30 septembre 2026 |

Ecrit par le 30 septembre 2026

Théâtre du Vieux Balancier, On a aimé Cœur sans écho

Lorca, poète du symbolisme et du surréalisme, dramaturge et metteur en scène, assassiné un 19 août 1936 à l’âge de 38 ans. Peut-être parce qu’il était homosexuel, socialiste ou juste pour cause d’inimité. Il a été dénoncé, abattu et enterré avec deux autres personnes, mais on ne sait toujours pas où. Pour ce festivla Off, Jean Leloup attire à lui l’âme du grand poète, le faisant renaitre pour une heure au Théâtre du Vieux balancier. Réjouissant.

Et pour nous faire découvrir ce grand lettré,
ce chercheur de la parole juste, Jean Leloup a mis en scène et joue quelques-uns des fabuleux poèmes de Lorca. Des dits minéraux, végétaux, la mort du torero. Son écriture est subtile et forte, sortie des tripes. Il plonge sa plume dans ses viscères et son sang pour dire toute l’intrication de l’âme avec le corps. Il relate une vie tour à tour légère, tourbillonnante, éclairante, puis grave, sombre et féroce.

La mise en scène interpelle qui propose de dérouler un film poétique
d’images choisies, d’un montage sur un voile tissé par d’anciennes vies portées par la brise du passé. Il évoque une défunte mémoire, incarnant les textes chers, et pour être fidèle à Lorca, use de l’espagnol comme du français. Son immense silhouette, sa voix à la fois douce et vibrante nous plonge dans le tourbillon de la vie. Jean Leloup prête son corps et son âme à l’écrivain qu’il sait habité des secrets d’une vie intense, à la marge, tel un chercheur libéré de toutes entraves.

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Lorca
Lorca dissèque les conditions de la vie, le peu de place fait à l’amour, la recherche de la beauté et du désir, le torero qui se jette dans l’arène, la mort, l’insurrection, la peur des autres et des armes. Son univers foisonnant touche à l’âme comme le verdugo (l’épée) le taureau, au moment de l’estocade. La parole acérée comme un scalpel est contrebalancée par le raffinement et la légèreté du montage vidéo. Le tout donne toute son ampleur à l’œuvre de Lorca portée avec talent et respect par Jean Leloup.

Jean Leloup
«Je suis comédien et metteur en scène depuis très longtemps. J’ai fait le Conservatoire et l’INSAS (Institut supérieur des arts du spectacle et des techniques de diffusion et de communication de la Fédération Wallonie-Bruxelles en Belgique). J’ai consacré 10 ans au piano et ai beaucoup travaillé la voix. J’ai d’ailleurs joué dans quelques comédies musicales : Cachafaz, Histoire extraordinaires de gens ordinaires, A rose is a rose. Cœur sans écho propose plusieurs plateaux sur la poésie puissante, métaphysique et philosophique de Lorca avec un complexe vidéo, un costume en évolution et danse au Théâtre de l’Epée de Bois. » Une création soutenue par le Printemps des poètes et le service culturel de l’ambassade d’Espagne.

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Grâce à eux
Cœur sans écho. Poésie de Frederico Garcia Lorca par la Compagnie de la Meute. Traduction interprétation et mise en scène de Jean Leloup. Assistant mis-en-scène Thomas Tai. Chorégraphies flamencas Georges Butler et Patricio Martin. Costumes Sarah Lormant. Création vidéo et animation Eva Escobar. Composition musicale Silvère Wong. Création lumière Marie-Jo Dupré.

Les infos pratiques
Cœur sans écho. Poésies de Frederico Garcia Lorca. Jusqu’au 21 juillet à 11h30. Durée 1h. Théâtre au Vieux balancier. 2, rue Amphoux à Avignon. Réservation 06 15 66 47 19. De 12 à 17€.


Avignon : que devient le dispositif de piétonnisation après le Festival?

Le 21 juin dernier, la Ville d’Avignon avait annoncé la piétonnisation de la Rue de la République durant son célèbre Festival. Une mesure qui pouvait se prolonger après la fin de ce dernier. Ainsi, les conditions de circulation vont évoluer dans le quartier Banasterie et ses abords afin de renforcer l’apaisement du centre-ville.

Dès le lundi 22 juillet, après la frénésie du Festival d’Avignon, les conditions de circulation dans le centre-ville vont évoluer afin de renforcer l’apaisement au sein du quartier Banasterie et par conséquence sur les secteurs Carreterie et République. La Rue de la Républic va conserver son dispositif de piétonnisation après le Festival avec un filtrage sur le Cours Jean Jaurès que seuls la Police, les Pompiers et les ayants-droits pourront franchir entre 12h et 02h.

Voici ce qui va changer dès le 22 juillet :

– Le sens de circulation de la Rue Campane sera maintenu de la Rue Paul Sain vers la Rue des 3 Pilats afin de faciliter l’accès vers la rue des Infirmières et de limiter la circulation automobile sur l’axe Matheron / Carreterie.

– La rue des 3 Colombes sera ré-inversée, on pourra y circuler de la place St Joseph vers la rue des 3 Pilats.

– Un sens unique sera mis en place rue Sainte Catherine entre la rue Lafare et la rue Bertrand (dans le sens rue des 3 Pilats vers la rue Bertrand) pour limiter le flux automobile en direction de la rue Banasterie.

– Un filtrage sera appliqué sur la rue Banasterie au niveau de la rue des 3 Colombes, tous les jours de 12h à 02h, comme pour la Rue de la République.

– Le filtrage sur la place Carnot sera maintenu entre 12h et 02h tous les jours, selon les même modalités que la piétonisation du samedi.


Avignon : opération de dépollution de la Durance par le SMAVD

Une opération importante de dépollution de la Durance est en cours de puis le 8 juillet 2024 dans le but de permettre le retrait de nombreux dépôts sauvages dans la rivière qui se jette dans le Rhône. Cette initiative a été mis en place par le syndicat mixte d’aménagement de la vallée de la durance (SMAVD). 

Le SMAVD poursuit sa mission de protection de la Durance et de ses habitants. Depuis le 8 juillet 2024, une opération de dépollution d’envergure est en cours afin de retirer et de limiter le nombre de dépôts sauvages au sein du cours d’eau vauclusien. Pour permettre la réalisation la plus sécuritaire et efficace possible, la commune d’Avignon va intervenir pour limiter l’accès à la zone des véhicules légers qui causent bien souvent des incivilités dommageables. 

Une opération de restauration de la franchissabilité piscicole sur les seuils en Durance avait été initiée au préalable avec une restructuration de la digue palière. Avec ces actions, le SMAVD poursuit son objectif d’offrir un cadre de vie sain et durable aux habitants du bord de la Durance. Depuis plusieurs années, la rivière est encombrée par des dépôts de plusieurs nature (pneus, amiantes, déchets BTP, déchets ménagers). Les voiries attenantes vont désormais faire l’objet dans les prochains jours de mesures de gestion limitant les accès à ces secteurs vulnérables.

Les déchets collectés sont traités

Tous les déchets collectés à travers ces opérations sont traités dans les filières adaptées à savoir : 30 tonnes de déchets ménagers et industriels banals, 5 tonnes de pneus et 3 tonnes de plaques d’amiantes.

Sur plus de 6km, l’entreprise SABATIER Marius qui se spécialise dans les opérations de nettoyage et de collectes a entrepris de nombreuses actions et interventions pour le compte du SMAVD afin de dépolluer la zone souhaitée. La collecte des dépôts sauvages a duré plus d’une semaine et a mobilisé 4 opérateurs, un camion benne et un tractopelle sous la houlette d’un garde du SMAVD. Le coût global de l’opération est d’environ 33 000 € TTC.


Coline Serreau seule en scène et sans filet à la Scala Provence

Si on vous dit Coline Serreau ? On répond immédiatement Trois hommes et un couffin

Mais connaissez vous Coline Serreau la trapéziste ? La dénicheuse de talent hip hop, la metteuse en scène d’Opéras à Bayreuth, la présidente de l’académie Fratellini, bien sûr la réalisatrice de Trois Hommes et un Couffin mais aussi de La Crise avec Maria Pacôme.

Une seule en scène radieuse et décapante

Elle n’a pas changé : toujours son beau sourire et sa chevelure de lionne. Elle va nous raconter sans chichi sa « belle histoire », histoire d’une vie bien remplie avec de belles rencontres, des anecdotes cocasses et des dessous de tournages hilarants. Des documents d’archives sont projetés judicieusement pour permettre  de découvrir des pépites telles que l’Opéra « la Chauve Souris» monté en hip hop , André Dussolier s’essayant x fois à une réplique dans Trois Hommes et un couffin ou Maria Pacôme en tournage à l’abri d’une borie. On rentre aussi dans l’intimité familiale avec l’arrivée de la télévision, le branchement de la machine à laver , la recherche d’argent de poche. Bref un spectacle comme on les aime où à travers un personnage familier on (re)découvre une époque, des souvenirs qui ressurgissent, des pensées qui se rejoignent.

Il n’y avait que deux dates pour Coline Serreau à la Scala Provence correspondant aux deux lundis de relâche. Le spectacle peut se voir en automne 2024 au Théâtre Michel à Paris.


Jeux olympiques 2024 : la Ville d’Avignon offre 1.000 places pour des rencontres de foot au Vélodrome 

La Ville d’Avignon a annoncé offrir 1.000 places pour deux rencontres de football qui se dérouleront dans le cadre des Jeux Olympiques. Ces deux parties de foot féminin seront des matchs à élimination directe qui auront lieux au stade Vélodrome, à Marseille, fin juillet. Les inscriptions sont d’ores et déjà ouvertes. 

Avignon continue de vivre son été 2024 au rythme des Jeux Olympiques de Paris. Et pour fêter la tenue de cet évènement planétaire sur le territoire national, la Ville d’Avignon a décidé de faire plaisir et de faire profiter ses habitants en offrant 1.000 places pour deux matchs de football féminin, à savoir Allemagne-Australie et USA-Allemagne, respectivement le jeudi 25 juillet, à 19h et le 28 juillet, à 21h.  

Pour les plus jeunes et pour éviter tous frais de déplacements, la Ville d’Avignon met à disposition des cars avec des départs prévus avenue Pierre de Coubertin, à partir de 13h le 25 juillet et à 15h le 28 juillet. Plusieurs modalités sont à connaitre : tout mineur devra être accompagné par un adulte, les billets sont digitaux et nominatifs (donc prévoir une carte d’identité) et le nombre de places est limité à quatre par personne. 

Pour participer à cette initiative et obtenir votre « ticket d’or », il vous suffit de vous inscrire sur le lien suivant : service.sports@mairie-avignon.com

Entrainement ouvert au public pour l’équipe de France de BMX à Sarrians 

L’équipe de France (femme et homme) de BMX, sélectionnée pour les Jeux Olympiques est actuellement en terres vauclusiennes pour s’entrainer à quelques jours du début de la compétition à Paris. Le choix d’installer ce camp d’entrainement à Sarrians apparait comme logique étant donné du nombre important de vauclusiens qui composent la délégation. 

Ce jeudi 18 juillet 2024, à 18h30 (il faut être sur place pour 18h), il sera possible s’assister à un de leurs entrainements sur la piste de Sarrians, située au 22 avenue de la Camargue. Les vauclusiens qui s’y rendront pourront réaliser des images des champions et apercevoir Florian Rousseau, le directeur du programme olympique à la Fédération Française de Cyclisme sur piste. 


(Vidéo) Jeux olympiques : l’équipe masculine de gymnastique artistique du Canada pose ses valises à Avignon

A dix jours du début des jeux olympiques 2024 qui se dérouleront à Paris, l’équipe masculine de gymnastique artistique du Canada a décidé de terminer sa préparation au sein des halles sportives Génicoud, gymnase labellisé centre de préparation aux J.O. Le mardi 16 juillet 2024, les athlètes ont effectué leur premier entrainement au sein du gymnase vauclusien en présence de la maire d’Avignon Cécile Helle et d’un public curieux. Attirée par les infrastructures à disposition et l’aspect culturel de la ville d’Avignon, la délégation canadienne effectuera une semaine d’entrainement jusqu’à dimanche avant de se rendre à Paris.

J-10. Le vendredi 26 juillet, les jeux olympiques 2024 qui se dérouleront sur le territoire national, à Paris, débuteront. Durant près de trois semaines, 32 sports présenteront 329 épreuves sportives durant lesquels des athlètes représenteront leurs pays et s’affronteront. Ça sera notamment le cas de l’équipe masculine de gymnastique artistique du Canada qui après une septième place en finale des derniers championnats du monde, tentera de ramener une ou plusieurs médailles dans le « grand nord blanc ».

Et pour préparer cette échéance mondiale, l’équipe canadienne a choisi Avignon pour y installer son dernier camp d’entrainement avant les jeux. Ce mardi 16 juillet, l’équipe nationale canadienne a effectué un entrainement ouvert au public et a été accueilli par la maire d’Avignon, Cécile Helle « notre délégation était déjà venue auparavant pour un stage de préparation aux championnats du monde ici, au CPJ Halles Génicoud et avait été impressionné par la qualité des infrastructures et du cadre offert par l’ANT et la ville d’Avignon. Ici on s’entraine sur du matériel Gymnova qui sera aussi celui qu’on retrouvera lors des épreuves à Paris, c’est un facteur important. L’idée c’était de pouvoir faire une dernière semaine avec des demis journées d’entrainement au calme, dans un lieu que les garçons connaissent et pouvoir profiter d’une ville culturelle pour se ressourcer avant le début des jeux » a déclaré Greg Jackson, gestionnaire de programme de la délégation canadienne.

L’impulsion de la Ville d’Avignon

Présente pour accueillir l’équipe canadienne dans les locaux, récemment inaugurées, la maire d’Avignon Cécile Helle s’est montré très satisfaite et fière qu’une nation olympique est choisie la cité papale comme lieu d’entrainement « c’est évidemment une immense fierté, on essaye d’inscrire la ville dans une dynamique sportive depuis 2014 et on a agit dans ce sens en faisant le pari de la requalification d’un certain nombre d’équipements sportifs et aujourd’hui ça porte ses fruits. Nous avions déjà accueilli l’équipe du Québec et elle a été notre porte-voix pour convaincre l’équipe de gymnastique masculine du Canada à venir ici » a réagit la maire de la ville.

Si Cécille Helle met l’accent sur la qualité et la requalification des infrastructures qui ont finit par séduire une équipe olympique en vue de sa préparation, c’est parce que la Ville d’Avignon a impulsé une politique sportive dynamique et innovante et n’a pas hésité à mettre les moyens pour offrir les meilleurs outils aux vauclusiens. C’est notamment le cas avec les Halles sportives Génicoud, situées au cœur du quartier Champfleury et inaugurées en 2020 « le gymnase Génicoud c’est aujourd’hui des halles avec quatre espaces destinés aux activités de gymnastique mais aussi aux arts du cirque, un autre aux parcours urbains et enfin un espace intergénérationnel. On a fait un gros travail pour mettre l’espace dédié à la gymnastique en configuration et qu’il soit homologué et qu’il puisse être identifié par les équipes internationales de gymnastique, je ressens également beaucoup de fierté car le club hôte, l’ANT gymnastique, avec Laurent Michelier, le directeur de structure sportive qui a été lui-même un grand champion et qui est à l’initiative de ce projet. L’ANT est un grand club sur le plan national et je trouve que c’est aussi une belle reconnaissance pour les efforts et le talent de ses adhérents qui font rayonner notre territoire » conclut Cécile Helle.

La maire d’Avignon, Cécile Helle qui remet un cadeau de bienvenue aux athlètes canadiens

‘Inavouable’, un duo de chant et de charme à la Manufacture

Alexis HK et Benoit Dorémus nous invitent dans leur loge

On a l’habitude de voir ces deux chanteurs dans des salles beaucoup plus grandes. Ici, ils choisissent de nous raconter leur amitié en chansons en nous invitant dans leur loge. 

Ils sont assis de part et d’autre d’une table : fleurs, fruits, verres d’eau tels qu’on se l’imagine. Il y a le silence avant l’entrée en scène, les blagues potaches pour évacuer le stress, les questions saugrenues, les accords de guitare. Ils se vouvoient avec distinction pour mieux nous asséner une chute triviale ou lourdingue assumée. Ils jouent autant entre eux qu’avec leurs instruments. 

Des chansons qui ne devraient jamais sortir des loges

Il y a des pensées, des secrets qu’on ne dit qu’à un ami. Avec l’Ami, on peut se dire l’impensable, l’inavouable. Ainsi sont leurs confidences « so british », un brin dandy avec juste ce qu’il faut de dérision et d’humour pour en saisir le propos tout en riant de bon cœur : on se moque des survivalistes, on mélange I Can See Clearly Now de Jimmy Cliff avec Marche à l’ombre de Renaud, on fustige le racisme et la misogynie de Melissa de Julien Clerc alors même que l’on entonne volontiers « Ce que tu es belle quand j’ai bu » d’Alexis HK. Dino, la tractopelle de Michel Fourniret ne peut être chanté que pour le public averti que nous sommes. Quand ils parlent de leurs expériences de concert en appartement à Conflans-Saint-Honorine pour compléter des cachets d’intermittents, ça sent le vécu !

Une belle parenthèse dans « leur carrière » que cette pause festivalière

On les connaissait sur scène pour la plupart d’entre nous, on les découvre, fragiles dans leur loge. On comprend que l’idée de ce spectacle est un bonheur pour eux, une histoire d’amitié et de parcours du combattant dans le paysage impitoyable de la chanson à textes en France. L’air de rien, ils dévoilent avec dérision leurs talents d’acteurs, de compositeurs, de musiciens et ça fait un bien fou.

Jusqu’au 21 juillet (relâche le 17). 21h10. 14 et 20€. La Manufacture. 2 bis Rue des Ecoles. Avignon.


Avignon, Benedetti SA, 113 ans d’histoire dans le bâtiment

Anne Benedetti est à la tête de l’entreprise du bâtiment éponyme avignonnaise –traitement technique des façades et isolation par l’extérieur- qui vient de fêter ses 113 ans. Au commencement de cette épopée familiale et entrepreneuriale transalpine, une famille et cinq générations bien décidées à se forger un destin plus humain et prospère, dans le Sud de la France.

«C’est Dominique Benedetti, mon grand-père qui a fondé la société éponyme en 1911, relate Anne Benedetti, Présidente de l’entreprise avignonnaise du Bâtiment, Benedetti SA. Sa toute première activité ? La construction de cuves en béton armé destinées aux caves vinicoles de Châteauneuf-du-Pape où la famille avait fait souche après avoir fui la pauvreté, la famine et le régime Mussolinien transalpin. Dominique réalisera la majorité des cuves en béton armé des caves viticoles de Châteauneuf-du- Pape. »

«En 1976 Georges Benedetti,
le fils de Dominique reprend les rênes de la société, la réorientant dans le traitement des façades avec, pour spécialité, l’isolation thermique par l’extérieur, dont il devient le précurseur dans le Grand Sud de la France. Cette technique innovante, déjà utilisée en Allemagne, n’est pas encore très connue, ni éprouvée en France.»

«En 2005, c’est au tour de Bertrand, mon frère,
de reprendre les responsabilités, notamment sur le champ du développement commercial. En plus de la maçonnerie, très vite il diversifie les services, notamment avec la mise en œuvre de nouveaux procédés issus de techniques en lien avec le développement durable pour traitement des façades, l’isolation thermique par l’extérieur, le ravalement, la rénovation, la pose de carrelage, le plâtre, la peinture.»

Ravalement des façades et Bardage en bois au Belambra club à l’Isle-sur-la-Sorgue, Copyright Benedetti SA

Les débuts ?
«Je crois que je n’ai pas débuté dans l’entreprise parce que j’y suis née. Toute jeune, durant les vacances scolaires, j’y rejoignais mes parents pour les aider. J’ai définitivement intégré l’entreprise en 1992, après l’obtention d’un bac A option mathématiques et de 4 années d’études à l’école de marketing et management de Rochefort-du-Gard. A l’issue de ce bac + 4 j’intègre l’entreprise en tant qu’employée administrative, puis directrice administrative, directrice générale et maintenant présidente. Les décisions ? Elles se prenaient en famille à l’heure du déjeuner, dans la maison familiale de Châteauneuf-du-Pape. On vivait, on mangeait, on respirait l’entreprise. On n’a jamais eu besoin d’un conseil d’administration pour prendre les décisions. » (rires).

«Nos clients ?
Ce sont les marchés publics, les collectivités locales, les bailleurs sociaux, les professionnels de la construction, les promoteurs, les syndics, les particuliers pour la réalisation de traitement des façades, l’isolation thermique par l’extérieur, l’imperméabilisation et l’étanchéité, l’enduit, le ravalement, la réparation des épaufrures (éclat de pierre enlevé d’un bloc par accident), le béton armé et le nettoyage. Plus de 70% de l’activité se fait sur de nouveaux chantiers. »

«La journée est rythmée par les problèmes à régler,
les engagements professionnels, les rendez-vous avec les fournisseurs, les clients, la banque, les visioconférences, qui nous font gagner un temps fou, même si les vraies rencontres restent irremplaçables. Je suis une femme dans une activité où l’homme est très représenté et où les réunions se déroulent traditionnellement le soir. Donc là encore, il faut jongler avec le temps, en cela mon mari m’a toujours beaucoup aidée. Et puis en clôture de réunion il y a ce temps convivial qui permet d’échanger de façon informelle, resserrant les liens, l’attention aux autres. »

Ecoles Jacques Prévert et Robert Desnos Copyright Benedetti SA

«L’entreprise amène à découvrir d’autres univers
ainsi, très tôt, j’ai pris des engagements nationaux auprès de la SMA Vie BTP (Assurance vie professionnelle), et auprès de l’Auxiliaire de vie (Assurance des professionnels du BTP). Je suis également administratrice et trésorière au Geiq BTP 84 (Groupement d’employeurs pour l’insertion et la qualification) et administratrice des Geiq de France. Je représente également la Chambre de Commerce et d’Industrie de Vaucluse au Ceser (Conseil économique, social et environnemental régional). En bref ? J’ai aussi mon bureau à la maison et aussi une règle : Pas de travail le dimanche. Mais oui c’est entre 10 et 12h de travail par jour, quand on aime on ne compte pas ! (rires). L’entreprise ? C’est une partie de nous tous qui se construit au fil des générations. »

«Les 3 indispensables de mon métier ?
Entretenir des relations humaines de qualité faites de sincérité et de respect, tout en faisant progresser l’entreprise et nous-mêmes à travers celles-ci. Egalement veiller à la transmission du savoir-faire. Le transfert de compétences au cœur de l’entreprise car, ici, nous n’avons pas de turnover. Nos collaborateurs arrivent par la voie de l’apprentissage pour ensuite partir à la retraite. Les formations sont faites maison, en lien avec les fournisseurs pour l’emploi des produits innovants. Benedetti SA accueille plus de 80 salariés et nous faisons tout pour conserver notre personnel. Enfin, le 3e indispensable est le réseau que l’on se créé et que l’on nourrit au fil du temps.»

Le Clos neuf, à Morières-lès-Avignon, enduit type RPE, Copyright Benedetti SA

«Mon conseil pour quelqu’un qui se lancerait ?
Travailler chaque jour avec la plus extrême rigueur. Tout est là. Etre pugnace. Etre agile aussi. Anticiper, être visionnaire. Nous sommes en veille quotidienne. Egalement pour l’ensemble de nos métiers nous nous référons à notre intersyndicale, la très réactive Fédé BTP 84, à qui nous demandons fréquemment des conseils, dans tous les domaines, dont celui des futurs métiers, les savoir-faire et les nouveaux matériaux de la profession. Nous sommes à l’affût de tout ce qui pourra se faire dans l’avenir pour nous orienter dès maintenant.»

«Le prochain challenge ?
Je le laisse à la nouvelle génération avec l’arrivée de mon fils, Florian, au développement commercial et de l’arrivée future de mon neveu, qui travaillera en binôme avec mon fils. Moi ? Je resterai encore un peu –moins de 10 ans pour les accompagner, mais ce sont eux qui prendront les futures orientations.»

«Ma plus grande satisfaction ?
Remettre le pied à l’étrier aux personnes qui nous sont confiées par le Geiq 84. Ensemble, nous réapprenons à reformuler leur vie, à se restructurer avec des horaires et des chantiers à mener à bien. Le plus important ? Se restaurer pour se forger un nouvel avenir.»

En savoir plus
L’entreprise Benedetti est certifiée Qualibat (Qualifications et certifications) et RGE (Reconnu garant de l’environnement) à destination des professionnels : Avec plus
de 4 500 projets réalisés depuis son origine l’entreprise Benedetti est un des leaders du traitement des façades et de l’isolation par l’extérieur du grand sud de la France. L’entreprise accueille plus de 80 salariés dont 50 compagnons, 22 contrats de formation et insertion Geiq (Groupement d’employeurs pour l’insertion et la qualification), Benedetti SA est le plus important employeur en insertion du Vaucluse, 6 chefs de chantier et 4 conducteurs de travaux. Benedetti SA. Avenue de Saint-Chamand. Zone industrielle de Fontcouverte. Avignon. Benedetti-sa@wanadoo.frwww.benedetti-sa.fr Benedetti Sa est une société adhérente à la Fédé BTP 84.

Ehpad de Bollène, enduits et isolation thermique, Copyright Benedetti SA


Au secours, l’abeille disparaît et avec elle la pollinisation et la bio-diversité

« Le taux de mortalité des abeilles domestiques est estimé entre + 20 et + 30% par an, deux fois supérieur aux abeilles sauvages, » c’est ce qui ressort d’une rencontre qui vient de se dérouler à l’Unité « Abeille & Environnement » de Montfavet. Ce laboratoire de 528m2, inauguré en novembre 2022 au Domaine Saint-Paul de l’INRAE (Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement), sur le site d’Agroparc, abrite des chercheurs en apidologie (branche de l’entomologie spécialisée dans l’étude scientifique des abeilles).

Les “harpes électriques“ domaine Saint Paul INRAE ©DR

Ils consacrent leur vie à la santé des abeilles et constatent un affaiblissement des colonies d’abeilles pour nombre de raisons. L’intensification de l’agriculture, le recul de l’habitat naturel, les prairies et les haies, la diffusion de pathogènes, de prédateurs, de parasites, d’espèces invasives (comme le varroa et le frelon asiatique), de pesticides, de polluants, de métaux lourds, de plastiques sans oublier le réchauffement climatique. Tous ces facteurs altèrent le sens de l’orientation des abeilles qui ont du mal à retourner dans leurs ruches. « Depuis 1990, le cheptel est frappé par une mortalité importante et des efforts de recherche inédits ont été déployés pour comprendre ce phénomène d’effrondrement, le ralentir voire l’enrayer » explique-t-on du côté de l’INRAE.

ll faut savoir qu’Avignon est au coeur de ces recherches puisque la 1ère station d’apiculture expérimentale remonte à 1956 à Montfavet. Et depuis, les scientifiques ont sélectionné des abeiles plus résistantes aux parasites. Ils préconisent aussi un paysage plus varié avec davantage de fleurs et d’habitats naturels, et moins de pesticides.

Les “harpes électriques“ domaine Saint Paul INRAE ©DR

Le frelon à pattes jaunes a été détecté pour la 1ère fois en France il y a 20 ans. Selon une étude, la mortalité du cheptel apicole est estimée à 29,2% en France, engendrant des pertes économiques pouvant atteindre 30,8M€ par an pour la filière du miel. Parmi les solutions trouvées par l’INRAE et leurs confrères de l’Université d’Exeter en Grand-Bretagne, la « radiotélémétrie » qui consiste à capturer un frelon devant une ruche, de l’équiper d’une balise radioémettrice, de le géolocaliser, de le suivre juqu’au nid pour détruire tous ses occupants. Autre scénario mis au point par les chercheurs : tester une « harpe électrique » dont les fils sont suffisamment espacés pour laisser passer les abeilles mais pas les frelons. Ils subissent une décharge électrique façon « taser » et tombent dans un bac d’eau posé au-dessous. Ce dispositif testé l’an dernier à proximité de 8 ruches a permis de capturer 18 000 frelons en seulement 4 semaines dans un rucher expérimental du bordelais.

« Il faut absolument interdire l’importation de faux miel, notamment de Chine »

Pierre de Giraud d’Agay

Dans le Vaucluse, il y a un des miels labellisés IGP Provence, celui de la Maison « Augier & Fils », implantée depuis 1929 à Vaison-la-Romaine, qui travaille avec une quarantaine d’apiculteurs et sélectionne les meilleurs miels, garantis 100% purs et nature. Cette marque, « Les Ruchers du Mont-Ventoux » se distingue par un un liseré tricolore bleu-blanc-rouge sur chaque pot de 110, 250 et 400gr. Miel aux fleurs de lavande, acacia, garrigue, montagne, châtaignier, tilleul, bruyère, comme confiseries – pastilles, nougats, pains d’épice bénéficient comme le « Miel de Provence » de cette fameuse IGP Label Rouge.

Pierre de Giraud d’Agay et Marc Fesneau, Ministre de l’Agriculture, sur le pavillon SYMPAS au SIA 2023 ©DR

Pierre de Giraud d’Agay est à la tête de cet établissement et il s’inquiète: « Les abeilles disparaissent à cause de la fragilisation de l’environnement, la disparition de l’habitat naturel, l’augmentation de la pollution et des pesticides. Avant il y avait une plus grande richesse de cultures. Maintenant il y a surtout d’immenses champs de colza, de tournesol, de maïs. » On dénombre 63 000 apiculteurs en France, 1 755 377 ruches et chacune produit environ 23kg de miel par an. On consomme 45 000 tonnes pour 41 387 tonnes produites principalement dans 3 régions : 21,7% en Auvergne-Rhône-Alpes, 12,4% dans le Grand-Est et 10,8% en Nouvelle Aquitaine, plus près de nous, en Provence et dans les Cévennes.

« Il faut absolument faire quelque chose, construire des solutions puisque plus de 70% des espèces cultivées pour notre alimentation dépendent des insectes pollinisateurs, donc des abeilles qu’il est plus que nécessaire de préserver. Sinon, dans 50 ans, dans certaines régions du monde, il n’y aura plus ni abeilles, ni miel de qualité. Les apiculteurs ont de plus en plus de difficulté à survivre avec l’importation de miels médiocres, sans goût, trafiqués, à prix cassés. Ici, dans le Vaucluse, j’ai vu une dizaine d’entre eux arrêter leurs activités, faute de rentabilité ».

L’abeille est au coeur des transitions. En février dernier, l’Union Européenne a décidé d’apporter une aide d’urgence intégrée à la PAC pour épauler les apiculteurs. 5M€ pour les soutenir face aux pertes de production liées aux aléas climatiques. Un nouvel accord fixant les règles d’étiquetage et la traçabilité du réel pays d’origine a également été conclu. « Il faut absolument interdire l’importation de faux miel, notamment de Chine » insiste Pierre d’Agay.

https://www.echodumardi.com/tag/avignon/page/115/   1/1