Célio tire définitivement le rideau dans le centre-ville d’Avignon
L’information vient d’être annoncée par nos confrères d’Ici Vaucluse : le magasin Célio d’Avignon vient de fermer définitivement ses portes. Jusqu’alors, l’enseigne de prêt-à-porter française fondée en 1978 par Maurice Grosman était située 25 bis rue de la République, dans l’intra-muros de la cité des papes.
Cette fermeture fait suite aux difficultés auxquelles doit faire face Célio, et l’ensemble de son secteur d’activité, depuis le Covid ainsi que le concurrence du e-commerce. Le n°1 hexagonal du prêt-à-porter homme avait été notamment placée en procédure de sauvegarde en juin 2020. Un plan de restructuration ayant entraîné la fermeture d’un peu plus d’une centaine de magasin avait permis de sortir de cette procédure fin 2021.
Outre Avignon d’autres magasins viennent également de baisser le rideau depuis quelques jours : Digne-les-Bains, Saint-Quentin, Angers…
Sur Avignon, l’enseigne reste encore présente dans la galerie marchande du centre commercial Auchan du Pontet ainsi que dans celle du magasin Leclerc des Angles. Dans le Vaucluse, Célio est aussi implanté au centre commercial Les vignes à Orange.
Actuellement, l’enseigne dispose de près de 360 magasins en France, dont environ 140 affiliés. Elle est aussi présente dans 37 pays via 250 boutiques réparties essentiellement en Europe, en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, ainsi qu’en Inde avec près de 700 points de vente (magasins et corners).
Célio tire définitivement le rideau dans le centre-ville d’Avignon
Débutés en mai 2025, les travaux de Bonpas se poursuivent. Ils concernent notamment la partie Est, vers le péage Avignon Sud, où la nouvelle bretelle de sortie de l’autoroute en direction d’Avignon va s’ouvrir aux automobilistes à partir de ce mercredi 29 juillet.
Depuis le mois de décembre dernier, les automobilistes peuvent emprunter le nouveau carrefour giratoire de Bonpas, situé sur la partie Est, près du péage Avignon Sud. À partir de ce mercredi 29 juillet à midi, la bretelle directe entre la sortie de l’A7 et Avignon sera mise en service (sous réserve des conditions météorologiques et techniques).
Cette nouvelle bretelle va permettre aux usagers qui quittent l’A7 via le péage Avignon Sud de rejoindre directement la RD907 en direction d’Avignon sans passer par le carrefour giratoire. Cela permettra de désengorger ce dernier et donc de fluidifier davantage la circulation, tel est l’objectif final de ces travaux à presque 40M€, qui devraient s’achever fin 2027.
Une bretelle silencieuse ?
La bretelle de 261m de longueur et à un seul sens de circulation, bien qu’elle se situe sur le domaine public départemental, a dû être réalisée selon les normes autoroutières. Ainsi, afin d’éviter aux riverains de subir davantage de pollution sonore, la bretelle a été équipées d’écrans acoustiques pour limiter les bruits. Ce sont 200m d’écrans, qui font entre 3 et 5m de haut, qui ont été posés.
« Une nouvelle étape de franchie pour ce chantier qui va durablement changer la vie quotidienne de nombreux Vauclusiens », indique le Département de Vaucluse.
Célio tire définitivement le rideau dans le centre-ville d’Avignon
La 80e édition du Festival d’Avignon s’est achevée ce samedi 25 juillet. Fin de l’édition ? Non ! Car un dernier spectacle commençait à 5h du matin dans la Cour d’Honneur ce dimanche 26 juillet : ‘L’Aube des questions’, une fête plus qu’un spectacle, coordonnée par le directeur du festival Tiago Rodrigues, l’historien Patrick Boucheron et la journaliste Aurélie Charon.
Comment rendre une fin de Festival joyeuse et prometteuse, qui soit une ouverture et non pas une fin, un début de combats, un début de réponses ? Le Festival d’Avignon réaffirme par cette rencontre matinale l’importance de l’Art et le refus de se taire face aux coupes budgétaires, à la montée des fascismes, au déni de démocratie. Que va-t-on devenir ? L’avenir nous le dira, mais nous qu’avons nous à lui dire ?
Au petit matin toutes sortes de noctambules se sont croisés pour tenter une réponse. Ceux qui ont fêté comme il se doit la dernière représentation d’un des 1700 spectacles du Off, ceux qui ne se sont pas couchés et qui rejoignent la Cour d’Honneur, dès la sortie du Mahabharata, bar du Festival ouvert toute la nuit pour l’occasion, ceux qui se lèvent après s’être couchés malheureusement un peu plus tôt que d’habitude pour cause d’annulation due à la pluie du merveilleux spectacle ‘Le Pas du monde’.
Il fait encore nuit, il fait chaud, il ne pleut plus si ce n’est une pluie de questions
Sur scène les pupitres installés attendent les musiciens de l’Orchestre National Avignon-Provence conduit par la cheffe Debora Waldman, les chaises vides laissent présager beaucoup d’invités, d’interventions d’artistes ou de personnalités de la société civile qui sont annoncés autour du théâtre, de la vidéo, de la musique, de la danse. Edgar Morin est parmi nous grâce à un extrait de son documentaire projeté en ouverture « chroniques d’un été » qui pose la question essentielle « comment vis-tu ? », la voix de Marguerite Duras nous interpelle sur l’enfance, Florence Aubenas sur l’Ukraine.
Le Soleil se lève à Kiev, à Beyrouth, à Gaza
« Chaque matin, le soleil réveille le monde. Mais qu’est-ce qui réveillera ceux qui dorment encore devant l’injustice ? »
Il sera beaucoup question de soleil qui se lève en France et dans le monde. Pourtant il n’est pas le même pour tout le monde. Philippe Martinez ( secrétaire général de la CGT 2015-2023) portera la voix de Jacques Prévert « Dis donc camarade Soleil, tu ne trouves pas que c’est plutôt con de donner une journée pareille à un patron ? », la comédienne Oksana Leuta nous parle en direct de Kiev au petit matin et se demande qu’est ce qu’il restera d’elle après plusieurs années de guerre, de même le journaliste Rami Abou Jamous en direct de Gaza décrit son lever de soleil « gazastrophique » et se demande comment parler de fraternité aux enfants de Gaza. Le pendant du Soleil, notre ombre, sera également interrogée par la romancière Blandine Rinkel, qui par le biais du conte de Pierre Schlemihl, l’homme qui a vendu son ombre, met en avant le Peuple des ombres. En direct de Beyrouth, le journaliste Anthony Samrani propose de résister en plantant des tomates, pour défier le chaos du monde.
Une pensée en marche
Les chorégraphes Régine Chopinot et Boris Charmaz ont posé des questions en dansant, Camille de Toledo a alimenté le débat sur l’Europe, ça performe avec les écrits de Rébecca Chaillon, la poésie de Laura Vasquez, un texte de Carolina Bianchi. La jeunesse n’est pas en reste avec le savoureux débat filmé des élèves du lycée Philippe de Girard d’Avignon qui cherchent et trouvent leurs mots pour dénoncer « l’exploitation des systèmes. » Il a été question de servitude volontaire avec le philosophe Marc Crepon, de résilience avec Maria Melchior. Tant de mots et d’idées qui se bousculent pour nous ouvrir le plus de réponses diverses possibles. Impossible de citer tous les intervenants. Bien sûr le fil conducteur était quelquefois tenu mais la prestation finale de Christiane Taubira, digne et juste, a replacé le combat à mener : « qu’en sera-t-il de la joie quand l’Internationale autoritaire persistera à se répandre ? Où va tomber la terre ? Il faut protester ? Alerter ? Désobéir ? »
Pourquoi l’être humain ne peut-il pas vivre sans musique ?
Fabien Cali, artiste en résidence à l’Orchestre national Avignon-Provence (ONAP) a composé le livret de cette rencontre. Sa musique, délicatement mise en œuvre par la cheffe Debora Waldman, a suivi l’enrichissement du débat, additionnant les instruments, superposant les points de vues, déroulant un récit, provoquant le silence.
Un programme pas comme les autres
À la sortie, 3 heures après, sourire aux lèvres et traits tirés, une bonne surprise — avant un café salutaire — nous attendait : la distribution d’un livret blanc de 84 pages. Au recto, l’affiche du festival, en quatrième de couverture un extrait de Lettres à un jeune poète de Rainer Maria Rilke qui nous encourage, en 1903, à aimer et à vivre pleinement nos questions. Chaque page porte une question, entendue dans la Cour d’Honneur, à charge d’y répondre et de ramener ce carnet au Festival d’Avignon. Les absents pourront se le procurer tout au long de l’année. Une première action concrète et réponse à la dernière question posée : Et que ferons-nous quand nous nous disperserons ?
Célio tire définitivement le rideau dans le centre-ville d’Avignon
Avec 25 863 annonces actives en 2024, dont 23 146 logements entiers, un ratio de 7 meublés de courte durée pour 100 logements et plus de 3 600 offres à Avignon, le Vaucluse vit une nouvelle transition touristique. Si la manne financière est indiscutable, avec 26,7M€ de taxe de séjour perçus par les communes de Provence-Alpes-Côte d’Azur via Airbnb, dont plus de 570 000€ pour la seule cité papale, la raréfaction de l’habitat permanent alimente aussi une crise sociale inédite. Du Luberon aux portes du Gard rhodanien, radiographie d’un marché en quêted’équilibre.
Pendant des décennies, la location saisonnière de courte durée est demeurée l’apanage quasi exclusif des fronts de mer méditerranéens, des vallées alpines et du cœur des grandes métropoles. Cette époque est désormais révolue. Selon l’étude de l’Institut Terram conduite par Jérôme Fourquet, Sylvain Manternach et Chloé Tegny, 81% des communes françaises (soit 28 289 municipalités) hébergent aujourd’hui au moins une annonce sur la plateforme Airbnb.
Mesures du poids socio-économique des structures Gîtes de France Vaucluse
Une déferlante territoriale : du littoral aux villages perchés Dans le Vaucluse, cette mutation s’est opérée rapidement. L’étude de référence publiée par l’Agence d’urbanisme Rhône Avignon Vaucluse (AURAV), réalisée en partenariat avec la Ville d’Avignon et Avignon Université, dresse un 1er état des lieux qui recence, pour le département 25 863 annonces actives en 2024, plaçant la densité vauclusienne à 7 meublés touristiques pour 100 logements. Plus évocateur encore, dans 43 communes vauclusiennes, ce taux franchit la barre critique des 12%, révélant une hyper-spécialisation économique pouvant mettre en péril l’équilibre social local.
Luberon et Monts de Vaucluse : l’addiction au très haut de gamme Si le phénomène innerve l’ensemble du territoire, il atteint son paroxysme dans le triangle d’or du Luberon. À Gordes, Ménerbes, Bonnieux, Roussillon ou Lourmarin, la quête d’une ‘expérience provençale’, par une clientèle internationale aisée -représentant 46% des nuitées régionales-, a parachevé la conversion du parc résidentiel. Déjà caractérisées par une proportion élevée de résidences secondaires, ces communes voient leurs biens immobiliers captés par la rentabilité des plateformes numériques telles qu’Airbnb, Booking, Abritel…
Dans le détail Les loyers hebdomadaires pratiqués en haute saison surclassent sensiblement les baux d’habitation traditionnels. Ce basculement s’étend désormais vers les Monts de Vaucluse et le secteur du Mont Ventoux, au rythme des pics de fréquentation générés par les vacances scolaires, les ponts du printemps et les grands événements cyclistes ou culturels.
Avignon : le piège de la monoculture événementielle et la dérive du bâti Forte de plus de 3 600 meublés touristiques, la ville d’Avignon vit au rythme trépidant du Festival qui s’achève ce samedi soir 25 juillet 2026. Durant ce mois, la tension locative atteint son paroxysme : les tarifs s’envolent et l’offre disponible est absorbée en quelques heures. Cette effervescence masque pourtant une fragilité structurelle : une fois la manifestation achevée, l’activité retombe, laissant de nombreux logements inoccupés une partie de l’année.Sur le plan urbain, le constat s’alourdit. Paul-Roger Gontard, alors adjoint au maire d’Avignon, pointait, en février dernier, la multiplication des restructurations au sein du centre ancien : des appartements familiaux découpés en micro-studios spécialement calibrés pour la location éphémère. Ce reconditionnement irréversible exclut durablement les familles du centre-ville, tout en empêchant tout retour vers un habitat traditionnel. Récemment, l’indicateur ‘Touriscore’ attribuait la note ‘E’ à Avignon pour l’impact du sur-tourisme, illustrant la sévérité des arbitrages municipaux à venir, notamment face aux nuisances telles que la prolifération des boîtes à clés sur le domaine public.
Analyse cartographique par communeGites de France Vaucluse
Départements limitrophes et alerte sur la saison 2025 Dans le Gard rhodanien voisin, le ratio s’établit déjà à 5 locations de courte durée pour 100 logements, avec 8 communes dépassant le seuil des 12%. À l’échelle macro-économique, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur demeure la championne incontestée de la réservation en ligne en France, comptabilisant près de 23 millions de nuitées (Insee Analyses n°131), tirée par les Alpes-Maritimes et les Bouches-du-Rhône.
Tassement de la fréquentation touristique du Vaucluse Néanmoins, les données prospectives de l’Insee pour la saison estivale 2025 révèlent qu’alors que la fréquentation touristique régionale progresse globalement de +1,9% (soutenue par l’envolée des Bouches-du-Rhône et des Hautes-Alpes), le Vaucluse est le seul département de la région à ne pas bénéficier de cette dynamique positive. Ce tassement interpelle : le territoire aurait-il atteint un point de saturation où l’excès d’offre touristique dégrade l’attractivité même de la destination ? A moins qu’il ne s’agisse de repli touristique pour cause de canicule mal vécue ? D’un problème d’accès aux points d’eau naturels pour se rafraîchir, ou encore au renoncement face au sur-tourisme ?
A la recherche de la fraicheur, de l’ombre et de points d’eau Une étude d’OberA, lors d’un sondage national indique que pour 57% des Français, la fraîcheur est désormais un critère important dans le choix d’un hébergement ou d’une activité de vacances. Et si l’on exclut les 22% de personnes qui ne partent pas, ce réflexe concerne près de 3 vacanciers sur 4. Le confort thermique s’impose comme un nouvel enjeu d’attractivité touristique. Face à la chaleur, les Français ont décidé de recomposer leurs vacances : 48% choisissent des activités autour de l’eau ou à l’ombre, 44% évitent les visites en journée et 42% sortent plus tôt ou plus tard. Seuls 15 % affirment que la chaleur n’a jamais modifié leurs vacances.
Une manne fiscale colossale face à la pénurie d’habitat permanent Face aux critiques, les représentants du secteur mettent en avant une contribution financière directe considérable. En 2022, la plateforme Airbnb a reversé 148M€ de taxe de séjour aux collectivités françaises (soit +60 % sur un an), dont 26,7M€ en Provence-Alpes-Côte d’Azur.Dans le département, le classement des recettes perçues illustre cette dépendance fiscale à Avignon : plus de 570 000€; L’Isle-sur-la-Sorgue : plus de 150 000€; Gordes : plus de 100 000€; Apt et Cavaillon : plus de 50 000 € chacune (À titre comparatif, Nîmes percevait 310 000€).
Assèchement du parc locatif Si ces sommes abondent les budgets des Offices de tourisme et financent les équipements publics localement, elles ne parviennent plus à masquer les externalités négatives : assèchement du parc locatif à destination des étudiants, des salariés permanents et des actifs saisonniers, renchérissement du foncier et mutation forcée des commerces de proximité au détriment des résidents à l’année. Car oui, la location saisonnière modifie la nature des commerces environnants. Elle favorise les commerces liés au tourisme tout en fragilisant les commerces du quotidien lorsque leur développement réduit fortement le nombre d’habitants permanents.
Riposte municipale et loi Le Meur : la reprise en main de la puissance publique Face à cette équation complexe, les collectivités s’arment. La Ville d’Avignon, sous le mandat de Cécile Helle, a engagé des contrôles ciblés sur les changements d’usage, le respect du numéro d’enregistrement et l’interdiction des boîtes à clés sur l’espace public. Ce mouvement local trouve un appui décisif dans le cadre légal renforcé par la loi Le Meur (applicable dès 2025). Le législateur offre désormais aux maires de nouveaux leviers coercitifs, comme l’abaissement du plafond de location des résidences principales à 90 jours par an (contre 120 jours auparavant) ; La possibilité de fixer des quotas de meublés touristiques et de réserver des périmètres stricts à l’habitat permanent ; La généralisation de l’enregistrement et durcissement des exigences environnementales (DPE, Diagnostic de performance énergétique) excluant les passoires thermiques de la location.
L’ambition d’une vision à long terme L’objectif affiché par les agences d’urbanisme (Aurav, Fnau) n’est pas de diaboliser l’économie touristique, indispensable à la vitalité de la Provence, mais de passer d’une dérégulation subie à un développement maîtrisé. Dans cet exercice d’équilibriste, le Vaucluse dessine les contours du tourisme de demain : un modèle où l’accueil des visiteurs ne se fait pas au détriment des habitants. Mireille Hurlin
Copyright Magnific
Célio tire définitivement le rideau dans le centre-ville d’Avignon
A quelques jours de la clôture de sa 60e édition, le FestivalOff d’Avignon demeure la première vitrine mondiale du spectacle vivant indépendant.Raymond Yana, Laurent Domingos et Harold David respectivement co-présidents du festival Off d’Avignon et directeur délégué d’Avignon festival et compagnies ont dévoilé les premiers chiffres de l’édition 2026. Avec 1 812 spectacles, 27 000 représentations, 1 600 compagnies (contre 1 400 en 2025), 141 théâtres, un taux moyen de remplissage de 54% et possiblement 2millions de billets vendus(contre 1,6 million de billets vendus en 2025), plus qu’une accumulation de records, ce pré-bilan révèle surtout un festival qui se professionnalise, affine ses outils d’analyse et prépare déjà ses prochaines mutations.Le chiffre d’affaire global du festival Off d’Avignon est estimé à 22M€.
De gauche à droite Raymond Yana, Laurent Domingos co-présidents du Festival off d’Avignon et Harold David, directeur-délégué d’Avignon festival & compagnies Copyright Mireille Hurlin
Le Festival Off d’Avignon poursuit sa croissance sans céder à la surenchère. Avec 1 812 spectacles proposés cette année, contre 1 781 annoncés au printemps, et 1 500 compagnies réunies dans 141 théâtres, l’événement confirme sa stabilité tout en gagnant en densité. Les quelque 27 000 levers de rideau témoignent d’une programmation toujours aussi foisonnante, portée à 90% par des compagnies françaises et à 10% par des troupes étrangères.
Une édition anniversaire qui consolide les acquis Par rapport à l’an dernier, l’évolution est mesurée mais significative : davantage de compagnies choisissent désormais de partager les créneaux de représentation, certaines ne jouant que lors de la relache des autres, plutôt que d’occuper une salle durant les trois semaines du festival. Une adaptation qui reflète autant les contraintes économiques que l’évolution des stratégies de diffusion.
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Des chiffres encore à venir La principale nouveauté de cette édition réside dans la méthode d’observation. Pour la première fois, Avignon Festival & Compagnies dispose de données de billetterie couvrant 52% de la capacité totale du festival, grâce à la plateforme Ticket’off. Résultat : Le taux moyen de remplissage atteint 54%, un chiffre désormais fondé sur des ventes réelles et non plus sur des estimations déclaratives. Autre enseignement encourageant : la fréquentation ne s’est pas essoufflée durant la dernière semaine. Là où l’édition précédente avait connu un net ralentissement après le 14 juillet, le rythme des ventes demeure soutenu jusqu’aux derniers jours.
Ticket’Off s’impose comme un outil stratégique La plateforme Ticket’Off poursuit son ascension. Les ventes de contre-marques progressent de plus de 15%, tandis que la Carte Off continue de fidéliser les spectateurs. Près de 86 000 Cartes Off devraient être vendues d’ici la fin du festival, contre 80 000 en 2025 et seulement 65 000 en 2024, illustrant une progression constante de la communauté des festivaliers. Les habitudes d’achat évoluent elles aussi. Un tiers des billets est désormais réservé avant l’ouverture du festival, tandis que les deux autres tiers sont acquis sur place, preuve que le bouche-à-oreille demeure l’un des moteurs essentiels du Off.
Les coups de cœur pour remplir plus vite les salles Le nouveau dispositif des ‘Coups de cœur’, qui permet aux spectateurs de recommander les spectacles via Ticket’Off, fonctionne. Plus de 17 500 festivaliers y ont déjà participé, générant près de 75 000 recommandations, autant de signaux précieux pour les compagnies comme pour le public.
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Un festival très ancré Contrairement à certaines idées reçues, le Festival Off reste avant tout un rendez-vous régional. Plus de 40% des acheteurs Ticket’Off proviennent du quart sud-est de la France, avec une forte représentation des Vauclusiens, des Bouches-du-Rhône, du Gard, de la Drôme ou encore du Var. Les Franciliens représentent, eux, 18% des acheteurs. Cette proximité territoriale confirme que le festival est un formidable levier d’accès au spectacle vivant pour les habitants de la région, bien au-delà de son rayonnement international.
Professionnels, médias et familles toujours plus présents L’attractivité professionnelle ne faiblit pas. Le festival a accueilli 2 081 professionnels accrédités, dont près de 500 journalistes, tandis que les retombées médiatiques progressent de 20%, avec déjà 3 033 publications recensées, dont 85% sur le web. Le Village du Off confirme également son rôle de carrefour de la filière. Plus de 300 rencontres professionnelles y ont été organisées et près de 118 000 visiteurs y sont déjà passés.
Tadamm le village des petits festivaliers en famille Même dynamique du côté de Tadamm, le village dédié aux familles. Après une première édition prometteuse en 2025, le dispositif change d’échelle avec près de 12 800 familles attendues d’ici la clôture du festival, 42 ateliers artistiques complets et un projet déjà à l’étude pour proposer, dès l’an prochain, un véritable accueil des enfants permettant aux parents d’assister aux spectacles en toute sérénité. Raymond Yana étudie une possible garde d’enfants de plusieurs heures afin de libérer les parents. Projet qui devrait voir le jour lors du festival off 2027.
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Les défis de la prochaine décennie Derrière les chiffres flatteurs, les dirigeants d’Avignon Festival & Compagnies esquissent déjà les priorités des prochaines années. Le logement des compagnies, devenu de plus en plus coûteux, figure parmi les urgences, tout comme la création d’espaces de repos ‘une oasis’ pour les artistes harassés les scènes, le tractage et la canicule. L’association AF&C souhaite également repenser entièrement le programme papier, moderniser les outils numériques, développer une billetterie en temps réel, renforcer les résidences artistiques et créer un fonds de dotation afin de compenser la baisse annoncée des financements publics.
Les subventions des collectivités en berne Près de 81% des spectacles programmés ne bénéficient d’aucune subvention des collectivités, contre 78% l’an dernier, la question du modèle économique devient plus que jamais centrale. Le Festival Off, devenu en 60 ans l’un des plus grands marchés internationaux du spectacle vivant, semble désormais entrer dans une nouvelle phase de son histoire : celle d’une croissance plus qualitative, fondée sur la professionnalisation de ses outils, la fidélisation de ses publics et la recherche d’un équilibre économique durable.
Le festival off en chiffres Avec 27 000 levers de rideau, le Festival Off confirme son statut de plus grande scène de spectacle vivant au monde. Cette 60ᵉ édition représente un volume estimé de 1,41 million de billets vendus sur 2,6 millions de places proposées, pour un chiffre d’affaires de billetterie évalué à 22 millions d’euros TTC. La manifestation rassemble 1 812 spectacles, portés par environ 1 600 compagnies et structures de production, dans 141 théâtres. La Carte Off poursuit sa progression avec 84 000 exemplaires déjà vendus, une estimation de 86 000 étant attendue à la clôture du festival, tandis que 339 861 billets, soit 24 % des ventes, ont transité par Ticket’Off. Côté fréquentation, le Village du Off a accueilli près de 118 000 visiteurs, le Village TADAMM ! plus de 10 000, et 34 000 spectateurs ont assisté aux concerts du Son du Off. Enfin, la manifestation a généré 3 033 retombées presse, enregistré 1,5 million de visites sur son site internet, fédéré 83 000 abonnés sur les réseaux sociaux et réuni 2 080 professionnels accrédités, dont 500 journalistes, confirmant son rayonnement culturel et médiatique. Mireille Hurlin
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Célio tire définitivement le rideau dans le centre-ville d’Avignon
Le jugement met ainsi fin à la mission des administrateurs Me Bruno Bertholet et Me Charles de Saint Rapt et désigne comme liquidateur judiciaire l’étude avignonnaise Balincourt représentée Me Frédéric Torelli et Me Cyrielle Deleuze.
Si un temps d’éventuels repreneurs semblaient sur les rangs, finalement personne ne reprendra l’établissement bistronomique situé le nouveau parvis de la gare centre d’Avignon réaménagé il y a bientôt 2 ans maintenant. Inauguré en décembre 2024 ce restaurant devait constituer la vitrine du savoir-faire gastronomique consulaire et tout particulièrement de sa prestigieuse Ecole hôtelière d’Avignon.
Première conséquence de cette décision, les salariés et les apprentis du restaurant n’ont pas été reclassés et la totalité du mobilier extérieur a dû être évacué à la demande de SNCF gares & connexions car il était squatté.
Désormais, la SNCF va s’efforcer de trouver un nouveau locataire pour ses lieux de près de 200m2 comprenant aussi une terrasse de 100m2. Pour la CCI 84, qui avait consacré 1,3M€ à l’aménagement du Quai des saveurs l’ardoise totale du passif devrait s’élever à près de 2M€ malgré une première année d’exercice affichant un chiffre d’affaires de l’ordre de 600 000€.
L.G.
Célio tire définitivement le rideau dans le centre-ville d’Avignon
Voici une adaptation brillante et osée d’un roman de 700 pages de Roland Barthes, La préparation du roman, qui rassemble ses ultimes leçons au Collège de France.
Sobrement, Vincent Dissez se présente à nous, debout, et nous fait ses confidences : le temps passe, il n’y a plus de temps à perdre, il faut choisir l’ultime vie, la nouvelle, « la Vita nova. » Ainsi parlait devant l’auditoire du Collège de France, suite à un deuil, le philosophe et essayiste Roland Barthes (1915- 1980). En quelques leçons, il propose non pas de renoncer à l’écriture, mais de découvrir une nouvelle écriture et fait le postulat que ça intéressera tous les publics, même celui qui n’écrit pas, comme on peut s’intéresser à la découverte d’un métier. Il s’adresse à nous avec ce qui caractérisait Roland Barthes une parole directe, simple mais cependant érudite.
Après avoir « mariné » comme Flaubert, son projet qui est de ne plus enseigner mais d’écrire, il s’assoit à sa table de travail et se demande pourquoi il écrit. Nous savourons alors les méandres de la création douloureuse de Kafka à Proust, les références et anecdotes littéraires nous comblant.
Un spectacle vitaminé !
Mettre en scène ce séminaire était une évidence pour Sylvain Maurice : une conférence c’est déjà du théâtre. Certes le talent d’un acteur ou d’un conférencier est important mais il a réussi en 1h de spectacle à nous faire approcher la fulgurance de la pensée de Barthes, son humour, ses savantes digressions. Il fallait cependant un acteur sensible comme Vincent Dissez pour nous faire approcher la dimension humaine et fragile de ce grand penseur du XXe siècle et réussir à nous insuffler un élan vital. C’est un spectacle vitaminé et un bel hommage à la création et à la littérature.
Jusqu’à jeudi 23 juillet. 11h05. 15 et 22€. Théâtre du Train Bleu. 40 rue Paul Saïn. Avignon.
Célio tire définitivement le rideau dans le centre-ville d’Avignon
Kristina Chaumont adapte une autofiction sur la bipolarité de sa mère dans les jardins de l’Ancien Carmel à l’occasion du Festival d’Avignon dans la programmation du Train Bleu.
Belle idée de jouer ce spectacle en plein air dans le jardin de l’Ancien Carmel d’Avignon ; ce jardin plein de charme est cependant pour le moins en vrac, en harmas — une terre en friche en provençal — comme l’est peut-être Kristina Chaumont même si sa pensée est très structurée.
Elle raconte ici sa vie d’enfant avec une mère bipolaire. Ses anecdotes décousues, son émotivité laissent vite la place à une description très précise de la maladie, ses symptômes, ses causes, ses déclencheurs et ses remèdes.
Ce n’est pas un exposé, c’est un murmure d’amour pour sa mère qui se transforme petit à petit en colère contre l’institution psychiatrique. Une institution qui ne soigne pas, qui ne reconnaît pas cette maladie qui n’a pas hélas de marqueur biologique mais qui pourtant a des symptômes et des conséquences terribles pour le malade : c’est en quelque sorte une mort civile où on est privé de lien social avec des envies suicidaires et quand on est soigné c’est pour grossir et enrichir les laboratoires pharmaceutiques. Le soin consiste juste à minimiser les angoisses afin que la personne ne soit pas dangereuse pour elle-même.
Finalement, Kristina Chaumont nous livre ici en vrac et en rire, en générosité et en sourire un petit manuel de savoir vivre ensemble, « bien et mal portants » : petit café d’accueil, citronnade petit geste de « care », connaître les choses ou les gestes qui font du bien, accepter la différence, bienveillance à tout instant…Kristina Chaumont a su avec humour nous sensibiliser à un sujet mal compris mais surtout à nous insuffler par son énergie de la joie de vivre, de l’amour du prochain et tout cela dans la — relative — douceur d’un écrin de nature, lui aussi rescapé…dans la ville d’Avignon.
Jusqu’au 23 juillet. 10h15. 15 et 22€. Théâtre du Train Bleu (mais dans les jardins de l’Ancien Carmel. Rue de l’Observance). 40 Rue Paul Saïn.
Célio tire définitivement le rideau dans le centre-ville d’Avignon
Le Festival d’Avignon touche à sa fin, il reste encore trois jours pour découvrir les spectacles du Off. Au Théâtre Les Étoiles, le spectacle ‘Vie et amour(s) d’un boomer’ propose de (re)découvrir trois époques : 1968, 1991 et 2026.
Écrit par Eric Patrux et mis en scène par Grégoire Aubert, la pièce ‘Vie et amour(s) d’un boomer’ suit trois personnages à trois époques différentes, dans les années 60, les années 90 et de nos jours. Le spectacle propose un regard critique et amusé sur la génération des boomers, à savoir ceux qui sont nés entre 1946 et 1964.
Le public suit les personnages de Laurence, Martine et Gabriel, joués par Manuelle Molinas, Elsa Stirnemann et Stéphane Roux, qui ont 18 ans en 1968 et qui sont pleins de rêves face à un ‘ancien régime’ qui craque sous le poids des événements de mai. Que sont-ils devenus en 1992, chahutés par les bouleversements de la fin du siècle. Et en 2026 ?
Jusqu’au samedi 25 juillet. 18h15. Théâtre Les Étoiles. 54 Rue Guillaume Puy. Avignon.