8 janvier 2026 |

Ecrit par le 8 janvier 2026

Avignon, une année pour croire encore au collectif

Dans son ultime message de vœux en tant que maire, Cécile Helle dresse le bilan d’une année 2025 intensément culturelle et esquisse les grands enjeux de 2026. À l’aube d’élections municipales décisives, la maire sortante revendique une action ancrée dans la proximité, la solidarité et la transition écologique, tout en saluant une aventure humaine et collective qui a façonné l’identité contemporaine d’Avignon.

2025 restera comme un millésime singulier dans l’histoire récente d’Avignon. Du spectacle Curieuse Odyssée, redonnant vie aux arches du pont Saint-Bénézet lors d’une soirée de décembre illuminée par un spectaculaire feu d’artifice, jusqu’à l’exposition monumentale de Jean-Michel Othoniel déployée dans tout le centre-ville, la culture s’est invitée partout, tout au long de l’année. Moments festifs, propositions artistiques audacieuses et événements populaires se sont succédé, à l’image du banquet du 14 septembre réunissant plus de 7 000 convives autour d’un esprit de partage rare. Une programmation foisonnante, pensée comme un antidote au repli et au pessimisme ambiant, qui a permis à la ville de rayonner bien au-delà de ses remparts.

La commune comme refuge et point d’ancrage
Alors que le contexte national est marqué par l’instabilité politique et les incertitudes sociales, la maire rappelle le rôle central de la commune comme espace de protection, de proximité et de réconfort. À Avignon, cette ambition s’est traduite par le renforcement des services publics de terrain : maisons communes, écoles, bibliothèques, piscines, police municipale ou centres sociaux. Autant de lieux, de femmes et d’hommes, agents municipaux, bénévoles associatifs, qui donnant corps à une ville à taille humaine, attentive aux plus jeunes comme aux aînés, et soucieuse de ne laisser personne au bord du chemin.

Transition écologique : des actes plutôt que des discours
Face au réchauffement climatique, Cécile Helle plaide pour une action locale sans demi-mesure. Avignon revendique son rôle de laboratoire d’expérimentations : végétalisation des espaces publics, développement d’une ville ‘nature et d’eaux’, rééquilibrage des mobilités en faveur des modes doux, et déploiement à venir d’un réseau de chaleur et de fraîcheur. Des politiques de long terme, pensées pour préserver l’attractivité de la cité tout en améliorant durablement la qualité de vie, dans une logique d’accessibilité et de justice environnementale.

2026, l’heure d’un passage de relais
L’année qui s’ouvre sera particulière : les élections municipales de mars 2026 marqueront la fin d’un cycle politique entamé en 2014. Sans entrer dans le débat électoral, la maire sortante assume un bilan qu’elle souhaite voir prolongé : celui d’une ville qui a mis l’émancipation, la fraternité et l’audace au cœur de son projet. Dans un ton personnel, elle remercie les Avignonnais pour la confiance accordée durant deux mandats, saluant une expérience ‘inspirante et revigorante’, nourrie par douze années de rencontres dans tous les quartiers.

Un récit collectif au service de tous
À travers ces vœux, plus qu’un simple message de fin d’année, se dessine une vision : celle d’Avignon comme récit collectif en perpétuelle écriture. Une ville qui, en pariant sur la culture, la proximité et l’engagement local, affirme sa singularité et sa capacité à faire front, ensemble, face aux défis contemporains.
Mireille Hurlin


Avignon, une année pour croire encore au collectif

C’est le 40e anniversaire de Cheval Passion qui, avec 70 000 spectateurs, un rayonnement international et des retombées économiques non négligeables pour l’hôtellerie-restauration, est le 2e évènement de l’année après le Festival d’Avignon.

Entre le mercredi 14 et le dimanche 18 janvier, le public a rendez-vous avec les étalons, les purs-sangs et les poneys pour des démonstrations, des concours, des séances de travail, de tri de bétail, des spectacles de cabaret et une animation non-stop de 9h à 19h. Avec, chaque soir à 20h30, le fameux Gala des Crinières d’Or, le must de ce qui se fait de mieux en termes de spectacles équestres. D’ailleurs 80% des productions qui sont à l’affiche en Europe ont été d’abord révélés à Châteaublanc. Et des spécialistes viennent de Suède, Slovénie, Portugal, Suisse, Finlande, Espagne, Italie, Allemagne pour sélectionner ces numéros hors pair.

« Ils y mettent tout leur cœur, donc ça va être la plus belle des éditions », insiste Maurice Galle, qui, dès le lancement de cet évènement en 1986, a su convaincre et faire venir à Avignon les as de la voltige, du dressage, de la maniabilité, de la dextérité et de la maîtrise de la monture, de l’art équestre et la prestigieuse Garde Républicaine. Bref, des artistes magnifiques et passionnés qui parfois se sont rencontrés ici, à Cheval Passion et se sont mariés, comme Magali Delgado et Frédéric Pignon !

Il y aura aussi la chef de file de l’école espagnole, l’écuyère Belén Bautista, cavalière professionnelle de renom, qui donnera une master-class sur le dressage. Comme chaque année, l’Ordre des Avocats du Barreau d’Avigon prodiguera ses conseils avisés et gratuits sur la gestion d’un centre équestre ou la création d’un élevage.

Une belle évolution depuis le 1er Cheval Passion

En 1986, pour la 1re édition, il y avait 30 exposants et une quarantaine de chevaux. Cette année, on dénombre 1 000 chevaux, 650 boxes, 2 600 tonnes de sable et 150 exposants pour le bien-être du cheval (aliments, suppléments diététiques, phytothérapie, aromathérapie), le matériel (harnachements, selles, fers à cheval, bottes, chapeaux, tenues d’apparat), la filière des métiers (palefreniers, jockeys, entraîneurs, soigneurs, vétérinaires équins, moniteurs d’équitation) en liaison avec les établissements scolaires agricoles, comme le Lycée Pétrarque d’Avignon.

Pendant 5 jours, en plus des spectacles et animations, auront lieu des ventes de chevaux d’exception avec un pedigree vérifié, qu’il s’agisse de race Camargue, Lusitanien, Lipizzan, Arabe, Ibérique, Américain ou Castillonnais d’Ariège.

Une édition sur le thème de la transmission

Ces 40 ans, c’est la transmission d’une culture, d’une tradition, d’un patrimoine, d’une histoire et surtout la traduction d’un véritable amour du cheval, de son intelligence et du couple fusionnel et unique qu’il forme avec le cavalier. De son côté, le MISEC (Marché International du Spectacle Equestre de Création) fêtera ses 20 ans. Réservé aux professionnels, aux artistes et producteurs de spectacles. Ils sont 300 à venir à Cheval Passion à Avignon et échanger entre eux sur la règlementation, la formation, les usages dans ce domaine.

Espérons que d’ici mercredi prochain, jour d’ouverture, la météo sera moins polaire. Pour le bien-être animal et pour le confort des exposants, des bénévoles, du personnel d’Avignon Tourisme et des artistes qui donnent le meilleur d’eux-mêmes afin que la magie équestre opère jusqu’au dimanche 18 janvier au Parc des Expositions d’Avignon.

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Avignon, une année pour croire encore au collectif

La maison Cardère publie : ‘Partage des eaux, L’épopée des bergers alpins à saute-frontière’, qui revient sur le parcours de bergers alpins de langue occitane dont les vies, marquées par la misère et la montée du fascisme dans l’Italie des années 1920-1930, furent façonnées par l’émigration et le voyage.

L’ouvrage, rédigé par Guillaume Lebaudy et illustré par Manuel Witt, rassemble des histoires de vies, de travail et de transhumance. Ces écrits prennent aujourd’hui la dimension d’une épopée, révélant un monde où l’exil et le déplacement étaient des conditions imposées.

Une parole portée par le rythme de la marche
Ces bergers, à la fois ‘gens de moutons’ et transhumants, ont transmis des récits dont le rythme évoque celui de la marche, réglée sur l’allure des troupeaux. L’ouvrage restitue cette cadence dans des récits chorals, marqués par une forte dimension poétique.

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Une invitation à dire et transmettre
L’auteur souligne la vitalité de cette parole, qui invite à être dite à voix haute, et si possible en marchant, pour en ressentir le mouvement, comparable à une rivière.

Les infos pratiques
‘Partage des eaux, L’épopée des bergers alpins à saute-frontière, un livre de 184 pages au format 12,5 x 18cm. Paru aux Editions Cardère en Mars 2025, dans la collection Hors-les-drailles. isbn 978-2-37649-042-5. Prix public 15€. Acheter ici.
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Avignon, une année pour croire encore au collectif

Les éditions avignonnaises Cardère proposent l’ouvrage : ‘Beautés des vaches, Elever des Montbéliardes, entre passion et production animale’ de Catherine Mougenot. Le livre revient sur les pratiques d’élevage de la race Montbéliarde et sur l’évolution des critères esthétiques et techniques qui guident les éleveurs depuis plus d’un siècle.

Au début du XXᵉ siècle, les vétérinaires ont défini les “beautés des vaches”, une série de critères morphologiques -la mamelle, les aplombs,…- permettant d’évaluer la santé et les performances laitières. Plus d’un siècle plus tard, ces listes demeurent largement utilisées dans les élevages.

L’impact des progrès génétiques
L’ouvrage revient aussi sur un tournant majeur : l’arrivée du décryptage ADN dans les années 2010, qui a profondément modifié les méthodes de sélection animale. Une enquête menée en 2014 dans le massif jurassien, sur la conduite de la race Montbéliarde, a été menée pour comprendre la diffusion de ces nouveaux outils de sélection assistée par marqueurs. Mais, au fil des entretiens, que ce soit par des regards complémentaires ou opposés, un autre thème s’est imposé : la quête de la ‘belle vache’. À travers les notations chiffrées dont les animaux font l’objet, cette quête devient le symbole d’un rapport sensible aux animaux, au-delà des seuls critères physiques.

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Quatorze observations pour comprendre un métier
L’essai rassemble quatorze observations de terrain. Elles décrivent à la fois un métier, des histoires individuelles et collectives, des réussites technico-scientifiques, les avancées du libéralisme, et les défis mis en lumière dans les mondes de l’élevage.

Une quête impossible à réduire à un seul modèle
La quête de la ‘belle vache’ ne peut être envisagée de façon univoque. Elle s’inscrit dans une relation patiemment construite entre des générations de paysans et leurs animaux, où les savoirs transmis, les pratiques d’élevage et les choix de sélection se répondent et se transforment au fil du temps. Entre attachement sensible et intervention technique de la sélection artificielle, ces regards multiples révèlent la manière dont humains et animaux s’engagent dans une histoire commune de coévolution.

Les infos pratiques
‘Beautés des vaches, Elever des Montbéliardes, entre passion et production animale’. De Catherine Mougenot, aux éditions Cardère. 252 pages au format 14 x 21 cm. Septembre 2025. isbn 978-2-37649-048-7. Prix public 18€. Acheter ici.
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Avignon, une année pour croire encore au collectif

Quand le Thelma et Louise de Ridley Scott rencontre le Collectif Le Bleu d’Armand.

Tout en parcourant et rejouant les souvenirs et les images qu’elles ont du film Thelma et Louise de Ridley Scott et Callie Khourie, Anna Pabst et Nolwenn Le Doth du Collectif Le Bleu d’Armand tissent des liens entre les héroïnes emblématiques de ce road movie et elles-mêmes.

Des souvenirs comme inspiration

L’inspiration première est le film de Ridley Scott, ou plutôt le souvenir du film. Ces souvenirs sont une base qui donne naissance à une nouvelle œuvre. Nolwenn et Anna s’emparent de ces deux figures légendaires, presque mythologiques, et révèlent à quel point Thelma et Louise font encore écho aujourd’hui.

Une écriture collective

À partir de ces souvenirs s’est mise en place une improvisation guidée au plateau qui a constitué un premier canevas de texte. D’autres improvisations plus personnelles, liées aux thématiques soulevées par le film, s’inspirent de la vie des comédiennes, de leurs observations, de leurs rencontres. Cependant, l’improvisation n’a pas été le seul moyen d’écriture de cette pièce. Des documents plus théoriques sont aussi utilisés pour construire le récit : journaux, articles, essais, documentaires, extraits vidéos. Une part de collectage, avec des interviews de personnes touchées par les thématiques du film, a constitué également une ressource.

Le collectif Le Bleu d’Armand

Porté par la comédienne et metteuse en scène Anna Pabst, Le Bleu d’Armand se définit par sa dimension collective et militante. Dans le processus de création notamment, où la mise en scène est prise en charge par l’ensemble des acteurs et actrices, les plaçant ainsi au centre du travail. Anna Pabst réunit donc des artistes qui s’efforcent de trouver une dynamique commune et joyeuse pour défendre un théâtre politique, ludique et poétique, constamment en écho avec les questionnements et les paradoxes du monde.

Sur une idée originale de Nicolas Bonneau, Nolwenn Le Doth et Anna Pabst
Texte et mise en scène : Nicolas Bonneau, Nolwenn Le Doth et Anna Pabst
Avec Nolwenn Le Doth et Anna Pabst

Jeudi 8 janvier. Vendredi 9 janvier. 20h. 5 à 23€. Théâtre des Halles. Rue du Roi René. 04 32 76 24 51.


Avignon, une année pour croire encore au collectif

Crédité de 5% des intentions de vote au premier tour des élections municipales à Avignon dans le sondage de nos confrères de La Provence dévoilé le 19 décembre dernier, le candidat divers gauche Joël Peyre vient d’annoncer qu’il se retirait de la course à la mairie d’Avignon.

L’actuel conseiller municipal délégué aux finances, qui avait lancé sa campagne en avril dernier, constate « que nous n’avons pas su ou pu créer une dynamique de rassemblement. Une telle dynamique aurait permis de poursuivre et même d’amplifier les succès des deux derniers mandats, et de répondre aux nouvelles attentes durant les 6 prochaines années dans l’intérêt des Avignonnaises et des Avignonnais. »

Largement distancé par l’adjoint au maire socialiste David Fournier (18% des intentions de vote), Joël Peyre ne souhaite donc pas multiplier les candidatures à gauche alors que le sondage de la Provence place la RN Anne-Sophie Rigault en tête (22%) juste devant le journaliste Olivier Galzi (société civile-divers droite) avec 21% et que la LFI Mathilde Louvain représente la 2e force de gauche (14%) et le divers droite Stéphan Fiori affiche 10%.

« Nous ne participerons pas à une ‘course à l’échalote’ vide de sens. »

Joël Peyre

« Dans ce contexte où les extrêmes gagnent du terrain et où les discours populistes tentent de manipuler l’opinion, la multiplication des candidatures à gauche – issues ou non de la majorité municipale sortante – risque d’aboutir à une fragmentation préjudiciable qui conduira inévitablement à un gâchis inconcevable, insiste Joël Peyre. Devant ces perspectives, et pour le bien commun de notre ville et de ses habitants, afin de ne pas ajouter de la confusion à la confusion, nous ne participerons pas à une ‘course à l’échalote’ vide de sens. Face à cette situation, et dans un esprit de responsabilité, j’ai pris la décision de ne pas conduire de liste, ni d’être candidat aux élections de mars 2026. »

Après le LR (Les Républicains) Julien Aubert en novembre dernier, c’est donc le deuxième candidat de poids à renoncer à la succession de Cécile Helle, la maire sortant qui avait annoncé il y a bientôt un an son choix de ne pas se représenter après deux mandats à la tête de la Cité des papes. De quoi décanter en partie cette élection des 15 et 22 mars prochainoù près d’une dizaine de candidats ont pu être potentiellement sur la ligne de départ… Notamment à gauche avec Paul-Roger Gontard (4,5% des intentions de vote), autre élu de la majorité actuelle à être officiellement sur les rangs (voir encadré), mais aussi les ‘potentiels’ autres postulants au fauteuil de maire dont la divers gauche Zinèbe Haddaoui (3,5%) et Benoît Belvalette (2%) pour Place publique.

Paul-Roger Gontard tend la main à Joël Peyre
Autre candidat issu de la majorité actuelle, Paul-Roger Gontard prend « acte de la décision de Joël Peyre de retirer sa candidature à l’élection municipale à Avignonnaise ».
Ce dernier rappelle qu’il a « engagé, de façon constante et sincère, des échanges avec Joël Peyre, dans un esprit de dialogue et de responsabilité, avec une priorité claire : éviter la dispersion des forces progressistes et construire une alternative solide pour Avignon. Cette volonté de rassemblement a toujours guidé notre démarche. » Dans ce cadre, Paul-Roger Gontard « maintient une main tendue » et rappelle que « l’heure n’est plus aux divisions, mais à l’engagement, à la clarté et à l’action au service de notre ville ».

« Chacun prendra ses responsabilités. Je prends les miennes, pleinement, quoi qu’il en coûte. »

Joël Peyre

Un retrait que Joël Peyre ne décide cependant pas de gaieté de cœur : « Je prends cette décision sans amertume, mais non sans regrets, face à l’attitude obstinée de certains, face au silence prolongé d’autres, et face à une occasion manquée de faire primer le collectif sur les ambitions individuelles. Chacun prendra ses responsabilités. Je prends les miennes, pleinement, quoi qu’il en coûte. »

Ciblant ses ‘concurrents’ de gauche, voire la maire actuelle pour ne pas avoir pris clairement position sur son éventuel successeur, il poursuit : « Malgré de nombreux appels au dialogue et à l’unité, certains acteurs ont persisté dans des positions irréconciliables, préférant défendre des intérêts personnels, de clans ou de partis plutôt que de rechercher le compromis. D’autres, par leur silence tenace, ont refusé de s’engager dans la co-construction d’un projet commun. »

Défendre une gauche progressiste, humaniste et courageuse
« Toutefois, conclut-il, je reste convaincu que l’avenir d’Avignon repose sur l’engagement de chacun et j’appelle tous les citoyens à continuer de défendre nos valeurs communes, celle d’une gauche progressiste, humaniste et courageuse, d’une ville accueillante, solidaire et innovante, qui ne cède ni aux diktats de l’air du temps ni à la pression d’intérêts extérieurs à Avignon ou d’états-majors parisiens. »

L.G.

David Fournier : « continuer à rassembler la gauche »
Fort du sondage de la Provence le plaçant en troisième position, mais première force de gauche, le socialiste David Fournier « salue le travail effectué par Joël Peyre au cours des mandats passés côte à côte dans la majorité ».
« Je mesure que ce n’est pas une situation facile pour lui. Je le remercie de son implication, poursuit celui qui a déjà réussi à fédérer Génération Ecologie, Europe Ecologie les Verts, les Animalistes, l’Après (Alliance pour une République écologique et sociale). En ce qui me concerne, je continue à œuvrer pour un rassemblement le plus large à gauche. » « A gauche, on travaille d’abord sur un programme puis après, on s’entend sur la personne qui va le porter » a d’ailleurs rappelé ce matin David Fournier sur les ondes de nos confères d’Ici Vaucluse


Avignon, une année pour croire encore au collectif

La 71e saison des Amis du Théâtre Populaire (ATP) d’Avignon se poursuit avec L’Illusion comique, une étonnante comédie de jeunesse de Corneille, dans une mise en scène inattendue qui est un remarquable hommage au 7e art.

Corneille a 29 ans quand il écrit L’Illusion comique, sans doute une des pièces les plus brillantes de sa production théâtrale – laquelle, bien loin de se limiter aux seules tragédies pour lesquelles l’auteur est essentiellement connu aujourd’hui, présente également un bel éventail de comédies. 

Un succès au dernier festival Off

Désespéré par la disparition, dix ans plus tôt, de son fils Clindor (qui, maltraité par son père, a fugué), Pridamant consulte le magicien Alcandre, dans l’espoir qu’il lui en révèle le destin. Alcandre se propose de lui montrer, sous forme de figures animées, ce que fut la vie de ce fils depuis son départ du domicile paternel. Une vie on ne peut plus mouvementée…

Des thèmes très actuels

Cette pièce est d’une modernité qui ne peut que toucher le public actuel : le conflit des générations, l’amour, l’engagement, l’affirmation de la volonté féminine… Un spectacle où les alexandrins sont scrupuleusement respectés, et même parfois chantés, et où on découvrira que Corneille avait inventé le cinéma 270 ans avant Méliès.

Mise en scène : Frédéric Cherboeuf
Avec Adib Cheikhi, Matthieu Gambier, Jérémie Guilain, Lucile Jehel, Alain Rimoux, Marc Schapira, Justine Teulié ou Julie Cecchini. Collectif L’Émeute et Jumo Production

Jeudi 8 janvier. 20h. 5 à 20€. Théâtre Benoît XII. 12, rue des Teinturiers. Avignon. Réservations et informations : 04 86 81 61 97 – atp.avignon@gmail.com


Avignon, une année pour croire encore au collectif

À partir du 1ᵉʳ janvier 2026, le salaire minimum interprofessionnel de croissance (Smic) augmente mécaniquement de 1,18%, sans ‘coup de pouce’ gouvernemental supplémentaire, une progression conforme à la loi jugée cependant insuffisante face à la chèreté de la vie et à la précarité croissante.  

Chaque année, au 1ᵉʳ janvier, le Code du travail prévoit la hausse du Smic. Celle-ci combine l’évolution des prix à la consommation pour les 20% de ménages les plus modestes et la moitié du gain de pouvoir d’achat des salaires horaires de base.  

Les nouveaux montants applicables au 1ᵉʳ janvier 2026
Concrètement, le Smic horaire brut est de 12,02€ (au lieu de 11,88 €) ; Le Smic mensuel brut (35h) est à 1 823,03€ ; Le Smic mensuel net estimé à 1 443,11€. Ces chiffres valent pour la métropole et la plupart des collectivités d’outre-mer. Malgré l’indice classique, le gouvernement a décidé de ne pas accorder de coup de pouce au-delà de cette revalorisation mécanique.

Réactions syndicales
La CGT (Confédération générale du travail)accuse l’exécutif de “ne pas augmenter le Smic” et d’enliser les travailleurs dans la précarité, tandis que de son côté, la CFTC (Confédération française des travailleurs chrétiens) regrette l’absence de coup de pouce depuis de nombreuses années alors que le nombre de travailleurs pauvres augmente. Pour mémoire, le dernier coup de pouce significatif remontait à la présidence de François Hollande, en juillet 2012, soit plus d’une décennie sans hausse au-delà de la formule légale.  

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Un gain réel modeste face à l’inflation
Même si le Smic augmente sur le papier, son effet réel sur le pouvoir d’achat semble limité face à une inflation persistante et un coût de la vie qui grèvent déjà l’impact de cette hausse. Également, malgré cette modeste hausse, les salaires ne devraient pas connaître d’évolution significative en 2026, laissant les ménages les plus modestes sous pression.  

Contexte 
Cette revalorisation intervient dans un contexte budgétaire tendu au sommet de l’État et dans un climat social marqué par les débats sur le pouvoir d’achat et la précarité. Le débat sur le Smic est aussi lié aux réformes des réductions de cotisations ou les ajustements des prestations sociales, qui influencent indirectement la situation financière des salariés les plus modestes.  

Les salaires moyens dans le Vaucluse
Le salaire net mensuel moyen des habitants du Vaucluse est de 2 328€ nets/mois (soit environ 27 940€ nets/an) d’après l’Insee et en 2022. À Avignon, le salaire moyen est plus faible que la moyenne départementale avec 2 140€ nets/mois, tandis que le salaire moyen national tourne autour de 2 735€ nets/mois. Le revenu médian dans le Vaucluse est d’environ 21 370€ par an par unité de consommation, ce qui reflète les revenus ‘typiques’ d’un ménage. Environ 19,9% de la population du Vaucluse vit sous le seuil de pauvreté (fixé à 60 % du revenu médian). 
Source Insee.
Mireille Hurlin 


Avignon, une année pour croire encore au collectif

Récompensé dès 1992 au Festival Juste pour rire de Montréal, Manuel Pratt revient sur scène avec un stand-up sans fard, fidèle à une liberté de ton devenue rare. À l’heure où l’humour se normalise, l’artiste revendique une parole affranchie, nourrie d’autodérision et d’observation sociale.

Bien avant que le stand-up ne devienne un phénomène culturel largement formaté, Manuel Pratt en explorait déjà les lignes de crête. En 1992, le Festival Juste pour rire de Montréal, référence internationale du rire et véritable laboratoire des nouvelles écritures comiques, lui décerne le prix du meilleur stand-up français. Une distinction fondatrice, obtenue à une époque où l’exercice restait marginal dans l’Hexagone.

Depuis, Pratt n’a jamais dévié de sa trajectoire. Pas de personnage lissé ni de punchlines calibrées : son humour avance à découvert, frontal, parfois dérangeant, souvent salutaire. Là où beaucoup s’arrêtent par prudence ou calcul, il poursuit, préférant l’inconfort de la vérité à la facilité du consensus.

Sur scène, la liberté est totale. Le comédien joue avec ses propres failles, retourne ses certitudes, ausculte une société qu’il décrit volontiers comme marchant « sur la tête ». Le propos est cru mais jamais gratuit, le désordre apparent toujours traversé par une forme d’humilité. Un joyeux chaos, certes, mais non dénué de respect pour le public, invité à rire autant de lui-même que du monde qui l’entoure.

À contre-courant des formats standardisés, Manuel Pratt défend un stand-up debout, vivant, ancré dans l’instant. Une performance de 1h10 où l’autodérision devient outil de lucidité et où le rire, loin d’être une échappatoire, agit comme révélateur.

Les infos pratiques
Manuel Pratt – Stand-up. Mercredi 31 décembre à 19h30. 1h10. La Factory – Salle Roseau Teinturiers, 45 rue des Teinturiers, Avignon. Plein tarif 20€ / Tarif réduit (étudiants, demandeurs d’emploi, minima sociaux) 15€. Renseignements & billetterie : la-factory.org – 09 74 74 64 90
Mireille Hurlin

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