1 octobre 2026 |

Ecrit par le 1 octobre 2026

Eau en Vaucluse : Préserver l’abondance

Le Vaucluse est irrigué par le Rhône et la Durance et dispose d’importantes nappes souterraines. Pourtant, derrière cette apparente abondance, les fragilités se multiplient. Cours d’eau en déficit, nappes sous pression, sécheresses récurrentes et besoins agricoles placent désormais l’eau au cœur des choix d’aménagement. Une étude d’ObserVaucluse, et de l’Aurav (Agence d’urbanisme Rhone-Avignon-Vaucluse) dresse un état des lieux qui invite à changer de regard sur une ressource longtemps considérée comme acquise.

Le paradoxe vauclusien tient presque à sa géographie. Le département est bordé par deux ressources majeures, le Rhône et la Durance, compte quelque 2 000 kilomètres de rivières, dont 500 km pour le seul réseau des Sorgues, et possède 16 grandes masses d’eau souterraines. Sur les 13 sous-bassins versants du département, quatre sont en déséquilibre quantitatif et quatre autres présentent un équilibre fragile. Quant aux cours d’eau suivis par le Département, seuls 43% environ affichent un bon ou très bon état écologique.

Comment se portent les nappes phréatiques ?
La situation des nappes n’est guère plus uniforme. Cinq ressources souterraines sont considérées comme stratégiques pour l’alimentation en eau potable et couvrent 67% du territoire vauclusien, tandis que quatre nappes sont déjà identifiées en déséquilibre quantitatif. C’est là que cela se complique. En 30 ans, la température moyenne a déjà progressé de 1,1 °C en Vaucluse. Les sécheresses s’allongent, les pluies deviennent moins régulières et les sols s’assèchent.

Les projections de l’Aurav
Les projections présentées par l’Aurav alertent : dans certains secteurs, les précipitations estivales pourraient diminuer de plus de 15% à l’horizon 2050. Surtout, les débits d’étiage des cours d’eau pourraient reculer de 10 à 60%. Depuis 2011, le Vaucluse a déjà connu 80 arrêtés de restrictions liés à la sécheresse. La crise exceptionnelle tend ainsi à devenir un rendez-vous récurrent. Cette tendance dépasse le Vaucluse. L’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse estime que 40% du bassin Rhône-Méditerranée connaît déjà un déficit chronique en eau.

L’agriculture en première ligne
Dans ce département de vignes, de vergers et de maraîchage, la question est particulièrement sensible, car l’irrigation agricole concentre l’immense majorité des prélèvements d’eau, loin devant l’alimentation en eau potable. Le Département estimait ainsi sa part à 84% des prélèvements, contre 15% pour l’eau potable. Cela ne signifiait pas que toute cette eau soit définitivement consommée : une partie des volumes prélevés, notamment dans les grands réseaux d’irrigation, retourne au milieu naturel. Mais la dépendance demeure considérable. Quelque 21% des terres agricoles vauclusiennes sont irriguées et environ 345 millions de mètres cubes étaient prélevés annuellement pour l’irrigation, relevait le Département. La réponse ne se résume donc pas à chercher davantage d’eau, mais plutôt à améliorer les réseaux, pour une irrigation plus efficiente et recourir, lorsque cela est possible, à des ressources moins fragiles.

Construire là où l’eau le permet
Ce que soulève l’étude ? L’eau devient un préalable à l’aménagement du territoire. Accueillir de nouveaux habitants, construire des logements ou développer des activités suppose désormais de vérifier que la ressource pourra suivre. Le SCoT (Schéma de cohérence territoriale) du Pays d’Apt Luberon applique déjà cette logique en confrontant ses ambitions démographiques aux capacités réelles de production d’eau potable. Ainsi, la disponibilité en eau devient le préalable obligatoire à la réalisation du projet et décide s’il est soutenable ou non.

ObserVaucluse
C’est précisément l’ambition du travail engagé par ObserVaucluse. Ce premier volet rassemble les connaissances et identifie les acteurs ; un second doit approfondir l’intégration de l’équilibre entre ressources et besoins dans les documents d’urbanisme. Le sujet est donc particulièrement concret. Demain, la capacité d’un territoire à se développer dépendra aussi de l’eau dont il dispose. Et en Vaucluse, cette question pèse déjà sur sa stratégie à dessiner l’avenir. Créé en 2022, ObserVaucluse est l’observatoire territorial de Vaucluse. Il est co-piloté par la DDT (Direction départementale des territoires de Vaucluse) de Vaucluse et le Département de Vaucluse. Son animation et sa mise en œuvre technique sont assurées par l’Agence d’Urbanisme Rhône Avignon Vaucluse (Aurav). La structure a pour missions de partager et diffuser l’information territoriale, de renforcer la coopération entre les acteurs publics, d’aider au pilotage et à la mise en cohérence des actions politiques publiques vauclusiennes et d’appuyer les projets des collectivités de Vaucluse.

Sources : ObserVaucluse. Adéquation entre les ressources et la demande en eau en Vaucluse. Toute l’étude volet 1 ici. Aurav. Avril 2026.  Direction de la publication : Gilles Périlhou Réalisation : Gianni Judas, Pierre-Baptiste Faure (Aurav), Conseil Départemental de Vaucluse, Direction Départementale des Territoires de Vaucluse. Partenaires contributeurs : Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse, Région Sud, Arbe.
Mireille Hurlin


Sécheresse : le Vaucluse serre la vis sur l’eau

Face à une dégradation rapide de la situation hydrologique, le préfet de Vaucluse, Thierry Suquet, renforce les restrictions d’usage de l’eau. Depuis aujourd’hui 27 juillet, quatre bassins : la Durance, le Calavon amont, le Sud-Luberon et la Nesque sont placés en alerte sécheresse, tandis que le reste du département demeure en vigilance. L’aménagement hydraulique Durance-Verdon alimente à lui seul 60% des ressources en eau de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Face à des sécheresses de plus en plus fréquentes, préserver cette ressource est devenu un défi majeur pour les territoires, l’agriculture et l’économie locale. Tout en détail ici.

Après plusieurs semaines de fortes chaleurs et un déficit pluviométrique persistant, les nappes et les cours d’eau les plus fragiles poursuivent leur baisse. Les prévisions météorologiques, annonçant une nouvelle vague de chaleur sans précipitations significatives, ont conduit les services de l’État à relever le niveau d’alerte sur plusieurs bassins versants du département.

Une sécheresse qui s’installe durablement
Concrètement, le passage en niveau ‘Alerte’ entraîne des limitations obligatoires pour tous les usagers : particuliers, collectivités, agriculteurs et entreprises. Arrosage des jardins, remplissage des piscines, lavage des véhicules ou encore certains prélèvements agricoles sont désormais soumis à des restrictions variables selon les territoires. Les autres bassins restent en vigilance, un stade qui appelle chacun à réduire volontairement sa consommation afin d’éviter un durcissement des mesures.

Copyright Publication Aurav Mars 2019 La ressource en eau en Vaucluse

Une ressource sous pression depuis plusieurs années
Cette nouvelle alerte ne constitue pas un épisode isolé. Dès 2019, l’Agence d’urbanisme Rhône Avignon Vaucluse (AURAV) dressait un constat préoccupant : la raréfaction de la ressource en eau est devenue un facteur déterminant du développement du territoire. Plusieurs bassins vauclusiens, notamment le Lez, l’Aygues, l’Ouvèze et le Calavon-Coulon, étaient déjà identifiés comme déficitaires, avec des objectifs de réduction des prélèvements pouvant atteindre 40% sur certains secteurs durant la période estivale.

Des températures de plus en plus élevées s’étendant dans le temps
Les projections climatiques accentuent encore cette vulnérabilité. Météo-France prévoit des températures plus élevées, des sécheresses plus longues et des pluies moins fréquentes mais plus intenses. Autrement dit, davantage d’eau en quelques heures… mais moins disponible le reste de l’année.

Le paradoxe vauclusien : un département riche en eau… mais inégalement doté
Le Vaucluse bénéficie de deux grands réservoirs naturels que sont le Rhône et la Durance. Pourtant, cette abondance apparente masque une forte disparité géographique.La partie orientale du département dépend largement des transferts d’eau venus de la Durance, tandis que plusieurs territoires restent tributaires de ressources locales devenues insuffisantes durant l’été. Cette interdépendance explique pourquoi certains secteurs connaissent régulièrement des tensions alors même que d’autres disposent encore de réserves confortables. À l’échelle régionale, 86% des ressources utilisées sont des eaux de surface, et 60% de l’eau consommée en Provence-Alpes-Côte d’Azur provient du système Durance-Verdon, véritable colonne vertébrale hydraulique de la région.

Copyright Préfecture de Vaucluse 27 juillet 2026

L’agriculture en première ligne
Premier consommateur d’eau en France, avec près de 48% des volumes consommés, l’irrigation constitue un enjeu particulièrement sensible en Vaucluse. Arboriculture, maraîchage, viticulture ou cultures céréalières dépendent étroitement d’un accès sécurisé à la ressource.

Les territoires les moins irrigués
Selon la Chambre d’agriculture de Vaucluse, les territoires les moins équipés en réseaux d’irrigation modernes sont aujourd’hui les plus exposés. Les secteurs des Côtes-du-Rhône, de l’Enclave des Papes ou encore les vallées de l’Aygues, de l’Ouvèze et du Calavon figurent parmi les plus vulnérables. L’enjeu est désormais d’investir dans des infrastructures plus économes en eau tout en conciliant les besoins agricoles, ceux de l’alimentation en eau potable et la préservation des milieux naturels.

Au-delà des restrictions, préparer l’avenir
Les mesures préfectorales répondent à l’urgence. Mais elles s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à adapter durablement le territoire au changement climatique.Le Département de Vaucluse a d’ailleurs lancé un appel à projets consacré à la restauration du grand cycle de l’eau, destiné à accompagner les collectivités dans des actions de désimperméabilisation des sols, de restauration des zones humides, de renaturation des cours d’eau ou encore de recharge des nappes phréatiques. Ces solutions fondées sur la nature visent à retenir davantage l’eau sur les territoires plutôt qu’à la laisser s’écouler rapidement vers les fleuves.

Pas de développement économique sans eau
Parallèlement, les documents d’urbanisme sont désormais appelés à intégrer systématiquement la disponibilité de la ressource avant toute extension urbaine. Une évolution majeure qui fait de l’eau un préalable au développement économique et démographique des territoires. Egalement, lors de l’assemblée générale de la Fédération du Bâtiment et des Travaux publics, mi-juillet, son président, Daniel Léonard, a plaidé pour une meilleure valorisation des eaux pluviales. Il a déploré que d’importants volumes d’eau s’écoulent chaque année, notamment en octobre, novembre et septembre, sans être captés, alors qu’ils pourraient alimenter des réserves stratégiques pour les périodes de sécheresse, via des systèmes de collecte.

Une vigilance appelée à devenir la norme
Les épisodes de sécheresse se succèdent désormais avec une fréquence inédite. Si les restrictions actuelles concernent principalement certains bassins, elles traduisent une évolution profonde du climat méditerranéen. Pour les spécialistes de l’eau, la question n’est plus de savoir si ces épisodes vont se répéter, mais comment adapter durablement les usages afin de préserver une ressource devenue stratégique et en conserver l’accès démocratique.

Les infos pratiques
Les habitants peuvent consulter, commune par commune, les restrictions applicables sur la plateforme nationale VigiEau, mise à jour en temps réel par les services de l’État. Toutes les informations utiles sur les restrictions en cours sont disponibles sur le site : https://vigieau.gouv.fr.
Mireille Hurlin

Copyright Publication Aurav La ressource en eau en Vaucluse Mars 2019

Meublés touristiques : le Vaucluse face au vertige de la saturation

Avec 25 863 annonces actives en 2024, dont 23 146 logements entiers, un ratio de 7 meublés de courte durée pour 100 logements et plus de 3 600 offres à Avignon, le Vaucluse vit une nouvelle transition touristique. Si la manne financière est indiscutable, avec 26,7M€ de taxe de séjour perçus par les communes de Provence-Alpes-Côte d’Azur via Airbnb, dont plus de 570 000€ pour la seule cité papale, la raréfaction de l’habitat permanent alimente aussi une crise sociale inédite. Du Luberon aux portes du Gard rhodanien, radiographie d’un marché en quête d’équilibre.

Pendant des décennies, la location saisonnière de courte durée est demeurée l’apanage quasi exclusif des fronts de mer méditerranéens, des vallées alpines et du cœur des grandes métropoles. Cette époque est désormais révolue. Selon l’étude de l’Institut Terram conduite par Jérôme Fourquet, Sylvain Manternach et Chloé Tegny, 81% des communes françaises (soit 28 289 municipalités) hébergent aujourd’hui au moins une annonce sur la plateforme Airbnb.

Mesures du poids socio-économique des structures Gîtes de France Vaucluse

Une déferlante territoriale : du littoral aux villages perchés
Dans le Vaucluse, cette mutation s’est opérée rapidement. L’étude de référence publiée par l’Agence d’urbanisme Rhône Avignon Vaucluse (AURAV), réalisée en partenariat avec la Ville d’Avignon et Avignon Université, dresse un 1er état des lieux qui recence, pour le département 25 863 annonces actives en 2024, plaçant la densité vauclusienne à 7 meublés touristiques pour 100 logements. Plus évocateur encore, dans 43 communes vauclusiennes, ce taux franchit la barre critique des 12%, révélant une hyper-spécialisation économique pouvant mettre en péril l’équilibre social local.

Luberon et Monts de Vaucluse : l’addiction au très haut de gamme
Si le phénomène innerve l’ensemble du territoire, il atteint son paroxysme dans le triangle d’or du Luberon. À Gordes, Ménerbes, Bonnieux, Roussillon ou Lourmarin, la quête d’une  ‘expérience provençale’, par une clientèle internationale aisée -représentant 46% des nuitées régionales-, a parachevé la conversion du parc résidentiel. Déjà caractérisées par une proportion élevée de résidences secondaires, ces communes voient leurs biens immobiliers captés par la rentabilité des plateformes numériques telles qu’Airbnb, Booking, Abritel…

Dans le détail
Les loyers hebdomadaires pratiqués en haute saison surclassent sensiblement les baux d’habitation traditionnels. Ce basculement s’étend désormais vers les Monts de Vaucluse et le secteur du Mont Ventoux, au rythme des pics de fréquentation générés par les vacances scolaires, les ponts du printemps et les grands événements cyclistes ou culturels.

Avignon : le piège de la monoculture événementielle et la dérive du bâti
Forte de plus de 3 600 meublés touristiques, la ville d’Avignon vit au rythme trépidant du Festival qui s’achève ce samedi soir 25 juillet 2026. Durant ce mois, la tension locative atteint son paroxysme : les tarifs s’envolent et l’offre disponible est absorbée en quelques heures. Cette effervescence masque pourtant une fragilité structurelle : une fois la manifestation achevée, l’activité retombe, laissant de nombreux logements inoccupés une partie de l’année. Sur le plan urbain, le constat s’alourdit. Paul-Roger Gontard, alors adjoint au maire d’Avignon, pointait, en février dernier, la multiplication des restructurations au sein du centre ancien : des appartements familiaux découpés en micro-studios spécialement calibrés pour la location éphémère. Ce reconditionnement irréversible exclut durablement les familles du centre-ville, tout en empêchant tout retour vers un habitat traditionnel. Récemment, l’indicateur ‘Touriscore’ attribuait la note ‘E’ à Avignon pour l’impact du sur-tourisme, illustrant la sévérité des arbitrages municipaux à venir, notamment face aux nuisances telles que la prolifération des boîtes à clés sur le domaine public.

Analyse cartographique par commune Gites de France Vaucluse

Départements limitrophes et alerte sur la saison 2025
Dans le Gard rhodanien voisin, le ratio s’établit déjà à 5 locations de courte durée pour 100 logements, avec 8 communes dépassant le seuil des 12%. À l’échelle macro-économique, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur demeure la championne incontestée de la réservation en ligne en France, comptabilisant près de 23 millions de nuitées (Insee Analyses n°131), tirée par les Alpes-Maritimes et les Bouches-du-Rhône.

Tassement de la fréquentation touristique du Vaucluse
Néanmoins, les données prospectives de l’Insee pour la saison estivale 2025 révèlent qu’alors que la fréquentation touristique régionale progresse globalement de +1,9% (soutenue par l’envolée des Bouches-du-Rhône et des Hautes-Alpes), le Vaucluse est le seul département de la région à ne pas bénéficier de cette dynamique positive. Ce tassement interpelle : le territoire aurait-il atteint un point de saturation où l’excès d’offre touristique dégrade l’attractivité même de la destination ? A moins qu’il ne s’agisse de repli touristique pour cause de canicule mal vécue ? D’un problème d’accès aux points d’eau naturels pour se rafraîchir, ou encore au renoncement face au sur-tourisme ?

A la recherche de la fraicheur, de l’ombre et de points d’eau
Une étude d’OberA, lors d’un sondage national indique que pour 57% des Français, la fraîcheur est désormais un critère important dans le choix d’un hébergement ou d’une activité de vacances. Et si l’on exclut les 22% de personnes qui ne partent pas, ce réflexe concerne près de 3 vacanciers sur 4. Le confort thermique s’impose comme un nouvel enjeu d’attractivité touristique. Face à la chaleur, les Français ont décidé de recomposer leurs vacances : 48% choisissent des activités autour de l’eau ou à l’ombre, 44% évitent les visites en journée et 42% sortent plus tôt ou plus tard. Seuls 15 % affirment que la chaleur n’a jamais modifié leurs vacances.

Une manne fiscale colossale face à la pénurie d’habitat permanent
Face aux critiques, les représentants du secteur mettent en avant une contribution financière directe considérable. En 2022, la plateforme Airbnb a reversé 148M€ de taxe de séjour aux collectivités françaises (soit +60 % sur un an), dont 26,7M€ en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Dans le département, le classement des recettes perçues illustre cette dépendance fiscale à Avignon : plus de 570 000€ ; L’Isle-sur-la-Sorgue : plus de 150 000€ ; Gordes : plus de 100 000€ ; Apt et Cavaillon : plus de 50 000 € chacune (À titre comparatif, Nîmes percevait 310 000€).

Assèchement du parc locatif
Si ces sommes abondent les budgets des Offices de tourisme et financent les équipements publics localement, elles ne parviennent plus à masquer les externalités négatives : assèchement du parc locatif à destination des étudiants, des salariés permanents et des actifs saisonniers, renchérissement du foncier et mutation forcée des commerces de proximité au détriment des résidents à l’année. Car oui, la location saisonnière modifie la nature des commerces environnants. Elle favorise les commerces liés au tourisme tout en fragilisant les commerces du quotidien lorsque leur développement réduit fortement le nombre d’habitants permanents.

Riposte municipale et loi Le Meur : la reprise en main de la puissance publique
Face à cette équation complexe, les collectivités s’arment. La Ville d’Avignon, sous le mandat de Cécile Helle, a engagé des contrôles ciblés sur les changements d’usage, le respect du numéro d’enregistrement et l’interdiction des boîtes à clés sur l’espace public. Ce mouvement local trouve un appui décisif dans le cadre légal renforcé par la loi Le Meur (applicable dès 2025). Le législateur offre désormais aux maires de nouveaux leviers coercitifs, comme l’abaissement du plafond de location des résidences principales à 90 jours par an (contre 120 jours auparavant) ; La possibilité de fixer des quotas de meublés touristiques et de réserver des périmètres stricts à l’habitat permanent ; La généralisation de l’enregistrement et durcissement des exigences environnementales (DPE, Diagnostic de performance énergétique) excluant les passoires thermiques de la location.

L’ambition d’une vision à long terme
L’objectif affiché par les agences d’urbanisme (Aurav, Fnau) n’est pas de diaboliser l’économie touristique, indispensable à la vitalité de la Provence, mais de passer d’une dérégulation subie à un développement maîtrisé. Dans cet exercice d’équilibriste, le Vaucluse dessine les contours du tourisme de demain : un modèle où l’accueil des visiteurs ne se fait pas au détriment des habitants.
Mireille Hurlin

Copyright Magnific

Nicolas Paget est le nouveau président de l’Agence d’urbanisme Rhône Avignon Vaucluse

Ce lundi 22 juin, le conseil d’administration de l’Agence d’urbanisme Rhône Avignon Vaucluse (Aurav) s’est réuni pour élire son nouvel exécutif. Nicolas Paget a été élu président et succède donc à Christian Gros.

Créée en 2004, l’Aurav intervient dans les territoires urbains, périurbains et ruraux pour définir les projets de territoires ou d’aménagement à différentes échelles, du quartier à l’aire urbaine d’Avignon en passant par l’échelle communale et le département de Vaucluse. Son objectif est d’assurer la cohérence, la transversalité et l’articulation des politiques territoriales

Son expertise couvre tous les domaines de l’urbanisme et de la planification : l’urbanisme réglementaire, le développement économique, l’habitat, les évolutions sociales, les modes de vie, les transports et déplacements, le paysage, l’environnement, la culture, le tourisme, les loisirs…

Le nouvel exécutif

Ce lundi 22 juin, son conseil d’administration s’est réuni afin d’élire son nouvel exécutif, dont son nouveau président, qui succède à Christian Gros. Ainsi, après avoir été réélu maire de Courthézon et élu président la communauté de communes du Pays d’Orange en Provence, c’est Nicolas Paget qui prend la tête de l’agence d’urbanisme.

À ses côtés au sein de l’exécutif, ont été élus vice-présidentes et vice-présidents :

Sébastien Orivelle, maire de Jonquières et vice-président Pays d’Orange en Provence, a quant à lui été élu trésorier, et Jeanine Dray, du SCoT du Bassin de vie d’Avignon, secrétaire.

L’élection du nouvel exécutif s’est faite en présence de nombreux partenaires de l’Agence d’urbanisme Rhône Avignon Vaucluse. ©Aurav

Vaucluse : Quand le défi du grand âge devient une chance collective

Dans une région Provence-Alpes-Côte d’Azur toujours attractive, la dynamique démographique se transforme. Vieillissement accéléré, natalité en recul mais espérance de vie en hausse : loin d’un constat alarmiste, ces évolutions dessinent pour le Vaucluse un horizon de transformation économique, sociale et territoriale, où le vieillissement devient un moteur d’innovations et d’emplois.

Avec 5,24 millions d’habitants au 1er janvier 2025, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur confirme son attractivité, affichant une croissance démographique annuelle de +0,5%, supérieure à la moyenne nationale (+0,3%). Mais derrière cette progression, la structure de la population évolue en profondeur.

Une région qui continue de croître… autrement
La natalité recule, atteignant en 2024 un niveau historiquement bas, inédit depuis 1983, avec un indice de fécondité de 1,67 enfant par femme, contre plus de 2 il y a une décennie. Ce ralentissement, plus marqué qu’au niveau national, accentue un phénomène déjà engagé : le solde naturel -différence entre naissances et décès- est désormais négatif pour la cinquième année consécutive. Dans le même temps, la région retrouve une dynamique positive en matière d’espérance de vie. Après l’épisode brutal de la crise sanitaire, celle-ci dépasse à nouveau son niveau d’avant 2020, traduisant les progrès sanitaires et une amélioration globale des conditions de vie.

Le Vaucluse en première ligne du vieillissement
Au cœur de ces transformations, le Vaucluse se distingue par une accélération marquée du vieillissement. Selon les projections de l’Insee (Institut national de la statistique et des études économiques) , le département comptera près de 192 000 habitants âgés de 60 ans ou plus d’ici 2030, contre 152 000 en 2015. Les plus de 75 ans atteindraient, quant à eux, 82 000 personnes. Ce basculement démographique s’explique par plusieurs facteurs : baisse durable de la natalité, allongement de la durée de vie, mais aussi attractivité résidentielle du territoire pour les retraités. Résultat : la part des 65 ans ou plus figure parmi les plus élevées de France, plaçant le Vaucluse au cœur des enjeux nationaux liés au grand âge.

Une transition qui appelle des réponses nouvelles
Cette évolution n’est pas sans conséquences. En 2015 déjà, près de 13 100 seniors en perte d’autonomie étaient recensés dans le département. D’ici 2030, les besoins d’accompagnement devraient fortement croître, nécessitant environ 8 100 emplois supplémentaires en équivalent temps plein dans les secteurs médico-sociaux, selon l’Insee. Finalement, c’est toute l’organisation du territoire qui est concernée : adaptation du parc de logements, développement des services à domicile, structuration de filières économiques dédiées à la ‘silver économie’. L’Agence d’urbanisme Rhône Avignon Vaucluse (Aurav) souligne d’ailleurs que cette mutation impose de repenser les politiques publiques à l’échelle locale, en croisant urbanisme, santé et cohésion sociale.

Le vieillissement, levier d’innovation territoriale
Pour autant, cette transition démographique ouvre aussi des perspectives. Elle stimule la création d’emplois non délocalisables, favorise l’émergence de solutions technologiques et sociales, et invite à repenser les solidarités intergénérationnelles. En Vaucluse où le niveau de vie médian des seniors –de 20 470€ annuels- reste inférieur aux moyennes régionale et nationale, l’enjeu est également celui de l’inclusion : garantir à chacun un vieillissement digne, accessible et accompagné. Ainsi, le Vaucluse incarne une réalité française en devenir : celle d’un territoire qui, confronté au vieillissement, choisit d’en faire un moteur de transformation plutôt qu’une contrainte. Une évolution structurante qui redessine les contours de l’action publique et de l’économie locale.
Sources Insee et Aurav
Mireille Hurlin


Vaucluse, un laboratoire industriel en pleine transformation

Labellisé Territoire d’industrie pour 2023-2027, le Vaucluse réaffirme son rôle industriel en Provence-Alpes-Côte d’Azur grâce à un tissu diversifié d’entreprises et à une dynamique entrepreneuriale notable. Avec près de 4 400 établissements industriels, plus de 17 500 salariés dans le secteur et des filières structurantes comme l’agroalimentaire, chimie et transformation des matériaux, le département conjugue héritage et défis d’avenir.

Dans un département qui compte plus de 50 000 établissements tous secteurs confondus, l’industrie représente environ 9% des unités économiques et 16% des salariés présents sur le registre du commerce en Vaucluse au 1er janvier 2024. Cela se traduit par 4 363 établissements industriels employeurs et 17 570 salariés actifs dans l’industrie — une croissance de +774 établissements et +1 166 emplois en deux ans.

Copyright Aurav

Un territoire industriel dynamique
L’observatoire industriel de l’Aurav souligne également que, dans l’ensemble de la région Sud, le secteur industriel employait en 2024 près de 170 000 salariés pour plus de 10 500 établissements, avec 13% des emplois industriels régionaux localisés en Vaucluse.

Des filières qui pèsent
L’agroalimentaire demeure la première filière du territoire : dans le Territoire d’industrie, ce secteur comprend 284 établissements d’au moins trois salariés, faisant de lui le pilier de l’activité industrielle locale. Le développement de cette filière se retrouve également dans le poids du département au niveau régional : les industries alimentaires représentent environ 25% des emplois industriels vauclusiens et près de 10 % du chiffre d’affaires industriel, avec quelque 240 entreprises et plus de 8 000 salariés permanents dédiés au secteur.

Copyright Aurav

D’autres segments stratégiques
Outre l’agroalimentaire, d’autres segments jouent un rôle stratégique comme la Chimie et les matériaux : 79 établissements d’au moins trois salariés, concentrant 1 820 emplois et générant un chiffre d’affaires majeur grâce à une forte valeur ajoutée. La Transformation et la valorisation (de la gestion des déchets et des matériaux) : 94 établissements structurés autour de PME locales (Petites et moyennes entreprises). Mines et métallurgie, construction, mode et luxe complètent ce paysage multi-sectoriel.

Une dynamique entrepreneuriale soutenue
Le tissu industriel vauclusien se caractérise par une prédominance très marquée des petites structures : 96% des unités industrielles ont moins de 10 salariés, ce qui souligne l’importance des TPE et PME dans l’écosystème local.

Copyright Aurav

La création d’entreprise
Cette dynamique se reflète aussi dans la création d’entreprises : selon l’Insee, 701 nouvelles sociétés industrielles ont été créées en 2024 dans le département, et le nombre total d’entreprises nouvelles s’élève à 10 716, toutes activités confondues.

Défis structurels et trajectoires d’avenir
Malgré ces signaux positifs, l’industrie vauclusienne fait face à des défis classiques : l’attractivité des emplois industriels dans un marché du travail tendu, la modernisation des sites et l’adaptation des compétences aux technologies émergentes. L’implantation industrielle reste par ailleurs fortement dépendante des zones d’activités, avec des densités variables et un besoin constant de foncier adapté. L’attractivité globale du territoire repose sur une combinaison d’infrastructures, de formation et d’innovation, autant de leviers à renforcer pour soutenir la réindustrialisation engagée.

Copyright Aurav

Pour faire court
Les chiffres confirment que le Vaucluse n’est pas qu’un département rural : il est un acteur industriel tangible de la région Sud, avec des milliers d’emplois, un maillage d’entreprises diversifié et une capacité à créer de nouvelles activités. Le label Territoire d’industrie constitue, en cela, un levier stratégique pour faire dialoguer innovations, formations et projets territoriaux. Reste à transformer cette dynamique en gains durables, à la croisée de la transition écologique, de l’attractivité des métiers industriels et d’une gouvernance territoriale renforcée.
Mireille Hurlin

Sources : CCI Vaucluse, Chiffres clés de l’économie, répartition sectorielle et place de l’industrie (2024) ; Aurav Territoires d’industrie Vaucluse (Mars 2025) ; ANCT.
Mireille Hurlin

Copyright Aurav

Métamorphoses des villes jardins

Le changement climatique redessine déjà notre environnement : assèchement des sols, canicules plus fréquentes, rivière au faible débit… Dans les villes méditerranéennes comme Avignon, la sélection des essences végétales devient un enjeu central pour préserver des espaces urbains vivables et rafraîchis. Une nouvelle publication de l’Agence d’urbanisme de la région Avignon –AURAV– livre des pistes concrètes pour repenser l’urbanisme végétal face aux aléas climatiques.

Les projections climatiques les plus récentes indiquent un réchauffement marqué dans le sud de la France d’ici 2100, avec des étés nettement plus chauds et une pluviométrie estivale diminuée. Dans la vallée du Rhône et ses environs, cela se traduit par une multiplication des périodes de sécheresse et un stress hydrique accru pour les sols et les végétaux. Dans ce contexte, il est estimé qu’une grande majorité des essences actuellement plantées en milieu urbain seront sous pression, voire en risque, avec des impacts directs sur leur survie et les services qu’elles rendent comme l’ombrage et le rafraîchissement.

Des stratégies urbaines fondées sur la science
Les végétaux en ville ne sont pas un simple ornement : ils forment une infrastructure climatique. Ils modèrent la chaleur via l’ombrage et l’évapotranspiration, réduisent les îlots de chaleur urbains, facilitent la gestion de l’eau et améliorent la qualité de vie des habitants. Des projets comme InteGREEN se penchent précisément sur ces bénéfices, mais aussi leurs limites, pour conseiller les villes sur les espèces à planter et leur implantation. À Marseille, par exemple, un vaste plan de plantation d’arbres et de désimperméabilisation accompagne la création d’espaces plus frais et perméables, intégrant des solutions « naturelles » pour gérer l’eau et lutter contre la surchauffe des rues historiques.

Copyright Aurav Communication

Choisir les bonnes essences : une révolution culturelle
Historiquement, les villes privilégiaient des arbres classiques comme les platanes ou les tilleuls. Mais ces choix esthétiques ne tiennent pas forcément compte des défis climatiques de demain : des programmes comme Avec (Adaptation du VEgétal au Climat de demain), portés par l’Adème, le Cerema et Plante & Cité, évaluent aujourd’hui plus de 1 300 essences (arbres, arbustes, plantes grimpantes) selon leur potentiel de rafraîchissement et leur capacité à résister à des conditions plus chaudes et sèches. Cette approche scientifique encourage une diversification des plantations plutôt que des alignements monospécifiques, ce qui augmente la résilience globale des milieux urbains et diminue les risques liés aux maladies ou aux chocs climatiques.

Des solutions concrètes pour demain
Quelques tendances fortes émergent des recommandations comme : Conserver et valoriser la végétation existante : protéger les arbres matures et les haies, intégrer les aménagements autour des plantations en place ; Diversifier les strates et les espèces : mélanger hautes et basses plantes, arbres, arbustes, plantes grimpantes, pour une meilleure adaptation et une biodiversité accrue ; Expérimenter et innover : des projets comme les forêts urbaines ‘Miyawaki‘ ou l’installation de fruitiers et de plantes indigènes enrichissent le paysage urbain tout en augmentant les services écologiques et Prendre soin des sols : la qualité des sols urbains, souvent compactés et pauvres, conditionne la réussite des plantations, alors leur renaturation et leur désimperméabilisation sont des leviers essentiels.

Des essences locales
Le choix d’essences locales adaptées au climat actuel et aussi la possibilité de tester des plantes plus résistantes à la chaleur inspirées de milieux secs voisins, sont au cœur des discussions professionnelles, sans solution unique mais avec un ensemble de pistes complémentaires à explorer.

Copyright Aurav Communication


À Avignon, une intelligence collective au service de la nature en ville

Sur le Grand Avignon, la réflexion sur le végétal urbain s’organise de plus en plus de manière collective, associant collectivités, experts et acteurs de terrain. L’Aurav joue un rôle central d’animation et de production de connaissances, en mettant en réseau communes, services techniques et partenaires scientifiques autour des enjeux d’adaptation climatique. Les Parcs naturels régionaux du Luberon et du Mont-Ventoux constituent également des laboratoires à ciel ouvert : leurs équipes accompagnent les collectivités dans le choix d’essences adaptées aux sols calcaires, aux vents violents et à la raréfaction de l’eau, tout en favorisant les continuités écologiques entre espaces naturels et urbains.

La biodiversité en question
À l’échelle régionale, l’Arbe (Agence Régionale de la Biodiversité) Provence-Alpes-Côte d’Azur impulse une dynamique de partage de pratiques à travers des groupes de travail, des guides techniques et des retours d’expériences sur la végétalisation durable. Elle fédère élus, paysagistes, pépiniéristes et gestionnaires d’espaces verts autour d’une approche plus sobre et plus résiliente du végétal.

Copyright Aurav Communication

Cruciale gestion de l’eau
Des structures comme Plante & Cité, l’Inrae ou encore les syndicats de rivières locaux (Sorgue, Rhône, Durance) contribuent également à cette réflexion, en croisant les enjeux de biodiversité, de gestion de l’eau et d’aménagement urbain.

Expérimentations
Enfin, certaines communes expérimentent des démarches exemplaires, à l’image de la Ville d’Avignon avec sa pépinière communale et ses partenariats avec des jardins botaniques méditerranéens. Ces initiatives locales illustrent une volonté partagée : sortir des recettes toutes faites pour bâtir, pas à pas, une culture du végétal adaptée au climat de demain, ancrée dans les réalités du territoire et nourrie par l’échange entre acteurs.

Anticiper les défis climatiques
Penser le végétal dans les villes, c’est anticiper les défis climatiques tout en améliorant la qualité de vie. Cela exige un changement de paradigme : de l’ornement à la stratégie climatique, de l’esthétique à la résilience écologique. En combinant savoirs scientifiques, choix d’essences adaptés, diversité végétale et soin des sols, les villes peuvent devenir des environnements durables, rafraîchis et vivables, même sous des climats plus chauds.

Toutes les infos
Toutes les infos sur ce sujet traité et produit par l’aurav ici. Echanges et collaborations : Grand Avignon avec Véronique Arfi, Nelly Guédon et Magali Chabrier ; Inrae d’Avignon avec Michel Valério, Etienne Klein et Bruno Fady ; La Ville d’Avignon, Le min d’Avignon, Pépinière Cérès Flore et le CAUE de Vaucluse.
Mireille Hurlin

Copyright Aurav Communication

Le Grand Avignon lance la plus vaste enquête mobilité de son histoire

De novembre 2025 à avril 2026, dix mille habitants du bassin de vie d’Avignon seront interrogés sur leurs habitudes de déplacement. Objectif : dresser la cartographie la plus fine jamais réalisée des mobilités du territoire pour mieux adapter les transports de demain. Une opération d’envergure au service des mobilités de demain.

C’est une première depuis plus de 40 ans. Le Grand Avignon et ses partenaires lancent une grande Enquête Mobilité couvrant l’ensemble du bassin de vie, soit 610 000 habitants répartis sur 131 communes et 11 intercommunalités. Entre novembre 2025 et avril 2026, des enquêteurs et télé-enquêteurs rencontreront 10 000 habitants pour comprendre comment ils se déplacent au quotidien : à pied, à vélo, en bus, en voiture, en covoiturage ou en train.

Repenser les transports
L’enquête, certifiée EMC² par le Cerema, repose sur une méthode nationale rigoureuse, garantissant des résultats fiables et comparables. Les entretiens, d’environ 20 minutes, seront menés en face à face ou par téléphone, dans le strict respect du RGPD et de l’anonymat.

Résultats à l’automne 2026
Les résultats, attendus à l’automne 2026, seront précieux : ils permettront d’alimenter la réflexion sur les politiques publiques et les grands projets, à commencer par le futur Service Express Régional Métropolitain (SERM) avignonnais, une offre de transport rapide entre les principales communes du bassin.

Améliorer la qualité de vie des habitants
«Améliorer la qualité de vie de nos concitoyens passe par une politique de transport efficace et durable, souligne Joël Guin, président du Grand Avignon. Grâce à cette enquête, nous pourrons renforcer les transports dans nos intercommunalités, encourager les mobilités douces et mieux répondre aux besoins quotidiens de déplacement.»

La Baladine, Copyright Ville d’Avignon

Mobilité et recensement démographique
Pour Laure Verneyre, directrice territoriale Méditerranée du Cerema, «Les enquêtes ménages déplacements sont à la mobilité ce que le recensement est à la démographie. Le label EMC² garantit, selon elle, des résultats objectifs et comparables au niveau national, indispensables pour fonder les choix d’aménagement.»

Des données pour comprendre et agir
Outre le Grand Avignon, dix autres intercommunalités sont associées au projet, du Ventoux au Luberon en passant par le Gard Rhodanien. Pour Gilles Périlhou, directeur de l’Agence d’Urbanisme Rhône Avignon Vaucluse (Aurav), qui analysera les résultats, «L’enquête offrira des données précieuses pour mieux guider les politiques locales de mobilité et les projets d’aménagement.» Les thématiques abordées seront variées : motifs des déplacements, fréquence, horaires, intermodalité, contraintes… Autant d’informations clés pour bâtir un territoire plus fluide, plus accessible et plus respectueux de l’environnement.

Un appel à participation citoyenne
Les habitants sélectionnés recevront la visite ou l’appel d’un enquêteur identifiable, ou du numéro officiel 04 84512910. L’entretien, gratuit, anonyme et sans démarche commerciale, est essentiel pour garantir la représentativité de l’étude. Participer, c’est contribuer à dessiner la mobilité de demain : celle qui rendra les trajets plus simples, plus économiques et plus écologiques.

Une grande enquête pour une nouvelle ère
Près de 45 ans après la dernière étude limitée à la seule ville d’Avignon, le territoire s’apprête à franchir un cap décisif. Cette grande Enquête Mobilité se veut le point de départ d’une nouvelle ère : celle d’une mobilité concertée, intelligente et durable, à l’échelle de tout le bassin de vie.
Mireille Hurlin


Immobilier : la crise bouscule les modèles, mais ouvre la voie à de nouveaux horizons en Vaucluse

Entre envolée des prix, baisse de la construction neuve et hausse des taux d’intérêt, la conjoncture immobilière s’annonce difficile, en France comme en Vaucluse. Pourtant, l’étude menée par l’Aurav (Agence de l’urbanisme Rhône Avignon Durance) et enrichie par les analyses de chercheurs de l’Université d’Avignon met en lumière des pistes d’avenir : repenser les modèles de production, privilégier la réhabilitation et conjuguer sobriété foncière avec qualité de vie.

Copyright Aurav Communication

Un marché en panne mais pas effondré. Le constat est partagé : ‘la machine immobilière tourne au ralenti’. Selon l’Aurav la mise en vente de logements neufs n’avait jamais été aussi faible depuis plus d’une décennie. Une tendance nationale qui impacte le BTP, les promoteurs et les ménages en quête d’un logement. Pourtant, ce ralentissement n’entraîne pas une baisse franche des prix. Comme l’expliquent Laure Casanova-Enault et Guilhem Boulay, chercheurs à l’Université d’Avignon, « le marché s’ajuste d’abord par les volumes, pas par les prix ». Conséquence directe : les ménages voient leurs capacités d’achat encore plus décalées face à la flambée des valeurs immobilières.

Copyright Aurav Communication

Le particularisme vauclusien
Si la crise touche l’ensemble du pays, le Vaucluse affiche une singularité. Ici, le poids du logement collectif n’a jamais été déterminant. Résultat : les fluctuations liées à la promotion immobilière sont moins brutales qu’ailleurs, et la production reste relativement stable sur dix ans. Cette spécificité rend le marché local un peu plus résilient, bien que confronté aux mêmes tensions macro-économiques : foncier rare, coûts de construction, taux de crédit élevés.

Copyright Aurav Communication

Vers un basculement historique
L’étude va plus loin : elle identifie ‘une rupture profonde du modèle résidentiel’. Pendant des décennies, la croissance s’est appuyée sur l’ouverture de terrains constructibles en périphérie. Aujourd’hui, la voie d’avenir semble se dessiner ailleurs : dans le ‘recyclage urbain’, la réhabilitation des logements existants et l’adaptation du bâti aux défis climatiques. Un changement de paradigme qui, selon les experts, pourrait devenir une opportunité pour replacer le logement abordable et durable au centre des priorités.

Copyright Aurav Communication

Des défis stratégiques pour les politiques locales
Sobriété foncière, limitation de l’étalement urbain, meilleure articulation entre habitat, économie et environnement : les prochaines années demanderont des choix courageux. Le foncier et l’immobilier représentent près de 10% du PIB (produit intérieur brut) et restent une manne économique importante, créant des résistances face à toute transformation des modèles actuels. Mais comme le rappellent les chercheurs, la véritable urgence n’est pas de ‘produire toujours plus’ mais de ‘penser autrement nos espaces de vie’ pour qu’ils soient adaptés au réchauffement climatique et aux aspirations locales.

Copyright Aurav Communication

Une conclusion en forme d’appel
La crise immobilière n’est pas qu’un frein : elle est aussi une opportunité pour imposer ‘un tournant historique’ dans les manières de produire, d’habiter et de planifier nos territoires. Pour le Vaucluse comme ailleurs, l’enjeu est désormais clair : conjuguer ‘logement abordable, qualité de vie et sobriété foncière’ afin de construire des villes réellement durables.

Les sources
Aurav et Université d’Avignon. Gilles Perilhou, Lisa Yahi, Laure Casanova Enault, Guilhem Boulay. Aurav. Le document entier ici.

Copyright Aurav Communication

https://www.echodumardi.com/tag/aurav/   1/1