18 mai 2026 |

Ecrit par le 18 mai 2026

Cessation d’activité chez les entrepreneurs, où en est-on en Vaucluse ?

Selon l’étude de l’Observatoire de l’emploi des entrepreneurs réalisée par Altares et l’association GSC, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur enregistre en 2025 une baisse de 6,9% des pertes d’emploi des chefs d’entreprise. Une amélioration en trompe-l’œil : le niveau reste historiquement élevé. Dans ce paysage régional contrasté, le Vaucluse se distingue à rebours, avec une légère hausse du nombre de dirigeants contraints de cesser leur activité.

Avec 690 chefs d’entreprise ayant perdu leur emploi en 2025, le Vaucluse enregistre une hausse de 1,2%, à contre-courant de la dynamique régionale. Une progression modérée en apparence, mais révélatrice d’un tissu économique fragile. Cette évolution traduit une vulnérabilité structurelle dans ce département qui compte nombre de très petites entreprises. Celles-ci, souvent peu capitalisées, restent particulièrement exposées aux aléas comme la baisse d’activité, l’inflation des charges fixes et les retards de paiement, autant de facteurs fragilisants de modèles économiques déjà contraints.

Un département, également, qui résiste
Le contraste est d’autant plus marqué que, dans le même temps, les Bouches-du-Rhône (-11,4%) et les Alpes-Maritimes (-11,1%) affichent des reculs significatifs, concentrant pourtant plus de 60% des pertes d’emploi régionales. Le Vaucluse, à l’instar du Var, apparaît ainsi comme un territoire où les tensions résistent davantage.

Une amélioration régionale à relativiser
Près de 5 813 entrepreneurs ont perdu leur emploi en 2025, en région sud, soit près de 16 dirigeants chaque jour. Si la baisse de 6,9% constitue la plus forte diminution observée en France, elle ne doit pas masquer l’essentiel : le niveau reste historiquement élevé. Après trois années de forte dégradation (+25,4% en 2022, +29,3% en 2023, +19,5% en 2024), le reflux observé en 2025 ressemble davantage à un palier qu’à une véritable reprise. Comme le souligne l’étude, l’environnement économique demeure instable, marqué par une croissance atone, des tensions internationales persistantes et une incertitude politique durable.

Copyright Altarès GSC

Construction, commerce : des signaux de répit
Cependant, l’analyse sectorielle fait apparaître quelques éclaircies. La construction recule de 15% en matière de pertes d’emploi, un signal encourageant après plusieurs années de crise, notamment dans l’immobilier. Les professionnels de ce secteur enregistrent même une chute spectaculaire des défaillances (-56,3%), signe d’un ajustement après un choc brutal post-Covid. Le commerce suit la même tendance, avec une baisse de 11,6%, tirée par le commerce de détail (-15,8%) et l’automobile (-10%).

Les secteurs qui repartent
Mais ces améliorations restent fragiles. L’hôtellerie-restauration repart légèrement à la hausse (+1,5%), portée par les difficultés persistantes de la restauration, tandis que les services aux particuliers explosent (+16%), notamment dans la coiffure et les soins de beauté. Des secteurs très présents dans les centres urbains vauclusiens.

TPE : le cœur du risque économique
Le constat le plus marquant demeure celui de la vulnérabilité des très petites entreprises. Près de 7 dirigeants sur 10 touchés étaient à la tête de structures de moins de trois salariés. Ce chiffre éclaire sur la situation du Vaucluse, dont le tissu économique repose largement sur ces micro-entreprises. Faible capacité d’investissement, dépendance à une clientèle locale, difficulté à absorber les chocs : les marges de manœuvre sont réduites. À cela s’ajoute un facteur humain souvent sous-estimé. Comme le souligne Altares, les cinq dernières années ont « épuisé les ressources morales et financières » des dirigeants. En 2025, près de 61 500 entrepreneurs ont liquidé leur entreprise en France, un record.

2026, une année complexe
Les premiers signaux de 2026 ne laissent guère entrevoir d’amélioration rapide. Plus de 6 400 défaillances ont été enregistrées dès janvier au niveau national, c’est un nouveau pic. Derrière la stabilité apparente des chiffres régionaux, la réalité vauclusienne rappelle que la reprise reste fragile, inégale et profondément liée à la structure même du tissu économique. Ainsi, l’accompagnement des dirigeants demeure primordial en facilitant la prévention des risques, l’accès à l’information, en indiquant les dispositifs de protection. Car chaque défaillance entrepreneuriale fragilise un équilibre collectif pourtant vital à la dynamique de l’économie locale.
Mireille Hurlin


Cessation d’activité chez les entrepreneurs, où en est-on en Vaucluse ?

En 2022, 4 039 chefs d’entreprise ont perdu leur activité professionnelle en région Sud – Provence-Alpes-Côte d’Azur selon l’Observatoire de l’emploi des entrepreneurs de l’association GSC et la société Altares. Ce chiffre, en hausse de 25,4 % par rapport à 2021, représente 817 femmes et hommes impactés de plus sur un an.

Après 3 années marquées par les crises, les difficultés multifactorielles (remboursement des dettes Covid-19 et PGE (Prêt garanti par l’Etat), hausse des taux, inflation, augmentation des prix de l’énergie, pénuries… viennent accentuer les fragilités des chefs d’entreprise, alors même que les assignations Urssaf (Union de recouvrement des cotisations de Sécurité sociale et d’allocations familiales) n’ont pas encore repris.

Les dirigeants de TPE sont les plus touchés
Un âge moyen de 48,1 ans en région Sud – Provence-Alpes-Côte d’Azur qui interpelle sur le rebond professionnel des entrepreneurs. Les gérants de TPE (très petites entreprises) résistent plus difficilement aux aléas économiques. L’ensemble du territoire connaît une hausse du nombre d’entrepreneurs en situation de chômage.

Les dirigeants des Bouches-du-Rhône sont les plus impactés
Tous les départements de la région Sud – Provence-Alpes-Côte d’Azur enregistrent une hausse du nombre d’entrepreneurs en situation de perte d’emploi. Le département des Bouches-du-Rhône, avec 1 513 chefs d’entreprise impactés, représente à lui seul près d’un tiers des pertes d’emploi de la région.

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La plus importante hausse se situe dans les Alpes-de-Haute-Provence
La plus forte hausse concerne le département des Alpes-de-Haute-Provence (102,2 %)
soit 91 entrepreneurs ayant perdu leur activité professionnelle. Le département des Alpes-Maritimes compte 1 016 chefs d’entreprise impactés (+10,9 %). La situation se dégrade également pour les entrepreneurs du Var et du Vaucluse avec respectivement : 814 (+ 35,4 %) et 504 entrepreneurs concernés (+ 44 %). 101 chefs d’entreprise du département des Hautes-Alpes se sont également retrouvés en situation de chômage, soit une hausse de 29,5%.

Chaque jour 11 chefs d’entreprise perdent leur emploi
«Chaque jour, plus de 11 chefs d’entreprise perdent leur emploi en région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur indique Anthony Streicher, Président de l’association GSC (Association des syndicats patronaux et protection des dirigeants). Les chiffres de 2022 nous alertent sur une réalité que nous connaissions déjà. Les entrepreneurs doivent faire face à un contexte économique particulièrement difficile dans lequel les fragilités se multiplient et s’alimentent. Les pénuries de main-d’œuvre et la majoration des coûts énergétiques compliquent les défis auxquels ils devaient faire face. Alors que les tensions sur la trésorerie se font déjà sentir, la reprise des procédures d’assignation de l’Urssaf en 2023 pourrait encore accélérer la remontée des défaillances déjà observée en 2022.»

Le seniors sont les plus impactés
Les aléas économiques exposent les chefs d’entreprise senior à la tête de TPE, l’âge moyen des chefs d’entreprise impactés région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur est de 48,1 ans. Dans le département des Alpes-Maritimes l’âge moyen atteint 49,4 ans. La question du rebond professionnel reste centrale pour cette population mature.

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Sécuriser son parcours professionnel de patron
«Ces signaux qui laissent présager un retour aux niveaux d’avant crise dès 2023, doivent nous amener à réfléchir collectivement à l’avenir que nous souhaitons proposer à ces femmes et ces hommes. Près de 2 entrepreneurs sur 3 n’ont pas anticipé une éventuelle perte d’emploi. Chacun doit être libre de sécuriser ou non son parcours professionnel mais ayons conscience qu’il s’agit collectivement de la capacité de reprise de la France,» poursuit Anthony Streicher.

Les petits entrepreneurs sont les plus touchés
Les entrepreneurs à la tête de structures de moins de 3 salariés représentent près de 8 pertes d’emploi sur 10 dans la région en 2022. La masse salariale représente un coût important pour ces entreprises, auxquelles s’ajoutent les difficultés économiques conjoncturelles (remboursement des PGE, inflation, hausse des taux, facture énergétique…

Les business BtoC particulièrement exposés
Les entrepreneurs de la région Sud – Provence-Alpes-Côte d’Azur exerçant une activité dans le BtoC particulièrement exposés. Malgré des carnets de commandes remplis, les entrepreneurs de la construction sont pénalisés par les difficultés d’approvisionnement, les coûts des matières premières et la pénurie de main d’œuvre.

Changement de comportement des consommateurs
Ainsi, 1 003 chefs d’entreprise du secteur se sont retrouvés en situation de chômage en région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur. Le changement de comportement des consommateurs, dans un contexte inflationniste, a des conséquences particulièrement fortes sur les femmes et hommes exerçant des activités en lien direct avec les consommateurs.

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Le commerce très fragilisé
Le secteur du commerce est le plus impacté avec 961 entrepreneurs de région Sud – Provence-Alpes-Côte d’Azur en situation de chômage en 2022 dont 551 exerçant dans le domaine du commerce de détail. Le secteur de l’hébergement, restauration et débits de boissons concentre quant à lui 566 des pertes d’emploi du territoire. Parmi elles, 479 concernent la restauration. Donnée issue de la double enquête menée par l’IFOP (Institut français d’opinion publique) pour l’association GSC de juillet 2019.

Ce qu’il faut retenir
4 039 chefs d’entreprise sont au chômage en 2022, ce qui équivaut à une hausse de 25,4 % – soit 817 femmes et hommes impactés de plus depuis 2021 – et laisse présager d’un retour, voire un dépassement des niveaux d’avant crise dès 2023. Un phénomène qui s’explique par 3 années marquées par les crises, auxquelles s’ajoutent le remboursement des dettes Covid-19 et PGE, hausse des taux, inflation, augmentation des prix de l’énergie, pénuries etc.
Tous les départements de la région sont touchés, et notamment dans le département des Bouches du Rhône qui enregistre 1 513 chefs d’entreprise en situation de « chômage ».
Les aléas économiques exposent les chefs d’entreprise « senior » à la tête de TPE : l’âge moyen des chefs d’entreprise impactés en Provence Alpes Côtes d’Azur est de 48,1 ans.
Les gérants de TPE font également partie des publics les plus vulnérables avec près de 8 entrepreneurs/10 ayant perdu leur emploi en un an.
Les secteurs du B2C (business to consumer) principalement touchés : la construction, le commerce ainsi que l’hébergement, la restauration et les débits de boisson sont en première ligne des liquidations judiciaires en 2022.
MH

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