedi à 16h30 (3€ par personne). Visite guidée pour les groupes sur réservation
Jusqu’au 27 juin. Entrée libre. Le Grenier à Sel. 2 Rue des Remparts Saint-Lazare. Avignon. 04 32 74 05 31.
Les Jardins rêvés de Gustave Fayet à l’Abbaye Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon jusqu’au 2 août
Après l’exposition ‘Gustave Fayet en Provence’,voici un second temps qui célèbre entre 2025 et 2027 le centenaire de la disparition du collectionneur, artiste, entrepreneur qu’était Gustave Fayet.
Sept expositions sont organisées entre l’Abbaye de Fontfroide, l’Abbaye Saint-André, le Muséum Arlatan, le Musée de Béziers et la Fondation Vuitton à Paris. Chacune de ces expositions éclaire un aspect de l’œuvre ou de la création de Gustave Fayet en se concentrant beaucoup sur le Fayet créateur. À Villeneuve-lès-Avignon, on découvre non seulement un grand collectionneur mais aussi un grand créateur, puisqu’on étudie ses jardins imaginaires, ces fleurs étranges, un peu fantastiques que Fayet va déployer à partir de 1912, qu’il va faire circuler sur différents supports : des tapis, des tissus, des papiers peints. Ceux-ci sont peut-être rétrospectivement la chose la plus connue de l’art de Fayet, sa signature visuelle en quelque sorte.
Les jardins imaginaires de Gustave Fayet
L’enjeu de cette exposition, aux dires mêmes des commissaires Pierre Pinchon et Olivier Schuwer est de retracer la genèse, l’historique de ces jardins imaginaires. D’en découvrir l’archéologie et l’histoire, d’en comprendre les sources, d’étudier comment ces jardins imaginaires vont se déployer et circuler dans différentes œuvres, différentes formes et différents supports : murs de ses villas, livres ou tapis. En bref, parcourir l’exposition chronologiquement en parcourant la carrière de cet artiste prolifique. C’est un vrai bonheur de découvrir un homme à travers ses œuvres mais aussi de comprendre l’évolution de ses œuvres ou de ses engagements au fil d’une vie de passionné en déambulant dans les élégantes salles voûtées de cette abbaye royale.
Les deux commissaires d’exposition Pierre Pinchon et Olivier Schuwer (à droite), ainsi que Gustave et Marie Viennet, gestionnaires de l’abbaye Saint-André (à gauche), Barthélémy d’Andoque de Sériège, Président de l’Association MAGFF et Olivier Fages, Coordinateur général de la Saison Fayet (au centre), lors du vernissage de l’exposition. DR
Né en 1865, issu d’une famille biterroise de négociants en vin, Gustave Fayet se retrouve à la tête d’une véritable fortune qui lui permet de constituer une vaste collection d’art moderne réunissant un ensemble exceptionnel d’œuvres de Gauguin, Cézanne, Redon, Van Gogh ou encore Matisse. Entre 1902 et 1912 Gustave Fayet est plutôt collectionneur et il va s’imposer comme l’un des plus grand collectionneurs de la peinture post-impressionniste. En 1908, il acquiert l’Abbaye de Fontfroide à Narbonne où Odilon Redon réalise son chef d’œuvre Le Jour, la Nuit, le Silence, dans la bibliothèque. En 1916, il acquiert pour son amie et poétesse Elsa Koeberlé l’Abbaye Saint-André. Par-delà la peinture, il se tournera aussi vers l’achat d’objets d’art, d’éditions de luxe et de livres illustrés.Lui-même artiste, ses œuvres rencontrent un succès grandissant jusqu’à sa disparition en 1925.
Au fil des salles, une vie se déroule
Quand on entre dans la première salle on est surpris par ces peintures très douces qui représentent de belles demeures bourgeoises. Ce sont des paysages qui mettent en valeur des propriétés avec un rapport charnel à la terre. On perçoit ici la transmission familiale (son oncle était peintre) qui n’est pas seulement la transmission des terres mais aussi celle d’ un amour des vignes et des paysages.
La deuxième salle met en valeur des aquarelles qui représentent les propriétés qu’il achète et restaure pour en faire de véritables lieux de vie : l’Abbaye de Fontfroide en 1908, celle de Villeneuve en 1916 aux influences méditerranéennes avec des couleurs chaudes puis le Château d’Igny près de Paris où il va installer sa fabuleuse collection. On a là plutôt des jardins franciliens avec de nouvelles couleurs, des jardins d’apparat.
La salle des fleurs imaginaires
Dès 1910, sous l’influence d’Odilon Redon pour qui il voue une grande amitié, Gustave Fayet reprend les pinceaux et va s’affirmer pleinement, non pas simplement comme un disciple de Redon mais surtout il va trouver des techniques qui lui sont propres : aquarelles sur papier buvard. Les fleurs de fantaisie, les fleurs de songe, les bouquets de fleurs sont au cœur de cette exposition que nous découvrons dans le troisième espace. Pour Gustave Fayet entrepreneur hyper actif, la technique des buvards est un délassement et un retour aux sources : le buvard entretient une sorte de relation avec la culture des fleurs en elle-même. Les fleurs de l’aquarelle vont naître de l’eau du buvard et l’artiste va jouer sur des procédés d’absorption, sur des fleurs qui sont en train d’apparaître, des formes décoratives, suggestives, abstraites. On est de fait dans ces années 1911, moment où l’abstraction est en train de gagner l’ensemble des avant-gardes dont Odilon Rodon. Fayet va devenir progressivement un acteur majeur de cette recherche abstraite et décorative.
Artiste et homme d’affaire
En faisant des buvards, il chasse son propre naturel d’hommes d’affaires, où tout est réglé, tout est rangé, tout est rationalisé dans sa vie. « Mais comment est-ce possible qu’un homme qu’on décrit si rationnel et qui mène aussi bien ses affaires fasse des fleurs aussi folles et aussi hallucinées », se demandent beaucoup d’observateurs ? Fayet se dit cependant « si j’en faisais des tissus, des tapis ? Si je vivais de mon Art ? » Il lance alors la manufacture de tapis à Paris où il perçoit une opportunité d’exister avec ces fleurs, qui deviennent sa signature visuelle. Ainsi alors qu’il comptait lâcher prise en s’intéressant à ses enfants et petits enfants, en retrouvant la naïveté de l’enfance avec ses fleurs imaginaires, il crée une entreprise qui lui permet d’exister en tant que créateur !
Conférences, visites, ateliers autour de l’exposition
Vendredi 24 avril, 15h : ‘Les fleurs de Gustave Fayet’ par Magali Rougeot, docteur en histoire de l’art contemporain, spécialiste de Gustave Fayet.
Vendredi 29 mai, 15h : ‘Couleurs vivantes, un peintre au jardin’ par Stéphanie de Courtois, maîtresse’de conférences, ENSA Versailles / Laboratoire LEAV.
Vendredi 26 juin, 15h : ‘Gustave Fayet et le décor floral’ par Jérémie Cerman, professeur d’histoire de l’art contemporain, Université d’Artois.
Vendredi 24 juillet, 15h : titre à venir
Entrée du monument sur réservation www.abbayesaintandre.fr Visites guidées de l’exposition avec la guide conférencière Sylvie Toussaint. Tarif visite guidée : 16€ par personne (accès aux jardins inclus) ; 12€ porteurs Pass Abbaye. Durée : 2 heures Samedi 28 mars 15h. Samedi 25 avril 15h. Samedi 30 mai 15h. Samedi 20 juin 15h. Samedi 25 juillet. 15h.
Ateliers au jardin
Ateliers du ‘Savoir jardiner’ avec Romain Lestruhaut, jardinier compagnon du devoir de l’abbaye qui donnera des conseils et astuces sur les taches essentielles à accomplir au printemps comme la taille, les plantations en cohérence avec de nouvelles alternatives de gestion écologique, semis de prairie fleurie.
Samedi 30 mai 10h-12h : Que faire dans les jardins au printemps ? Tarifs : 20€ l’atelier de 2 heures | 15€ Pass Abbaye. Réservation : www.abbayesaintandre.fr Accueil café inclus.
Rendez-vous aux jardins
Conférence balade ‘De la fleur botanique à l’art’ à 15h avec Véronique Mure, botaniste et ingénieur en agronomie tropicale. Dans le cadre de l’exposition, Véronique Mure détaillera la représentation des fleurs rêvées et fantasmées de Gustave Fayet suivi d’une balade botanique dans les jardins. Dimanche 7 juin à 15h.
Visite guidée des jardins et animations sur le thème de la vue, l ’occasion de découvrir, encore, la richesse de notre patrimoine naturel et culturel à travers un prisme sensoriel avec le jardinier Romain Lestruhaut. Samedi à 11h, 14h30 et 16h. Samedi 6 juin à 11h, 14h30 et 16h.
Renseignements et réservations : www.abbayesaintandre.fr / 04 90 25 55 95 Tarif d’entrée réduit Rendez-vous aux jardins 8€ ; gratuit pour les porteurs du Pass Annuel, les moins de 18ans, les demandeurs d’emploi, les personnes en situation de handicap.
Jusqu’au 2 août 2026. Ouvert les jours fériés sauf le 1er Mai. Du mardi au dimanche. 10h à 18h. Visite des Jardins + exposition temporaire (comprenant les 2ha de jardins et circuit historique). 8 et 9,50€. Abbaye Saint-André. Fort Saint-André. 58 rue montée du fort. Villeneuve-lès-Avignon. 04 90 25 55 95 / info@abbayesaintandre.fr