L’activité est en recul en Provence-Alpes-Côte d’Azur, les fragilités sectorielles semblent persistantes tandis que les signaux restent contrastés à Avignon. Le baromètre Image PME (petites et moyennes entreprises) du 4e trimestre 2025, publié par Le Conseil régional de l’Ordre des experts-comptables de Provence-Alpes-Côte d’Azur, dresse un constat nuancé : l’activité des TPE-PME (Très petites et moyennes entreprises) recule de 2,6% en région sur un an, et de 2,8% en Vaucluse.
Si certains secteurs tels que la restauration, le bâtiment et les transports routiers continuent de se dégrader, d’autres résistent, à l’image de l’immobilier ou des pharmacies. À Avignon, la situation apparaît plus dynamique que la moyenne régionale. Au 4e trimestre 2025, les petites et moyennes entreprises françaises de l’échantillon affichent une baisse d’activité de 2,1% en glissement annuel, et de 0,8% en cumul depuis le début de l’année. En Provence-Alpes-Côte d’Azur, la contraction est plus prononcée : -2,6% sur le trimestre et -1,3% en cumul annuel. Il en résulte donc un recul régional plus marqué qu’au niveau national.
Un recul de 2,8% au 4e trimestre en Vaucluse Le Vaucluse enregistre un recul de 2,8% au 4e trimestre et de 1,8% depuis janvier. À Avignon, la baisse est plus contenue (-1,4% sur le trimestre ; -0,2% en cumul), traduisant une relative résilience du tissu économique local. Ces chiffres s’appuient sur l’analyse des télédéclarations de TVA (Edi-tva) réalisées par les experts-comptables pour le compte de leurs clients, via la base Statexpert. L’échantillon est conséquent : environ 530 000 entreprises au niveau national, 65 500 en région, 7 000 en Vaucluse et 900 à Avignon. Les évolutions sont calculées en glissement annuel et corrigées des jours ouvrés, ce qui confère à l’indicateur une solidité statistique appréciée des conjoncturistes.
Copyright Croec paca /Image PME
Des secteurs durablement fragilisés La restauration et les débits de boisson poursuivent leur dégradation, pénalisés par la hausse des coûts comme l’énergie, les matières premières, la masse salariale) et par une consommation des ménages plus prudente. Les transports routiers et le bâtiment subissent, eux aussi, un environnement défavorable, marqué par la contraction de la demande et la hausse des charges financières.
La coiffure en difficulté mais pas l’immobilier La coiffure figure également parmi les activités en difficulté, révélant la sensibilité de ces métiers de proximité aux arbitrages budgétaires des ménages. À l’inverse, l’immobilier, l’aménagement paysager et les pharmacies montrent une capacité de résistance. Cette hétérogénéité sectorielle confirme des évolutions structurelles de l’économie régionale : montée en puissance des services liés à l’habitat, adaptation des modèles commerciaux, digitalisation accrue des TPE.
Avignon, un signal plus favorable Un indicateur attire cependant l’attention : au 4e trimestre 2025, les TPE-PME d’Avignon affichent, dans certains segments comme le commerce de détail spécialisé, une progression de 4,4 % sur un an et de 4,3 % en cumul annuel. Une performance qui contraste avec la tendance régionale. Cette dynamique peut s’expliquer par la forte polarité commerciale et touristique de la ville, mais aussi par une base de comparaison favorable ‘l’effet de base’ rappelé dans la méthodologie, lorsque l’année précédente avait été marquée par un recul.
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Un climat encore incertain, mais des perspectives Pour Nicolas Férand, président du CROEC Paca, l’année 2025 reflète « à la fois les défis auxquels sont confrontées les TPE-PME et leur capacité d’adaptation ». Egalement, l’instabilité politique et le contexte international ont pesé sur l’investissement et la confiance des dirigeants.
La Loi de finances 2026 L’adoption de la loi de finances 2026 (LOF 2026) et quelques signaux d’amélioration macroéconomique laissent néanmoins entrevoir une possible stabilisation. Le tissu entrepreneurial régional demeure dense et diversifié, mais la prudence reste de mise. Le baromètre Image PME, en analysant les tendances à partir de données fiscales réelles, offre ainsi un outil d’observation précieux pour mesurer l’évolution d’un écosystème économique qui représente l’essentiel de l’emploi privé régional. Source : Baromètre Image PME – 4e trimestre 2025, Ordre des experts-comptables, base Statexpert, traitement Observatoire de la profession comptable. Mireille Hurlin
TPE-PME : l’économie régionale sous tension
En résidence au Théâtre des Doms, la Compagnie d’Héloïse Ravet s’empare d’une histoire familiale pour en faire matière de théâtre.
Lors de cette résidence, elle nous ouvre les portes de son écriture, explore les rêveries, les violences et les vies multiples de sa sœur, toxicomane depuis plus de vingt-cinq ans. C’est une création qui explore l’intime et la complexité d’une relation familiale à partir d’archives personnelles
Théâtre et performance
‘Épuiser les soleil’ navigue entre archives personnelles, théâtre et performance. C’est un regard intime et sensible sur une vie qui échappe aux codes, qui refuse de se réduire à ses fragilités.
Une mise en scène sensible
Un spectacle qui cherche moins à comprendre qu’à entendre et à faire exister cette présence mystérieuse et bouleversante, laissant déjà percevoir la vitalité et la force d’une existence qui refuse de se taire. Mettre au centre le côté des mondes, sans servir la misère ni les larmes. Une plongée dans la complexité d’une existence, pleine de lumière malgré l’ombre.
Jeudi 5 mars. 19h. Entrée libre sur réservation conseillée. Théâtre des Doms. 1 bis Rue des Escaliers Sainte-Anne. 04 90 14 07 99.
TPE-PME : l’économie régionale sous tension
C’est un jardinier-paysagiste-horticulteur-ingénieur de génie, Jean-Pierre Deschamps, collaborateur du Baron Haussmann, qui a dessiné ce lieu incontournable sous Napoléon III. À son actif, entre autres, les Jardins du Luxembourg, le Parc Monceau, celui des Buttes-Chaumont et à Marseille, le Parc Borély.
« Inscrit au Patrimoine mondial de l’UNESCO, classé Monument historique et site remarquable », explique Cécile Helle, la maire d’Avignon, lors de l’inauguration au terme de 18 mois de chantier. « Il redevient un îlot de fraicheur en ville, de promenade tranquille avec vue imprenable à 360° sur e Fort St-André et le Ventoux entre un séquoia plus que centenaire, platanes, cèdres, chênes, tilleuls, sapins bleus et massifs de fleurs. Et le fleurissement variera à chaque saison avec des variétés de taille et de couleurs différentes. »
« Le beau fait du bien »
C’est Philippe Deliau et Juliette Hafteck du cabinet Alep (Atelier lieux et paysages) à Cadenet qui ont participé à cette aventure et élaboré la renaissance de ce site lancée en 2024 au terme de mois et de mois de cogitation et de consultation des plans et dessins initiaux, tout en prenant en compte le changement climatique. « On a voulu continuer le rêve du concepteur, Jean-Pierre Barillet-Deschamps, un visionnaire qui a imaginé ce magnifique jardin. Les arbres morts ont été dégagés, le tracé redessiné, les ovales du bassin maçonnés, la grotte restaurée, les perspectives redéfinies. On retrouve chutes d’eau, rochers et courbes qui serpentent sous les frondaisons parmi 50 nuances de verts » précise-t-il.
Ce que confirme Sébastien Giorgis, lui aussi architecte, paysagiste, urbaniste, adjoint de Cécile Helle en charge de l’attractivité territoriale et touristique de la ville d’Avignon et créateur, il y a 16 ans, des Rencontres Méditerranéennes Volubilis qui préconisent la beauté dans le geste architectural et qui contribuent au bien-vivre des citoyens. « Le beau fait du bien, c’est une énergie positive qui booste notre santé. »
Une des dernières inaugurations de la maire d’Avignon, Cécile HellePhilippe Deliau et Juliette Hafteck du cabinet Alep
Une renaissance pour ce site emblématique d’Avignon
Au milieu de centaines d’Avignonnais présents et ravis de cette renaissance de leur lieu de promenade nature, Cécile Helle, avant de couper le ruban tricolore pour l’inauguration du jardin, a rappelé qu’au fil des ans « il s’était fragilisé, la terre végétale qui avait été apportée en 1865, au fil des ans a été tassée par le piétinement des promeneurs, emportée par l’érosion, donc moins nutritive pour la végétation. Les espèces replantées sont rustiques, résistantes à la canicule et au mistral, moins gourmandes en eau. Le réseau hydraulique a été refait avec même un brumisateur. Pour les enfants, l’aire de jeux a été transformée avec toboggan et prises d’escalade sur un ‘drac’ en bois de 4m de haut. Une créature mi-dragon, mi–poisson imaginée par Frédéric Mistral, Prix Nobel de Littérature (1904) dans son ‘Poème du Rhône’ en 1897. Le local pour les jardiniers et écogardes est nettement plus confortable et des sanitaires nouveaux ont été installés, accessibles à tous, y compris aux personnes à mobilité réduite. »
La statue de Jean AlthenLe drac en bois de 4m de haut avec toboggan et prises d’escalade pour les 6-12 ans
Voici donc le Jardin rouvert à quelques jours du printemps. A la fin de l’été débutera la phase 2 du chantier avec l’amélioration de l’esplanade et des rampes d’accès, qui seront livrées en juin 2027. Entre réfection des allées, des bassins, de la fertilité des sols, restauration des ferronneries, des fontaines, des statues et des murs, le tout réalisé par des entreprises locales de Courthézon, Caumont, Châteaurenard et du Thor, sauf le drac réalisé par une entreprise de Nantes qui a conçu les fameuses créatures gigantesques articulées « Royal de Luxe », à terme la facture totale va tourner autour de 10M€, financés par la Ville, l’État, la Région et le Grand Avignon.
Les entreprises qui ont participé au chantier – Solev / Carpentras et Spie-Batignolles Valérian / Aménagements paysagers – Sols Provence / Caumont -sur-Durance / Sols, bétons et pierres – Gaudin / Marseille / Ferronnerie, serrurerie – Mariani / Avignon / Maçonnerie patrimoniale – Guintoli / Châteaurenard / Fontainerie – Terideal / Vitrolles / Travaux bassins – Néotravaux / Le Thor / Hydraulique et gros œuvre – Monster / Nantes / Jeux d’enfants
TPE-PME : l’économie régionale sous tension
L’entreprise avignonnaise Tut Tut, spécialisée dans la livraison collaborative du dernier kilomètre, vient d’annoncer avoir été choisie par Apple pour sa nouvelle campagne dédiée aux petites entreprises.
« Grandes avancées de petites entreprises. » C’est le nom de la campagne du géant américain Apple. Une campagne qui met en avant les petites entreprises du monde entier qui utilisent les produits de la marque au quotidien pour développer leurs activités.
Ainsi, plusieurs entreprises de divers horizons ont été choisies pour cette campagne, dont Tut Tut, basée à Avignon. Une aubaine pour l’entreprise vauclusienne née il y a seulement 5 ans. « Honnêtement, il y a encore quelques années, je n’aurais jamais imaginé écrire ces lignes : ‘Tut Tut, la startup du Vaucluse choisie pour incarner le géant américain Apple‘ », affirme Vincent Chabbert, président-fondateur de Tut Tut.
Une publicité sous forme de témoignage
On peut donc désormais retrouver sur le site d’Apple le témoignage du dirigeant de l’entreprise avignonnaise et de ses équipes. Un témoignage qui met en lumière l’utilisation des produits de la marque. « Apple est un symbole, ajoute Vincent Chabbert. Un symbole de qualité, d’obsession du détail, de fiabilité et d’exécution. »
« On ne pense pas forcément qu’un jour, une des marques les plus puissantes au monde vous choisira pour représenter sa vision des entreprises modernes. »
Vincent Chabbert
Une mise en lumière considérable pour Tut Tut, dont la collaboration avec Apple fera naître plusieurs formes de contenus tout au long de l’année 2026 comme des vidéos immersives, des newsletters, des témoignages, des photos et des formats éditoriaux mettant en avant les équipes de l’entreprise, sa technologie et sa vision.
« Que nos valeurs et nos ambitions soient associées à cette marque est une immense fierté pour moi mais surtout pour toutes les équipes Tut Tut qui construisent, chaque jour, une logistique du dernier kilomètre simple, performante et humaine », conclut le fondateur de Tut Tut.
TPE-PME : l’économie régionale sous tension
Le Centre hospitalier d’Avignon a inauguré l’unique caisson hyperbare de Vaucluse ce mardi 24 février. L’équipement, qui vient de déménager, était initialement installé à la clinique Urbain V.
Le centre hyperbare du Vaucluse, créé à Avignon en 1993, prend un nouvel essor en s’associant au Centre Hospitalier Henri Duffaut, où vient de s’installer le caisson hyperbare qui était à l’origine à la clinique Urbain V, qui a définitivement fermé ses portes en octobre dernier.
Ce caisson de 6 tonnes, possédant 8 places assises et 2 couchées, est le seul du Vaucluse et ses alentours, et couvre un territoire qui s’étend jusqu’aux Alpes-de-Haute-Provence, le Sud de la région Rhône-Alpes et l’Est de la région Occitanie. « Le caisson hyperbare est ici installé dans de très bonnes conditions, avec de nouvelles perspectives de prise en charge de qualité, avec tout l’intérêt de l’avoir dans le parcours de soins du Groupement Hospitalier de Territoire, d’Avignon et alentour », a affirmé Pierre Pinzelli, directeur général du CH d’Avignon.
Depuis son installation en Vaucluse, le caisson effectue chaque année près de 9 000 séances d’oxygénothérapie, qui permet de traiter :
la cicatrisation des plaies chroniques : plaie du diabétique et de l’artéritique (ulcères) ;
la cicatrisation post-chirurgie : fractures avec écrasement, post-chirurgie (kyste sacrococcygien, seins, lambeaux, fistules…) ;
les lésions des tissus en post-radiothérapie (vessie radique, intestin…) ;
les infections de l’os (ostéomyélites) et des tissus (gangrènes) ;
Pour ce dernier tea-jazz de la saison, le club de jazz avignonnais reçoit le trio de la contrebassiste Leïla Soldevila.
Le projet porté par la contrebassiste Leïla Soldevila. Line & Borders est un trio où la contrebasse, la voix et la harpe s’entrelacent pour créer une musique à la fois aérienne et poétique. Leurs compositions évoquent des paysages contrastés, du grand froid aux terres arides, en explorant des textures sonores variées : effets électroniques, sons bruts ou doux, le tout avec une élégance envoûtante. Une invitation à voyager entre intimité et évasion.
Dimanche 1er mars. 17h. 5 et 10€. Goûter partagé dès 16h30. AJMI Club. 4 Rue des Escaliers Sainte-Anne. 04 13 39 07 85. www.ajmi.fr
TPE-PME : l’économie régionale sous tension
L’Opéra d’Avignon et le Théâtre du Chêne Noir proposent un concert original à la croisée des musiques anciennes et des répertoires plus contemporains.
Ce concert inédit réunit la chanteuse et guitariste folk Lonny et l’Ensemble Agamemnon autour d’un programme singulier, à la croisée des musiques anciennes et des répertoires plus contemporains. Entre Monteverdi, Dowland, compositions originales et textes poétiques, Songs of Oblivion propose un moment suspendu, porté par des arrangements audacieux et une grande intensité d’interprétation.
L’Ensemble Agamemnon
Porté par un dialogue subtil entre instruments historiques et compositions contemporaines, Songs of Oblivion propose un voyage hors du temps. La guitare et la voix de Lonny croisent les sonorités du ténor de viole et du lirone de Louise Bouedo, de la basse de viole et violone d’Etienne Floutier, de la harpe triple de Louis Capeille, ou encore de l’archiluth et colascione de Nicolas Arzimanoglou Mas. Les arrangements originaux de Laurent Jacquier tissent des ponts entre musique ancienne et harmonies modernes, mêlant improvisation inspirée du continuo du XVIIe siècle et textures contemporaines.
Un programme varié pour un concert unique
Le programme, tour à tour en anglais, français et italien, mêle œuvres anciennes, reprises d’artistes du XXᵉ siècle, créations originales de Lonny et tunes traditionnels anglo-saxons. Des berceuses de Claudio Monteverdi côtoient les songs de John Dowland et des textes poétiques lus par Lonny, explorant les thèmes de l’abandon, de l’oubli et de l’absence. Sous la direction artistique de Lonny et François Cardey, et avec la régie son de Bertrand Charret, ce concert unique promet un moment suspendu au-dessus du temps, alliant intensité, sensibilité et audace. La production et diffusion sont assurées par Maëlys Kioska.
Dimanche 1er mars. 17h. 10 à 22€. Théâtre du Chêne Noir. 8 bis Rue Sainte-Catherine. Avignon. 04 90 86 74 87 / contact@chenenoir.fr
TPE-PME : l’économie régionale sous tension
En travaux depuis octobre 2024, le Rocher des Doms à Avignon, va en partie rouvrir ses portes dès ce samedi 28 février. Une cérémonie sera prévue dans l’après-midi.
En octobre 2024, la Ville d’Avignon a fermé l’accès au Rocher des Doms afin de redonner un coup de jeune à cet écrin de verdure emblématique du patrimoine avignonnais. L’objectif principal de ces travaux est de redonner au lieu l’esprit des aménagements originaux du paysagiste à l’origine du jardin du Rocher des Doms, Jean-Pierre Barillet-Deschamps, mais aussi d’améliorer l’accessibilité, la sécurité et la biodiversité du site.
Plusieurs opérations ont donc été nécessaires à cette requalification, telles que la revégétalisation de l’ensemble site avec des essences adaptées au climat méditerranéen, la désimperméabilisation des sols pour favoriser l’infiltration des eaux de pluie, la rénover de la fontaine et du réservoir du jardin, la modernisation des équipements publics, l’installation de nouveaux points d’eau et d’assises pour le confort des visiteurs, ainsi que la modernisation des aires de jeux.
La 1re phase étant terminée, le site sera partiellement rouvert à partir de ce samedi 28 février. La 2e phase de travaux devrait s’étaler de septembre 2026 à juin 2027, avec une fermeture partielle et devrait concerner la restauration des rampes d’accès et de l’esplanade panoramique.
Nos confrères de La Provence, en partenariat avec L’Echo du Mardi et Ici Vaucluse, ont commandé un sondage à l’Ifop sur les intentions de vote à l’occasion des prochaines élections municipales à Avignon de mars prochain. Le scrutin s’y annonce particulièrement indécis malgré la confirmation de la percée d’Olivier Galzi entrevue lors du précédent sondage de La Provence en décembre dernier.
L’institut Ifop a réalisé un sondage pour le compte du quotidien régional La Provence, la radio Ici Vaucluse et L’Echo du mardi sur les intentions de vote des avignonnais lors des prochaines élections municipales dans la cité des papes les 15 et 22 mars prochains. Une enquête réalisée par téléphone du jeudi 12 au jeudi 19 février derniers auprès d’un échantillon de 603 personnes (voir encadré ‘Méthodologie et marge d’erreur’ en fin d’article).
Une situation plus claire qu’en décembre Avec les retraits des candidatures de Joël Peyre et Paul-Roger Gontard au sein de la majorité municipale actuelle de gauche, celle de Julien Aubert à droite et les ralliements de Place Publique à David Fournier ainsi que du PCF, Génération.s et Zinèbe Haddaoui à la liste LFI (La France Insoumise) de Mathilde Louvain, on y voit désormais plus clair. Il n’y aura donc finalement que 5 listes sur la ligne de départ (contre plus d’une dizaine potentielles il y a encore quelques mois encore) pour succéder à Cécile Helle, maire socialiste actuelle qui avait annoncé depuis plus d’un an qu’elle ne briguerait pas un 3e mandat. Il s’agit des listes du socialiste David Fournier, du sans étiquette Stéphan Fiori, du divers droite Olivier Galzi, de la LFI Mathilde Louvain et de la RN Anne-Sophie-Rigault.
Derrière Olivier Galzi, le socialiste David Fournier (24%) et la RN Anne-Sophie-Rigault (23%) sont au coude-à-coude. Le premier gagne 6 points par rapport au sondage de décembre et semble bénéficier d’une partie du report des électeurs de Joël Peyre et de Paul-Roger Gontard afin de distancer la candidate LFI. La seconde gagne 1 point, confirmant ainsi l’ancrage solide du Rassemblement national dans la cité des papes, mais ne semble cependant pas encore créer une véritable dynamique afin de ‘chercher’ des électeurs supplémentaires. En 4e position, l’Ifop place Mathilde Louvain avec 16% des intentions de vote, contre 14% en décembre. Enfin, Stéphan Fiori resterait à 10%. De quoi se maintenir au second tour, sauf marge d’erreur de 2,4 points ? (voir encadré en fin d’article).
Un éclatement à l’image de la France « Il y a un vrai éclatement, car il y a possiblement cinq listes qui seraient en mesure de se maintenir au second tour, constate Frédéric Dabi directeur général Opinion du groupe Ifop. C’est le cas dans de nombreuses autres villes comme à Nîmes ou à Toulouse puisque le ‘ticket d’entrée’ pour accéder au 2e tour est plutôt faible. Il faut réaliser 10% des suffrages exprimés alors que dans d’autres types d’élections la qualification second tour est indexée sur la participation. »
Frédéric Dabi directeur général Opinion du groupe Ifop. Crédit : DR
Le Jean-Michel Aulas avignonnais ? « L’autre enseignement de ce sondage, c’est la confirmation de la percée d’Olivier Galzi alors que ce n’est pas un politique stricto sensu. C’est assez inédit puisqu’en général quelqu’un qui n’est pas un professionnel de la politique et qui se lance dans des municipales, c’est plutôt une candidature de témoignage. Est-ce que c’est le Jean-Michel Aulas d’Avignon car il a une dimension médiatique et entrepreneuriale ? s’interroge Frédéric Dabi. Ce qui est sûr c’est qu’il arrive en tête et qu’il fait ses meilleurs scores auprès de catégories qui traditionnellement vote plus que la moyenne : les personne de plus 50 ans, il est à 39% chez les personnes de plus de 65 ans, 36% chez les retraités, 33% dans les catégories supérieures. Le directeur général Opinion du groupe Ifop observe aussi un côté ‘attrape-tout’ par rapport à l’élection municipale avignonnaise précédente : « quand on regarde son résultat en fonction des votes aux élections de 2020, Olivier Galzi prend un électeur de gauche sur cinq, 60% des LR, 23% du RN. »
David Fournier et Anne-Sophie Rigault en embuscade « David Fournier et Anne-Sophie Rigault sont dans un mouchoir, observe par ailleurs Frédéric Dabi. Ils ne sont pas loin de pouvoir être en tête au premier tour. David Fournier fait ainsi mieux que dans notre enquête précédente, mais il reste toutefois loin des scores de Cécile Helle qui a réalisé 34,46% en 2020. »
« Rien ne dit qu’Anne-Sophie Rigaud sera 3e, poursuit-il. Elle a été créditée de 21,53% en 2020 et comme beaucoup de villes du Sud-Est elle bénéfice de la capacité du RN à maintenir des bons scores, notamment chez les retraités, ce qui est une nouveauté alors que l’électorat traditionnel du Rassemblement national est plutôt constitué d’ouvriers et de moins de 25 ans. »
« Il y a encore beaucoup d’hésitation. »
Frédéric Dabi directeur général Opinion du groupe Ifop
Les incertitudes au second tour Ce qui caractérise cette enquête, c’est la grande incertitude sur les listes en capacité de pouvoir ou vouloir se maintenir au second tour afin de succéder à Cécile Helle. « Autre élément d’incertitude, c’est le nombre de personnes sûres de leur choix, souligne Frédéric Dabi. Nous sommes à trois semaines du vote et 37% des électeurs d’Olivier Galzi, 50% de ceux de David Fournier ou bien encore 38% de ceux de Mathilde Louvain sont susceptibles de changer d’avis. Il y a encore beaucoup d’hésitation. »
De multiples hypothèses pour le dimanche 22 mars Difficile dans ces conditions, d’évaluer les résultats du second tour à Avignon. Et ce tant que l’on ne saura pas combien de listes seront effectivement en mesure d’être présentes le dimanche 22 mars. L’Ifop a néanmoins tenté de répondre aux différents scénarii : une quinquangulaire (victoire d’Olivier Galzi avec 29%), une quadrangulaire (victoire d’Olivier Galzi avec 32%) et triangulaire (victoire d’une liste d’union de la gauche avec 39%).
« Olivier Galzi est gêné par Stéphan Fiori. Il peut constituer un réservoir de voix à droite s’il ne se qualifie pas au second tour, mais s’il se maintien cela peut être un problème pour la liste Galzi », explique Frédéric Dabi
Jeune garde et mort de Quentin Deranque : quel impact sur la campagne ? Réalisé alors que le lynchage présumé de Quentin Deranque à Lyon par des proches du député vauclusien Raphaël Arnault, soutien de la liste LFI avignonnaise, a monopolisé l’actualité, il est difficile à ce jour d’évaluer l’impact de cette affaire tragique sur la dynamique de campagne de Mathilde Louvain. Et ce d’autant plus que des proches de la Jeune garde (aujourd’hui dissoute) assurait une partie de la logistique de la campagne de la candidate LFI.
« Cela a peut-être renforcé l’hésitation, reconnaît cependant le directeur général Opinion du groupe Ifop. Jean-Luc Mélenchon a fait quand même près de 37% à Avignon lors du premier tour de l’élection présidentielle en 2022 alors que la candidate LFI est à 16%. C’est vrai qu’elle n’en prend qu’une partie mais il est difficile de mesurer l’impact émotionnel de la mort de ce jeune homme. Si Mathilde Louvain est devant David Fournier, cela peut créer un vote anti-LFI. La gauche peut donc perdre comme elle peut conserver la ville. Mais vu les incertitudes, il faut plutôt tabler sur une nouvelle élection le dimanche 15 mars au soir. »
Laurent Garcia
Méthodologie et marge d’erreur L’enquête réalisée par l’Ifop pour le compte de La Provence, Ici Vaucluse et L’Echo du mardi a été menée auprès d’un échantillon de 603personnes inscrites sur les listes électorales, extrait d’un échantillon de personnes représentatif de la population d’Avignon âgée de 18 ans et plus. La représentativité de cet échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession de la personne interrogée) après stratification par quartier. Les interviews ont été réalisées par téléphone du jeudi 12 au jeudi 19 février 2026. Les 603 personnes se sont exprimées, à cela s’ajoute 13% de personnes qui n’ont pas souhaiter se prononcer au 1er tour. « L’Ifop rappelle que les résultats de cette enquête doivent être interprétés comme une indication significative de l’état des rapports de force actuels dans la perspective des prochaines élections municipales à Avignon. En aucun cas, ils ne constituent un élément prédictif des résultats le jour du vote », insiste l’institut de sondage.
En effet, la théorie statistique permet de mesurer l’incertitude à attacher à chaque résultat d’une enquête. « Cette incertitude s’exprime par un intervalle de confiance situé de part et d’autre de la valeur observée et dans lequel la vraie valeur a une probabilité déterminée de se trouver, explique l’Ifop. Cette incertitude, communément appelée ‘marge d’erreur’», varie en fonction de la taille de l’échantillon et du pourcentage observé. » En clair, dans le cas d’un échantillon de 600 personnes, si le pourcentage mesuré est de 10%, la marge d’erreur est égale à 2,4 points. Le ‘vrai’ pourcentage est donc compris entre 7,6% et 12,4%. Pour une mesure à 20%, cette marge s’élève à 3,3 points, soit un score pouvant être compris entre 16,7% et 23,3% . Pour 30%, l’écart est de 3,7 points soit 26,3% et 33,7%. Enfin pour 40%, il se monte à 4 points, soit entre 36% et 44%.