10 mars 2026 |

Ecrit par le 10 mars 2026

Les Rencontres du Sud reviennent en Vaucluse pour une 14e édition

Les Rencontres du Sud manifestation cinématographique créée en 2011 pour implanter dans le sud de la France un événement contribuant aux rencontres entre les différents professionnels du cinéma se déroulent cette année du mardi 10 au vendredi 20 mars dans les cinémas Capitole MyCinewest au Pontet, le Vox et Utopia à Avignon, et le Rivoli à Carpentras. Cette 14e édition (2020 et 2021 annulées en raison du covid) va permettre de découvrir 21 films en avant-première dont neuf en compétition. Dix équipes de films seront présentes. L’événement va rassembler les professionnels à Avignon du lundi 16 au vendredi 20 mars. Il sera par ailleurs ouvert au grand public, aux scolaires (le Petit Festival), les enfants dès le mardi 10 mars et le Ciné Pitchoun au Capitole le dimanche 15 mars.

Rencontre avec René Kraus président des Rencontres du Sud, de l’Union des Cinémas du Sud de la France, et directeur général du multiplex Capitole MyCinewest au Pontet.

Quel est le chemin parcouru aujourd’hui par les RdS ?
Au départ avec une petite équipe nous avions aussi pour objectif de redéployer le Capitole centre Avignon devenu aujourd’hui La Scala Provence. Au fil des années les Rencontres du Sud ont pris de l’ampleur et on peut dire aujourd’hui qu’elles sont les plus importantes rencontres cinématographiques de France. Il y a celles du Nord à Arras, celles de Bretagne, les Rencontres de Gérardmer dans les Vosges, celles du Sud Ouest mais les nôtres ont une telle ampleur que c’est un point d’orgue dans l’année pour les exploitants, les distributeurs, et certains producteurs.

C’est une belle évolution…
Nous sommes très fiers de cela. On dit souvent que pour qu’un évènement prenne une certaine ampleur, il faut plus dix ans. Nous avons passé ce cap depuis longtemps et je crois que les personnalités que nous recevons, et nous allons encore le confirmer cette année, montrent bien que ce cap est vraiment passé. Nous avons une ampleur non seulement régionale car nous sommes liés à notre région, mais aussi nationale avec des festivaliers qui viennent de toute la France pour notre manifestation cinématographique programmée juste avant le festival de Cannes. 

Quels étaient les objectifs à la création ?
Ces rencontres professionnelles n’existaient pas dans le Sud de la France. Il fallait les amener ici avec un programme capable de répondre au besoin d’informations des professionnels que nous sommes, mais aussi d’enchanter notre âme de spectateur. Dans le but de découvrir, promouvoir, accompagner les films qui sortiront bientôt sur le territoire national, et d’échanger avec des confrères de tous horizons. 

Cela a pris une nouvelle dimension ?
Elles ont évolué avec le prix des montreurs d’images délivré par un jury de professionnels, le prix du jury lycéen Philippe de Girard à Avignon, l’hommage à un exploitant emblématique sachant qu’on ne récompense que rarement les exploitants dans notre métier, et évidemment une ouverture sur le grand public. Nous avons créé la journée cinéma collèges et lycées scolaires, proposé des films d’animation et le ciné pitchoun pour les petits. 

Quelle est la place du grand public ? 
Nous faisons entre 6000 à 7000 spectateurs. L’essentiel des entrées se fait au Vox et au Capitole MyCinewest à la fois sur les scolaires et les films grand public. Il y a aussi un nouveau concept, un film surprise. Le public doit venir dans une salle sans savoir quel film sera projeté. Personne ne sait quelle équipe de film sera présente. Et cette année nous avons associé Le Rivoli à Carpentras où il y aura aussi une programmation spécifique dans le cadre de Rencontres du Sud. 

Combien de professionnels seront présents à Avignon ?
Trois cents et onze équipes de films. Le point d’orgue c’est la présence pour Juste une illusion de Éric Toledano et Olivier Nakache avec Camille Cottin qui a été récemment la présidente des César. Ils viennent présenter au Vox le film pour les professionnels, et au Capitole MyCinewest le 18 mars pour le grand public. Éric et Olivier étaient en avril 2009 au Capitole Studios au Pontet pour l’ouverture et l’inauguration du cinéma avec Tellement proche, leur 2e film avec Omar Sy et François-Xavier Demaison. 

Juste une illusion est dans la compétition ?
Non mais le duo Toledo Nakache est très emblématique pour le Capitole MyCinewest, pour notre public et les exploitants. Le film devait sortir le 15 octobre et en fait ils l’ont ramenés au 15 avril 2026. C’est pour cela que nous l’avons eu. Justement Gaumont y croit énormément et veut faire participer les exploitants. Il y a d’autre part La corde au cou, un film très fort de Gus Van Sant qui est dans la compétition. Cela me paraît être un temps fort. 

Autre grand moment, les Victoires ? 
En fait cette cérémonie a été créée par Claude Damianthe et Frédéric Perrin. François Aymé sera le président du jury formé de professionnels : Laura Roupioz directrice du cinéma Les Toiles du Lac à Aix-les-Bains, Priscilla Schneider directrice du cinéma Quai des Lumières à Frontignan, Philippe Wernert directeur du complexe loisirs Megarex à Haguenau, et Nicolas Charret, directeur des ventes chez UGC Distribution.  Le prix des montreurs d’images sera dévoilé ainsi que le prix des lycéens de Philippe de Girard. Un hommage sera rendu à François Aymé et à Claude Damianthe.

Des figures majeures ?
François Aymé est un très bon exploitant à Pessac en Gironde et un documentariste reconnu. Il a été président plusieurs années de l’association française des cinémas art et essai (AFCAE). Il a soutenu tout ce mouvement pendant les années difficiles du covid. C’est une personne importante dans le métier. Il est aussi un réalisateur reconnu de documentaires. Il avait fait un documentaire sur Chaplin qui avait été présenté aux Oscars. C’est passé il n’y a pas longtemps sur Arte. On a vu une émission sur France 3 sur sa famille où il y avait cinq frères dont son père qui ont tous fait la guerre d’Algérie.

Et Claude Damianthe ?
Il est décédé en décembre 2025. Un personnage d’exception qui a été président d’honneur des Rencontres du Sud. Il s’est occupé des Victoires du cinéma et a été un très grand distributeur de films, aux Artistes Associés, chez Parafrance, puis AAA (Acteurs et Auteurs Associés). Il a distribué Trois hommes et un couffin, d’autres films qui ont marqué leur époque et le prodigieux La porte du paradis de Michael Cimino qui n’avait pas fait un grand résultat mais que maintenant on considère comme un des plus grands films des 40 dernières années. On a toujours dit que Claude allait nous manquer.

Avez-vous amené des nouveautés cette année ?
Nous avons associé Le Rivoli à Carpentras où il y aura aussi une programmation spécifique dans le cadre des RdS. On veut rejaillir sur l’ensemble du département. Nous avions déjà fait des avant-premières de films dans le cadre des Rencontres au Rivoli et à la Cigale à Cavaillon, mais cette année Florence et Alice Passlacqua sont totalement intégrées et il y aura plusieurs avant-premières avec le label ‘Rencontres du Sud’. On étend notre développement. L’an prochain cela sera peut-être aussi à Cavaillon.

Cavaillon où un cinéma a fermé…
Cavaillon avait trois cinémas, le Fémina, la Cigale, le Paradiso, tous gérés par Éric Tellenne. Il a dû fermer le Fémina qui comprenait trois salles. Une concurrence s’est faite suite à l’ouverture en 2024 d’un cinéma à l’Isle-sur-la-Sorgue les deux villes n’étant distantes que de dix km. Quand il y a un cinéma qui ouvre à côté forcément il prend des parts de marché. Il faut faire attention quand on développe des cinémas dans des zones où d’autres salles sont assez proches. De plus les chiffres ont été mauvais l’an passé au niveau national. On est tombé en 2025 à 157 millions d’entrées alors qu’on faisait 181 millions en 2024 et 205 millions d’entrées en 2019.

Êtes-vous soutenus pour cette manifestation culturelle ?
Les institutions nous ont soutenus dès le départ, et à fortiori maintenant que notre manifestation culturelle a pris une belle ampleur. Les institutions sont là pour nous aider, notamment la Région, le Département, le Grand Avignon, la mairie d’Avignon mais aussi celle du Pontet. Nous sommes appréciés et soutenus par tous les institutionnels. Nous avions aussi encore l’an passé l’aide de la CCI de Vaucluse.

C’est votre dernière présidence ?
Oui. Je pense que c’est nécessaire de transmettre. Cela fait plus de 15 ans que je m’occupe des Rencontres du Sud avec une équipe extraordinaire : Laurence Lega, notre directrice générale, Jimi Andreani, Jean-Paul Enna, Fanny Dulau, Emmanuel Luc, Christian Dupré qui s’occupe maintenant du Capitole, Laurent Demangeon, et Marie-Paule Ebert. J’ai vécu de belles choses avec cet évènement que j’ai vu monter en pression, avec des années plus difficiles et des moments emblématiques pour tous les exploitants. Mais il faut savoir transmettre.

Qui va vous succéder ?
Cela devrait être Frédéric Perrin, actuel vice-président et exploitant au Prado à Marseille. Il a l’intelligence, l’aisance, la culture pour faire perdurer cet évènement et le faire évoluer. Mais il faut attendre le vote du conseil d’administration. Souvent on croit qu’on est là ad vitam æternam. Il faut relancer pour que des personnes qui ont une autre vision aillent plus loin et amener d’autres choses.

Si vous deviez retenir un moment qui vous a marqué ? 
Pour ma part j’ai vécu à travers ces Rencontres pas mal de moments extraordinaires. Je retiens ce moment unique quand Viggo Mortensen est venu présenter son film. Il est allé à la Mirande, au Vox, à la CCI. C’est un monsieur qui a une dimension internationale et qui a marqué l’histoire du cinéma mondial. Cette rencontre exceptionnelle nous a donné une aura. Je pense que j’ai fait un travail suffisant avec des points d’ancrage exceptionnels pour cet évènement et pour les exploitants.

Avez-vous une anecdote ?
J’avais dit à Cécile Helle, maire d’Avignon qui nous a beaucoup aidés pour les Rencontres, que si elle arrêtait la mairie, j’arrêtais de présider les Rencontres du Sud. Pour le coup je tiens une sorte de promesse qui est sympathique. Mais aussi je veux m’impliquer d’une manière plus importante au sein de la Fédération Nationale des Cinémas Français (FNCF). Je suis président du syndicat régional du Cinéma Français. J’aimerais avoir des responsabilités plus importantes au sein de la Fédération Nationale.

Restez-vous optimiste pour le cinéma en France en 2026 ? 
Après une année 2025 en berne (159 millions d’entrées en France contre 180 millions en 2024 et 205 millions en 2019) nous avons eu beaucoup d’inquiétude. Mais là depuis novembre-décembre 2025 avec des blockbuster comme Avatar ou La femme de ménage et des films français de qualité comme L’affaire Bojarsky, Le mage du Kremlin ou Le Marsupilami, on sent vraiment qu’il y a une reprise. Des films porteurs qui amènent plus de public en salle. Le problème vient de l’offre. Quand les films sont là, le public vient.

Les plateformes font mal ?
On oppose toujours les plateformes et le cinéma. Ces dernières travaillent essentiellement sur des séries. Quelquefois elles font des films de qualité comme le Frankenstein de Guillermo del Toro sur Netflix, et là elles nous prennent des entrées c’est une évidence. Mais d’un autre côté leurs cibles c’est vraiment les séries. Notre début d’année est très bon, et avec les perspectives et les projections du Centre National du Cinéma, on espère remonter avec un deuxième semestre très fort à plus 185 millions d’entrées.

Et votre souhait de création de studios de cinéma à Avignon ?
C’est un sujet très fort mais il faudrait que le politique soit d’accord pour développer ce projet là. On peut le faire mais il faut des hectares de terrain et des accords peut-être dans le cadre de plan 2030 du CNC. Le projet est toujours dans l’esprit de nos responsables. J’espère qu’il reviendra sur la table après les élections. En attendant il y des studios à Martigues et à Montpellier. L’avantage à Avignon c’est qu’on est à 2h40 de Paris, qu’il y a beaucoup de tournages dans la région et que les terrains sont là. Cela serait aussi en total complémentarité avec le théâtre. Les décors de théâtre et de cinéma pourraient être stockés dans les différents studios. 

Vous investissez-vous encore dans la production ?
Je devais. J’étais sur la reprise de 20% des films du Kiosque mais pour le moment on est un peu à l’arrêt. Je regrette. Je sais que dans le département nous avons accueilli le film d’Agnès Jaoui, L’objet du délit. Il y a d’autres films en perspective, notamment celui de Vincent Perez qui pourrait m’intéresser. Un film qui pourrait être tourné dans la Cour d’Honneur du palais des papes en septembre prochain…

Quel genre ?
Il y aurait une thématique entre la réalité théâtrale et la réalité tout court. Tout n’est pas encore en place.  Il reprendrait à l’époque où Patrice Chéreau tournait dans le Cour d’Honneur en même temps que son père est en train de mourir. Vincent Perez sera présent aux Rencontres du Sud. C’est un projet qui est vraiment très fort, qui pourrait être complémentaire d’autres sites dans la région.

Propos recueillis par Jean-Dominique Réga


Les Rencontres du Sud reviennent en Vaucluse pour une 14e édition

‘Le syndrome d’Ulysse’ entre l’Europe, l’Afrique et l’Amérique

Une troupe de saltimbanques s’engage dans un véritable cabaret musical et théâtral autour d’une relecture de l’Odyssée. Ulysse l’éternel voyageur : Conquérant ou migrant ? Dans ce nouveau monde plus vaste que la Méditerranée, les nouveaux dieux ont inventé le passeport, internet, l’intelligence artificielle…Alors à quoi rêve Ulysse ? Y a-t-il encore un peu de place pour la poésie, pour l’utopie ? 

À quelques jours de la première, rencontre avec le directeur du Théâtre du Balcon, Serge Barbuscia, auteur, metteur en scène et interprète du ‘Syndrome d’Ulysse’

Syndrome d’Ulysse ? Mais quelles est donc cette nouvelle maladie ? « C’est la maladie des exilés, des migrants. Ça touche énormément de gens, à des niveaux plus ou moins importants. C’ est la maladie des personnes qui sont dans un endroit où ils ne sont pas nés, ils n’arrivent pas à s’adapter à l’endroit où ils sont arrivés, et en même temps, ils n’ont plus la possibilité de retourner d’où ils viennent. Ils se retrouvent dans une espèce de dépression et surtout d’une perte de leur identité. Fils d’émigrés, ça me concerne. J’ai eu envie d’en faire  une épopée poétique et musicale. J’ai repris, au pied de la lettre l’Ulysse d’Homère, et je me suis demandé comment ce Ulysse écrit et imaginé il y a 3000 ans par Homère, ce qu’il serait dans le monde d’aujourd’hui. »

Votre parti pris pour la mise en scène ? 

« De l’humour d’abord car même si on vit dans un monde en plein désarroi, même si on est tous en sidération sur tout ce qui se passe, je ne voulais pas en faire un spectacle donneur de leçons. C ‘est un spectacle qui parle de l’humain. Je suis un artiste, donc je ne donne aucune réponse au monde, mais par contre, je le questionne. On sort de là je pense avec beaucoup d’enthousiasme, d’énergie. Je parle de l’humanité, de la naissance de la philosophie, du sport (les Jeux Olympiques sont nés en même temps que L’Odyssée d’Homère) de la politique. »

Le voyage de ce spectacle écrit avec Ali Babar

« J’avais ce projet dans ma tête depuis très longtemps, parce que je pense que ma maman chanteuse bien que formidable artiste, avait le syndrome d’Ulysse. Je suis né en Tunisie, on est d’origine sicilienne on a vécu l’immigration, la crise d’identité. Donc j’avais ça dans la tête, mais je me suis dit, est-ce qu’aujourd’hui, le mythe d’Ulysse, se place uniquement en Méditerranée ? Ce n’est plus possible aujourd’hui, en 2026, d’imaginer Ulysse seulement dans la Méditerranée, le monde s’est ouvert, le Nouveau Monde est arrivé, et donc j’ai voulu vraiment l’imaginer sur tous les continents. 

J’ai décidé d’écrire avec Ali Babar-Kenja, qui est un poète et un chercheur en sociologie, qui a beaucoup travaillé sur les thèmes de l’esclavage. On a écrit ensemble en Martinique, invité par l’Organisation du Tourisme des Caraïbes (OTC), ensuite on est parti au Sénégal, où il y a eu tout un travail fait avec  le festival de Casamance, où on ira d’ailleurs jouer le spectacle. On a fait une première lecture au Festival 2025 dans le cadre du Souffle d’Avignon au Palais des Papes. »

Un théâtre musical

« La musique est un langage permanent dans le spectacle. On parle en musique, on parle dans la musique, on chante et ça démarre par un chant de femme, c’est un hommage à ma mère qui était chanteuse opéra mais aussi aux sirènes de la mythologie ? J’ai imaginé un  piano au milieu d’autres instruments avec l’idée que le spectacle parle, se décompose et se recompose à l’intérieur de la musique et une troupe de saltimbanques questionnant joyeusement le monde. »

Un bel équipage convaincu par cette épopée moderne

Pour Serge Barbuscia, il n’est pas question de casting mais de rencontres et surtout de personnes convaincues par le projet avec envie de le partager et d’apprendre l’un de l’autre. « Je crée un équipage en quelque sorte. Avec le comédien sénégalais Bass Dhem,  ça a été un coup de foudre immédiat, j’ai pensé aussi immédiatement à Aïni Iften avec qui j’avais déjà travaillé ( Chants d’exil), l’accordéoniste Jérémy Bourges s’imposait aussi ainsi que la musicienne Théodora Carla, remarquée dans le spectacle de Pierre Rabhi ‘La confession d’un colibri’. »

Un spectacle né du voyage… pour voyager

La pièce sera jouée au Luxembourg (la pièce est coproduite par le le Théâtre National du Luxembourg) au  Sénégal dans le cadre du  festival de Casamance, il y a la Corse et évidemment en Caraïbes. C’est un spectacle francophone mais la musique étant un véritable langage, il peut être vu partout dans le monde. Il y aura aussi l’invitation aux scolaires avec des « bords-plateaux » que Serge Barbuscia affectionne. Et évidemment il sera présent à Avignon Off 2026. 

Jeudi 12 mars. 20h. Vendredi 13 mars. 20h. Samedi 14 mars. 20h. Dimanche 15 mars.16h. Vendredi 20 mars. 20h. Samedi 21 mars. 20h. Dimanche 22 mars. 16h. 5 à 23€. Théâtre du Balcon – Cie Serge Barbuscia – Scène d’Avignon. 38 rue Guillaume Puy. Avignon. 04 90 85 00 80 / contact@theatredubalcon.org


Les Rencontres du Sud reviennent en Vaucluse pour une 14e édition

À Avignon, la cheffe italienne Italia Palladino et son compagnon Davide Vozzo ouvrent une nouvelle page de leur aventure culinaire. Depuis février 2026, leur restaurant Italie Là-Bas se réinvente au cœur de la Collection Lambert, 5 rue Violette dans l’intramuros d’Avignon, avec un concept inédit, Italie Là-Bas [Ré] pour renaissance. Entre gastronomie italienne contemporaine, dialogue avec l’art et produits du terroir vauclusien, la table propose une expérience où cuisine et création se répondent dans un lieu emblématique de la scène culturelle avignonnaise.

Peu d’adresses incarnent aussi naturellement le dialogue entre culture et gastronomie que celle imaginée par Italia Palladino. Installé depuis le 20 février dans l’écrin de la Collection Lambert, musée d’art contemporain fondé en 2000 par le galeriste Yvon Lambert, le restaurant Italie Là-Bas [Ré] entend prolonger l’esprit du lieu : un espace où les disciplines se rencontrent et où la tradition se transforme.

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Une cuisine en conversation avec l’art
Dans les hôtels particuliers de Caumont et de Montfaucon, où se croisent les œuvres d’artistes majeurs comme Cy Twombly, Anselm Kiefer ou Christian Boltanski, la cheffe Italia Palladino propose une cuisine pensée comme un geste artistique. « La tradition ne consiste pas à vénérer les cendres, mais à transmettre le feu », rappelait le chef italien Massimo Bottura. Une maxime qu’Italia Palladino revendique volontiers pour définir son approche : respecter les racines sans jamais les figer avec une préférence pour les produits de la mer, l’alliance Terre-mer et les légumes aux gouts magnifiés « . Pour cela la cheffe bannit la surenchère d’ingrédients coupables de masquer l’essentiel et poursuit ses recherches sur la cuisine healthy : sans gluten, végétarienne ou encore vegan. D’ailleurs, même les pains sont faits ‘maison’.

Une signature culinaire née entre Naples et Avignon
Arrivés en Provence il y a 14 ans -elle de Naples, lui de Rome- Italia Palladino et Davide Vozzo se sont rapidement imposés dans le paysage gastronomique local alors même qu’ils ne parlaient pas français et proposaient une cuisine italienne peu ou mal connue car, oui, « les pates et le rizotto se servent al dente et non, la crème fraiche n’a rien à faire dans la carbonara où d’ailleurs le jaune d’œuf ne parait pas puisque qu’il participe à l’émulsion de la sauce ». Autre chose ? « Oui ! La pizza ne se consomme que dans une pizzeria qui d’ailleurs ne propose aucun autre plat et encore moins de desserts, au mieux un café ! » sourit Italia Palladino qui est bien femme à remettre l’église au milieu du village. Leur premier restaurant, ouvert rue Bancasse en 2012, ‘Italia là-bas’ aura d’ailleurs rejoint le Guide Michelin deux ans plus tard, confirmant l’originalité d’une cuisine italienne moderne et exigeante dans une France, qui à l’époque n’avait qu’une vague notion de ce que la cuisine italienne voulait dire.

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Des beaux-arts à la gastronomie
Formée aux Beaux-Arts puis graphiste pour la télé, l’équivalent de Canal + en Italie où elle rencontrera son compagnon Davide Vozzo avant de se consacrer à la gastronomie sous la houlette de Maurizio Bosotti, la cheffe conserve de son parcours artistique une méthode singulière : chaque plat naît d’un croquis, souvent aquarellé, où couleurs et volumes sont pensés avant même la préparation en cuisine. Cette approche graphique donne à l’assiette un équilibre visuel et sensoriel particulier, où dominent les produits bruts et les accords lisibles. D’ailleurs Delphine Riffard, artiste avignonnaise a dessiné sur la grande table de l’entrée des assiettes en trompe l’œil ornés de poissons plus vrais que nature, tandis que la vaisselle aux couleurs vive de la cote amalfitaine transporte les mets les plus raffinés des lieux.

L’alliance des terroirs italiens et provençaux
La nouvelle carte 2026 revendique cette identité une forte présence végétale, des clins d’œil à Naples et à la côte Amalfitaine, des associations audacieuses mais toujours intelligibles. L’antipasto, pièce maîtresse de la tradition italienne, y devient une véritable composition collective où textures et couleurs dialoguent. Si la cuisine d’Italia Palladino reste profondément italienne, elle s’ancre désormais plus que jamais dans le territoire vauclusien. Autour d’Avignon, la cheffe travaille avec des producteurs locaux, comme la ferme de la Reboule, des poissonniers du Grau du roi, avec lesquels elle a noué, au fil des années, une véritable relation de confiance.

Crédit photo Studiobeautemps

Des circuits courts et exigents
On retrouve ainsi dans ses assiettes les légumes des fermes environnantes, les truffes de la maison Plantin ou encore certaines pièces de viande comme le Fin Gras du Mézenc. Ces produits provençaux côtoient des ingrédients emblématiques d’Italie : fromages Beppino Occelli du Piémont, charcuteries lombardes d’Oggiono ou huile d’olive artisanale de Poggio Santa Maria.

Une cave transalpine
La cave poursuit le même dialogue transalpin. Plus de cinquante références italiennes y sont proposées, du Barolo Riserva au Brunello di Montalcino Biondi-Santi, mais aussi des vins issus de régions encore confidentielles comme les Abruzzes ou certaines zones de Campanie. Ancien journaliste et rédacteur en chef de la presse écrite et télévisuelle nationale, loin de la pression et des dead line, Davide Vozzo orchestre le service comme une mise en scène où l’accord mets-vins devient un véritable récit.

Une table vivante au cœur de la Collection Lambert
Dans ce lieu patrimonial où aucune modification structurelle n’est possible, le couple a imaginé une scénographie légère faite de mobilier autonome, de couleurs méditerranéennes et de jeux de lumière. La terrasse pavée, qui invite entre 40 et 50 convives, évoque, elle, les déjeuners à l’ombre de platanes centenaires qui enchantent la cour du musée tandis que l’intérieur, avec ses 30 couverts, dialogue avec l’architecture de pierre. Italia Palladino et Davide Vozzo proposent également le restaurant bistronomique ‘Café Roma’, depuis novembre 2019, 4 rue des escaliers Sainte-Anne, quartier la manutention à Avignon. la cheffe y est secondé avec talent par Clément Bouvot qui, fidèle à ses enseignements, invite les avignonnais et leurs amis au brunch du dimanche matin, toujours sur réservation, à partir de 11h30 jusqu’à 14h30.

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La culture comme une ouverture de l’âme
Italie Là-Bas [Ré] entend également participer de cette table un prolongement naturel de l’effervescence artistique de la Collection Lambert. Une manière, pour les plus Avignonnais des Italiens, de continuer à faire dialoguer deux cultures qui partagent la même passion du goût et de la création. Italia Palladino donne des cours de cuisine tous les dimanches matins, à partir de 9h30, 100€ suivi du repas pris en commun auquel peuvent se joindre les invités des apprenants (60€) à partir de 13h. Inscription sur le site internet.

Infos pratiques
Ouverture du restaurant Italie Là-Bas [Ré] à la Collection Lambert depuis le 20 février. Ouvert du mercredi au samedi et certains dimanche pour les cours de cuisine ici. Réservation obligatoire 04 86 81 62 27.Collection Lambert, 5 rue Violette, 84000 Avignon. info@italielabas.fr www.italielabas.fr Instagram : Italie Là-Bas [Ré]
Mireille Hurlin

I


Les Rencontres du Sud reviennent en Vaucluse pour une 14e édition

Pas de temps pour souffler ! Après le festival des Hivernales qui a rempli les salles et les promesses, le Centre de Développement Chorégraphique National (CDCN) reprend sa vitesse de croisière et ses rendez-vous mensuels. Artiste en résidence, Christian Ubl propose deux ateliers et une rencontre cette semaine.

Un rendez-vous mensuel ouvert aux professionnels de la danse, du théâtre, du cirque et du mouvement

Christian Ubl propose un cours basé sur son langage scénique, influencé par diverses techniques contemporaines et chorégraphes : conscience des appuis en rapport avec la colonne vertébrale, du poids, des sensations et un rapport à l’espace et au groupe précis. Le cours se concentrera sur la dynamique et la densité d’un enchaînement en lien avec la musicalité, la personnalité et l’endurance nécessaires pour le déroulement proposé. Des moments d’improvisations corporelles et vocales feront aussi partie de l’exploration. Les participants seront progressivement conduits à transposer la qualité de leurs mouvements et celle de l’écriture proposée vers une seule matière et présence.
Mardi 10 mars. 10h00 à 11h30. Réservation : accueil@hivernales-avignon.com

Ébauche de ‘What Did You Expect ?’ présenté lors du Off 2026

Cette rencontre mensuelle autour d’un artiste permettra de découvrir un extrait du travail en cours de Christian Ubl, en résidence au CDCN actuellement pour son projet ‘What Did You Expect ?’. ‘What Did You Expect ?’ explore la théorie du chaos, l’effet papillon et les liens invisibles qui nous relient, qu’ils soient physiques ou mentaux. Avec humour, jouant des époques et des espaces-temps, Christian Ubl et Kurt Demey questionnent les notions de choix et de déterminisme. Que ce serait-il passé si…? Un duo danse/mentalisme teinté de rose, qui – avec délectation – brouille les pistes entre la cause et la conséquence, l’objet et le sujet, et dont la magie émanera des spectateurs eux-mêmes…
Jeudi 12 mars. 19h. Entrée libre sur réservation. accueil@hivernales-avignon.com / 04 90 82 33 12.

Atelier magie et danse

Débutants danseurs amateurs ou expérimentés, cet atelier s’ adapte à tout niveau et  donne l’occasion de partager  l’univers de Christian Ubl. En lien avec ‘What Did You Expect’ : la magie et la danse ont ceci de commun qu’elles convoquent le mouvement et qu’elles en jouent en appliquant des gestes précis, parfois répétitifs, souvent rythmés, plus au moins organiques ou sophistiqués, voire même parfois assez techniques. Christian Ubl nous invite à un temps d’exploration de ces deux disciplines mélangées et propose de nous dévoiler et transmettre quelques aspects de la chorégraphie millimétrée construite autour de l’effet papillon et de la théorie du chaos…
Samedi 14 mars. 10h à 12h. 7€ + Adhésion annuelle de 7 € obligatoire (année civile).


Les Rencontres du Sud reviennent en Vaucluse pour une 14e édition

Le directeur de La Criée ravive La Leçon de Ionesco.

Écrite en 1950 par Eugène Ionesco, classée dans la catégorie théâtre de l’absurde, La Leçon retrouve une modernité terrifiante dans la mise en scène et l’interprétation de Robin Renucci. Dérision, absurde, humour noir tous les qualificatifs pour ce huis clos oppressant sont toujours d’actualités mais trouvent une résonance glaçante avec les autoritarismes et violences sexistes de notre XXIe siècle , bien au delà d’un simple pourvoir professoral. 

L’élève et le professeur

Dans ce texte écrit en 1950, le savoir est imposé. Un professeur reçoit une élève. Lui est d’abord  excessivement poli et très timide, tandis qu’elle, est  bien vivante, gaie et dynamique précise Ionesco dans la mise en scène de 1951. Mais à mesure qu’il l’interroge sur la géographie, l’arithmétique, la linguistique, l’homme entre dans un délire langagier qui devient instrument de torture. La jeune fille est chosifiée, manipulée, abusée et finalement anéantie. C’est ce que Robin Renucci désigne aussi par « l’emprise des cerveaux. »

Message à la jeunesse 

La Leçon s’inscrit dans  la programmation du Théâtre de la Criée – que dirige Robin Renucci depuis 2025 – qui se présente comme une Maison du Peuple et des Langages, ceux ci pouvant être dominateurs ou émancipateurs. Il y avait pour lui une urgence de mettre en scène La Leçon afin d’alerter la jeunesse sur la vigilance à avoir, même dans les lieux de transmission, sur le pouvoir du langage qui peut tuer. 

Mise en scène : Robin Renucci
Avec Christine Pignet, Robin Renucci, Inès Valarcher
Dramaturgie : Louise Vignaud
Scénographie : Samuel Poncet
Création lumière : Sarah Marcotte
Création son : Orane Duclos
Costumes : Jean-Bernard Scotto
Production : La Criée – Théâtre National de Marseille 

Mardi 10 mars. 20h. 17 à 27€. Théâtre du Chêne Noir. 8 bis Rue Sainte-Catherine. Avignon. 04 90 86 74 87 / contact@chenenoir.fr


Les Rencontres du Sud reviennent en Vaucluse pour une 14e édition

Le Centre Hospitalier d’Avignon et le groupe CDC Habitat ont signé une convention destinée à faciliter l’accès au logement des personnels hospitaliers. Ce partenariat vise à proposer aux soignants des logements proches de leur lieu de travail et à loyers maîtrisés. Un levier devenu stratégique pour attirer et fidéliser les professionnels de santé en pleine crise du logement.

Face aux difficultés croissantes de recrutement et de fidélisation dans le secteur hospitalier, la question du logement s’impose désormais comme un facteur déterminant. À Avignon, le Centre Hospitalier a choisi d’agir en amont en signant un partenariat avec CDC Habitat, acteur majeur du logement d’intérêt public, afin de faciliter l’accès de ses personnels à des logements adaptés et situés à proximité de leur lieu d’exercice. 

Le logement, nouvel enjeu de l’attractivité hospitalière
Ce dispositif permettra aux agents hospitaliers d’accéder aux logements issus du parc locatif du groupe, répartis à Avignon et dans les communes environnantes. L’offre proposée couvrira plusieurs segments tels que le logement intermédiaire, abordable ou libre et de s’adapter aux situations familiales, aux ressources et aux besoins des professionnels de santé. L’objectif ? Réduire les contraintes quotidiennes liées au logement, limiter les temps de trajet et améliorer la qualité de vie des équipes hospitalières.

Une réponse à la tension immobilière
Concrètement, dans de nombreux territoires, les établissements hospitaliers font face à une concurrence accrue pour attirer les professionnels de santé. Le coût du logement et l’éloignement des lieux d’exercice peuvent constituer des freins à l’installation, notamment pour les jeunes praticiens, infirmiers ou personnels paramédicaux. En facilitant l’accès à des logements proches et à loyers maîtrisés, le partenariat entre le Centre hospitalier d’Avignon et le bailleur CDC Habitat s’inscrit dans une démarche plus large visant à renforcer l’attractivité du territoire.

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Développer l’offre locative
« Faciliter et garantir l’accès à notre offre locative aux travailleurs clés fait partie de nos engagements afin qu’ils puissent se loger dans de bonnes conditions et à proximité de leur lieu de travail », souligne Pierre Fournon, directeur interrégional Provence-Alpes-Côte d’Azur et Corse de CDC Habitat. 

Un impact direct pour l’employeur
De son côté, Pierre Pinzelli, directeur du Centre Hospitalier d’Avignon, insiste sur l’impact direct de cette initiative : permettre aux collaborateurs « d’accéder à des logements proches, abordables et adaptés à leurs besoins » et renforcer ainsi la capacité de l’établissement à attirer et fidéliser les talents hospitaliers. 

Deux acteurs majeurs au service du territoire
Filiale de la Caisse des Dépôts et opérateur de la Banque des Territoires, CDC Habitat gère actuellement plus de 563 000 logements en France, couvrant l’ensemble de l’offre résidentielle : logements sociaux, intermédiaires, résidences étudiantes ou seniors, accession sociale à la propriété ou encore programmes à prix maîtrisés. 

3 600 professionnels
Le Centre Hospitalier d’Avignon, quant à lui, constitue le premier acteur de santé du Vaucluse. Établissement support du Groupement Hospitalier de Territoire, il rassemble 13 établissements publics, dispose de 1 005 lits et places et emploie près de 3 600 professionnels dans plus de 100 métiers, pour un budget annuel avoisinant 400M€. L’hôpital est par ailleurs engagé dans un vaste programme de modernisation baptisé Terrah 2030, représentant un investissement d’environ 150M€, destiné notamment à développer les capacités en réanimation, urgences et dialyse.

Une politique globale d’accompagnement des soignants
La convention signée avec CDC Habitat s’inscrit dans une politique plus large menée par le Centre Hospitalier d’Avignon pour accompagner ses équipes dans leur installation sur le territoire. Au-delà des questions de logement, l’établissement mise sur un important programme de travaux d’extension et de modernisation de ses infrastructures, le développement de l’offre de soins, la recherche et l’innovation pour renforcer son attractivité.
Mireille Hurlin


Les Rencontres du Sud reviennent en Vaucluse pour une 14e édition

Avec ce merveilleux titre ‘Je t’aime plus loin que toit’, le metteur en scène Olivier Lopez nous propose une mise en abyme d’un couple traversé par ses désaccords.

Depuis plus d’un an, un travail d’improvisation et d’écriture au plateau est mené avec Valentine Gérard et Fabrice Adde. Les acteurs amènent des textes, des envies, des obsessions, traversent différents auteurs et construisent progressivement un récit. Cette construction collaborative place l’acteur et l’actrice au cœur de la recherche d’Olivier Lopez, directeur de la Cité Théâtre qui conçoit la scène comme un lieu de turbulences et de bouleversements.

L’affrontement intime d’un couple

Fabrice et Valentine sont un couple d’artistes à la vie comme à la scène. Ils voulaient faire un spectacle puissant, moderne et engagé mais nos artisans contemporains sont instables, sensibles et profondément inadaptés. Lui sera le metteur en scène, elle la muse, la dramaturge. Mais très vite, les intentions se heurtent à l’épreuve du plateau. Ils ne sont d’accord sur rien : il a des idées, elle des sentiments. Il veut donner des conseils sur le couple, elle veut se relier à la nature. Il théorise, elle ressent. Les personnages de Fabrice et Valentine, à la fois proches des interprètes et entièrement imaginés, se retrouvent à s’expliquer, à se raconter, à trouver ensemble une issue.

Texte : Valentine Gérard, Fabrice Adde, Olivier Lopez
Avec Valentine Gérard et Fabrice Adde
Mise en scène et création lumière : Olivier Lopez / Régie : Nikita Haluch

Samedi 7 mars. 20h. 5 à 23€. Théâtre des Halles. Rue du Roi René. 04 32 76 24 51.


Les Rencontres du Sud reviennent en Vaucluse pour une 14e édition

L’École Supérieure des Arts du rire (ESAR), située à Avignon, organise une journée portes ouvertes ce samedi 7 mars.

Installée dans les locaux de la Scala Provence à Avignon depuis 2024, l’ESAR organise sa première journée portes ouvertes ce week-end avec le soutien du comédien et acteur Mehdi Djaadi.

Au programme : découverte de l’école et de sa formation, visite des locaux et atelier de théâtre, et le clou du spectacle, une soirée stand-up animée par les élèves de 1re année. De quoi vivre une véritable expérience immersive.

Samedi 7 mars. 16h. Entrée libre et gratuite. La Scala Provence. 3 Rue Pourquery de Boisserin. Avignon.


Les Rencontres du Sud reviennent en Vaucluse pour une 14e édition

Porté par une dynamique économique de plus en plus diversifiée, le Vaucluse confirme sa montée en attractivité auprès des investisseurs internationaux. Entre 2020 et 2025, le nombre de projets d’implantation y a été multiplié par près de trois. Cette progression s’inscrit dans un mouvement plus large qui voit la région Provence-Alpes-Côte d’Azur attirer 166 projets étrangers en 2025, représentant plus de 3 300 emplois.

Longtemps en retrait par rapport aux grandes métropoles régionales, le Vaucluse voit aujourd’hui son attractivité économique progresser de manière tangible. Selon VPA (Vaucluse Provence attractivité), l’agence de développement économique du Conseil départemental de Vaucluse, et Rising Sud, l’agence de développement économique du Conseil régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur, sur la période 2020-2025, le nombre de projets d’investissements étrangers recensés dans le département a été multiplié par environ 2,7, traduisant une montée en puissance progressive du territoire dans les stratégies d’implantation des entreprises internationales. 

Le Vaucluse s’installe progressivement sur la carte des investisseurs étrangers
Cette évolution reste marquée par des projets de taille variable. L’année 2023 constitue un point culminant, avec 419 emplois équivalent temps plein générés notamment par deux implantations majeures : CGI à Avignon et Newcleo, deux projets à forte intensité d’emplois, accompagnés intensivement par VPA, qui ont fortement marqué le bilan départemental. Depuis, la tendance s’oriente vers des projets plus nombreux mais de dimension plus modeste, illustrant un élargissement progressif du tissu économique local.

Une diversification progressive des activités
Historiquement ancré dans les activités liées au BTP et aux matériaux de construction, le Vaucluse voit désormais émerger de nouveaux secteurs d’implantation. L’année 2025 illustre cette évolution avec des projets dans l’agroalimentaire, les éco-activités ou encore les industries graphiques. Parmi les exemples récents figure l’implantation de la société canadienne Ease Environmental, spécialisée dans le traitement des déchets médicaux, qui a choisi Vaison-la-Romaine pour installer un atelier industriel destiné à conquérir les marchés européens et africains. Un autre projet vauclusien accompagné avec succès par VPA.

Les pays des investisseurs
Le bilan départemental montre également une diversité croissante des investisseurs, provenant notamment des Pays-Bas, de Belgique, d’Italie, du Canada, de Tunisie ou encore du Japon, confirmant l’ouverture internationale progressive du territoire. 

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Une dynamique portée par l’attractivité régionale
Cette progression locale s’inscrit dans une dynamique plus large. Selon le dernier bilan publié par Business France, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur a accueilli 166 projets d’investissements étrangers en 2025, représentant 3 322 emplois créés ou maintenus. Dans un contexte national relativement stable : 1 878 projets recensés en France pour 47 734 emplois, la région capte près de 10% des investissements étrangers réalisés dans l’Hexagone. Plus remarquable encore, le Sud figure parmi les territoires où l’attractivité progresse le plus : +33% de projets par rapport à 2024 (ou +8% à périmètre constant) et +15,5% d’emplois.

Innovation, industrie et transition écologique
Plusieurs filières structurantes concentrent l’essentiel des investissements. La région attire notamment des projets technologiques de pointe, avec 13 implantations liées à l’intelligence artificielle et au cloud, représentant plus de 530 emplois. À Sophia-Antipolis, le groupe américain Kyndryl prévoit par exemple 300 recrutements dans le cadre de l’extension de ses activités. La santé constitue un autre secteur porteur avec 12 investissements, tandis que 36 projets s’inscrivent dans les objectifs du Plan climat régional, notamment dans les domaines de la décarbonation industrielle ou du recyclage.

Une porte d’entrée vers l’Europe
La région Sud confirme également son rôle de plateforme d’accès aux marchés européens. En 2025, 31 entreprises étrangères y ont choisi leur première implantation en France ou en Europe. Les investisseurs proviennent de 25 pays différents, avec en tête l’Allemagne (28 projets), suivie de l’Italie (20 projets). Les États-Unis restent toutefois les premiers investisseurs dans les projets à forte valeur ajoutée. Le Royaume-Uni et le Danemark complètent ce classement, tandis que le Canada maintient une présence régulière. Autre signe d’ouverture : la région demeure la première destination française des investissements africains, avec 10 projets, dont plusieurs entreprises tunisiennes.

Des territoires qui tirent profit de cette attractivité
Si les grandes métropoles concentrent encore près de 65% des implantations, la dynamique tend progressivement à irriguer l’ensemble du territoire régional. Pour des départements comme le Vaucluse, cette évolution constitue un levier important de diversification économique. L’enjeu est désormais de transformer cette montée en visibilité en implantations durables, créatrices d’emplois et d’innovation, capables de renforcer l’écosystème local. Alors que la compétition internationale croît entre territoires, la capacité à attirer ces investissements demeure un indicateur clé de vitalité économique.

Le Vaucluse en chiffres
Entre 2020 et 2025, le département connaît une progression notable de son attractivité économique. le nombre de projets a été multiplié par 2,7 en cinq ans, avec un pic historique en 2023 via la création de 419 emplois équivalent temps plein ; Egalement l’on observe l’émergence de projets issus de 9 pays différents. Les secteurs représentés sont le commerce et la distribution, les dispositifs médicaux, l’automobile et les équipementiers, l’agroalimentaire, les logiciels et services informatiques, le BTP et les matériaux, les médias et industries graphiques, l’énergie et le recyclage. Plus précisément, les investisseurs proviennent notamment des Pays-Bas, de Belgique, d’Italie, du Canada, de Tunisie, d’Allemagne, du Japon, du Danemark et d’Espagne, confirmant l’ouverture internationale croissante du territoire. 

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Zoom sur Avignon et le Grand Avignon
Au sein du département, Avignon et son agglomération apparaissent comme l’un des pôles les plus visibles pour les investisseurs étrangers. La présence d’infrastructures logistiques majeures telles que l’autoroute A7, la gare TGV, la proximité du port de Marseille-Fos, d’un tissu universitaire et d’écosystèmes numériques émergents contribue à renforcer l’attractivité économique du territoire.

Deux implantations emblématiques
Deux implantations emblématiques ont particulièrement marqué les dernières années : CGI, acteur mondial du conseil et des services numériques, qui a installé un site à Avignon, rue Pierre Boulle avec une centaine d’emplois et Newcleo, entreprise innovante spécialisée dans les technologies nucléaires avancées, également implantée dans l’agglomération rue Petite Fusterie en intramuros d’Avignon.

Une nouvelle visibilité économique
Ces projets illustrent une évolution du profil économique local : au-delà des secteurs historiques liés au bâtiment ou à la logistique, le territoire attire désormais des activités technologiques et industrielles à forte valeur ajoutée. Cette diversification constitue un enjeu majeur pour le développement économique du bassin avignonnais, qui cherche à renforcer son positionnement dans les filières numériques, industrielles et environnementales.
Source : Rising Sud Région Sud ici. Zoom Département de Vaucluse ici.
Mireille Hurlin

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