31 mars 2026 |

Ecrit par le 31 mars 2026

Olivier Galzi : « Le Grand Avignon doit rester une communauté de destin »

A l’instar de l’ensemble des autres candidats aux dernières élections municipales à Avignon, Olivier Galzi, le nouveau maire de la cité des papes, a clairement exprimé son souhait de briguer la présidence du Grand Avignon. Une décision motivée tout particulièrement par sa volonté d’aller chercher en dehors de l’agglomération les moyens de réaliser les projets des 16 communes membres, quelle que soit leur couleur politique ou leur taille.

« Dans le Grand Avignon, il n’y a pas de petits maires et de grands maires, rassure immédiatement Olivier Galzy, le nouveau maire de la cité des papes lorsqu’on l’interroge sur sa vision du fameux ‘3e tour’ afin de déterminer la future gouvernance de l’intercommunalité.
« Certes, poursuit-il, il y a des maires de petites communes et d’autres de grandes villes, mais nous sommes tous des maires à parité. Car le sujet, c’est surtout notre capacité à avoir une vision et à la porter collectivement dans un cadre où chaque maire doit jouer son rôle. Le Grand Avignon, c’est donc avant tout un bassin de vie. C’est à cette échelle que l’on doit porter des projets structurants. Pas seulement pour la ville-centre, mais pour toutes les communes constituant ce territoire de vie commun. Notamment dans les municipalités les plus petites où le maire ne dispose pas d’une importante administration pour l’épauler. Dans ces municipalités, le maire porte souvent absolument tout, y compris l’exécution. C’est pour cela que j’ai un très grand respect pour eux, leur travail et leur investissement. »

« Je suis là pour faire en sorte que quand un maire veut faire quelque chose, le ‘chèque’ soit le plus important possible. »

Olivier Galzi

Quel cap et quelle feuille de route pour le Grand Avignon ?
« Le principe même d’une agglomération, c’est de mutualiser l’ambition et une partie des moyens de ses communes membres. Le projet de territoire, c’est donc notre dénominateur commun que l’on soit un maire de gauche, de droite ou du centre… Mais qui mieux que le maire sait ce qui est bon sur son territoire, car le but d’une agglo ce n’est pas de le déposséder de sa vision politique de son territoire. Au contraire, elle est là pour l’aider et l’accompagner. »

« S’il y a un projet structurant dont le financement dépend de l’agglo sur une commune, il est évident que le chef de file de ce projet c’est, et cela restera, toujours le maire, réitère Olivier Galzi. Je ne suis pas là pour dire aux maires ce qu’il faut faire sur leur commune. Qu’on va faire tel type de logement, que l’on va urbaniser ici, que l’on va implanter ou non une zone d’activités… Je suis là pour faire en sorte que quand un maire veut faire quelque chose, le ‘chèque’ soit le plus important possible. C’est à cela que sert un président. »

Une élection sous haute surveillance
Si l’élection du président du Grand Avignon ne suscitait jusqu’alors pas un intérêt particulier au-delà des frontières intercommunales, la candidature du très médiatique Olivier Galzi semble avoir grandement rebattu les cartes. En effet, le profil atypique de ce nouvel élu divers droite issu de la société civile a éveillé la curiosité au niveau national. Suffisamment en tout cas, pour que l’élection du futur président du Grand Avignon soit particulièrement scrutée au plus haut niveau de l’Etat. Une attention qui n’a pas échappé aux principales collectivités territoriales locales partenaires financiers de l’agglomération. Lassé par les désaccords de gouvernance au sein du Grand Avignon, il se murmure que le Conseil départemental de Vaucluse aspire a davantage de sérénité à la tête de l’agglo. Le Département aurait plus que jamais besoin d’une ‘locomotive’ forte dans ce territoire parmi les plus pauvres de France. Même agacement du côté de la Région Sud où son président Renaud Muselier, n’a toujours pas digéré la volte-face de l’agglo sur le dossier de la LEO : « Une erreur stratégique historique » selon lui qui garde une dent contre Joël Guin, le président sortant.
« J’ai Avignon qui est contre, mais le Grand Avignon qui est pour. Je leur dit :‘entendez-vous entre vous, nous on finance’. Joël Guin me dit qu’il n’en veut plus et bien on ne fait plus, expliquait-il dans nos colonnes. C’est plus de 90M€ qui vont partir de là et qui, mécaniquement, vont aller ailleurs parce que la volonté politique de l’action territoriale sur Avignon fait en sorte qu’ils ne les veulent pas. Je trouve que c’est une erreur stratégique historique. Moi, je pense que la LEO c’était nécessaire. C’est un dossier qui va poser d’énormes difficultés dans l’avenir. »
Même dans les intercommunalités alentours, le résultat de l’élection à la présidence du Grand Avignon qui devrait se tenir dans le courant de la semaine prochaine pourrait avoir un impact. Selon son résultat, certaines communes seraient à frapper à la porte d’une intercommunalité afin apaisée. Le sens de l’histoire ?

Faire preuve d’intelligence collective
« Aller chercher des financements, des crédits, des investisseurs, de l’attractivité, c’est ce que je veux faire pour Avignon. J’ai les réseaux pour le faire. Je veux en faire profiter également le Grand Avignon pour que nous bénéficiions d’un effet de levier pour Avignon, la locomotive de l’agglo, mais aussi pour l’ensemble de notre territoire. C’est-à-dire cette communauté de destin regroupant nos 16 communes membres. A nous donc de faire preuve de cette intelligence collective sinon cela ne fonctionnera pas bien. Partout en France, tout le monde sait qu’une intercommunalité fonctionne mal quand ce n’est pas la commune centre qui est à tête. Lorsque j’ai été patron d’un groupe de 1 200 personnes (NDLR : Edeis), j’ai travaillé sur 22 territoires différents sur tout le territoire. J’ai pu constater factuellement moi aussi que les agglomérations ne fonctionnaient pas bien là où les communes centres n’étaient pas à la manœuvre. »

« Cela ne veut pas dire que la ville-centre décide de tout, bien au contraire. Cela veut dire que le Grand Avignon doit fonctionner comme un ‘pack’ où chacun doit s’épauler. Avignon ne peut pas, et ne voudra pas tout faire. Cette mutualisation de la gouvernance passe donc par une implication des autres maires dans les structures ‘satellites’ de l’agglomération comme Técélys par exemple. Cette force collective peut être aussi valable dans des domaines qui ne dépendent pas des compétences directes de l’agglomération. Je pense à des sujets comme la mobilisation contre le projet de lotissement de la Grande Bastide à Velleron ou bien encore le soutien à la nouvelle zone d’activités à Entraigues. Que ce soit de l’urbanisme, du foncier économique, du logement, des infrastructures : à partir du moment où un projet contrevient, ou à l’inverse est ralenti pour une raison ou une autre, au projet de territoire constituant notre de charte du vivre ensemble dans l’agglomération, alors tous les membres doivent venir en aide au maire qui est en difficulté. Quel que soit le sujet. Dans tous les cas, le Grand Avignon doit rester une communauté de destin »

« Le Grand Avignon dispose des finances d’une agglomération mais des besoins d’une métropole. »

Répondant à ceux qui le qualifierait de candidat de rupture, l’ancien journaliste précise qu’il sera plutôt « un candidat de la continuité. Mon projet de territoire, c’est le projet de territoire que l’on trouve aujourd’hui sur le site du Grand Avignon. Cette vision a été élaboré par les 16 maires qui ont parfaitement compris ce qu’il fallait faire à l’échelle de notre bassin de vie. L’écueil ce n’est donc pas la vision qu’ils ont eue. Le problème, c’est que dans de nombreux domaines, la mobilité tout particulièrement, le Grand Avignon dispose des finances d’une agglomération mais des besoins d’une métropole. La difficulté c’est donc plus notre capacité à aller chercher les moyens pour financer cette vision. Générer les moyens, c’est cela ce que je peux apporter avant tout. »

LEO : « la balle est dans notre camp »
« On a la possibilité aujourd’hui d’avoir quelqu’un qui est le maire de la ville-centre et qui a l’opportunité d’aller générer un peu plus d’attractivité et de moyens en utilisant ses réseaux, complète Olivier Galzi. Demain, quand j’irais négocier à Paris, dans un ministère, à Matignon ou même à l’Elysée, ou que j’irais à Marseille pour négocier avec la Région, évidemment que l’on me dira : ‘tu es là en tant que maire d’Avignon où tu es là en tant que président de l’agglomération ?’. Si c’est les deux, cela aura plus de poids et de lisibilité. »

« La LEO (Liaison Est-Ouest) illustre parfaitement ce qui se passe quand nous ne jouons pas collectif, insiste le maire d’Avignon. Que dit le ministre transport quand il referme le dossier ? Il dit ‘tant que les élus locaux ne seront pas capables de se mettre d’accord’. Donc aujourd’hui, la balle est dans notre camp. Je sais que ce n’est pas simple, mais si nous voulons un projet structurant et si nous voulons avoir une chance d’être entendus, surtout par temps de disette d’argent public, il est impératif de faire bloc ensemble. Il y a là une véritable urgence car la DUP (Déclaration d’utilité publique) arrive bientôt à son terme dans ce dossier d’intérêt national, où il serait bien d’ailleurs que le ‘national’ fasse effectivement preuve d’un peu plus de volontarisme. Au-delà de ça, c’est l’ensemble des dossiers de mobilités qui n’a pas avancé comme cela aurait dû. On ne va pas se mentir. La politique des transports, très clairement, a été ‘stand-by’ pendant la dernière mandature parce qu’il y avait ces tiraillement entre la ville-centre et les communes alentours. Une ville-centre qui se meurt et des habitants de la rocade dont on met la santé en danger. »

Cabinet et DGS : pas de mutualisation entre la mairie et l’agglo
La question peut paraître technique, mais elle a son importance cruciale en termes de fonctionnement : Olivier Galzi songe-t-il à mutualiser les postes de DGS (Directeur général des services) ainsi que ceux de son cabinet en mairie avec ceux de l’agglomération ?
« Il n’y aura jamais de directeur de cabinet, ni de DGS commun, s’engage Olivier Galzi. Cela irait contre la logique de l’agglomération. Je ne peux pas demander à un cabinet municipal d’être à 100% pour ma ville à Avignon, et ensuite lui dire d’être à 100% pour les 16 communes quand il est à l’agglo. Idem pour un DGS, il ne peut pas être investi à fond pour sa ville et ensuite se contenter d’être 1/16e de sa ville au sein de son agglomération. Cela n’a pas de sens, non seulement je ne le ferais pas et je ne l’ai jamais imaginé. »

« Ce n’est pas acceptable »
« Maire d’Avignon et président du Grand Avignon, se sont deux fonctions très exigeantes qui se recoupent sur énormément de sujets, notamment sur tous les sujets structurants qui sont portés par l’agglomération. Par contre, ce que l’on demande plus précisément à un président, c’est d’avoir une vision pour l’ensemble : Où est-ce qu’on est ? Où est-ce qu’on veut aller ? Comment aller chercher les moyens pour y aller ? Après, il y a une administration pour appliquer cette vision politique collective. Et pour piloter cette administration, il faut aussi un cabinet. Ce dernier doit être totalement indépendant de la commune. On ne peut pas imaginer une mutualisation. Pourquoi ? Parce que cela voudrait dire que l’agglomération devient la courroie de transmission d’une commune, que ce soit Avignon ou une autre. Ce n’est pas acceptable », répète l’ancien présentateur du JT. Crédit : Echo du mardi

Devenir la capitale française des ICC
L’occasion pour le premier édile de la cité des papes d’évoquer un grande dossier transport plein de promesse pour l’agglomération : le SERM (Service express régional métropolitain) du Grand Avignon. « Sur le papier, c’est quelque chose de très intéressant, constate-t-il. La clef de la réussite de ce projet résidera avant tout dans l’offre de cadencement et le coût des investissements. Il faudra cependant s’attendre à des discussions assez serrée avec la SNCF ainsi qu’avec les deux régions, celles de Paca, mais aussi d’Occitanie’ où nous pourrons compter sur la mobilisation de nos maires gardois », prévient-t-il déjà.
Au-delà des problématiques de mobilités, Olivier Galzi reconnaît que le Grand Avignon est aussi au cœur d’autres grands enjeux comme la transition énergétique, transition écologique la culture ou bien encore le développement économique.
« Je souhaite qu’Avignon devienne la capitale française des Industries culturelles et créatives (ICC) », annonce le maire d’Avignon qui voit là l’occasion d’allier attractivité économique et culture.
« Je veux capitaliser sur ce nom historiquement et mondialement connu qu’est Avignon pour attirer des entreprises et des moyens », martèle-t-il.

« Je suis totalement favorable au principe d’une vice-présidence par commune. »

Quel fonctionnement pour l’agglomération ?
« L’agglomération, c’est une table ronde avec 16 maires qui sont 16 pairs. Des maires qui mettent tous les mains dans le cambouis. C’est pour cela que je suis totalement favorable au principe d’une vice-présidence par commune. Pourquoi ? Parce que cela veut dire que nous jouons la carte de la solidarité. Je ne peux pas dire : ‘ne vous inquiétez pas, je suis la ville-centre et je travaillerai pour vous’. Non, tout le monde va travailler pour tout le monde. Les communes les plus éloignées vont travailler pour l’ensemble de l’agglomération et le centre se mobilisera pour sa périphérie. C’est pour cela que je compte m’appuyer sur le conseil des vice-présidents qui réunira les maires des 16 communes membres de l’agglo afin que chaque commune prenne la place qui est la sienne pour faire vivre ce collectif. Et, je le répète, pour cela ils pourront compter sur un cabinet et une administration du Grand Avignon indépendante ce celle d’Avignon. » (voir aussi encadré : ‘Cabinet et DGS : pas de mutualisation entre la mairie et l’agglo’)

L.G.


Olivier Galzi : « Le Grand Avignon doit rester une communauté de destin »

Sweetest Choice ? C’est le nom du duo formé par le trompettiste Sébastien Cirotteau et le guitariste Benjamin Glibert qui tire son nom du chef d’œuvre de la musique vocale, O Solitude, my sweetest choice d’Henry Purcell. 

C’est avec l’interprétation d’une folk intimiste que l’on retrouve le duo Sweetest Choice formé par Sébastien Cirotteau trompettiste et Benjamin Glibert guitariste. Avec leur répertoire Light Songs, le duo se met en quête de lumière et de joie, en interprétant des morceaux de plusieurs genres et époques différentes, qui mettent les compositrices à l’honneur. En ressort une musique hybride qui allie des ambiances anciennes à des arrangement résolument contemporains. 

Organisé dans le cadre du festival pour Public Jeune, Festo Pitcho et porté par le collectif toulousain Freddy Morezon, ce duo de cordes s’adresse à tous à partir de six ans. 

Mercredi 1er avril. 17h. 5 et 10€. AJMI Club. 4 Rue des Escaliers Sainte-Anne. 04 13 39 07 85. 


Olivier Galzi : « Le Grand Avignon doit rester une communauté de destin »

Après sa victoire au second tour des dernières élections municipales, Olivier Galzi vient d’être officiellement élu maire d’Avignon lors de la séance d’installation du conseil municipal qui vient de se tenir ce samedi 28 mars. Il est le premier homme à s’assoir dans le fauteuil de maire depuis le socialiste Guy Ravier en 1995.

Une heure avant le Conseil Municipal, à 10h, ils étaient déjà des centaines d’Avignonnais à faire la queue Place de l’ Horloge, en plein mistral, puis au chaud dans la salle du Péristyle pour ne pas rater une minute de cette cérémonie d’installation du nouveau maire. Celle d’Olivier Galzi qui succède à la socialiste Cécile Helle qui la veille, après deux mandats consécutifs, avait fait des adieux émouvants au personnel municipal.

Des têtes connues au sein de la majorité
Dès l’appel des 53 élus, du côté de la majorité on a reconnu quelques têtes, celles de Corinne Chatriot, Isabelle Altayrac, Christian Paly, Valérie Wagner, mais aussi l’ancien chauffeur de Marie-Josée Roig, ‘Marco’ Gonzalez. Sont également là des nouveaux, comme le colonel des pompiers, Jean-Luc Qyeyla, le directeur de théâtre Laurent Rochut, deux anciennes journalistes Simone Vidal et Violeta Lukic. Font aussi partie de l’équipe du nouveau maire, le musicien Vincent Fuchs, créateur de ‘Spectacul’Art’, l’ancienne magistrate du tribunal judiciaire d’Avignon, Michèle Nesme, un jeune chef d’entreprise Mattéo Boso et la benjamine de 18 ans, Cyrine Blanc, élève du lycée Mistral. Présence remarquée également de Florian Borba Da Costa, qui était dans la majorité de Cécile Helle lors de son premier mandat.
C’est le doyen des élus, Claude Le Roy, 78 ans, qui présidait la séance. Et qui en faisant l’appel a ‘oublié’ une des élus RN, ce que lui a fait remarquer vertement Anne-Sophie Rigault la tête de la liste ‘Avignon, en avant !’ : « Nous sommes cinq élus et vous en oubliez une, Charline Savreux ».

Crédit : Facebook Ville d’Avignon

Premières escarmouches avec l’opposition
Quand il énumère la liste ‘Ensemble et Solidaires’ emmenée par le socialiste David Fournier, le doyen bute sur le nom de Zinèbe Haddaoui. Ce qui fera dire à l’écologiste Mouloud Rezouali : « J’’espère que quand vous étiez sélectionneur des équipes de foot en Afrique, vous n’écorchiez pas le nom des joueurs ».
Réponse de Claude Le Roy, qui a été entraîneur au Cameroun, au Sénégal et au Togo  : « Olivier m’a demandé de le rejoindre. Je souhaite que cette mandature soit la plus sereine possible. Ecoute, tolérance, addition d’intelligences et de compétences, voilà ce que nous sommes et nous ferons tout pour le bien-être des Avignonnais. D’ailleurs, aux Antilles, un jour, le poète et homme politique Aimé Cézaire m’avait conseillé : ‘Restez poreux aux souffles du monde’ ».
Autre citation, celle d’Edgar Faure, ancien premier ministre et président de l’Assemblée nationale : « Ce n’est pas la girouette qui tourne, c’est le vent », un aphorisme que certains ont rappelé en ricanant, hier en marge de la cérémonie, en parlant du doyen qui, en 2001 était 5e sur la liste PS d’Elisabeth Guigou face à Marie-Josée Roig.

« Cécile Helle a eu une attitude exemplaire, républicaine. »

Olivier Galzi

Le nouveau maire prend la parole
Ensuite s’est déroulé le vote pour la tête de l’exécutif municipal. Face à Anne-Sophie Rigault, c’est Olivier Galzi qui a été élu avec 36 votes sur 53. Ceint de son écharpe, applaudi à tout rompre dans la Salle des Fêtes, tout sourire, il a embrassé sa fille et ses parents assis au premier rang, puis Romain Lautier, un des artisans de la victoire finale. Il a alors pris la parole en s’asseyant dans le fauteuil rouge. « C’est avec beaucoup d’émotion et d’humilité que je m’adresse à vous. Je suis là pour répondre à vos attentes, toutes vos attentes, mêmes celles de ceux qui n’ont pas voté pour moi, l’intention est la même. L’avenir d’Avignon ne peut pas passer par la division. Nous devons additionner les forces et les talents et créer des ponts entre les 9 quartiers, au-delà des remparts, de Montfavet à l’Ile de la Barthelasse. Nous sommes une communauté de destins. Avignon ce n’est pas qu’un nom, c’est une histoire millénaire, un héritage, une culture, un patrimoine. »

« Les Avignonnais n’ont pas voté pour un rêve mais pour la promesse du bons sens, la sécurité, la propreté et la mobilité, poursuit le nouveau maire de la cité des papes. Il faut savoir faire marche arrière dans le plan de circulation Faubourgs. Avignon doit rayonner loin, comme un phare. Certes, je n’ai pas de baguette magique mais dès aujourd’hui, la campagne est terminée. Le bruit et la fureur ont été rejetés par les citoyens. Place à la ville. Cécile Helle a eu une attitude exemplaire, républicaine, lors de notre rencontre. Je tends la main à l’opposition pour confirmer que je souhaite la sérénité et le bien-être de chacun. Je les défendrai ‘Bec et ongles’, selon la devise d’Avignon. »

Crédit : Facebook David Fournier

« Nous défendrons les valeurs de service public, de justice sociale. »

David Fournier

David Fournier, le leader de l’opposition municipale dont la liste a obtenu 11 077 voix, soit 760 de moins qu’Olivier Galzi, lui a succédé au micro. « Les urnes ont parlé. Félicitations pour votre élection. Mais nous aussi, nous sommes légitimes après une campagne rude, inélégante voire diffamante. » Immédiatement hué par une majorité d’Avignonnais présents dans la salle, il ajoute « J’ai été traité d’antisémite alors que je milite à la Licra (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme) depuis des décennies, j’ai été accusé de complicité avec des gens qui ont du sang sur les mains, ma maison a été dégradée, j’ai déposé plainte. Le Préfet est sorti de son devoir de réserve en classant notre liste ‘Extrême gauche’ alors que dans d’autres communes, elles étaient qualifiées d’Union de la gauche. Dans l’opposition, nous serons humbles et garderons l’esprit républicain. Nous voterons les mesures qui vont dans le bon sens, nous défendrons les valeurs de service public, de justice sociale. »
Le nouveau maire lui répond : « Moi aussi j’ai essuyé des attaques, on m’a traité d’islamophobe, de nazi, on a sali ma famille. Ce n’est pas rien ! Pourtant, j’ai décidé de ne pas déposer plainte. Le temps de la ville est venu ».

« Nous représentons le peuple. »

Mathilde Louvain

Mouloud Rezouli pour les écologistes, à son tour s’est exprimé : « Ici, on n’a pas besoin de ‘com’ mais de courage. La première injustice sociale c’est l’insécurité, les Avignonnais n’osent plus sortir, ils sont enfermés chez eux. Vous devez renforcer l’ilotage, favoriser la gratuité dans les cantines scolaires, le bien-être animal. » Réponse nette du maire : « Beaucoup d’électeurs de gauche n’ont pas voté pour vous mais pour moi. Mon métier c’est la ‘com’ et je m’en servirai dans l’intérêt d’Avignon. Nous aussi, nous avons un cœur, nous respirons le même air que vous et que ceux qui souffrent. Et à votre place, moi j’aurais annulé le salon du chiot à Châteaublanc. »
L’élue LFI Mathilde Louvain, qui a fait liste commune au second tour avec le PS, a salué le résultat des élections mais avertit : « Nous représentons le peuple, à ce titre nous serons vigilants dans la défense des droits et des valeurs pour le bien commun ».

« Il faut annuler l’abominable plan faubourgs. »

Anne-Sophie Rigault

Place alors à Anne-Sophie Rigault pour le RN : « La gauche a été sanctionnée dans une ville en ruines. 60% des Avignonnais souhaitent un changement de paradigme, absolument pas une alliance de la honte PS-LFI. La sécurité est la première des libertés, il faut annuler l’abominable plan faubourgs, renforcer le réseau de caméras de vidéoprotection, le nombre d’ilotiers, avoir une vraie politique d’attractivité pour Avignon, en finir avec tous ces rideaux baissés dans le centre-ville. Les Avignonnais ont préféré voter utile. Ils sont notre boussole, nous serons donc une opposition constructive ».

Après ces longues prises de position, second vote pour l’élection des adjoints (voir détail des adjoints, des conseillers municipaux ainsi que des conseillers municipaux d’opposition en fin d’article) et c’est Corinne Chatriot, commerçante de l’intra-muros, qui se retrouve première adjointe. Le maire a ensuite lu ‘La charte de l’élu local’, ses droits et devoirs. « Exercer sa fonction avec impartialité, diligence, probité et intégrité. Il veille à prévenir tout conflit d’intérêts, il déclare les dons et avantages qu’il estime d’une valeur supérieure à 150€ dont il a bénéficié en raison de son mandat. »

Corinne Chatriot, commerçante en centre-ville est la nouvelle première adjointe de la ville d’Avignon et d’Olivier Galzi, nouveau maire de la cité des papes. Crédit : Facebook Ville d’Avignon

Hausse des indemnités des élus et baisse de celle du maire
L’article L 111-14 du code général des collectivités territoriales qui fixe le montant des indemnités a été l’occasion d’une passe d’armes avec Fabrice Tocabens quand le nouveau maire a annoncé qu’il allait augmenter celles des élus de 35%, même s’il abaissait la sienne de 14%. « C’est un message cinglant pour ceux qui ont du mal à boucler leur fin de mois. Avec cet argent, 1M€ en 7 ans de mandat, vous auriez pu engager deux nouveaux policiers municipaux. Nous allons nous y opposer. » Applaudissements des électeurs de gauche dans l’assistance.
« Nous respectons les taux autorisés, nous ne dépassons pas l’enveloppe globale, explique Olivier Galzi. Nous sommes une équipe, un collectif qui va tout donner. Or, nombre de nouveaux élus proviennent de la société civile et ils vont travailler davantage à la mairie dans l’intérêt général des Avignonnais, il est donc normal qu’ils soient rétribués à la juste hauteur de leur engagement ».

Andrée Brunetti

Crédit : Facebook Ville d’Avignon

Olivier Galzi : « Le Grand Avignon doit rester une communauté de destin »

Dans le cadre de la 20e édition de Festo Pitcho, la compagnie Mantrap propose un diptyque récit/rap, interrogeant les enjeux d’identité et de naturalisation.

Zola-Forbon, soit « Le bien aimant Forbon » en Lingala, c’est le prénom de l’artiste, transmis dans sa famille depuis 4 générations. Forbon a dû l’abandonner à ses 13 ans lors de son oral de naturalisation, nom jugé pas suffisamment « français ». Le diptyque récit/rap du spectacle s’appuiera sur ce processus de naturalisation ainsi que sur une récolte de paroles menée auprès d’adolescents ayant vécus ou en passe de vivre cette même expérience.

Face A et face B

‘Zola … Pas comme Émile !’ contient deux formes comme deux faces d’une même cassette audio, l’une en salle (Face A), l’autre en espace public (Face B_Street Version). Sur cette Face A, à travers l’écriture d’une autofiction, Forbon déroule le fil du parcours emprunté pour récupérer son prénom complet. Déconstruire la francisation du prénom comme une injonction à l’intégration. 

Franciser son nom pour devenir français ?

Si les deux parents d’un enfant né en France sont étrangers, l’enfant pourra devenir français s’il en fait la demande entre ses 13 et 18 ans. Il est convoqué au tribunal de grande instance pour passer un entretien oral de naturalisation pour motiver sa démarche devant un juge. S’il réussit cet oral, il pourra obtenir sa naturalisation et la possibilité de franciser son prénom.

Honte et colère

 Ce que Forbon souhaite explorer à travers des témoignages de ce processus, c’est la construction des sentiments de honte et/ou de colère pendant l’enfance et l’adolescence des personnes non blanches envers une institution qui souhaite empiéter sur leurs identités culturelles.

Conception artistique, récit et interprétation : Forbon N’Zakimuena

La 20e édition de Festo Pitcho

Depuis 2006, Festo Pitcho est un festival qui propose un temps fort consacré au spectacle vivant jeune public. Il prend place tous les ans fin mars/début avril pendant une dizaine de jours en Vaucluse, réunissant plus de 15 partenaires (structures culturelles, éducatives et collectivités territoriales), coordonné par Le Totem – Scène conventionnée d’intérêt national Art, enfance et jeunesse à Avignon. Pour cette 20ème édition, Festo Pitcho se déroule du 28 mars au 12 avril.

Mardi 31 mars. 19h. 10€. Théâtre des Halles. Rue du Roi René. 04 32 76 24 51.


Olivier Galzi : « Le Grand Avignon doit rester une communauté de destin »

En avant-première du Festival Off 2026, la Compagnie Vantaggioli présente ‘Vagabond’.

Le troc, le truc, la rue. Trois mégots, deux verres, un coin d’abri, un lit de carton pour la nuit, un bout de survie au jour le jour,  jusqu’à demain…
Ils en rient, ils en pleurent, eux les SDF, les malfaisants…
Mais la petite flamme planquée dans l’hiver où chauffe la gamelle, c’est un peu leur feu de joie. Gu et Philo. Lui et Elle.
D’où venaient-ils quand la vie les a laissés au bord de la route ?

Mardi 31 mars. 19h30. Mercredi 1er avril. 19h30. Jeudi 2 avril. 19h30. 10€. Théâtre du Chien Qui Fume. Cie Gérard Vantaggioli. 75 Rue des Teinturiers. Avignon. 04 90 85 25 87.


Olivier Galzi : « Le Grand Avignon doit rester une communauté de destin »

Du 4 au 25 juillet 2026, le Festival off d’Avignon célèbrera sa 60e édition avec une affiche signée Jérôme Cosh et un programme en constante évolution.

Il y a, dans l’image conçue par Jérôme Cosh, quelque chose de suspendu. Un geste fragile, presque incertain, tendu vers un horizon qui semble sans limite. Rien d’ostentatoire : tout est dans la tension. Celle de l’artiste face au risque, celle du collectif face à l’inconnu. Car le Festival off  n’a jamais été un espace de confort. Né en marge du Festival d’Avignon en 1966, il s’est imposé comme un territoire d’expérimentation, un lieu où l’on tente, où l’on échoue parfois, mais où l’on invente toujours. À 60 ans, il ne se retourne pas : il avance, fidèle à cette instabilité créatrice qui fait sa singularité.

Chaque été, Avignon devient une scène à ciel ouvert. Théâtres, cours, chapelles, lieux détournés : tout se transforme en espace de représentation. Le Off, par sa nature même, échappe aux formats figés. Son programme, déjà accessible en ligne, s’enrichit au fil des semaines, porté par des centaines de compagnies venues de toute la France et au-delà.

Un modèle unique en Europe
Ce modèle, unique en Europe, repose sur une liberté totale : ici, pas de sélection centralisée, mais une effervescence brute, parfois déroutante, souvent stimulante. Une économie fragile aussi, où chaque compagnie prend le risque de venir rencontrer son public. L’ouverture de Ticket’Off début juin viendra structurer cette profusion, offrant aux spectateurs un outil précieux pour naviguer dans ce labyrinthe artistique.

Copyright MMH

Un anniversaire tourné vers l’avenir
Le Off se pense comme un organisme vivant, en dialogue permanent avec son époque. La scène devient un espace de questionnement, parfois de résistance face à ce monde traversé par les tensions politiques, sociales et écologiques. Si, cette édition anniversaire promet ainsi d’être à la fois festive et exigeante, elle n’en restera pas moins un moment de création qui, meme si elle divertit, continue de travailler à la marge, cherchant à comprendre, à déranger et à relier.

Une invitation à se perdre et donc, à se trouver
Aller au Off, c’est accepter de ne pas tout maîtriser. C’est se laisser surprendre par un spectacle inconnu, entrer dans un lieu improbable, croiser des artistes au détour d’une rue. C’est aussi faire l’expérience d’une ville métamorphosée, vibrante, où chaque façade devient affiche, chaque place une scène potentielle. Une immersion totale, presque vertigineuse, dans ce que le théâtre a de plus vivant.

Le Festival d’Avignon en chiffres
Ce sont, en réalité, deux festivals imbriqués, le Festival d’Avignon, également nommé le In, fondé en 1947 par Jean Vilar et le Off, né en 1966 ; Plus de 1 500 spectacles chaque été pour le Off, jusqu’à plus de 1 600 certaines années ; Près de 1 000 compagnies présentes ; Plus de 100 lieux de représentation à travers la ville ; Environ 1,5 million d’entrées cumulées (Off + In) selon les éditions ; Un impact économique majeur avec une estimation comprise entre 50 et 60M€ de retombées économiques pour le Festival d’Avignon et entre 20 et 40M€ pour le festival Off d’Avignon et pour le territoire du Grand Avignon ; 60e édition du Off en 2026 : un cap symbolique pour le plus grand marché du spectacle vivant au monde.
Le Festival Off d’Avignon. Des samedis 4 au 25 juillet 2026.
Mireille Hurlin


Olivier Galzi : « Le Grand Avignon doit rester une communauté de destin »

À quelques jours de Pâques, un nouvel ensemble musical fait son entrée sur la scène avignonnaise. Le groupe Concentus 16/18 inaugure son parcours avec Passion baroque, un concert donné le 1er avril à la chapelle Saint-Louis. Au programme : Schütz, Charpentier, Cavalieri, dans un dialogue intense entre musique, spiritualité et héritage du XVIIe siècle.

C’est dans l’écrin sobre et chargé d’histoire de la chapelle Saint-Louis que naît Concentus 16/18, nouvel ensemble dédié au répertoire ancien. Composé de chanteurs solistes et d’instrumentistes issus de l’Uzège et du Grand Avignon, le collectif rassemble des profils expérimentés : enseignants en conservatoire, musiciens d’orchestres, artistes aguerris réunis par une même exigence esthétique. Le groupe se présente comme une communauté musicale soudée, attachée à une interprétation historiquement informée. L’effectif volontairement resserré, une voix par partie, vise à restituer la lisibilité originelle de ces œuvres, dans un équilibre subtil entre rigueur musicologique et intensité expressive.  

La Passion, matrice du répertoire baroque
Le choix du thème est de première importance puisque depuis les premiers siècles du christianisme, la semaine précédant Pâques constitue un temps de méditation sur la Passion du Christ, source d’inspiration majeure pour les compositeurs européens. Le XVIIe siècle, en particulier, en a livré certaines des pages les plus poignantes. Avec Les Sept Paroles du Christ en Croix de Heinrich Schütz, le concert s’ouvre sur une œuvre fondatrice du baroque germanique. Cette méditation musicale, d’une grande sobriété expressive, incarne l’émergence d’un langage nouveau où le texte devient moteur de l’émotion. L’itinéraire se poursuit avec le Reniement de Saint-Pierre de Marc-Antoine Charpentier, véritable fresque dramatique où la musique épouse les tourments humains avec une intensité presque théâtrale. Entre ces deux pôles, les œuvres dialoguent, révélant les tensions et les innovations d’un siècle en pleine mutation.  

Cavalieri, ou l’aube de l’opéra
Point d’orgue de ce programme, les Lamentations de Emilio de Cavalieri, rarement données, témoignent d’un moment charnière de l’histoire musicale. À la croisée de la Renaissance et du baroque, Cavalieri incarne l’invention du récitatif, forme expressive qui donnera naissance à l’opéra. Ce passage de la prima pratica à la seconda pratica, du contrepoint rigoureux à une écriture plus libre, tournée vers l’émotion, irrigue l’ensemble du concert. La musique ne se contente plus d’illustrer : elle incarne, elle dramatise, elle fait surgir des figures humaines au cœur du sacré.  

Une expérience acoustique et spirituelle
Accompagnées d’un continuo à l’orgue, ces œuvres, écrites pour deux à cinq voix, trouvent dans l’acoustique d’un lieu sacré leur pleine résonance. Le choix de la chapelle Saint-Louisa été de replacer cette musique dans son contexte architectural et liturgique d’origine. Durant environ 1h15, le public est convié à un véritable cheminement, où la densité théologique se conjugue à la puissance émotionnelle. Ce concert inaugural ne constitue qu’un premier jalon puisque Concentus 16/18 travaille sur d’autres programmes, toujours autour du temps pascal, prochainement dans l’Uzège et le Gard.

Les infos pratiques
Passion baroqueMercredi 1er avril 2026, 20hChapelle Saint-Louis 18, rue du portail Boquier à Avignon. Durée environ 1h15Entrée gratuite, libre participation.Contact : 07 86 67 08 37. Infos : Facebook Concentus 16/18
Mireille Hurlin

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Olivier Galzi : « Le Grand Avignon doit rester une communauté de destin »

Un rapport récent de Santé publique France met en lumière des zones de sur-incidence de la maladie de Charcot en France. Parmi elles, un axe préoccupant reliant Nîmes, Avignon et Alès, où la surmortalité dépasse de 24% la moyenne nationale avec 557 cas observés et 449 cas attendus statistiquement, soit +108 cas. Entre hypothèses environnementales, inégalités territoriales et espoirs thérapeutiques, la sclérose latérale amyotrophique (SLA) révèle une géographie de plus en plus troublante.

Longtemps considérée comme une maladie rare et uniformément répartie, la sclérose latérale amyotrophique, dite maladie de Charcot, dessine désormais une cartographie plus contrastée. Le rapport publié le 17 mars 2026 par Santé publique France, confirme ce basculement : certaines régions présentent des niveaux d’incidence nettement supérieurs à la moyenne nationale, estimée autour de 2,7 cas pour 100 000 habitants.

Un signal faible devenu alerte sanitaire
Si la Bretagne demeure la région la plus exposée, le Sud-Est attire désormais l’attention des épidémiologistes. Un corridor allant de Nîmes à Avignon jusqu’à Alès présente une surmortalité de 24%. Une anomalie statistique suffisamment marquée pour susciter des investigations ciblées. Dans ces territoires, ni l’urbanisation, ni la démographie ne suffisent à expliquer cet état de fait. Ce sont des signaux faibles, agrégés sur plusieurs années, qui composent aujourd’hui une alerte sanitaire à bas bruit.

Des ‘clusters’ qui interrogent la science
Derrière les moyennes régionales se cachent des réalités locales plus troublantes encore : des ‘clusters’, ces foyers où le nombre de cas dépasse largement les prévisions. En France, plusieurs zones sont désormais sous observation rapprochée. Dans le Massif central, autour de Clermont-Ferrand, 315 cas ont été recensés contre 241 attendus. Sur le littoral breton, l’axe Guingamp-Lorient enregistre une hausse de 25% des diagnostics. Et dans le Sud-Est, la concentration autour du triangle gardo-vauclusien intrigue d’autant plus qu’elle touche des zones à la fois rurales et périurbaines. Ces regroupements géographiques remettent en cause l’idée d’une maladie purement sporadique. Ils suggèrent au contraire l’existence de facteurs communs, possiblement environnementaux, qui agiraient sur des populations exposées.

L’environnement, suspect principal
Car les causes génétiques ne représentent qu’environ 10% des cas de SLA. Le reste demeure inexpliqué, un angle mort que la recherche tente désormais d’éclairer par l’étude des expositions environnementales. Plusieurs pistes émergent. En Savoie, la consommation de ‘fausses morilles’, riches en gyromitrine, a été associée à un cluster local, dont l’incidence a chuté après l’arrêt de cette pratique. Dans l’Hérault, autour de l’étang de Thau, la présence de cyanobactéries produisant la toxine BMAA constitue une autre hypothèse sérieusement étudiée.

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Dans le Sud Est
Dans le Sud-Est, les chercheurs examinent également l’impact cumulé de plusieurs facteurs : pollution atmosphérique, exposition aux pesticides, métaux lourds, ou encore particules fines issues des activités industrielles et agricoles. Des éléments susceptibles d’altérer la barrière hémato-encéphalique et d’accélérer la dégénérescence neuronale. La configuration géographique du couloir Nîmes-Avignon-Alès, entre vallée du Rhône, zones agricoles intensives et axes de circulation majeurs, en fait un terrain d’étude particulièrement sensible.

Un profil de patients désormais mieux identifié
Les données consolidées permettent également de dresser un portrait plus précis des personnes touchées. L’âge constitue le facteur de risque principal, avec un pic entre 70 et 79 ans. Les hommes sont davantage concernés, avec un taux d’incidence significativement supérieur à celui des femmes. En France, près de 8 000 personnes vivent actuellement avec la maladie, et environ 2 500 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année. Malgré le vieillissement de la population, la fréquence globale reste relativement stable depuis 2010,  ce qui renforce le caractère anormal des sur-incidences localisées. La maladie, elle, demeure implacable : une paralysie progressive des muscles, jusqu’aux fonctions vitales. L’espérance de vie dépasse rarement cinq ans après le diagnostic.

Une lueur venue des laboratoires
Dans ce paysage sombre, la recherche offre toutefois un début de perspective. À Lyon et Clermont-Ferrand, un essai clinique attire l’attention : celui du NX210c, développé par la biotech Axoltis Pharma.Testé sur 80 patients dans plusieurs centres hospitaliers, ce peptide vise à restaurer la barrière protectrice du cerveau et à limiter l’inflammation neuronale. Une approche innovante qui s’attaque non pas aux symptômes, mais aux mécanismes mêmes de la dégénérescence. Soutenu par le programme France 2030 et des partenaires publics et privés, le projet associe recherche clinique, biomarqueurs et médecine personnalisée. Les premiers résultats sont attendus pour ce printemps 2026. Ils seront scrutés avec attention dans les territoires les plus touchés, dont le Sud-Est.

Les chiffres
Près de 557 cas ont été observés sur le cluster Nîmes-Avignon-Alès. 449 cas sont attendus statistiquement, soit +108 cas, équivalents à +24%. C’est l’un des trois principaux clusters identifiés en France, au même niveau que Clermont-Ferrand ou la Bretagne intérieure. En France, la moyenne des cas est de 3 à 3,5 cas pour 100 000 habitants. Dans les régions les plus touchées les cas sont de 3,7 à 3,8 pour 100 000 habitâtes comme c’est le cas en Bretagne. Le cluster du Sud-Est ne se traduit pas seulement par un taux régional élevé,vmais par un excès de cas localisé, ce qui est plus inquiétant d’un point de vue épidémiologique. L’Occitanie fait partie des 4 régions les plus touchées. Son incidence est supérieure à la moyenne nationale autour de  » cas pour 100 000 habitants.

Le Sud-Est en première ligne silencieuse
Entre Avignon, Nîmes et Alès, la maladie de Charcot ne fait pas encore la une des débats publics. Mais les données s’accumulent, les signaux convergent, et la vigilance monte. Ce territoire, à la croisée de dynamiques environnementales, pourrait bien devenir un laboratoire pour comprendre une maladie qui, aujourd’hui encore, échappe largement à la médecine. La question qui se pose en toile de fond ?  L’impact silencieux de nos environnements sur la santé humaine. 
Mireille Hurlin


Olivier Galzi : « Le Grand Avignon doit rester une communauté de destin »

Avec près de 190 adhérents et une activité quasi continue, l’Association avignonnaise automobiles anciennes, ‘les 4A’, s’impose comme l’un des clubs les plus dynamiques de la région Sud. Entre patrimoine roulant, transmission et engagement local, elle fait vivre l’automobile ancienne bien au-delà de la simple nostalgie.


Dans le paysage automobile régional, les clubs ne manquent pas. Mais rares sont ceux qui affichent une telle vitalité. Fondée il y a 14 ans, en 2012, l’Association avignonnaise automobiles anciennes, présidée par François Cardineau, revendique aujourd’hui près de 190 membres, un chiffre en constante progression.

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Un calendrier soutenu
À l’échelle de la Provence-Alpes-Côte d’Azur, le club se distingue par son ampleur. Selon ses dirigeants, il s’agit du plus important rassemblement dévolu aux voitures anciennes dans la région, tant par le nombre d’adhérents que par la densité des événements proposés. Car ici, la passion ne se limite pas à quelques sorties dominicales. Le calendrier est soutenu : rassemblements mensuels, sorties, participations à des manifestations locales, sans compter les opérations ponctuelles organisées à la demande des collectivités ou d’événements partenaires.

Des voitures, mais surtout un patrimoine vivant
Au-delà des modèles exposés, souvent emblématiques des années 1960 à 1980, c’est une certaine idée du patrimoine que défendent les 4A. Celle d’objets conçus pour durer, à rebours d’une industrie automobile contemporaine marquée par l’obsolescence programmée. Certaines voitures du club dépassent allègrement les cinquante ans, quand d’autres flirtent avec le siècle. « Une voiture ancienne bien entretenue peut traverser les générations », rappelle le président. Un argument qui, à l’heure des préoccupations environnementales, nourrit un discours inattendu : celui d’une forme de sobriété par la conservation.

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Une passion intergénérationnelle
Contrairement aux clichés, le club ne se compose pas uniquement de retraités. On y croise des actifs, des jeunes conducteurs fraîchement titulaires du permis, mais aussi un nombre croissant de femmes, signe d’une ouverture assumée. Certaines initiatives viennent d’ailleurs bousculer les codes, à l’image des sorties exclusivement féminines organisées chaque année. Une manière de renouveler les pratiques et de faire évoluer l’image d’un univers longtemps resté très masculin.

Transmission et formation : préparer l’avenir
Conscient des enjeux de renouvellement, le club s’est rapproché du Lycée Philippe de Girard, spécialisé dans les métiers de l’automobile. Objectif : sensibiliser les jeunes générations à l’entretien de ces véhicules et, surtout, leur montrer que ce secteur recèle de véritables débouchés professionnels. Car derrière la passion se cache un écosystème complet : mécaniciens, carrossiers, experts, assureurs spécialisés. Les 4A ont d’ailleurs structuré un réseau de partenaires couvrant l’ensemble de ces compétences, offrant aux adhérents un accompagnement technique sécurisé.

François Cardineau, le président de 4A

Une présence constante sur le territoire
L’association ne vit pas en vase clos. Elle participe activement à la vie locale, en répondant aux sollicitations des communes et des organisateurs d’événements. Expositions, défilés, projections thématiques : les occasions de sortie sont nombreuses.Lors de manifestations comme Motor Passion, le club a mobilisé 65 véhicules, illustrant des thématiques spécifiques, récemment, les voitures britanniques d’exception, avec des modèles signés Lotus, Jaguar ou Aston Martin.

Les 4A s’engagent dans des actions solidaires
Mais l’engagement des 4A dépasse le simple cadre festif. L’association mène également des actions solidaires : collectes de jouets pour les familles modestes, animations en Ehpad (Etablissement d’hébergement pour personnes agées dépendantes), participation à des opérations caritatives comme Octobre Rose. Autant d’initiatives qui lui ont valu une reconnaissance d’intérêt général, rare pour ce type de structure.

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Une passion qui s’accompagne
Enfin, le club joue un rôle de conseil auprès de ceux qui souhaitent franchir le pas. Choisir une voiture ancienne ne relève pas du coup de cœur seul : usage, budget, entretien, disponibilité des pièces… autant de paramètres que les membres expérimentés aident à anticiper.Dans un marché en pleine redécouverte, porté par la nostalgie, mais aussi par un certain rejet de l’uniformisation automobile, cette expertise collective constitue un atout précieux.

Les infos pratiques
Association avignonnaise automobiles anciennes (4A Avignon). Association reconnue d’intéret général. Les 4A ; Facebook ; Adhésion : 30€, ouverte aux propriétaires et passionnés, avec ou sans véhicule ; à Avignon, en Vaucluse et au-delà. Activités : sorties mensuelles, événements, actions solidaires, accompagnement à l’achat et à l’entretien de véhicules anciens. Contact : 4a.avignon@gmail.com
Mireille Hurlin

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