25 juillet 2026 |

Ecrit par le 25 juillet 2026

Orgues Quoirin : un savoir-faire au service du son

Les orgues Quoirin existent depuis 1970. L’entreprise a bien évolué depuis avec de nombreuses réalisations ou rénovations. La plus notoire est le chantier de l’orgue de Notre-Dame de Paris commencé en 2021 et terminé en 2024. Raphaël Quoirin a pris la tête de l’entreprise qui a le statut de SCOP (société coopérative participative) en janvier 2026.

Pascal Quoirin a créé l’entreprise en 1970 à Carpentras. Il a commencé son premier chantier pour la cathédrale Saint-Siffrein de Carpentras, à l’âge de 20 ans. « Il a la chance de rencontrer un grand organiste européen, Francis Chapelet, qui a eu le mérite de refaire découvrir la musique ancienne. À partir de cela, les facteurs d’orgues ont pu réapprendre à faire de l’harmonie et des orgues dans l’esprit de la musique ancienne » explique Raphaël Quoirin.  » 
« Mon père est un des pionniers de ce mouvement à l’époque. Il s’appuie ainsi sur ce savoir-faire pour démarrer différents chantiers comme en Espagne ou encore la rénovation de l’orgue de Sainte-Croix de Bordeaux ».

Raphaël Quoirin a succédé à son père Pascal en janvier 2026.

Arrivée à Saint Didier
L’entreprise s’installe dans les années 90 Rue des artisans sur la commune de Saint Didier, suite à un projet de construction de l’atelier. L’entreprise connaît alors son apogée en termes d’activité. Elle peut réaliser en totalité un orgue ou s’occuper de sa restauration. Pour cela, elle a en interne des forces vives qui ont trois compétences : le bois, le métal et la connaissance musicale.  » L’harmoniste donne le son à l’orgue. Pour rénover ou construire un orgue, il faut plusieurs métiers : menuisier, charpentier, ébéniste, tuyautier et harmoniste qui règle le son au final « . L’entreprise s’occupe également de l’entretien des orgues pour les accorder régulièrement.

Crédit : Edwige Lamy/Orgues Quoirin

Le statut de SCOP
Raphaël Quoirin a pris la succession de son père en tant que gérant de la SCOP en janvier 2026. Il a connu un parcours composé d’expériences diverses depuis sa jeunesse.  » J’ai toujours accompagné mon père quand j’étais enfant et adolescent et cela m’a appris à former mon oreille. En 2014, il décide de rejoindre l’entreprise familiale. Il occupe différents postes. En décembre 2020, l’entreprise décide de prendre le statut de SCOP, avec une direction collégiale, dont l’objectif est de porter des valeurs humaines fortes au sein de l’entreprise.  
Orgues Quoirin est aujourd’hui un des cinq intervenants majeurs en France dans sa spécialité.  » Le volume d’activité depuis quelques années est en baisse depuis deux ans, avec des budgets du Ministère de la Culture qui sont moindres pour ce domaine  » explique Raphaël Quoirin.

Trois infos :
– L’entreprise a le label EPV, Entreprise du patrimoine vivant, depuis 15 ans
– Chiffre d’affaires 2025 : 939 000 € (1 million d’euros prévus en 2026)
– Détails du chiffre d’affaires : 10% entretien, 60% restauration et 30% fabrication d’orgues

La maîtrise des tuyaux est essentielle pour un bon fonctionnement de l’orgue.

Le chantier de Notre-Dame de Paris
Le chantier aura duré plusieurs années de 2021 au 9 décembre 2024. L’entreprise a eu l’honneur de participer à la rénovation de Notre-Dame de Paris.  » Cela été un honneur pour nous d’avoir était retenu dans ce projet. Sur cette période, l’activité l’entreprise se porte exclusivement sur Notre Dame. L’orgue est restée intact fort heureusement mais il a été endommagé en raison des intempéries car il était à l’air libre. Il a ensuite été démonté et acheminé vers trois lieux de rénovation « . Tout a été déplacé sauf le buffet et des tuyaux de 10 m de long.  » Nous avons énormément appris sur ce chantier qui comportait beaucoup de protocoles  » explique Raphaël Quoirin.

Orgues réalisés :
– Genève
– Eglise de Saint-Rémy de Provence
– Lambesc
– Temple à Montpellier
– Neuchâtel en Suisse
– Cathédrale Saint-Jean de Lyon
– Cathédrale d’Orange
– Notre-Dame de Paris
– Cathédrale de Reims
– Eglise de Pertuis (chantiers en cours)


Orgues Quoirin : un savoir-faire au service du son

Suite à l’incendie dont la cathédrale Notre-Dame de Paris a été victime les 15 et 16 avril 2019, cette dernière va enfin rouvrir ses portes ce dimanche 8 décembre après une remise en état colossale. Trois entreprises vauclusiennes ont participé aux travaux de restauration, dont l’Atelier Quoirin, situé à Saint-Didier, spécialisé dans la réparation et l’entretien d’orgues.

Quelques jours après l’incendie qui a ému la planète entière au-delà des religions, des croyances et des cultes, dès le 23 avril 2019, Pascal Quoirin, facteur d’orgues installé depuis les années 70 à Saint-Didier, était sur place, à Paris, au chevet de Notre-Dame pour estimer les dégâts. « C’est un miracle, l’orgue n’a pas souffert ». Entre poutres calcinées à terre, gravats, plomb fondu, odeur de suie, alors que la température avait grimpé à 1000°C en hauteur, elle est restée basse à hauteur du soubassement. « Grâce aux thermomètres à mémoire, on sait que la chaleur ne l’a pas trop endommagé. D’ailleurs, il suffisait de souffler sur la surface empoussiérée par une matière comparable à du sable pour l’enlever », commente Pascal Quoirin qui est en ce moment à Paris pour prendre part à la cérémonie d’inauguration avec une cinquantaine de chefs d’Etats venus du monde entier invités à assister à cette « renaissance. »

L’histoire de la Cathédrale Notre-Dame de Paris débute au XIIᵉ siècle sur l’Ile de la Cité. Et celle des orgues en 1733. Elle évolue et s’enrichit en claviers, tuyaux et ingénierie au fil du temps. Ils échappent à la tourmente de la Révolution en 1789 grâce, paraît-il, à l’interprétation de musiques patriotiques comme La Marseillaise et Ça ira. Modernisation aussi avec l’architecte Eugène Viollet-Le-Duc qui demande en 1860 au célèbre facteur d’orgues Aristide Cavaillé-Coll de créer un instrument à quatre claviers et pédalier « suffisant pour les dimensions de cette église. » Il lui commandera une autre modification pour ce grand orgue qui comptera jusqu’à 86 jeux répartis sur cinq claviers. L’histoire se poursuit avec l’organiste Pierre Cochereau qui restera titulaire de ce magnifique instrument de 1955 à sa mort en 1984, pendant une trentaine d’années et qui conseillera son électrification et sa réharmonisation. 

Donc, en 2020, un an après l’incendie, l’Atelier Quoirin est principalement choisi pour entamer la restauration de cet immense orgue qu’il connaissait déjà. Et pour cause : il l’avait remis en état lors de la grande restauration commandée par le Ministère de la Culture dans les années Mitterrand. En 1992, le Ministre de la Culture, Jack Lang, confiera au Cardinal Lustiger les clés de cet ‘Orgue 2.0’ et de ses 7 952 tuyaux gérés par sept ordinateurs.

Cette équipe d’artisans hors du commun (menuisiers, ébénistes, charpentiers, sculpteurs, tuyautiers, harmonicistes) est appuyée par des ingénieurs, mécaniciens, informaticiens et spécialistes de fonderie. Puisque les tuyaux de toutes tailles sont un mélange d’étain, de cuivre et de plomb, avec des formes multiples. Les soufflets et les mécanismes qui relient les milliers de pièces et inter-réagissent, à partir des impulsions des mains de l’organiste, mais aussi de ses pieds sur les claviers, boutons et pédales pour créer des sons qui invitent à la spiritualité et au recueillement. C’est à la fois sportif et artistique.

Avec une vingtaine de compagnons de l’Atelier vauclusien, la remise en état, entamée en 2020, a duré jusqu’à ces dernières semaines. Une longue dépose du matériel et un minutieux nettoyage de la poussière de plomb qui a recouvert les orgues le jour de l’incendie, ce fameux lundi 15 avril 2019. Puis l’équipe a participé avec Pascal Quoirin, le patron, au réaccordage du plus grand instrument de France, de ses 115 boutons, cinq claviers et 8 000 tuyaux répartis sur 3 étages et qui mesurent jusqu’à 10m de haut.

Pascal Quoirin, qui a créé son atelier dans le Comtat à Saint-Didier en 1970, affiche un bilan qui fait rêver. Sa 1ʳᵉ réalisation a été l’orgue de la Cathédrale Saint-Siffrein à Carpentras. Suivront celui du Temple Saint-Martial à Avignon, de la Collégiale de Roquemaure, de la Cathédrale de Montauban. Il a aussi créé de toutes pièces celui de la Salle de concerts de Hamamatsu au Japon, du Conservatoire de Genève, de l’Académie de Musique Ancienne de Mexico, de l’Église de l’Ascension à New-York comme d’autres lieux de cultes en Espagne et Bolivie. Mais aussi en France, à Bordeaux, Fréjus, Saint-Maximin, Lyon, Evreux, Saint-Rémy de Provence. De même, pour l’orgue de la Cathédrale Notre-Dame de Nazareth d’Orange, qui date de 1551 et avait été reconstruit en 1912. Avec ses 1 000 tuyaux, il a récemment fait l’objet d’une remise en état globale par la Manufacture Quoirin, réputée dans le monde entier pour la qualité de son travail. Grâce à Pascal Quoirin et la quinzaine d’artisans et techniciens hautement qualifiés qu’il a choisis et formés et qui font rimer tradition et modernité. Une entreprise devenue SCOP (Société Coopérative et participative) pour que la transmission de ce savoir-faire unique perdure éternellement, comme Notre-Dame de Paris. 

Contact : Rue des Artisans – 84 210 Saint-Didier / 04 90 66 04 16

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