18 mars 2026 |

Ecrit par le 18 mars 2026

Printemps des poètes à Avignon, La poésie en liberté à l’Atypik Théâtre

Dans le cadre du Printemps des Poètes 2026, l’Atypik Théâtre d’Avignon propose, les 28 et 29 mars, un week-end de performances, spectacles et créations hybrides autour du thème national «La liberté, force vive déployée». Une programmation engagée qui mêle écritures contemporaines, musique et voix poétiques.

Chaque mois de mars, le Printemps des Poètes irrigue la France d’événements dédiés à la poésie sous toutes ses formes. Pour cette 28ᵉ édition, organisée du 9 au 31 mars 2026, le thème « La liberté, force vive déployée » invite à explorer la puissance des mots face aux enjeux contemporains. 

Un rendez-vous national décliné à Avignon
À Avignon, la manifestation se décline en une multitude d’initiatives portées par des acteurs culturels, institutions et lieux indépendants, qui font vivre la poésie bien au-delà du livre : lectures, performances, spectacles ou ateliers. 

L’Atypik Théâtre, laboratoire poétique
C’est dans ce paysage foisonnant que s’inscrit la proposition de l’Atypik Théâtre, niché rue de la Bonneterie, dans l’intramuros d’Avignon. Fidèle à son Adn, le lieu défend une programmation ouverte, expérimentale et accessible, où la poésie dialogue avec le théâtre, la musique et la performance. Ce temps fort rassemble artistes confirmés, amateurs engagés et compagnies indépendantes autour d’une même ambition : faire de la poésie un art vivant, incarné et partagé.

Performances et créations contemporaines
Le week-end s’ouvrira, samedi 28 mars à 17h, par une Poetic Performance réunissant plusieurs intervenants issus d’ateliers d’écriture et de théâtre. Entre textes contemporains, influences européennes et accompagnement musical, cette première séquence donne le ton : celui d’une poésie en mouvement, à la croisée des disciplines.

Poésie, musique et danse
À 20h, place à «Romanticomodern», spectacle mêlant poésie, musique et danse. Inspirée de l’œuvre de Szilvia Deak, la création explore le destin d’une femme d’Europe de l’Est, entre désir de liberté et tensions intimes. Portée par la comédienne Corinne Menant et le musicien Stefano Mauro, la pièce propose un voyage sensoriel où Budapest, le Danube et les paysages intérieurs se répondent. Le dimanche 29 mars à 17h, la compagnie Cheval 2 Trois prendra le relais avec « Chantons les poètes ! », un spectacle musical qui traverse les siècles, de Villon à Aragon. Entre guitare, ukulélé et voix, les textes classiques retrouvent une vitalité nouvelle, dans une mise en scène où le chant prolonge le poème.

Une poésie vivante, entre transmission et création
À travers cette programmation, l’Atypik Théâtre illustre une tendance forte du Printemps des Poètes : sortir la poésie de ses cadres traditionnels pour la rendre sensible, accessible et collective. Dans un contexte pour l’art difficile, où les lieux culturels indépendants jouent un rôle essentiel dans la vitalité artistique locale, cette belle initiative contribue à renouveler les publics et à faire émerger de nouvelles formes d’expression.

Infos pratiques
Tout le programme du Printemps des Poètes à Avignon ici. Programmation de l’Atypik Théâtre ici. Samedi 28 mars de 17h et 20h et dimanche 29 mars 2026 à 17h. Atypik Théâtre, 95 rue de la Bonneterie, à Avignon. Tarifs : de 10€ à 20€ (plein tarif 20€, réduit 15€, performance 10€). Réservation : atypik-theatre.fr  04 86 34 27 27.
Mireille Hurlin


Printemps des poètes à Avignon, La poésie en liberté à l’Atypik Théâtre

L’Amérique sur un plateau

Autour de Jon Irabagon sont réunies trois figures majeures de l’avant-garde new-yorkaise. Ce quartet d’exception nous propose un road trip musical qui va nous emmener dans les immenses paysages de l’Ouest américain. La traversée sera également musicale , dans la plus pure tradition jazzique,  avec un voyage à travers l’histoire du jazz depuis 1960. Du bebop à la soul, les formes musicales se mélangent tout en nous réconciliant avec le jazz contemporain. 

Rising sun, le soleil se lève

Avec ce titre Jon Irabagon nous promet une musique positive et énergique et nous offre du rêve à domicile. Il est prudent de réserver. 

Jon Irabagon : saxophone ténor 
Matt Mitchell : piano, fender rhodes
Chris Lightcap : bass
Sam Ospovat : batterie 

Jeudi 19 mars. 20h30. 5 à 18€. AJMI Club. 4 Rue des Escaliers Sainte-Anne. 04 13 39 07 85.


Printemps des poètes à Avignon, La poésie en liberté à l’Atypik Théâtre

Ulysse toujours recommencé au Théâtre du Balcon

Et si Ulysse n’avait jamais cessé de voyager ? Serait-il heureux aujourd’hui ?

Si le titre « Le syndrome d’ Ulysse » peut laisser envisager une quelconque proximité avec le voyage d’Ulysse et L’Odyssée d’Homère, la création d’Ali Babar Kenjah et Serge Barbuscia va bien au-delà de ces questions et se garde bien de nous donner une réponse unique.

Bien sûr elle s’appuie sur l’épopée d’Ulysse et nos souvenirs de lycéens découvrant ce héros de la mythologie grecque. Mais en évoquant le « syndrome d’Ulysse » – syndrome ainsi dénommé par le psychiatre espagnol Joseba Achotegui pour définir le traumatisme des exilés n’arrivant pas à s’adapter à l’endroit où ils sont arrivés sans la possibilité de retourner d’où ils viennent – Serge Barbuscia choisit de s’intéresser aussi à ceux, qui comme lui fils d’exilés siciliens, peuvent  se retrouvent dans une espèce de dépression avec une perte de leur identité.

Tel un arbre sans racine

Par le récit choral des cinq comédiens, Ulysse est ici multiple. Il incarne le courage du départ mais aussi le traumatisme de la fin du voyage, quelle qu’en soit l’issue. S’il y a ceux qui migrent parce qu’ils le veulent, il y aussi ceux qui y sont contraints. Tel le poète argentin Juan Gelman qui évoque le déracinement comme un arbre sans racine, la pièce rappelle fort opportunément qu’il y a des migrations choisies mais aussi contraintes ou imposées par la force. Sont évoquées ainsi ( peut être un peu rapidement) les enlèvements d’enfants réunionnais entre les années 60 et 80 pour repeupler la Creuse. Les traumatismes, causes du départ ou subis à l’arrivée – viols, famine, errances, humiliations et désillusions de tous les exilés et exilées – nous seront rappelés avec une précision journalistique, chiffres à l’appui, car rien ne sert d’édulcorer une réalité effroyable.

À l’abordage 

Serge Barbuscia a choisi de ne pas partir seul pour sa dernière création. Écrit à quatre mains avec Ali Babar Kenjah, il a constitué son équipage tout au long de son périple de création pour affronter nos démons contemporains : le racisme, l’inhospitalité, le rejet et/ou la peur de l’Autre, les tracas administratifs, les frontières réelles ou symboliques. Il ne boude pas son plaisir de revenir sur scène pour incarner ce voyageur contemporain. Fort de cette formidable équipe, il nous livre ici un magnifique traité d’humanité, et crée dans son théâtre un espace hospitalier qui efface les blessures de l’exil et nous réconcilie avec l’humanité.

Un parti pris formidable, celui de choisir la joie malgré tout

Serge Barbuscia a choisi son camp. Il a choisi de parler de ceux qui restent, pas de ceux qui retournent. La mise en scène a opté pour la couleur des costumes, des lumières et non pour la grisaille. A la douleur transperce aussi la joie dans les visages. La musique formidablement crée et dirigée par Jérémy Bourges vient à bon escient rappeler son langage universel et son indispensable présence dans nos rituels quotidiens et défie le silence. Les langues ne font plus qu’une et qu’importe si on ne comprend pas le perse, l’espagnol ou l’arabe, leur mélange nous comble. Les femmes se réapproprient l’espace et leurs chants sont puissants. Il n’y a pas de récit linéaire, mais de très beaux tableaux, vivants, car vivre malgré et envers tout,  est bien le message.

Briser le « quatrième mur » … et les frontières 

En brisant le « quatrième mur », cette joyeuse troupe de saltimbanques abolit symboliquement toutes les frontières et par un aller retour constant entre rêve et  réalité, en choisissant la poésie plutôt que le pamphlet, l’espoir plutôt que la résignation, nous entraîne dans une nécessaire réflexion universelle sur l’exil et notre propre identité.

Texte : Ali Babar Kenjah et Serge Barbuscia
Mise en scène : Serge Barbuscia
Interprétation : Serge Barbuscia, Jérémy Bourges, Théodora Carla, Bass Dhem, Aïni Iften
Direction musicale : Jérémy Bourges
Vocal : Théodora Carla
Lumière : Sébastien Lebert
Costumes : Annick Serret. 

Vendredi 20 mars. 20h. Samedi 21 mars. 20h. Dimanche 22 mars.16h. Durée 1h15. 10 à 23€. Théâtre du Balcon. 38 rue Guillaume Puy. Avignon. 04 90 85 00 80 / contact@theatredubalcon.org


Printemps des poètes à Avignon, La poésie en liberté à l’Atypik Théâtre

Les Amis du Théâtre Populaire présente ‘Jean Anouilh – Souvenirs d’un jeune homme’ 

En 1987, l’année de sa mort, Jean Anouilh, un des auteurs les plus célèbres et les plus prolifiques de sa génération, publie La Vicomtesse d’Éristal n’a pas reçu son balai mécanique. Avec ce recueil, sous-titré Souvenirs d’un jeune homme, il jette un regard tendre et amusé sur ses débuts d’auteur sans le sou et plonge le lecteur dans un monde de publicitaires à la recherche de slogans et d’appareils ménagers ! Étonnament l’auteur d’Antigone et d’Eurydice avait commencé sa carrière au rayon quincaillerie d’un grand magasin ! Puis viennent la guerre, le cinéma, et enfin, bien sûr, le théâtre. 

Un spectacle tendre et poétique

Dans ce spectacle, sous forme d’une confession libre et joyeuse, Anouilh nous livre sa jeunesse – une jeunesse jalonnée de rencontres loufoques, où chaque anecdote devient sujet de comédie. Deux talentueux comédiens,  Gaspard Cuillé et Benjamin Romieux, se glissent tour à tour dans la peau du célèbre dramaturge. 

Spectacle imaginé et interprété par Gaspard Cuillé et Benjamin Romieux
Mise en scène : Emmanuel Gaury
Théâtre de Poche et Compagnie du Colimaçon

Mercredi 18 mars. 20h. 5 à 20€. Durée 1h05. Amis du Théâtre Populaire. Salle Benoit XII. 12 rue des Teinturiers. Avignon. 04 86 81 61 97 – atp.avignon@gmail.com


Printemps des poètes à Avignon, La poésie en liberté à l’Atypik Théâtre

À l’issue du premier tour des élections municipales ce dimanche 15 mars, le candidat DVD Olivier Galzi se place en tête avec 27,04% des votes. Il devance donc Anne-Sophie Rigault (RN – 25,52%). Derrière, le socialiste David Fournier (19,89%), et la LFI Mathilde Louvain (19,03%) sont dans un mouchoir. Stephan Fiori (DVD) ne sera pas au second tour puisqu’il ne franchit pas la barre des 10% en réalisant 7,39%. Enfin, Stéphane Geslin (EXG) dépasse les 1% avec 1,14%.


Printemps des poètes à Avignon, La poésie en liberté à l’Atypik Théâtre

L’association avignonnaise des cadres en transition professionnelle Force Cadres souhaite organiser de nouveaux Speed Networkings dans l’année afin de favoriser davantage le retour à l’emploi des cadres sur le territoire départemental.

Depuis 20 ans, Force Cadres organise son événement phare, le Speed Networking, chaque mois de décembre à l’Hôtel de Ville d’Avignon. Lors de chaque édition, recruteurs et cadres en recherche d’emploi se rencontrent pour des entretiens de 7 minutes chrono. L’objectif de ces courts entretiens est de les multiplier pour permettre aux cadres de rencontrer un maximum de recruteurs et inversement.

Pour 2026, l’association affiche de nouvelles ambitions, dont celle d’accélérer le retour à l’emploi des cadres dans le Vaucluse. Pour ce faire, son mythique Speed Networking se déclinera désormais en trois sessions par an. Ainsi, en plus de celui d’Avignon en décembre, un nouveau Speed Networking va voir le jour en juin sur Carpentras et un en octobre à Cavaillon. Ce dispositif bénéficiera donc à 150 cadres chaque année contre 50 jusqu’à présent.

En plus de cette initiative, l’association Force Cadres, qui est implantée au sein de Créativa, la pépinière d’entreprises du Grand Avignon, depuis 2025, s’est structurée et s’appuie désormais sur une coordinatrice générale, Mélissa Garcia-Arcas, qui assure la pérennisation des actions « dans une association qui a vocation à un turn-over élevé de ses adhérents. »


Printemps des poètes à Avignon, La poésie en liberté à l’Atypik Théâtre

Le Campus Belmont d’Avignon a accueilli les qualifications départementales de la 37 édition du concours national Les Négociales au début du mois de mars. Une centaine de candidats vauclusiens ont participé.

108 étudiants issus de l’IFC d’Avignon, du campus avignonnais du Groupe Belmont, du Campus Vincent de Paul, du CFA du Bâtiment et du Groupe Alternance, ont participé aux qualifications départementales des Négociales, le concours de négociation commerciale sur le Campus Belmont.

Les candidats se sont confrontés à deux cas de négociation, élaborés en partenariat avec Epson et Lyreco. Après un temps de préparation, ils ont eu 10 minutes face à un jury professionnel pour convaincre, argumenter et conclure en conditions réelles. « Au-delà de la compétition, Les Négociales constituent un véritable carrefour entre formation et entreprises, affirme le Groupe Belmont. Ce concours favorise la rencontre directe entre étudiants et professionnels du territoire et représente une opportunité concrète de décrocher une alternance, un stage ou un emploi. »

Au cours de cette journée, 16 étudiants avignonnais ont su tirer leur épingle du jeu et ont été qualifiés pour la finale nationale qui se tiendra à Nancy les 1er et 2 avril prochains.


Printemps des poètes à Avignon, La poésie en liberté à l’Atypik Théâtre

Le Grand Avignon, en partenariat avec l’établissement d’enseignement Académie Vaucluse Provence, organise, du lundi 16 au samedi 21 mars, une semaine de sensibilisation à des usages du numérique plus responsables. Un vaste programme (au propre comme au figuré) avec des collectes, des ateliers, des conférences, des tables rondes…

Véritable révolution industrielle et sociétale, le numérique est aujourd’hui présent partout dans notre vie. Si son développement crée de nouvelles opportunités sa généralisation n’est pas sans impact sur notre environnement. On estime ainsi qu’en 2026, le numérique sera responsable de 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Une part qui va grandissante avec le développement de l’IA, la multiplication des data center et  le renouvellement constant de nos équipements numériques. Ainsi, en France, un smartphone est remplacé tous les 2,5 ans en moyenne. Face à ce constat à l’initiative du Grand Avignon, avec le soutien actif de nombreux partenaires privés et publics, une série d’actions et d’événements de sensibilisation sont organisés pendant la semaine mondiale du « Digital Clean ». Un moyen d’aller plus loin. 

Parmi les différents événements proposés (voir encadré) deux manifestations sont à noter :

Lundi 16 mars – 18h30 | Ciné-Conférence « Cohabiter avec l’IA de façon éclairée » au Cinéma Pathé Cap Sud, Avignon
Projection du film Her, film d’anticipation de Spike Jonze (2013) sur la relation entre un écrivain public et une IA, suivie d’une conférence de Laurence Vanin, Philosophe de l’Ethique au Centre de Recherche de la Gendarmerie Nationale (CRGN).
Gratuit, ouvert à tous, places limitées, inscription obligatoire : Ciné-Conférence Pathé Cap Sud

Jeudi 19 mars – 18h | Table ronde organisations : « Numérique Responsable : le territoire se mobilise »
État des lieux sur le Numérique et son impact, retours d’expérience concrets d’organisations engagées dans une Transition.Avec les interventions de Sébastien Touquet, fondateur Shakpa, animateur de Fresques, ambassadeur Pro MyCO2 de Carbone 4, de Pierre-Hubert Martin, délégué territorial La Poste en Vaucluse et délégué au développement du numérique sur la région Sud Paca, de Lionel Jarmasson, directeur & designer conseil, agence Canopée, expert Accompagnateur Cèdre et Praticien FSSD  et de Rafael Torres, ingénieur & ambassadeur IA du plan national « Osez l’IA », Cogérant et pilote des activités IA au LICA – Laboratoire d’Intelligence Collective et Artificielle.  Places limitées, inscription obligatoire : Table-Ronde Agroparc.

Pour en savoir plus, cliquez ici.

Des collectes :
– Téléphones portables et chargeurs dans les GSM Box installées sur plusieurs sites : campus CCI, l’Éveilleur, établissement du Grand Avignon (siège, Opéra, conservatoire, pépinière Créativa), Insercall, université d’Avignon.
– Matériel informatiques d’entreprises , EVA : village des métiers, 25 rue des joncs des bois, cellule 35 à Avignon. Dépôt volontaire sur RDV 09 70 66 94 38

Des ateliers :
– Nettoyage de ses données numériques. Pour les acteurs de l’économie sociale, le lundi 16 mars de 8h45 à 12h15 à Insercall, 10 rue Léon Honoré à Avignon. Pour les entreprises et acteurs publics, le mercredi 18 mars, de 8h45 à 12h15, à l’espace Créativa, 81-85 rue du traité de Rome à Avignon
– Atelier éco-geste à destination des adolescents le samedi 21 mars de 15 à 16h00 à l’Éveilleur, 14 impasse Baroni à Avignon. Inscription equipe@leveilleur-scop.fr ou 06 31 80 80 70 

Des conférences / tables rondes : 
– « Numérique responsable, mobilisons-nous », le jeudi 19 mars, à partir de 18h00 amphithéâtre de la CCI, allée des fenaisons à Avignon. Réservé aux entreprises et acteurs publics
– « Dépollution et souveraineté numérique : nettoyer vos données et passez à l’Open Source », le samedi 21 mars de 14 à 19H00 à l’Éveilleur, 14 impasse Baroni à Avignon. Ouvert à tous


Printemps des poètes à Avignon, La poésie en liberté à l’Atypik Théâtre

Depuis le 1er mars 2026, la Maison médicale de garde d’Avignon n’est plus accessible sans régulation préalable : les patients doivent appeler le 15 avant de s’y rendre. Derrière cette évolution organisationnelle ? La difficulté à obtenir un rendez-vous médical ou à trouver un médecin traitant pousse de plus en plus d’habitants vers les urgences et les structures de soins non programmés. La régulation vise désormais à mieux orienter les patients dans un système de santé soumis à de fortes tensions.

Depuis le 1er mars 2026, l’accès à la Maison médicale de garde (MMG) d’Avignon, située rue Raoul-Follereau à proximité du centre hospitalier Henri-Duffaut, est soumis à une régulation médicale préalable. Concrètement, il n’est plus possible de s’y présenter directement : les patients doivent d’abord appeler le 15.

Le 15, grand régulateur de la santé
Un médecin régulateur du Samu (Service d’aide médicale urgente) analyse la situation et oriente ensuite vers la prise en charge la plus adaptée : Consultation à la maison médicale de garde ; Orientation vers un professionnel de santé disponible ; Ou transfert vers les urgences hospitalières si la situation l’exige. Pour l’Agence régionale de santé Provence-Alpes-Côte d’Azur, cette organisation doit permettre de réserver ces consultations aux urgences médicales qui ne peuvent attendre l’ouverture des cabinets et d’éviter des déplacements inutiles.

Un territoire confronté à la raréfaction des médecins
Cette décision intervient dans un contexte de tension croissante sur l’offre de soins de proximité. Selon les données de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees,  Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques) et de l’Insee (Institut national de la statistique et des études économiques), la densité de médecins généralistes en Vaucluse se situe autour de 135 à 140 médecins pour 100 000 habitants, un niveau inférieur à la moyenne nationale et en recul depuis plusieurs années.

De plus en plus d’habitants sans médecin traitant et la moitié des médecins vauclusiens ont plus de 55 ans
Le phénomène se ressent directement pour les habitants. En France, plus de six millions de personnes n’ont pas de médecin traitant, dont près de 700 000 souffrant d’une affection longue durée, selon l’Assurance maladie. Les départements semi-ruraux ou périurbains, ce qui caractérise le Vaucluse, sont particulièrement concernés. À cela s’ajoute une évolution démographique marquée : près de la moitié des médecins généralistes ont plus de 55 ans, de nombreux départs à la retraite sont attendus dans les prochaines années, tandis que les jeunes médecins privilégient davantage l’exercice regroupé ou salarié, souvent en zone urbaine, et alors que la population est vieillissante.

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Des zones du Vaucluse particulièrement fragiles
Dans le département, certaines communes ou intercommunalités apparaissent plus vulnérables que d’autres. Les territoires ruraux du nord Vaucluse et du Haut-Vaucluse, mais aussi certaines zones périurbaines, figurent parmi les secteurs identifiés comme zones d’intervention prioritaire (ZIP) par l’ARS. Ces zones bénéficient de dispositifs d’incitation financière pour favoriser l’installation de médecins : aides à l’installation, contrats d’engagement de service public ou encore accompagnement des maisons de santé pluriprofessionnelles. Malgré ces efforts, la réalité quotidienne reste difficile pour de nombreux habitants : délais de rendez-vous allongés, cabinets saturés, médecins ne prenant plus de nouveaux patients.

Les urgences d’Avignon en première ligne
Cette difficulté d’accès aux soins de ville se répercute directement sur les hôpitaux. Au centre hospitalier d’Avignon Henri-Duffaut, plus de 127 000 passages aux urgences ont été enregistrés en 2024, soit près de 350 patients par jour. Une proportion importante de ces consultations concerne des pathologies bénignes qui pourraient être traitées en médecine générale. Faute d’alternative rapide, la maison médicale de garde est souvent devenue une porte d’entrée spontanée pour les patients, contribuant à la saturation du dispositif. La régulation préalable vise donc à rééquilibrer les flux de patients et à orienter chacun vers la solution la plus pertinente.

Les zones d’intervention prioritaires en Vaucluse
En Vaucluse, certaines communes sont classées par l’Agence régionale de santé (ARS) en zones d’intervention prioritaire (ZIP), c’est-à-dire des territoires où l’offre de médecins généralistes est insuffisante et où l’accès aux soins est jugé fragile. Ces zones ouvrent droit à des aides pour favoriser l’installation de praticiens. Dans le détail ? Le classement concerne principalement le sud Luberon, notamment les communes de Cadenet, Cucuron, Lauris, Lourmarin, Puyvert, Vaugines et Villelaure, appartenant à l’intercommunalité Sud Luberon (Cotelub). D’autres secteurs du département, comme le Comtat Venaissin, le Pays d’Apt ou certaines zones du Haut-Vaucluse, sont également considérés comme territoires en tension, avec une démographie médicale fragile liée au vieillissement des médecins et à la difficulté d’attirer de nouveaux praticiens.

Mieux utiliser les ressources médicales disponibles
Pour les autorités sanitaires, l’enjeu est de mieux utiliser les ressources médicales disponibles, réserver les urgences hospitalières aux cas les plus graves, garantir une réponse médicale rapide pour tous. Mais pour les habitants du Vaucluse, cette nouvelle organisation rappelle aussi une réalité persistante : l’accès au médecin traitant demeure l’un des défis majeurs de la santé publique locale.
Mireille Hurlin

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