27 octobre 2026 |

Ecrit par le 27 octobre 2026

Ibeliv : l’ouverture au monde et la bienveillance au service de l’artisanat

La société Ibeliv a fait un sacré chemin depuis sa création en 2013. Liva Ramanandraibe en est le créateur. L’entreprise confectionne des sacs, chapeaux et pochettes en raphia, dont la production se fait grâce un partenariat avec 4 000 artisans à Madagascar, dont est originaire Liva.

« Ibeliv caractérise la conviction de l’action que j’ai eu à créer mon entreprise. La promesse que j’avais faite aux artisans de Madagascar. Ibeliv est en moi depuis toujours. Nous avons accompli des miracles depuis 13 ans. J’ai eu la chance de pouvoir bâtir une école à Madagascar ainsi qu’une clinique destinée aux mères-filles, en partenariat avec les Nations unies », explique Liva Ramanandraibe.

Un projet pour la Provence

« La Provence est ma terre d’adoption, depuis mes études à Arles, Montpellier et Avignon. Mon bureau de création est situé sur le village de Saint-Didier. J’ai un véritable attachement à ce lieu et je milite pour l’art de vivre à la provençale. Malgré tous les voyages un peu partout dans le monde, quand je reviens, je me sens chez moi. J’ai un nouveau projet qui est de mettre en avant tous les objets d’artisanat et de savoir-faire de la Provence. » Liva est un grand passionné de brocante. Il désire mettre l’expérience de son aventure entrepreneuriale dans ce projet qui est aujourd’hui acté, à savoir l’ouverture d’une maison d’art de vivre, inspirée par la Provence, ouverte au monde, située dans le centre du village de Saint-Didier, sur le Cours, à la place de l’ancien fleuriste.

Valorisation des produits artisanaux locaux

Cela sera l’occasion pour Liva de valoriser les produits locaux faits de façon artisanale, y compris dans l’alimentaire comme la truffe ou encore le vin. « Les artisans sont souvent seuls face à des impératifs économiques. Ce lieu permettra de valoriser le territoire et de les mettre en avant. L’ouverture devrait se faire au printemps 2027. Cela me tenait à cœur de faire cela  au sein de mon village. J’ai rencontré à ce sujet le maire, Gilles Vève, avec qui j’entretiens d’excellents rapports », explique le designer malgache dont l’objectif est la valorisation des produits artisanaux du Vaucluse et de toute la Provence. Le fil conducteur de toute cette initiative sera la bienveillance, le collectif et la mise en lumière. « Ma vision cosmopolite du monde, mon expérience de designer serviront à la mise en place de cette boutique pour sublimer avec humilité l’art de vivre en Provence. » Liva ajoute ainsi une autre compétence à sa panoplie, toujours avec un grand respect de l’autre et humilité. A ses métiers de chef d’entreprise créateur, de directeur artistique pour des grands hôtels de luxe, ou encore de conseiller pour les défilés de mode comme la Fashion Week à Milan, il ajoute celui d’animer une maison créative d’art de vivre en Provence. « Quand on entreprend, ce n’est pas la taille qui compte, mais le cœur qu’on y met. La boutique sera éclectique avec des expositions temporaires et surtout aura pour mission de raconter l’histoire derrière chaque création. »

Une entreprise du monde

L’entreprise Ibeliv fabrique depuis sa création  des sacs, chapeaux et pochettes en raphia de Madagascar. « Ma mission est d’être l’ambassadeur du savoir-faire de mon pays. » Depuis, Ibeliv a bien grandi et gagné en notoriété, avec une vision à long terme dans sa stratégie. Ses produits sont aujourd’hui considérés comme de la haute couture et sont prisés par de nombreuses célébrités dans le monde. Afin d’enrichir l’expérience client, elle propose désormais des sacs en cuir tressé confectionnés par des familles dans le sud de l’Inde, avec une approche sociétale et humaine très respectueuse, dans le même esprit de ce qui a été fait à Madagascar.

« Autodidacte et passionné, j’ai eu la chance d’être formé par des gens qui cultivent l’excellence dans leur domaine comme pour la chapellerie ou la maroquinerie. »

Rachat de Jamin Puech

Ibeliv a racheté en 2025 la société parisienne Jamin Puech qui est une marque de sacs créatifs dont l’ADN est proche. « C’est un des dernières marques créatives au monde et un fleuron de la mode française. Cette entreprise défend également le savoir-faire artisanal, d’où mon rachat. Nous sommes en train de constituer l’équipe et il y a un projet de flagship store afin de renouer avec la clientèle. La société a une très forte notoriété. C’est la marque des artistes et des actrices. »

« Je ne suis pas un homme à la mode. Je désire que mon entreprise ait un impact positif sur la société, avec humilité, dans une démarche engagée. Une entreprise doit prendre soin de l’humain : consommateurs, producteurs, collaborateurs et partenaires. »


Julia, une nouvelle boulangerie ouvre ses portes à Mérindol

L’ouverture, dans un village, d’une nouvelle boulangerie est toujours un événement. A Mérindol, une commune de 2 200 habitants, la nouvelle boulangerie qui va ouvrir ses portes le 6 octobre prochain est au cœur des conversations. Un projet porté par une femme qui a pour ambition de faire un pain de qualité (farines bio et levain naturel) et d’être aussi un lieu de convivialité et d’échanges pour le village. En d’autres termes, revenir aux fondamentaux. 

Le parcours professionnel de Inbal Ruello n’est pas banal. Arrivée en France en 2001, pour y suivre des études de cuisine dans la gastronomie à l’institut Paul Bocuse, à Lyon, elle y restée. « Je suis tombée amoureuse de la France et de sa richesse culinaire », explique-t-elle. Inbal a ensuite poursuivi sa formation culinaire en travaillant successivement dans des restaurants gastronomiques, bistronomiques, dans des brasseries ou de la restauration collective un peu partout en France. En 2019, elle s’installe dans la région et ouvre le restaurant l’assiette bio à Mallemort. La crise du Covid a malheureusement mis un terme à ce projet. Elle entame ensuite une reconversion dans la boulangerie. « J’ai toujours été très attirée par ce métier, quand j’étais à l’institut Bocuse j’ai été une des rares à faire un stage dans une boulangerie », dit-elle. Mais être à la fois boulangère et mère de 4 enfants c’est difficilement compatible. Elle a donc mis ce projet (temporairement) de côté tout en continuant à faire des viennoiseries le week-end pour la famille et les amis. Un jour alors qu’elle était au restaurant avec son mari et qu’elle reprochait au pain qui y était servi de ne pas être à la hauteur des plats, ce dernier lui dit sous forme de défi : « si tu sais faire mieux, alors fais-le ». « C’est comme cela que tout a commencé », ajoute Inbal. « J’ai effectué plusieurs stages dans des boulangeries et ensuite j’ai passé mon CAP en candidat libre », précise-t-elle. 

« En fait, ce que je trouve chouette dans mon travail, c’est la transmission et l’échange » : Inbal Ruello

En 2022, elle rencontre Thomas Teffri-Chambelland, le fondateur et directeur de la célèbre école internationale de boulangerie, installée à Noyers-sur-Jabron, près de Sisteron. Il lui a proposé d’intégrer une de ses boulangeries à Aix-en-Provence pour y développer la production  de viennoiseries. Ensuite, ils se sont associés avec pour projet d’ouvrir une nouvelle boulangerie dont Inbal s’occuperait. Le hasard voulu qu’un local soit disponible à Mérindol au bord de la départementale D973, à proximité de la maison médicale. Un emplacement de choix. Bien qu’Inbal ait participé, dans sa jeune carrière, à la création de plusieurs projets, celui-ci est totalement le sien. « J’aime beaucoup trouver des solutions à des problèmes surtout quand on lance des projets… en fait, ce que je trouve chouette dans mon travail, c’est la transmission et l’échange. C’est vraiment un truc qui me représente le plus », ajoute-t-elle.   

Faire du pain c’est beaucoup plus que produire une denrée alimentaire. Au pain est attachée une dimension symbolique encore aujourd’hui très forte. Longtemps le pain a été l’aliment de base qui nourrissait les hommes. « Le pain, est au cœur de l’humanité, il est universel et je trouve ça exceptionnel de savoir que je fais quelque chose qui peut plaire à tout le monde », dit Inbal. Et de compléter : « la boulangerie, en fait, c’est un lieu d’accueil et de partage ». Donner du sens à ce que l’on fait est sans aucun doute la meilleure des sources d’énergie pour cette boulangère mérindolaise.  

Des farines bio sans additifs 

Qu’il s’agisse des pains ou des viennoiseries proposés par la boulangerie Julia tous les ingrédients sont strictement sélectionnés. Ainsi toutes les farines sont bio et sans additifs. « Je pars du principe qu’on doit bien manger parce qu’on a un seul corps.  On a le droit de manger du gras, du sucré… mais quitte à en manger, autant que ce soit bon, que ce soit beau, que ce soit bien travaillé et que ce soit partagé… je suis très portée par le bien-être », argumente Inbal. 

La boulangerie Julia va créer 6 emplois essentiellement des habitants du village. Elle ouvrira ses portes le mardi 6 octobre prochain du lundi au samedi de 7h à 19h30 et tous les jours pendant les deux mois d’été.

©Didier Bailleux / L’Echo du Mardi

Proorca, l’unique fabricant français de baguettes de batterie est provençal

L’histoire de Proorca est celle d’une entreprise qui ne veut pas s’arrêter. Créée en 1948 à Lyon par la famille Janin, la vie de cette entreprise, la seule en France à fabriquer des baguettes pour les batteurs et percussionnistes, est loin d’être un long fleuve tranquille. Aujourd’hui, reprise par un nouvel actionnaire et installée à Éguilles, elle se relance dans la vente directe et mise sur la qualité de ses produits fabriqués artisanalement.

©DR

L’industrialisation de la fabrication des instruments de musique et le développement de la vente directe sur internet ont mis à mal un secteur qui auparavant se portait bien. Nombre de fabricants nationaux, souvent des artisans, ont fermé boutiques ou délocalisé leurs productions et les magasins distributeurs de nos villes ont tiré le rideau. Seules quelques villages gaulois font de la résistance, comme l’entreprise Proorca installée à Éguilles (Bouches-du-Rhône). Elle est aujourd’hui la seule en France a avoir maintenu un savoir-faire unique : le tournage de baguettes en bois. Destiné aux batteurs exigeants, les 40 modèles de la gamme standard sont entièrement fait à la main et à l’unité. Chaque paire de baguettes est vérifiée pour sa rectitude et son poids (+ ou – 2 grammes de tolérance) et appareillée pour leur sonorité. Les baguettes sont faites essentiellement à partir d’hickory, du noyer à la fois résistant et souple, que l’on trouve uniquement en Amérique du Nord (USA et Canada). A noter qu’il est aussi utilisé pour les manches de pioche et les marteaux. C’est pour dire…

© DR

L’entreprise exécute elle-même l’ensemble des étapes de la fabrication de ses baguettes : de l’usinage au tour, à l’expédition en passant par le polissage, le marquage et le contrôle qualité. Proorca n’utilise pas de vernis ou de solvants chimiques. Les emballages destinés à l’expédition ont été réalisés en matières recyclées par une société française. L’ensemble des machines-outils utilisées sont de fabrication française. Cet ancrage national, l’entreprise en fait un de ses étendards, un argument face aux concurrents américains qui aujourd’hui dominent le marché.

© DR

La marque française compte aujourd’hui 150 batteurs ambassadeurs qui portent les couleurs Proorca

Pour la conception de ses baguettes, Proorca s’est rapproché de beaucoup de batteurs, qui certains d’entre eux, ont développé leurs propres baguettes que l’on retrouve dans la gamme « signature ». La marque française compte aujourd’hui 150 batteurs ambassadeurs qui portent les couleurs Proorca. La petite entreprise fait également de la demie mesure à partir de 240 modèles existants. La longueur, le diamètre, la forme de l’olive (la pointe), la forme du col (entre l’olive et le manche de la baguette) sont autant d’éléments qui peuvent varier dans une baguette. Proorca propose également du sur mesure intégral. L’entreprise est la seule à proposer cela à ses clients.

© DR

Avec un prix de base de 15,90 €, les baguettes Proorca ne sont pas beaucoup plus cher que les productions industrielles traditionnelles. « Tout cela pour des produits de qualité supérieure faits à la main dans des standards de qualité bien supérieurs. Notre Indice de satisfaction est de 4,93 sur 5 »  précise Butch, DG de l’entreprise. Précisons que Butch est le nom de scène de celui qui était l’ancien batteur du groupe de Death Métal Akiavel.

© DR

En difficulté Proorca a été repris en 2024 par des investisseurs qui ne voulaient pas voir mourir cette entreprise au savoir-faire unique. Ils lui ont apporté les moyens nécessaires pour mettre en place une nouvelle stratégie commerciale avec de la vente directe. Proorca réfléchit actuellement à améliorer son outil de production. Une nouvelle page de l’histoire de cette marque aujourd’hui provençale est en train de s’écrire.

Pour en savoir plus : https://proorca.com


Rentrée sur les chapeaux de roues pour la CMA 84 avec la dynamique Valérie Coissieux

Elle fonce, la présidente de la Chambre des Métiers et de l’Artisanat. Avec 31 412 entreprises dans le Vaucluse (majoritairement 39% dans le BTP, 38% dans les services, mais aussi 13% dans la production et 10% dans l’alimentation), la CMA est là pour aider, former, encourager, promouvoir, défendre et valoriser tous ces professionnels de proximité qui nous entourent. Boulangers, plombiers, peintres, cuisiniers, bijoutiers, couteliers, garagistes, fleuristes, coiffeurs, des métiers de notre quotidien, avec qui nous tissons des liens et qui ne sont pas délocalisables. Un savoir-faire à la française pétri de passion et d’excellence.

« Nous avons eu beaucoup d’inscriptions cet été, se réjouit Valérie Coissieux. Des maçons, des plaquistes, mais aussi dans les secteurs de la réparation et du nettoyage. Pour la rentrée, nous avons environ 1 300 apprentis inscrits pour suivre nos formations et nous avons créé en Provence un CAP Pâtissier en e-learning qui s’adresse à des personnes en reconversion qui ont déjà un emploi mais souhaitent se réorienter, donc suivent les cours théoriques sur internet et viennent passer une journée par semaine dans les ateliers de notre CFA St-Roch d’Avignon créé par le regretté Paul Gilles. Autre tendance, la féminisation des métiers avec par exemple des façadières. »

Sujet préoccupant pour cette rentrée : le casse-tête la facturation électronique obligatoire depuis le 1er septembre qui effraie nombre d’artisans et commerçants. Elle est supposée « sécuriser le système » alors qu’on on a vu récemment des hackers entrer comme dans un moulin dans les ministères régaliens des Finances, de l’Education Nationale et de l’Intérieur. « Nous avons lancé une formation simple, pas chère, quelques euros, pour faciliter la vie les micro-entreprises, des TPE. »

Plusieurs temps forts à venir

Parmi les innovations, « le Pass CMA Liberté qui est un lien entre le chef d’entreprise et nous. Un interlocuteur dédié, bienveillant qui le suit dès la création de sa société, le conseille dans le dédale des lois et règlementations et l’accompagne au cas par cas dans le suivi, le développement et tout au long de sa vie professionnelle » explique Valérie Coissieux. Des rendez-vous dès cet automne également, les 19 et 20 septembre, au moment des Journées Européennes avec la 3e édition de notre Salon Patrimoine Vivant avec 17 artisans (couture, travail du cuir, broderie, mosaïque, gravure sur verre, ébénisterie, dorure, céramique), gratuit et ouvert à tous. »

Quelques jours plus tard, le 28 septembre, toujours Chapelle Sainte-Praxède, Rue Joseph Vernet à Avignon, place aux Rencontres de l’Environnement. Un temps d’échanges entre artisans, associations, l’Ademe et des collectivités locales déjà engagés dans la nécessaire transition écologique pour réduire le montant de la facture énergétique, maîtriser la consommation et faire la chasse au gaspillage avec des solutions adaptées. Comme Saveurs & Transition qui accompagne les professionnels des métiers de bouche et est pionnier dans les CMA de Vaucluse et du Var.

Pour renforcer la proximité, avec le bus bleu de la CMA ‘Ton futur démarre ici’, est prévu L’Artisanat Tour en octobre. Il se déploiera sur le terrain, de 10h à 17h au coeur de Pertuis le 5, Bollène le 7 et Entraigues le 8. Au programme, rencontre avec des conseillers qui identifient les besoins, permettent de bénéficier d’informations concrètes, de conseils personnalisés sur la découverte des métiers de l’artisanat et du commerce, le financement, les aides locales, la transmission, l’apport du numérique pour mettre en valeur son entreprise, attirer et fidéliser les clients.

©CMA 84

Le 13 octobre, au Palais des Princes à Orange, Soirée Transmission en partenariat avec le Crédit Agricole. « Transmettre son entreprise ne s’improvise pas, ça s’organise pendant des mois et des mois. En Vaucluse, nombre d’artisans s’apprêtent à partir à la retraite, d’ici 3 ans, 5 000 sociétés vont changer de main. Il faut apprendre aux jeunes à gérer pour prendre la suite et pérenniser chaque PME » précise la passionnée présidente de la CMA. Enfin, le 27 octobre dans la Salle Polyvalente de Montfavet, Soirée de l’Excellence et de l’Emergence Artisanale avec des meilleurs ouvriers de France et des maîtres-artisans qui ont fait rayonner leur métier et formé des générations de jeunes.

En quelques mots, si vous êtes attiré par les métiers manuels, l’artisanat, surtout n’hésitez pas. Ce sont des métiers qui font enfin l’objet de reconnaissance par le grand public qui admire leurs compétences, leur amour du travail bien fait. « Poussez la porte de la CMA 84 — 35 Rue Joseph Vernet à Avignon — vous serez chez vous. La Chapelle Sainte-Praxède est votre maison, tous nos conseillers sont là pour vous aider à réaliser votre rêve », conclut Valérie Coissieux. Elle qui, entre son entreprise aux Rotondes et son mandat de présidente de la CMA 84, quitte la maison à 7h du matin et rentre à 20, 21 ou 22h le soir. Quand on aime, on ne compte pas… les heures!

Contact :  04 84 31 00 00


Luthier, le métier d’une deuxième vie

Installé à Lauris, dans le Luberon, Jacques Debionne est un luthier amateur autodidacte qui a fait de sa passion pour cette activité un nouveau métier. Aujourd’hui, la réputation de ses guitares de jazz manouche a largement dépassé le cadre de la Provence.

Si la quasi-totalité des instruments de musique est aujourd’hui fabriquée par des industriels, les luthiers indépendants n’ont pour autant pas disparus. En France, on en compte environ 1 200. Ce chiffre est relativement stable. Ils fabriquent et réparent des instruments pour des musiciens passionnés et exigeants. Jacques Debionne, installé à Lauris depuis quelques années, fait partie de ces artisans au savoir-faire peu commun. Artisan luthier, c’est à la fois savoir travailler le bois mais aussi savoir bien le faire sonner. « Avoir une bonne oreille c’est important, mais la fabrication d’un instrument à cordes s’est d’abord beaucoup de géométrie, il y a de nombreux paramètres à respecter », explique Jacques. 

En 2012, il fabrique sa première guitare, la sienne

Sa passion pour la guitare il l’a découverte alors qu’il avait 13 ans. « Je ne suis pas d’une famille de musiciens, mais la première fois que j’ai vu une guitare je suis tombé amoureux », dit-il. Il a voulu alors entrer à l’école nationale de Lutherie à Mirecourt (Vosges) – la référence – malheureusement la vie en a décidé autrement. Finalement, Jacques s’est orienté vers un autre métier qui lui a apporté sans doute davantage de sécurité et de confort. Pour autant il n’a pas mis de côté cette passion. Il y a une quinzaine d’années alors qu’il cherchait un bout de nacre pour un manche de guitare il découvre qu’on peut  facilement trouver tous les matériaux pour en fabriquer une intégralement. Merci internet. On peut aussi y voir des tutoriels qui expliquent avec moult détails les différentes étapes de leur fabrication. « Je crois que je les ai presque tous vus et c’est comme cela que l’idée de me lancer m’est venue…», explique Jacques. Ainsi en 2012, il fabrique  sa première guitare, la sienne. « Il s’est trouvé qu’elle sonnait plutôt bien et cela m’a encouragé à en faire d’autres, essentiellement pour les copains », précise-t-il. A l’époque Jacques travaillait à Paris et  il passait beaucoup de ses soirées dans des boites de jazz. C’est là qu’il rencontre Samy Daussat, un guitariste reconnu dans le milieu. « Si je te fabrique une guitare tu jouerais avec ? », lui lance-t-il. Le guitariste accepta et il adoptera une guitare fabriquée par Jacques pendant plusieurs années. Elle sera même son compagnon de scène dans des salles prestigieuses en France et à l’international. Une consécration. 

« Mon métier c’est faire plaisir avant tout »  

« Pour le premier concert où Samy a utilisé ma guitare j’étais mort de trouille, j’avais peur que la guitare ne tienne pas le coup, mais finalement ça c’est bien passé, confie Jacques. Samy a été ma meilleure publicité. »  Aujourd’hui un peu partout dans la région et ailleurs en France, nombre de guitaristes de jazz utilisent ses guitares.  

Jacques s’est véritablement lancé dans cette activité une fois la retraite atteinte. Mais avant de se lancer dans la fabrication, il a fallu beaucoup investir dans l’outillage et mettre au point au processus de fabrication, même si chaque pièce est réalisé à l’unité.  

A la question pourquoi fait-on appel à un luthier pour s’acheter une guitare Jacques vous répondra que seule la fabrication artisanale peut apporter du sur-mesure. 

C’est essentiel de comprendre la nature et les besoins de chaque musicien, car ils sont à chaque fois différents. S’étant spécialisé dans les guitares de jazz manouche (bien qu’ayant aussi fabriqué des violons) Jacques en connais aujourd’hui toutes les techniques et est capable de répondre aux besoins de chacun. 

L’atelier de Jacques Debionne voit aussi passer des instruments endommagés. Seuls les artisans font aujourd’hui des réparations. « J’adore aussi faire revivre des anciens instruments. Récemment un client m’a amené une guitare en très mauvais état elle n’avait pas beaucoup de valeur mais sentimentalement elle comptait beaucoup pour son propriétaire, j’ai redonné vie à cet instrument. Mon métier c’est faire plaisir avant tout », conclut-il. 

Jacques Debionne a en projet d’organiser dans la région une nuit du jazz manouche

Si tout se passe bien (ce qui est rarement le cas, confie-t-il) il faut une centaine d’heure pour fabriquer une guitare. La pièce la plus importante c’est la table d’harmonie (la face avant de la guitare) « C’est 80% du son de la guitare. » Cette pièce est généralement faite en cèdre ou en épicéa. Par contre les autres pièces doivent obligatoirement être faites d’un autre bois comme le noyer, l’érable ou des bois exotiques.  Notre luthier privilégie des essences d’arbres qui proviennent de la région. Jacques Debionne, un fan absolu de Django Reinhardt, a en projet d’organiser dans la région une nuit du jazz manouche en mettant en avant les talents régionaux et quelques pointures nationales et internationales. Il cherche actuellement un lieu pour cet événement. A suivre…


Glenn Viel et Brandon Dehan ouvrent un glacier à Saint-Rémy-de-Provence

Ce samedi 1er août, un nouveau glacier qui promet un retour en enfance va ouvrir ses portes dans le centre-ville de Saint-Rémy-de-Provence. Il s’agit de la marque Minot, portée par le chef étoilé Glenn Viel et le chef pâtissier Brandon Dehan.

Ils officient tous deux à l’Oustau de Baumanière aux Baux-de-Provence. Glenn Viel et Brandon Dehan ont décidé de s’associer et de créer Minot, une marque de glace artisanale gourmande aux saveurs locales. Pour concrétiser ce projet, c’est une boutique qui va voir le jour dans le centre-ville de Saint-Rémy-de-Provence, sur le Boulevard Victor Hugo ce samedi 1er août.

Un retour en enfance

« Minot » signifie « Gamin » en provençal. Et c’est en ce mot que réside toute l’âme de ce projet qui se veut un voyage vers les souvenirs de l’enfance. « L’idée est de proposer des glaces avec des parfums qui parlent à tous, mais dont chacun a un souvenir bien précis », explique Brandon Dehan. Ainsi, les clients auront le choix entre huit parfums de glace : vanille, chocolat, yaourt, pistache, noisette, fraise, abricot et citron huile d’olive. Chaque pot ou cornet cachera en son fond une petite sauce, une surprise « signature » qui apportera une fraîcheur supplémentaire à la glace.

Le savoir-faire et la gourmandise s’allient

« On a voulu créer une marque qui se prend au sérieux par son savoir-faire et la qualité des matières premières, sans se prendre au sérieux avec la gourmandise, la simplicité et les souvenirs d’enfance », ajoute le chef pâtissier. Minot sera donc un reflet de l’expérience des deux porteurs du projet, qui évoluent tous les deux à l’Oustau de Baumanière, 3 étoiles au Guide Michelin, Glenn Viel depuis 2015 et Brandon Dehan depuis 2016. Ce projet, accompagné de sa première boutique, représente une collaboration évidente entre les deux. Et qui sait ? Peut-être que d’autres boutiques Minot verront le jour ailleurs dans les prochaines années.


Go ! : le tabouret mobile ergonomique

L’entreprise de Jean-Marc Jacquemin est située sur la zone artisanale Belle-Croix à Venasque. L’atelier de fabrication, d’une surface de 90 m², permet la fabrication d’un produit design : un tabouret mobile ergonomique baptisé « Go !« . Les ventes viennent de se lancer.

Jean-Marc Jacquemin est designer de formation. Après son école Saint-Luc à Liège en Belgique, il intègre un fabricant belge de canapés sur mesure. Après une quinzaine d’années de travail salarié en Belgique, il suit son épouse dans le Vaucluse. Il travaille ainsi à distance durant cinq ans et devient ensuite prestataire pour cette même entreprise durant une vingtaine d’années. « Fin 2025, j’avais envie de passer à autre chose en changeant de produit et de travailler en complète autonomie. J’ai ainsi, après des mois de réflexion et d’études, décidé de lancer ma gamme de tabourets mobiles ergonomiques », explique Jean-Marc Jacquemin.

Un fauteuil très confortable

Ce passionné du bel objet étudie tous les aspects du produit durant plusieurs années : ses composants, sa forme et, aspect important pour l’utilisateur, son confort d’utilisation en ergonomie et son bienfait pour le dos. Pour cela il décide d’y mettre cinq roulettes de roller à double roulement qui permettent aux tabourets de se déplacer très facilement. Pour l’équilibre, il étudie dans le détail une forme optimale qui donnera au final un cône. Il intègre une ossature en bois avec un tissu unique pour personnaliser cet objet. « Au fur et à mesure de mes fabrications, en plus du tissu, j’ai intégré d’autres matières comme le cuir. »

Chaque tabouret est unique, avec le coloris et le tissu désirés par le client. ©Olivier Muselet / L’Echo du Mardi

Une nouvelle façon de s’asseoir

« Plus qu’un tabouret, ma création permet une nouvelle façon de s’asseoir de façon droite, excellente pour la posture du dos. De plus, il y a un aspect esthétique non négligeable et une facilité de déplacement très importante. Ce tabouret peut être utilisé à la place d’un gros fauteuil de bureau volumineux, peu esthétique et moins pratique. » L’ensemble des matériaux vient en grande majorité des régions françaises. Pour la fabrication de cet objet design, Jean-Marc Jacquemin sollicite pas moins de 15 fournisseurs.

Vente sur internet

À ce jour, ces objets sont disponibles sur le site de l’entreprise au prix de 350€. Il est également possible de venir les acheter en direct dans le laboratoire de fabrication. « Pour développer encore davantage les premières fabrications, je vais participer à des marchés artisanaux comme celui de Bédoin en août. Le projet est également de proposer mon produit à des hôtels. Il pourrait tout à fait convenir dans certaines chambres. » Dans un futur proche, le chef d’entreprise belge a également pour objectif d’aller démarcher des entreprises désirant équiper leur bureau de cet objet ergonomique. 

Un nouveau produit pour les caves coopératives

En plus de son tabouret qui a un revêtement unique pour chaque exemplaire, le designer passionné vient de lancer un tabouret sur pied tournant, réglable en hauteur, en forme de verres de vin. Il va le décliner sur les trois couleurs, rouge, rosé et blanc. Il lui reste à aller démarcher les caves coopératives et les domaines viticoles pour pouvoir le proposer leur bar de dégustation.


Michelin joue à fond la carte de l’innovation avec ‘La France des savoir-faire’

En partenariat avec Entreprise et Découverte, 350 sites à visiter sont proposés dans cette carte-papier pliable, claire, facile d’utilisation. Pour Philippe Sablayrolles, Directeur de la cartographie chez Michelin, « c’est l’association de la passion du Made in France, de l’attachement au territoire, un gros plan sur les métiers d’art et d’avenir de notre patrimoine. »

Chacune des 13 régions de France est passée au crible, ses pépites mises en valeur. 54 adresses pour la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, comme le 2CV Mehari-Club de Cassis, la Chocolaterie de Puyricard, la parfumerie Fragonard à Grasse, la Verrerie de Biot, le Moulin à huile d’olive Castelas aux Baux-de-Provence, l’Occitane et ses produits de beauté à Manosque, les santons Fouque à Aix-en-Provence, la savonnerie Marius-Fabre à Salon-de-Provence, la société du Canal de Provence au Tholonet, ou encore la Maison de la pistache à Valensole,

Dans le Vaucluse, vous pouvez visiter la Centrale hydro-électrique de Bollène, la Filaventure Brun de Vian-Tiran à l’Isle-sur-la-Sorgue, la Maison André Boyer à Sault, ou la Chocolaterie Castelain à Châteauneuf-du- Pape.

Dans tous ces lieux chargés d’histoire et d’excellence, vous pourrez rencontrer des femmes et des hommes passionnés, qui font rayonner l’art de vivre à la française. Dans les secteurs de l’artisanat, de l’agroalimentaire, du textile, de la mode, de la cosmétique, de l’énergie et de l’industrie et du vin.

Michelin qui, depuis 1889 innove, avec le 1er pneu en caoutchouc, le 1er radial et le 1er increvable sans air, les bornes et panneaux de signalisation en lave émaillée, les cartes routières, le guide rouge, qui, à partir de 1900 distingue les meilleurs chefs-gastronomes de France et de la planète, les cartes touristiques des églises, châteaux, grottes, des sites où on peut pratiquer le ski ou le camping.

Avec Bibendum et son logo iconique, Michelin qui a gagné les plus grandes compétitions de F 1, de 4×4, de rallyes, de poids-lourds, de motos Grand Prix, qui a commercialisé le plus gros pneu du monde de 2,32m de diamètre qui équipe les tracteurs, qui a aussi enlevé le marché pour la voiture blindée du Pape comme pour l’avion de chasse français Rafale, développe aussi des pneus issus de végétaux. La fime clermontoise prend en permanence le virage de l’innovation et compte bien faire la course en tête pendant encore de longues décennies.

Contact : 8,95€ – editions.michelin.com


Pâtisserie Peyrerol : une reconnaissance du savoir-faire

La pâtisserie Peyrerol a été fondée en 1998 par Gilles Peyrerol. Elle s’est depuis forgée une clientèle fidèle de clients locaux mais également de touristes. Avec un solide bagage en pâtisserie, le créateur a exploré depuis différents métiers avec son équipe comme la chocolaterie ou la glacerie.

« Je travaille depuis l’âge de 14 ans. J’ai travaillé durant de nombreuses années sept jours sur sept. J’aime ce métier de la pâtisserie mais il est très contraignant en termes d’emploi du temps. J’ai fait ma formation à la Chambre des Métiers d’Avignon en spécialité pâtisserie. Je me suis ensuite beaucoup formé sur différents lieux prestigieux comme chez Pierre Hermé à Paris. J’ai également suivi les cours de l’École nationale supérieure de la pâtisserie à Yssingeaux dans la Haute-Loire. J’ai ensuite été salarié dans une pâtisserie à Cavaillon pendant une dizaine d’années, à l’Étoile du délice. J’ai ensuite été chef pâtissier chez le traiteur Meffre, avant de lancer ma propre affaire en 1998 », explique Gilles Peyrerol.

Peyrerol propose différentes produits sucrés comme la chocolaterie. ©Olivier Muselet / L’Echo du Mardi

Reprise en 1998

« En 1998, nous avons repris avec mon épouse Ascension qui est également du métier cette pâtisserie sur la commune de Vaison, sur une rue très passante, à deux pas de la place Montfort. » Le couple hésite entre l’Isle-sur-la-Sorgue, Saint Rémy-de-Provence et Vaison. L’opportunité a fait le reste. L’entreprise se développe bien sûr ses premières années en proposant une gamme de plus en plus large, comme les macarons, à sa clientèle qui devient de plus en plus fidèle. En 2013, le couple décide d’ouvrir une autre boutique à Vedène sur le complexe commercial Ikea, dans le pôle gastronomie restauration. Ils y restent jusqu’en 2021. 

Plusieurs métiers

En plus de l’activité phare pâtisserie, l’entreprise s’est diversifiée dans la chocolaterie et la glacerie. « Nous avons eu la fierté d’avoir le meilleur apprenti de France dans nos murs dans la catégorie glacier. Notre gâteau phare est le Ventoux qui comporte du marron avec du biscuit à la châtaigne. La tendance sur la pâtisserie et de proposer à la clientèle du produit allégé raisonné, avec moins de sucre et un fort goût de fruits, avec des textures qui sont moins gélifiées. » Le chiffre d’affaires est évidemment plus élevé l’été notamment mois de septembre avec une clientèle touristique forte sur la commune de Vaison. « Nous avons quand même une activité régulière tout au long de l’année car les touristes viennent désormais aux quatre saisons à Vaison. »

Une équipe compétente et expérimentée assure la fabrication. ©Olivier Muselet / L’Echo du Mardi

Une diversification dans les goûters

Pour compléter l’offre actuelle en pâtisserie, Gilles Peyrerol a lancé une gamme de viennoiseries et de goûters en tranches qui marchent bien comme les cakes à la découpe, notamment pour la clientèle touristique. Cette gamme complète le snacking qui apporte également du chiffre additionnel. Tout cela est vendu dans un local attenant à la pâtisserie sur la même surface.

La gamme de pâtisserie change régulièrement, avec des gâteaux à la fraise au printemps. ©Olivier Muselet / L’Echo du Mardi

L’objectif de Gilles Peyrerol qui va avoir 55 ans prochainement et de commencer à réfléchir à céder son entreprise dans les années à venir.

https://www.echodumardi.com/tag/artisanat/   1/1