27 août 2026 |

Ecrit par le 27 août 2026

Avignon, comment la ville s’est transformée

Au début du XXᵉ siècle, cette photographie montre les berges du Rhône au pied du rocher des Doms. On y distingue un bac à traille et son câble, dispositif qui permettait de traverser le fleuve en utilisant la force du courant. Une image d’un Avignon encore étroitement lié au Rhône et aux usages quotidiens de ses rives.

Ce cliché est présenté dans le cadre de l’exposition « Contrastes – Avignon à travers deux siècles de photographies », proposée par les Archives municipales. À travers 163 photographies issues d’un fonds de plus de 700 000 images, l’exposition invite à redécouvrir l’histoire d’Avignon, ses quartiers, son patrimoine et celles et ceux qui l’ont façonnée. L’exposition est visible jusqu’au 18 mai 2027, en accès libre et gratuit :

• Archives municipales – 6 rue Saluces
• Square Agricol-Perdiguier
• Parc de la Cantonne – Montfavet (où est présentée cette photographie, sur les grilles, avenue des Vertes-Rives)
• Stade nautique
• Grilles du Palais des Papes – place de l’Amirande
• Parc de l’Abbaye Saint-Ruf, avenue du Moulin-Notre-Dame
• Parc Champfleury

Photographie : Charles Bartesago, début du XXᵉ siècle, négatif sur plaque de verre. Fonds de l’Institut Calvet. AMA 67Fi616.

𝐕𝐨𝐬 𝐚𝐫𝐜𝐡𝐢𝐯𝐞𝐬 𝐜𝐨𝐧𝐬𝐭𝐢𝐭𝐮𝐞𝐧𝐭 𝐮𝐧 𝐩𝐚𝐭𝐫𝐢𝐦𝐨𝐢𝐧𝐞 𝐩𝐫𝐞́𝐜𝐢𝐞𝐮𝐱
Documents papiers ou numériques, photographies, films, vos archives nous intéressent ! Elles feront demain l’histoire de la culture à Avignon.

𝐂𝐨𝐧𝐭𝐚𝐜𝐭𝐞𝐫 𝐥𝐞𝐬 𝐀𝐫𝐜𝐡𝐢𝐯𝐞𝐬 𝐦𝐮𝐧𝐢𝐜𝐢𝐩𝐚𝐥𝐞𝐬 𝐝’𝐀𝐯𝐢𝐠𝐧𝐨𝐧
Les archives municipales archives.municipales@mairie-avignon.com ; 04 90 86 53 12 (8h30 -12h00 et 13h30 – 17h00)
MMH


Avignon, comment la ville s’est transformée

À Avignon, le musée Vouland renouvelle son invitation au voyage avec trois expositions qui croisent peinture, photographie, poésie et patrimoine. Jusqu’au 31 décembre, Eugène Martel est à l’honneur avec ‘Le temps dure longtemps’, tandis qu’Éric Maillet propose ‘D’ici de là’. ‘Résurgence’, consacrée à Ji Dahai et Joël-Claude Meffre, se poursuit jusqu’au 20 septembre. Une programmation qui fait du musée-maison un lieu où les paysages provençaux se racontent autant qu’ils se contemplent. Un apéro concert sera donné ce dimanche 30 aout à 19h par le trio Séraphin. Entrée 14, rue d’Annanelle à Avignon.

Le musée Vouland a ‘Martel en tête’. En 2026 et 2027, l’établissement consacre en effet une place privilégiée au peintre Eugène Martel (1869-1947). Dans ‘Le temps dure longtemps’, scènes de la vie quotidienne du Revest-du-Bion, portraits et paysages dialoguent avec des œuvres d’artistes des XIXe et XXe siècles liés à Avignon et à la Provence. Une manière de redécouvrir un territoire à hauteur d’homme, loin des images convenues. Le titre lui-même dit quelque chose de cette peinture attentive : ici, le temps semble s’étirer, laisser aux gestes, aux visages et aux paysages la possibilité de s’imposer.

Copyright Musée Vouland

Quand le paysage devient cadre
Autre regard, autre époque. Avec D’ici de là’, Éric Maillet interroge notre façon de regarder le paysage. Sa série ‘ViewFinder joue avec les cadres déjà présents dans l’environnement et crée, notamment grâce à des effets de flou, des points de vue qui attirent puis déplacent le regard. En Provence, et jusque dans le Luberon, l’artiste recueille également des fragments de textes rencontrés au fil de ses déplacements. Les mots et les paysages se répondent, parfois se contredisent. Le musée devient ainsi un espace de correspondances, où la peinture ancienne côtoie la photographie contemporaine sans chercher à gommer les différences.

Des sources du Ventoux à l’encre
Puis l’on prendra le temps de découvrir ‘Résurgence’, imaginée avec Ji Dahai et Joël-Claude Meffre dans le cadre d’une carte blanche à Trace de poète. Pendant une année, le peintre-calligraphe et le poète-archéologue ont parcouru une vingtaine de sources autour du Ventoux. Fontaine de Vaucluse, Groseau, ainsi que des émergences plus discrètes, toutes nourrissant leurs recherches. Ji Dahai les a saisies sur le vif, à l’encre et au pinceau. Joël-Claude Meffre, lui, a cherché dans ces lieux la matière d’une parole poétique. À Brantes, le mot ‘résurgence’ s’est imposé comme une évidence. L’exposition se prolonge jusqu’au 20 septembre.

Copyright Musée Vouland

Une maison, un jardin, une histoire
Et puis l’on est conquis par le charme de Vouland installé dans son écrin de verdure, au cœur de l’intramuros. Ancien hôtel particulier du collectionneur Louis Vouland, le musée abrite une importante collection d’arts décoratifs des XVIIe et XVIIIe siècles. Ses salles intimes, son mobilier et son jardin donnent au visiteur le sentiment d’entrer dans une maison plutôt que dans un musée traditionnel. Le jardin, refuge de la Ligue pour la Protection des Oiseaux depuis 2021, compte par ailleurs plus de 160 espèces végétales identifiées.

Les infos pratiques
Musée Vouland, 17 rue Victor-Hugo à Avignon. Jusqu’au 20 septembre, ouverture du mardi au dimanche de 13h à 18h, puis de 14h à 18h jusqu’au 31 décembre. Tarif : 8€, réduit 5€, gratuit pour les moins de 12 ans. Des visites accompagnées sont également programmées, notamment les 2 et 30 septembre. Expositions ici. Les amis du Musée Louis Vouland organisent un apéro concert dimanche 30 aout à 19h. ‘magique et romantique’ avec le trio Séraphin composé de Cordélia Palm au violon, Fabrice Durand alto et Aliénor Girard à la harpe. Entrée de l’apéro concert 14, rue d’Annanelle par le jardin du musée. 25€ ; 15€ (jeunes jusqu’à 25 ans), réservation via helloasso ici.
Mireille Hurlin


Avignon, comment la ville s’est transformée

La première édition du Marathon d’Avignon se tiendra le dimanche 27 septembre prochain. Si l’événement affiche complet depuis novembre dernier, il est encore temps de s’inscrire pour y participer en tant que bénévole.

Le dimanche 27 septembre, plusieurs milliers d’inscrits courront dans les rues de la Cité des Papes, d’un monument à l’autre, à l’occasion du premier Marathon d’Avignon. L’événement débutera en réalité la veille avec un semi-marathon. Les deux courses affichent complet mais il est toujours possible de dénicher un dossard remis en vente par un participant sur la plateforme dédiée.

Un événement d’une telle envergure ne peut fonctionner sans les petites mains qui s’assurent de son bon déroulé. C’est pourquoi le Marathon d’Avignon a lancé en avril dernier un appel à bénévoles. Nombreux sont ceux qui se sont déjà engagés à rejoindre l’aventure. Il est encore temps de s’inscrire pour encadrer les deux courses prévues le week-end des 26 et 27 septembre.

Bénévole, un rôle aux multiples missions

Les bénévoles du Marathon d’Avignon auront plusieurs tâches tout au long de l’événement telles que la remise de dossards, l’accueil des coureurs, l’orientation des participants sur le parcours, la remise de médailles à l’arrivée, ou encore le montage et le rangement des différents équipements.

En plus d’une dotation et d’une soirée de remerciement, chaque bénévole bénéficiera d’un accès prioritaire aux inscriptions de la prochaine édition en 2027. L’événement promet une ambiance conviviale et sportive. Pour s’inscrire en tant que bénévole, cliquer ici.


Avignon, comment la ville s’est transformée

À Avignon, le coût moyen de la rentrée universitaire a atteint 3 123,99€ en 2025. Un chiffre qui pèse sur les étudiants, alors que le logement, l’alimentation, les transports et les dépenses courantes ont renchéri en 10 ans. Au plan national, le coût d’une rentrée est passé d’environ 2 360€ en 2016 à 3 227€ en 2026. Un chiffre qui chiffre touche à l’accès à l’autonomie et aux études.

À Avignon, la rentrée franchit le seuil des 3 000€. Il y a le sac à dos, les fournitures et les inscriptions. Et puis il y a tout ce que l’on ne voit pas forcément au premier coup d’œil : un loyer, une caution, l’assurance habitation, les transports, l’alimentation, le téléphone, parfois une complémentaire santé. Donc l’addition se révèle plutot conséquente.

Ce que dit Inter’Asso Avignon
Selon Inter’Asso Avignon, le coût moyen de la rentrée universitaire s’établit à 3 123,99 € en 2025. L’indicateur concerne un étudiant de 20 ans, en licence, non boursier, sans double inscription et ayant quitté le domicile familial. Ce chiffre correspond à l’ensemble des dépenses liées à son installation et à ses premiers mois de vie universitaire et permet, surtout, de mesurer le ticket d’entrée dans l’enseignement supérieur lorsque l’autonomie implique de se loger.Avignon conserve toutefois un avantage par rapport à plusieurs grandes villes universitaires du Sud : son marché locatif étudiant demeure plutôt abordable, un plus lorsque les revenus familiaux ou étudiants sont limités.

Un beau bassin étudiant
Avignon Université constitue le principal pôle universitaire du Vaucluse. L’établissement accueille environ entre 7 000 à 7 500 étudiants, selon les années, dont 12% d’étudiants internationaux, sur ses campus Hannah-Arendt et Jean-Henri Fabre et propose plus d’une centaine de parcours de formation. Ce qui pose la question du coût de la rentrée.

Ce qui se passe en Provence-Alpes-Côte d’Azur
Selon l’Insee, 192 000 étudiants âgés de 16 à 29 ans résidaient en Provence-Alpes-Côte d’Azur en 2022. Parmi eux, seulement 37% vivaient dans leur propre logement, tandis que 58% résidaient chez leurs parents ou un autre membre de leur famille. Ainsi, la décohabitation reste loin d’être la norme et lorsqu’elle est nécessaire, elle révèle un impact financier majeur.

10 ans ont changé l’addition
Une comparaison réalisée par Radin Malin entre 2016 et 2026 estime le coût global de la rentrée étudiante à Avignon à 3 227€ aujourd’hui, contre environ 2 360€ en 2016, soit une progression de 37% et les dépenses courantes ont pris une place croissante dans le budget.Le logement représente la part la plus importante du budget suivi par le coût des transports qui ont progressé, ainsi que les abonnements numériques.

Le logement, première marche vers l’autonomie
L’Insee observe ainsi que 72 000 étudiants de la région vivent dans leur propre logement, soit moins de quatre sur dix. Parmi eux, 23% vivent seuls, 7% en couple et 6% en colocation. Près de 5% résident en communauté, principalement dans un foyer étudiant. Ainsi, le coût d’une étude se mesure alors aussi à l’aune de la distance.

Quand le ‘Job étudiant’ devient nécessaire
Autre enseignement de l’étude de l’Insee : un étudiant sur quatre en Provence-Alpes-Côte d’Azur cumule études et emploi. Parmi ces emplois, quatre sur dix correspondent à des postes de caissier, serveur ou vendeur. Le risque ? Davantage d’heures travaillées signifient moins de temps consacré aux études, alors même que les dépenses obligent à conserver cet emploi.  

Le resto U ? Il est celui qui fait tenir les étudiants
Le tarif social du repas avait été fixé à 3,30€ avant la généralisation du repas à 1€. Depuis le 1er mai 2026, celui-ci est accessible à tous les étudiants, sans distinction de statut. L’État a consacré 50M€ à la mise en œuvre de cette mesure en 2026. Pour les étudiants les plus contraints financièrement, c’est le repas complet à 1€ qui permettait de tenir la distance. Pour la rentrée 2026, le ministère de l’Enseignement supérieur annonce 2,46 milliards d’euros consacrés aux aides sociales étudiantes,

A Avignon
Dix ans après, la rentrée étudiante participe à être un révélateur du coût de la vie. En Vaucluse, elle pose cette question : Jusqu’où les familles peuvent-elles accompagner leurs enfants lorsque le prix de l’autonomie augmente plus vite que les moyens disponibles ?
Sources : Radin malin, Université d’Avignon, Insee, Inter Asso Avignon, echodumardi.com, Ministère de l’enseignement supérieur…
Mireille Hurlin


Avignon, comment la ville s’est transformée

Le festival d’Avignon durera t-il encore 80 ans ? Une certitude, son 81e anniversaire fêté en 2027 sera assurément grandiose !

Pourquoi avoir attendu près d’un mois avant de faire cet article ? Parce que clôturer ce festival inoubliable ne peut se contenter d’être formel et se résoudre à faire un quelconque bilan chiffré à la date du 25 juillet ou plutôt du 26 puisqu’il s’est terminé à « l’aube des questions. » 

Il fallait le savourer, le digérer, ressentir les manques à venir, les émotions oubliées, se remémorer les déceptions parfois, les moments de grâce qui persistent. Dans tous les cas pouvoir dire sereinement qu’on attend déjà la 81e édition qui aura bien lieu, comme l’a annoncée malicieusement son directeur Tiago Rodrigues…à Avignon et en juillet ! En effet, on a pu entendre ici et là beaucoup d’hypothèses farfelues suite aux problèmes liés à la canicule.

Un pré-bilan de cette édition

Un bilan ? On peut tout de même faire un pré-bilan en chiffres comme l’ont fait dès le 21 juillet dans la Cour du Cloître St-Louis Tiago Rodrigues assisté de Clémentine Aubry, directrice déléguée.

• 22 jours de Festival du 4 au 25 juillet 2026
• 47 spectacles et 2 expositions
• 1 spectacle gratuit en avant-première le 3 juillet pour les partenaires du territoire 
• Fréquentation : 119 000 billets au 21 juillet
• 273 représentations payantes et 15 en entrée libre
• Et 200 rendez-vous (lectures, projections et 60 débats et rencontres tout public au Café des idées) pour près de 20 000 spectatrices et spectateurs
• 40 lieux de spectacles dont 21 extramuros
• 10 000 Première fois (billets vendus) dont 32% bénéficiant aux groupes du champ éducatif et 24% pour le champ social. La moitié de la programmation est fléchée ‘Première fois’
• 54 jeunes artistes français et internationaux, en résidence in situ pendant 12 jours sous la direction artistique de Lia Rodrigues 

Le festival durera t-il encore 80 ans ?

On ne peut que reprendre la réponse de son directeur : « ça dépend de vous, de nous tous, de notre capacité à nous mobiliser pour défendre le spectacle vivant.Le Festival d’Avignon, membre du Syndeac ( syndicat des entreprises artistiques et culturelles), est pleinement mobilisé pour demander un moratoire sur les baisses annoncées pour l’année 2026, et défendre la place de la culture à hauteur de 1% du budget de l’état en 2027. Organiser un festival comme Avignon constitue un immense défi : les paramètres à prendre en compte sont si nombreux que perdre l’esprit d’aventure serait la dernière chose à faire. » Et de rajouter que l’enjeu n’est pas budgétaire mais politique et « de demander un pacte républicain qui mette la culture et la création au cœur de la démocratie, de la citoyenneté. Notre projet de l’exception culturelle est un phare, un modèle pour de nombreux pays, alors qu’il se doit d’évoluer, oui ! mais pas d’être remis en cause. »

Dès la première semaine, les lieux emblématiques  et incontournables du festival – Cour d’Honneur, Carrière de Boulbon,la FabricA et l’Autre Scène – nous ont déjà donné à voir la tonalité de ce festival que l’on ne demandera qu’à suivre jusqu’au bout

Avignon on ne dit même plus le Festival d’Avignon , c’est  comme aime à le répéter Tiago Rodrigues  débattre sans se battre. C’est sortir de cinq heures de Maldoror dans la Cour d’Honneur de Julien Gosselin déconcerté, voire dérangé par ce spectacle magistral et fascinant au point de regarder sa rediffusion quelques jours après sur Arte. C’est découvrir au hasard d’un Vive le sujet dans les Jardins de la Vierge, la poétesse et écrivaine catalane Laura Vasquez, envie là aussi d’aller plus loin en découvrant ses ouvrages, être encore séduite quand elle transforme l’essai de nouveau à « l’aube des questions. »

C’est se dire avec ‘L’Hors présence’ de Tiphaine Raffier, que le Festival peut finir là, dès la première semaine avec cette satisfaction d’avoir vu LE spectacle indispensable qui touche l’intime et l’actualité, qui fusionne la mort et la vie et nous bouleverse dans sa force et sa justesse… Mais s’enchaîne ‘Silence’ avec l’étonnante musicienne Lucie Antunes qui mène et malmène les sept danseurs et danseuses de la chorégraphe Mathilde Monnier dans un Boulbon électrisé. Avec ‘Salma mon amour’ d’Ahmed El Attar nous retrouvons les intérieurs d ‘un riche salon égyptien – sur le beau plateau de l’Autre scène de Vedène la décomposition d’une famille et surtout la prise de conscience courageuse de Salma suite à la déflagration du 7 octobre 2023. 

Vous avez dit consensus, dissensus ?

Valérie Dreville seule en scène dans ‘Thésée sa vie nouvelle’ de Guy Cassiers adapté du récit de Camille de Tolédo a été un grand moment de théâtre et de mise en scène. Du théâtre comme on l’aime, écologique, engagé, participatif, incarné par de formidables comédiens et comédiennes a suivi avec ‘Un Procès’ de Christiane Jatahy.

Langue invitée après l’arabe en 2025, le coréen a permis de cerner essentiellement un pays ,la Corée du Sud et ses traumatismes. La programmation variée, la présence des artistes coréens tout au long du festival, les films projetés au Cinéma Utopia nous ont mieux fait appréhender ce pays dont on connaît plutôt en France sa culture populaire à travers les K-pop ou K-dramas. Où ailleurs qu’au Festival d’Avignon aurions nous pu faire l’expérience du pansori et découvrir la prodigieuse Lee Jaram dans ‘Neige,neige, neige’ ?

L’expérience de rester 10h d’affilée avec la performeuse brésilienne Carolina Bianchi et son collectif Y Cara de Cavalo n’était pas gagnée et pourtant ce discours radical, sans concession nous suit encore et réussit même à nous faire sourire – ah l’interview de la seconde partie ! – malgré des scènes insoutenables. Ce choix de spectacle illustre complètement « la liberté de création à grande échelle qui est donnée à certains  artistes pour élargir le champ des possibles pour tous » comme aime à le rappeler le directeur du festival. Il y a eu aussi des respirations circassiennes bienvenues avec le retour de l’inquiétant Johann Le Guilherm et le ‘Pas du monde’ mémorable du Collectif XY, des moments de profonde humanité avec les frères Gremaud, du Molière déjanté avec le collectif flamand tgStan, une belle leçon de géo-politique, enquête méticuleuse et efficace menée nonchalamment par Salim Djaferi dans ‘Bâtir’.

Il y aura eu aussi des doutes et des déconvenues

« Faire le festival » c’est aussi accepter non sans douleur de ne pas vibrer à la lecture d’Oiseau (sur 2 soirées, la deuxième était apparemment plus réussie), d’être un brin colère face à une lecture désincarnée d’Isabelle Huppert malgré la force évocatrice du texte ‘Impossibles adieux’ de Han Kang et de son apparition solaire.

C’est être très dérangé, étouffé par ‘Bunker’ de Marion Siéfert et Matthieu Bareyre, trop long, non distancié. Alors que Benjamin Clementine nous fascinait par ses mélodies tristes et mélancoliques, nous charmait par sa voix singulière , un malaise cependant à l’arrivée sur la scène de la Cour d’Honneur de 8 musiciennes de l’ONAP (Orchestre National Avignon-Provence) toutes de blanc vêtues, qui se sont agenouillées à ses pieds en cercle, telles des nymphettes. Pourquoi ce renfort ? A lui seul il avait  pourtant réussi à imposer un silence et une écoute rarement atteinte dans la Cour et à nous faire fredonner à l’unisson que tout irait mieux.

Un scoop sous les platanes de Noël

Pour conclure, Tiago Rodrigues a donc annoncé qu’il y aura bien un festival en juillet 2027 et que la programmation sera dévoilée en avril… comme d’habitude. Une manière de montrer qu’il ne laisse pas dicter le calendrier par des échéances politiques ou budgétaires. La promesse a été faite solennellement, avec humour, qu’il y aurait des cadeaux comme à la Noël, sous les platanes du Cloître St Louis. « Le festival sera énorme, ce sera une grande fête démocratique, preuve de vie du service public de la culture et du spectacle vivant public. » Il veut croire à la beauté du doute, de l’incertitude et c’est bien face à l’incertitude qu’il croit à la nécessité – et il en a la conviction – de se retrouver en juillet 2027.


Avignon, comment la ville s’est transformée

En 1955, le quartier des Rotondes n’a déjà plus tout à fait le visage d’une ville derrière ses remparts. L’église du Sacré-Cœur domine encore un paysage où maisons, immeubles et voies ferrées dessinent les contours d’une ville d’Avignon en pleine mutation. Cette photographie fait partie des 163 images réunies par les Archives municipales dans l’exposition ‘Contrastes, Avignon à travers deux siècles de photographies’, visible gratuitement jusqu’au 18 mai 2027.

En noir et blanc, l’image de 1955 montre l’imposante silhouette du Sacré-Cœur entouré de constructions éparses, et, au loin, les installations ferroviaires qui, avec les grands axes de circulation collaboreront au développement de la ville. Le quartier des Rotondes apparaît ainsi comme un espace pris entre deux époques. L’Avignon traditionnelle n’a pas disparu, mais déjà, la cité déborde largement de son enceinte historique. Les paysages urbains se recomposent, les quartiers s’étendent et les usages évoluent.

Une ville saisie au moment où elle change
Cette photographie, non attribuée et conservée dans la collection Philibert sous la référence AMA 96Fi40, fait partie des 163 images qui racontent les transformations de la ville au cours de ces deux siècles. L’exposition photographique ‘Contrastes’, a été réalisée à l’occasion du bicentenaire de la photographie, par les Archives municipales qui ont puisé dans un fonds exceptionnel de plus de 700 000 images, couvrant les années 1850 à nos jours.

La confrontation des époques
Plutôt que de dérouler une simple chronologie, l’exposition confronte les époques, les paysages et les regards. Les photographes, par leurs cadrages et leurs choix de sujets, livrent chacun une forme de ‘discours’ sur Avignon, ses habitants et son temps. Le résultat offre un portrait en mouvement. Les images font surgir les contrastes, les permanences et les ruptures d’une ville qui s’est transformée en composant avec son héritage.

Copyright Collection Philibert

Une exposition qui sort des murs
L’originalité du parcours tient aussi à sa géographie. ‘Contrastes’ se déploie sur sept sites, en extérieur et dans différents quartiers d’Avignon. Aux Archives municipales, 6 rue Saluces, s’ajoutent notamment le square Agricol-Perdiguier, le parc de la Cantonne à Montfavet, le stade nautique, les grilles du Palais des Papes, le parc de l’Abbaye-Saint-Ruf et le parc Champfleury. L’exposition se vit comme une déambulation. Au détour d’un parc, d’une avenue ou d’un monument, le passant se retrouve face à une autre Avignon : celle des photographies anciennes, parfois méconnaissable, parfois étonnamment familière. Le parcours est accessible gratuitement jusqu’au 18 mai 2027. Aux Archives municipales, l’exposition est ouverte du lundi au vendredi selon les horaires du site ; les installations extérieures restent accessibles librement.

Les archives, une mémoire qui continue de s’écrire
Les Archives municipales rappellent que l’histoire d’une ville ne repose pas uniquement sur les documents institutionnels. Photographies familiales, films, correspondances ou archives numériques peuvent, eux aussi, devenir les fragments précieux de la mémoire collective. La photographie du Sacré-Cœur en est l’illustration. Un quartier, une église, quelques immeubles et des voies ferrées suffisent à restituer l’atmosphère d’une époque. Près de 70 ans plus tard, le cliché permet de regarder Avignon autrement un territoire et un façonnés par ceux qui l’habitent.

Les infos pratiques
‘Contrastes, Avignon à travers deux siècles de photographies’, jusqu’au 18 mai 2027. Accès libre et gratuit. Archives municipales, 6 rue Saluces, Avignon, et six sites extérieurs dans la ville.
Mireille Hurlin


Avignon, comment la ville s’est transformée

Près de 1 800 associations à Avignon, 176 à Villeneuve-lès-Avignon et plus de 80 aux Angles,  derrière ces chiffres se dessine un tissu associatif particulièrement dense. Les 5 et 6 septembre, il investira les rues et les berges de la Barthelasse pour présenter ses activités, recruter des bénévoles et donner envie de franchir le pas.

Après la parenthèse estivale, les agendas se remplissent et les associations reprennent le fil de leurs activités. À Villeneuve-lès-Avignon, la Journée des associations réunira, samedi 5 septembre, les acteurs associatifs de Villeneuve et des Angles, rue de la République, de 10h à 17h30. Villeneuve compte 176 associations actives, tandis que Les Angles en recensent plus de 80 dans les domaines du sport, de la culture et des loisirs. À quelques kilomètres de là, Avignon affiche une dimension encore supérieure. La Ville compte près de 1 800 associations, qui interviennent dans des domaines aussi variés que la solidarité, la culture, le sport, l’éducation, l’environnement ou encore la vie de quartier.

À Avignon, la Barthelasse devient un grand village associatif
Le lendemain, dimanche 6 septembre, direction l’île de la Barthelasse pour le Forum des associations d’Avignon. De 10h à 18h, le Chemin de Halage accueillera les associations venues faire découvrir leurs activités et rencontrer le public. Le rendez-vous permet de mesurer concrètement ce que recouvrent ces chiffres. Derrière les noms et les logos se trouvent des clubs sportifs, des compagnies artistiques, des collectifs citoyens, des associations de solidarité ou de simples groupes d’habitants réunis autour d’une passion commune.

Une porte d’entrée pour accompagner son année
Lors de ces deux journées, les associations présenteront leurs projets, renouveleront leurs adhésions et attireront de nouveaux bénévoles. Pour les visiteurs, le principe est presque inverse : venir sans forcément savoir ce que l’on cherche et repartir avec une idée, une rencontre, parfois une nouvelle activité. Car l’association reste l’un des lieux où se fabrique le lien social et au plus près du quotidien. Une heure donnée, un cours suivi, un coup de main ponctuel insufflent une nouvelle vie au sein d’un collectif.

Les infos pratiques
Journée des associations de Villeneuve-lès-Avignon et des Angles : Samedi 5 septembre 2026, de 10h à 17h30, Rue de la République, centre-ville de Villeneuve-lès-Avignon. Forum des associations d’Avignon : Dimanche 6 septembre 2026, de 10h à 18h. Chemin de Halage, île de la Barthelasse, Avignon.
Sources : Villes des Angles, de Villeneuve-lès-Avignon et Avignon.
Mireille Hurlin


Avignon, comment la ville s’est transformée

De la Savoie à la Côte Vermeille, l’automne s’annonce particulièrement animé pour l’APCC 6570. L’association avignonnaise fera circuler sa BB 25660 lors des Journées européennes du patrimoine, les 19 et 20 septembre, avant de remettre en piste la mythique CC 6570 pour un ‘Train des vendanges’ le 11 octobre. Deux rendez-vous où le voyage propose aussi une plongée dans l’histoire ferroviaire.

L’Association pour la préservation de la CC 6570 (APCC 6570) propose deux nouveaux voyages à bord de voitures vintages et de mythiques locomotives. Fondée en 2005, l’association avignonnaise s’attache à préserver et faire rouler des locomotives emblématiques du patrimoine ferroviaire français : la CC 6570, la BB 25660 et la BB 25639. En septembre, ses bénévoles mettront le cap sur la Savoie à l’occasion des Journées européennes du patrimoine. L’édition 2026, organisée les 18, 19 et 20 septembre, aura pour thèmes ‘Patrimoine de la photographie’ et ‘Patrimoine en péril : raviver, résister, réimaginer’.

Vaucluse et Savoie le compagnonnage du rail
Pour l’APCC 6570, l’aventure est née d’une rencontre avec l’Association pour la préservation du matériel ferroviaire savoyard (APMFS). La BB 25660 de l’association avignonnaise prendra la relève de la BB 25188, indisponible, et assurera la traction des voitures historiques de l’APMFS. Une coopération qui illustre l’ambition et la force du monde associatif ferroviaire, une bienveillante collaboration où chacun apporte son matériel, son savoir-faire et sa passion. Le vendredi 18 septembre, la BB 25660 rejoindra Chambéry depuis Avignon, sans voyageurs, via Valence et Grenoble.

Copyright APCC6570

Le lendemain, changement de décor
Les voyageurs pourront monter à bord d’une rame historique pour rejoindre Annecy puis La Roche-sur-Foron, avant un second aller-retour dans l’après-midi entre Chambéry et Annecy. L’APMFS utilisera quatre voitures anciennes de type UIC (voitures de voyageurs issues de l’organisation mondiale créée en 1922 sous le nom d’Union internationale des chemins de fer), pour une escapade conçue autant comme un voyage que comme une découverte patrimoniale. Dimanche 20 septembre, le train prendra la direction de la vallée de la Tarentaise jusqu’à Bourg-Saint-Maurice, avec un détour par Moûtiers. La CC 6558 sera également de la partie, notamment entre Albertville et Bourg-Saint-Maurice, et pourra être visitée par le public, cabines de conduite comprises. Les billets ont été pensés pour permettre différentes combinaisons : partir en train historique et revenir en TER, changer de destination ou simplement profiter de quelques heures dans l’une des villes desservies. À Annecy, Chambéry, Aix-les-Bains ou La Roche-sur-Foron, le patrimoine devient ainsi le prolongement naturel du voyage.

Le Train des vendanges et le beau village de Collioure
Quelques semaines plus tard, les locomotives historiques retrouveront les rails méridionaux. Le dimanche 11 octobre, l’APCC 6570 organisera son traditionnel ‘Train des vendanges’, cette fois à destination de la Côte Vermeille et de Banyuls-sur-Mer, à l’occasion de la fête des vendanges. Le train fera également halte à Collioure, village qui avait remporté le titre de ‘Village préféré des Français’ en 2024. Deux locomotives assureront la traction : la BB 25660 et la CC 6570, en double traction sous 1 500 volts. L’aller doit notamment emprunter le Contournement ferroviaire de Nîmes et Montpellier, une première pour un train remorqué par ces locomotives historiques. L’association espère réunir au moins 250 voyageurs, pour ces passionnés, chaque billet contribue directement à faire vivre un patrimoine roulant particulièrement fragile. Derrière ces rendez-vous, surtout une conviction : une locomotive ancienne ne prend véritablement vie que lorsqu’elle retrouve les rails. Restaurer, entretenir, faire circuler… et transmettre. C’est tout le sens du travail mené par les bénévoles de l’APCC 6570, qui participent régulièrement à des circulations historiques et à des manifestations patrimoniales.

Copyright APCC6570

Le Forum des associations
L’association sera d’ailleurs présente au forum des associations, dimanche 6 septembre, sur l’île de la Barthelasse à Avignon. Une occasion de rencontrer les bénévoles, de découvrir leurs activités et, pourquoi pas, de rejoindre l’aventure.

Pour les résas c’est maintenant
Pour les trains de septembre comme pour celui d’octobre, les réservations sont ouvertes. Et pour ceux qui aiment autant la destination que le grondement d’une locomotive au départ, le voyage promet d’avoir une saveur particulière.

Les infos pratiques
Journées européennes du patrimoine
: samedi 19 et dimanche 20 septembre 2026, au départ de Chambéry, avec des circulations vers Annecy, La Roche-sur-Foron et Bourg-Saint-Maurice. Réservations auprès de l’APCC 6570 et de l’APMFS ici.
Train des vendanges
: dimanche 11 octobre 2026, direction Banyuls-sur-Mer et Collioure. Réservations ouvertes sur le site de l’APCC 6570 ici.
Forum des associations
: dimanche 6 septembre, île de la Barthelasse, Avignon. Billetterie-Evénement ici.
Mireille Hurlin

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Avignon, comment la ville s’est transformée

On attendait impatiemment la dernière création du metteur en scène Sébastien Lanz, ‘Et vivre était sublime’ découverte en 2024 au Théâtre des Halles d’Avignon. La voici enfin au Festival Off 2026.

Vouloir adapter ce monument qu’est Belle du Seigneur d’Albert Cohen est une gageure à laquelle personne ne se confronterait. Et ce n’était d’ailleurs pas l’intention de Sebastien Lanz quand il y a 7 ans, il a commencé à imaginer un spectacle autour de ce roman. Non pas une adaptation mais plutôt une mise en abyme de sa propre fascination pour ce livre mythique.

Qui ne s’est pas perdu dans ces circonvolutions romanesques de ce livre de près de 1000 pages sans parler de ceux qui n’en sont pas venus à bout… tout en le regrettant ?

C’est peut être d’ailleurs la difficulté  de ce spectacle : comment digérer ces 106 chapitres en 7 parties en moins de 2h et surtout comment finir ? Mais chut !

De nos jours, la puissance de la littérature

 La mise en scène ingénieuse nous plonge directement dans le sujet. Les cartons ou intertitres projetés à la manière des films muets nous situent et le livre et l’action : le livre d’ Albert  Cohen paru en 1968 mais commencé dès 1930 qui relate la passion drôle, cynique et destructrice entre Solal et Arianne mariée au diplomate Adrien. C’est simple, direct, efficace.

Sur le plateau, ils seront également 3 mais transposés — dans un premier temps — à notre époque : Gentiane, l’éco-activiste incarcérée dans la même cellule que Nono le tout sous la tutelle de la gardienne Laura.

Le début du spectacle est passionnant : comment dans ce milieu de violence et de négation du Verbe et de la poésie, un livre peut  changer les rapports entre humains et les rendre humains. 

Comment un livre peut renvoyer à sa propre existence, comment être captivé alors qu’on est déjà captif ? Comment cette capture est libératrice ? Ah l’évasion par la lecture tant galvaudée trouve ici tout son sens !

La belle énergie des 3 actrices donne un rythme moderne et soutenu. Le décor de voile occultant et  les jeux de lumières participent pleinement au plaisir d’entendre le texte originel lu par les protagonistes. Le livre, objet de tentation et d’interdiction devient  peu à peu un personnage à part entière et la fascination opère. 

Le voile se lève, l’intrigue s’accélère

Par la levée de ce voile , le plateau alors se transforme, nous ne sommes plus dans la cellule de Nono mais dans les appartements d’Ariane. Rien n’a vraiment changé si ce ne sont les protagonistes qui glissent peu à peu dans les personnages du livre, se l’accaparant au delà de la performance d’apprendre par cœur ce flot de poésie. Le metteur en scène commence à nous perdre un peu, peut-être est ce voulu ? Il pouvait choisir de rester dans l’univers carcéral qui est paradoxalement poétique ou entrer dans l’histoire du roman qui devient violente.Il choisit la deuxième option. 

On s’était attaché à ces 3 femmes en prison, on rentre peu à peu dans le roman qui est joué et interprété — avec brio certes — mais qui nous surprend par sa violence, par une mise en scène démonstrative.

Il en reste cependant de beaux portraits de femmes sublimes… forcément sublimes et un bel hommage à la puissance des mots sur les actes.

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